Si
l’action de la solidarité ne peut évidemment pas se limiter au Web,
internet est en train de devenir le terrain d’expression d’une nouvelle
solidarité.
Qu’ils soient communautaires, d’information ou d’action, en France, les sites internet vecteurs de solidarité se multiplient, et connaissent parfois un véritable succès.
Parallèlement, internet se démocratise: la France comptait 19,8 millions d’internautes en 2009, une augmentation de 12% par rapport à 2008 et de 45% en 5 ans selon Médiamétrie. Son utilisation se diversifie avec l’apparition de nouvelles technologies et notamment du web 2.0.
Est-ce à dire que le développement d’internet, outil de
communication, d’échange et de partage par excellence, favorise celui
de comportements et d’actions solidaires?
La popularité et l’engouement croissant du public pour les sites
solidaires vont de pair avec l’investissement de la Toile par les
acteurs, classiques ou nouveaux, de la solidarité.
L‘adaptation a été lente, mais elle s’est produite: les ONG ont
investi la Toile et possèdent toutes, du moins les plus importantes, un
site Internet. Certes, l’adaptation était nécessaire: ne pas avoir de
visibilité web aujourd’hui reviendrait à se passer du téléphone dans
les années 80! Mais elle était également évidente, en raison de la
gratuité de l’outil de communication, une aubaine pour ces organismes à
budget limité. Les coûts ainsi minimisés permettent aux acteurs de la
solidarité de concentrer leurs ressources sur leur cœur de mission:
soulagement des populations et développement. Si l’outil est gratuit,
internet mobilise tout de même des ressources humaines, d’autant plus
cruciales pour les petites structures.
Mais ces dernières aussi ont pu se faire une place au soleil grâce à des initiatives web telles que Izycollecte:
un portail proposant les compétences et ressources techniques pour
offrir une gamme d’outils de communication et une visibilité clé en
main qu’elles ne pourraient avoir autrement.
En un an, 850 associations se sont inscrites sur Izy-Collecte, ce
qui leur a permis d’augmenter significativement leur collecte ou de
renouveler leurs adhésions.
Si Internet sert la cause des ONG, la relation est réciproque et
l’échange symbiotique. Le Web référence de grands noms de l’action
sociale, humanitaire et de développement, apportant ainsi de la
crédibilité à ce nouveau vecteur de solidarité.
Effet boule de neige
L’utilité du Web pour sensibiliser les internautes est indéniable: selon une étude réalisée par Microsoft France, 63%
des Français ayant consulté le site d'une association humanitaire se
sont mobilisés pour une cause après une visite et 76% d'entre eux
affirment qu'internet leur a donné envie de s'engager à l'avenir…
En effet, côté donateurs, le Web n’est pas en reste et a permis de démultiplier leurs actions solidaires et leurs effets. Sur aiderdonner,
chaque individu peut lancer une collecte au profit de l’association de
son choix et diffuser son engagement auprès de ses proches. Un effet
boule de neige est ainsi créé, l’objectif étant de diffuser
l’information et d’afficher sa solidarité active pour convaincre son
entourage d’en faire autant.
En près de deux ans d’existence, 1,2 millions d’euros ont été
collectés pour plusieurs dizaines d’associations grâce aux individus et
à l’outil de partage que leur offre Internet. Une telle interface a
incité dans certains cas de simples adhérents à inviter leur
association à se référencer sur aiderdonner, leur permettant ainsi de
s’en rapprocher et d’agir par un autre biais que leurs dons.
Ces sites permettent surtout un incroyable renversement des logiques
marketing des ONG: ce ne sont plus elles qui vont chercher les
bienfaiteurs à coup de budget marketing mais les bienfaiteurs qui
fédèrent autour d’eux au profit des actions et bonnes œuvres de leur
choix, offrant ainsi un incroyable levier à la collecte.
Une nouvelle solidarité plus transparente et réactive
Quand Internet est communautaire, qu’il met en interaction les
bénéficiaires et les bienfaiteurs, on ne peut limiter le lien au simple
transfert d’argent. On identifie la personne ou l’organisme qu’on
soutient, on se projette dans son avenir, on veut suivre son histoire,
on s’implique. L’aide n’est plus une bonne action qu’il convient de
faire mais l’investissement de sa personne.
Internet est parfois considéré comme une zone de non-droit, et dans
le domaine de la solidarité, peut être encore plus que dans d’autres
secteurs, la transparence, la rigueur, le sérieux doivent être de mise.
Il est intéressant alors de noter deux actualités très récentes autour
du site babyloan.org*, 1er
site de peer-to-peer de micro-crédit solidaire. Ce site, dont je suis
une des fondatrices, a remporté parmi 800 projets le prix Finninov
co-organisé par des références telles que l’Agence Française de
Développement, la Banque Mondiale et la Fondation Bill&Melinda
Gates, qui récompense une solution innovante de financement au
développement.
Encore plus récemment, Christine Lagarde, ministre de l’Economie
s’est penchée sur le cas des particuliers afin de favoriser
l’expression de leur solidarité au travers des plateformes Internet de
microcrédit. Ces deux avancées consacrent une reconnaissance et une
labellisation certaines de ce nouvel acteur solidaire qu’est internet.
Un outil solidaire par nature
Le développement du Web élargit donc le champ des possibles en
matière de solidarité et les incitations et les initiatives sont plus
nombreuses.
Les évolutions technologiques ne sont pas seules à expliquer le
succès rencontré par ces sites d’un nouveau genre. Il repose également
sur la nature même d’internet.
Les prédispositions de cet outil facilitent en effet le passage à un
acte solidaire et d’ailleurs les statistiques montrent que le don sur
la toile est sensiblement plus élevé que le don classique. La
réactivité du média permet à l’internaute de se mobiliser
rapidement et de transformer en quelques clics une émotion en actes.
L’interactivité offre en outre la possibilité d’instaurer un dialogue
entre l’association et les donateurs. Enfin, le paiement en ligne
permet de concrétiser une aspiration solidaire.
Mais surtout, par essence, internet est un outil dédié à la
solidarité. A l’origine, le Web est un lieu d’échange et de partage
d’information désintéressé et altruiste où chacun, les ONG autant que
les entreprises ou les particuliers, est contributeur et non simple
destinataire de l’information.
A priori libre et sans frontière, le Web permet à tout individu
d’alerter ses concitoyens sur les besoins et la situation d’autrui.
Cette sensibilisation globalisée et participative est sa vocation
première. Tout internaute est naturellement incité à adopter un
comportement solidaire, rien d’étonnant donc à ce que le développement
d’internet s’accompagne d’un essor des initiatives solidaires.
Et pourtant, le boom d’internet est aussi considéré comme la plus
pure émanation de l’individualisation croissante de nos sociétés
modernes (on est seul acteur face à son écran). Au-delà de ce paradoxe
apparent, il faut se pencher sur la nature d’internet pour comprendre
que sa vocation est de favoriser la rencontre avec l’autre, qui n’est
finalement rien d’autre que la définition de la solidarité.
*Aurélie Duthoit est la fondatrice de Babyloan
Cette tribune a été écrite avec la contribution de Mathilde Golla, membre Babyloan.
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SOURCE = youphil
PAR:glueman
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