Le perchiste Romain Mesnil se vend sur eBay

Image de la vidéo publiée sur Internet par Romain Mesnil. Le champion ne ménage pas ses efforts pour trouver un sponsor. Pour lui, «en période de crise, il faut être créatif pour attirer l'attention».
Image
de la vidéo publiée sur Internet par Romain Mesnil. Le champion ne
ménage pas ses efforts pour trouver un sponsor. Pour lui, «en période
de crise, il faut être créatif pour attirer l'attention».

Pour
séduire un sponsor, le perchiste a créé le buzz, avec une vidéo où il
court nu dans les rues de Paris et des enchères sur internet.

Cherche
sponsor désespérément. Depuis que Nike n'a pas renouvelé son
partenariat à l'automne 2008, le vice-champion du monde de perche
Romain Mesnil a phosphoré pour trouver de nouveaux mécènes. Résultat,
deux coups d'éclat qui ont défrayé la chronique ces derniers jours. Il
y a d'abord eu une vidéo où l'on voit Mesnil, nu comme un vers, courir
dans les rues de Paris sa perche à la main. Pour éviter de choquer, son
sexe a été revêtu lors du montage du film d'un pudique carré noir. Mise
en ligne il y a cinq jours, cette vidéo a bénéficié d'un «buzz»
inespéré. «Elle a été téléchargée 296 000 fois sur YouTube, 40 000 fois
sur Dailymotion, et beaucoup de médias ont évoqué cette démarche »,
souligne Loïc Yviquel, consultant chez SportLab. Un résultat d'autant
plus surprenant que cette aventure a été montée avec des bouts de
ficelle. «Nous n'avons pas demandé d'autorisation à la Mairie de Paris,
raconte Romain Mesnil. Comme il faisait froid, je me réfugiais dans la
voiture emmitouflé dans mon manteau. Finalement, nous nous sommes bien
amusés.»

Nouvelle surprise mardi : Romain Mesnil s'est mis en vente sur eBay
pour dix jours. Plus précisément, le perchiste a lancé une vente aux
enchères sur son nom pour trouver un sponsor. Du jamais vu sur un site.

Une entreprise mystère

Il propose également
un partenariat à un particulier dont les bénéfices iront à une
association caritative. En jeu, une place sur son maillot et un repas
avec lui. «En période de crise, il faut être créatif pour attirer
l'attention», estime le perchiste, qui n'en est pas à son premier coup
d'éclat en dehors des stades : en tant que président des athlètes
français, il avait suggéré le port d'un ruban vert lors des Jeux
olympiques de Pékin pour protester contre le sort réservé au Tibet par
la Chine.

Est-ce le buzz généré par sa vidéo ? En tout cas,
les enchères sont parties sur un rythme très élevé : en fin
d'après-midi hier, une entreprise mystère se disait prête à débourser
16 750 euros pour avoir son nom sur le maillot de Mesnil. Et un
particulier était disposé à mettre 3 000 euros sur la table pour être
associé à l'aventure du perchiste. De son côté, Mesnil a envie de jouer
le jeu jusqu'au bout : «J'accepterai toute proposition, sauf si elle
émane d'un cigarettier ou d'un fabricant d'alcool», résume-t-il.

En
tout cas, la démarche du perchiste illustre bien la difficulté des
athlètes à trouver un sponsor en ces temps de crise. Faute d'avoir
renouvelé son contrat avec Asics, Christine Arron n'a plus
d'équipementier. Cinquième du 3 000 m steeple aux derniers Jeux
olympiques et vice-champion d'Europe en salle du 3 000 cette année, Bob
Tahri court aussi sans sponsor.


Jean-Yves Guérinpour le figaro

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