Pourquoi cartographier les réseaux sociaux ? Par Laurent Dupin

C’est un réflexe bien humain. Face à un phénomène qu’on nous
présente comme massif, exponentiel, furieux… on ne peut que vouloir y
voir plus clair, déblayer le terrain. D’où les tentatives de listings
et de cartographies des réseaux sociaux en ligne, qui se succèdent.
Mais il ne faut pas s’y tromper : derrière l’outil pratique, derrière
le service sympathique, il y a l’intention.

Hier matin, un document était pas mal échangé sur Twitter. Normal me
direz-vous, car il cause de… Twitter! Et plus particulièrement, propose
t-il une cartographie des 140 comptes influents. Son originalité, outre le fameux chiffre “140″, est pointée par Mashable.com : partir d’une sorte de théorie du big bang,
dont le point de départ serait la naissance du réseau. Ok, pas idiot :
sauf qu’on y lit essentiellement que les comptes les plus influents
sont américains, partant des fondateurs (eux-mêmes américains), avec
pas mal de marques (personnelles ou d’entreprises) aussi américaines…
Vous m’avez suivi : c’est assez géo-centré.

Dernière "carto", produite par l'agence InformationArchitects.jp

Dernière "carto", produite par l'agence InformationArchitects.jp

Découvreurs experts, découvreurs express

carte amériques

L’essentiel est ailleurs. Et cela a commencé en fait… dès le 15ème siècle. Faire la carte d’un Nouveau Monde,
c’est aussi marquer le territoire, espérer laisser trace pour la
postérité.  Ca complète le planter de drapeau et les cadeaux aux
autochtones. Je vous l’accorde, à l’ère du numérique, ceci est relatif
et peut changer la semaine suivante, voir dans la journée même… Mais
voyez en 1492 : Colomb a touché l’Amérique? Oui, mais c’est Amerigo Vespucci
qui a laissé trace de son nom sur les cartes, jusqu’à ce que le
territoire s’appelle bien “Amériques” , et non pas “Colombie” (ce qui
va se faire ailleurs, un peu plus au sud)… L’explication détaillée montre combien le travail du géographe/cartographe est un vrai pouvoir, un marqueur pour l’Histoire.

Celui qui produit la carte en 2010 cherche le même type de cercle vertueux
: se faire connaître, asseoir son expertise, être cité, marqué quelque
part, etc. La différence d’avec le 15ème siècle est qu’aujourd’hui le
cartographe est aussi un navigateur, que le planteur de drapeau agit
aussi comme émetteur d’expertise… Il y a eu des précédents d’ailleurs,
plus ou moins essentiels :

Et ce n’est pas fini : d’autres cartes surgiront, s’appuyant sur le
retour des infographies, le buzz, la 3D, de nouveaux réseaux sociaux,
qui sait ce que l’avenir nous réserve. Ce qui me fait dire qu’on
devrait inventer prochainement la “méta-carte” : une cartographie des cartographes du web et des réseaux sociaux! Ou alors, plus pratique, un service optionnel de Google Maps,
qui permettrait de se repérer dans la carte mondiale des réseaux
sociaux. Avec fonction “stream view”, pour être injecté dans les flux
de discussion en temps réel… ou y combiner SecondLife tiens, pour que ça serve (enfin) à quelque chose. Essentiel non?

Pour prolonger : parcourir la note de Wikipédia sur la cartographie, et la fiche métier des cartographes;

SOURCE = http://blog.viadeo.com/fr/pourquoi-cartographier-les-reseaux-sociaux/2010/05/26/

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