pierre olivier carles = un blogeur aimant écrire et écrivant bien ca existe encore…

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http://www.pocarles.com/2010/11/ca/

 

Quand j’ai ouvert mon premier blog, il y a quelques années à présent, je l’ai fait pour voir, pour tester un nouveau truc qui arrivait doucement et semblait prometteur. Je voulais aussi comprendre ce que je pourrais en faire, pour mes projets, pour mes clients.

La motivation était donc facile à trouver, j’étais « au boulot ». Quand quelque chose fait partie de ta mission, tu ne tergiverses pas des heures : Que tu aimes ou pas, à un moment, il faut bien le rayer de la TodoList. Au bout de quelques temps, je dirais, quelques semaines, j’avais fait le tour du sujet. Plus précisément, j’avais compris ce qu’il y avait à comprendre pour pouvoir décrypter un usage et me projeter un peu pour le rendre utile dans le business. Il se trouve que je peinais également à trouver ma place, ma « ligne éditoriale », mon rythme. Je me forçais souvent à écrire, au moins une note tous les deux jours, même quand je n’avais pas d’inspiration. Je n’avais rien à répondre aux gamins qui disaient que ceux qui avaient un blog le faisaient pour satisfaire un égo très supérieur à la moyenne. Je n’avais pas d’audience, juste mes amis qui venaient de temps en temps lire mes notes insipides et laissaient un commentaire par gentillesse. Quelques autres venaient également réagir dans l’espoir que je ferais un saut chez eux pour leur rendre la politesse… ce que je ne faisais d’ailleurs pas s’il n’y avait pas quelque chose qui me parle dans leurs notes.

Malgré un très fort flottement, j’ai décidé de m’accrocher sans réellement savoir pourquoi. Il est probable que « ça » faisait son chemin dans mon esprit, que mon cerveau commençait doucement à sécréter l’hormone du blogueur (qui ne doit pas être loin de la testostérone si j’en crois la vigueur à chercher la polémique de bon nombre d’entre eux nous, qu’ils soient hommes, femmes ou… autres :-) ).

Doucement, semaines après semaines, j’ai arrêté de jouer et de ne parler que de ce qui m’arrangeait. Quelques notes plus personnelles sont apparues sans que je le décide. C’est comme si « ça » me poussait à le faire. Les articles purement marketing ont disparu ; même quand je parlais d’une de mes sociétés, j’essayais – avec plus ou moins de réussite – d’apporter quelque chose en plus, le début d’une analyse, un point de vue, un avis, une émotion… Il m’a fallut du temps pour comprendre que j’étais ici chez moi, et que j’y invitais, à chaque publication, mes amis – et qui voulait – à venir y partager quelque chose d’utile ou de futile.

Après environ un an, ce qui doit nous amener fin 2004 ou début 2005, la messe était dite. J’avais trouvé mon second souffle. Je savais que, dès lors, plus jamais je n’arrêterai d’écrire.

Oui, parce qu’en fait, je l’ai compris à ce moment-là, ce que j’aimais réellement, ce n’était pas bloguer ou je ne sais quoi d’autre, c’était simplement écrire, pour moi seul devant mon clavier, pas pour le business, l’audience, vous ni personne d’autre… Juste pour moi.

Alors pourquoi ne pas avoir simplement couvert des pages de cahier – numérique, il ne faut pas déconner non plus ;-) – sans jamais rien publier ? Parce que vous m’avez rendu meilleur.

Le fait de mélanger Business et notes plus personnelles m’a forcé à travailler le fond de mes notes (je parle de celles qui sont relatives aux sociétés dans lesquelles je suis impliqué, pas celles qui parlent de rugby ou de vin :-) ). Pas question de dire n’importe quoi n’importe comment, ne serait-ce que pour rester crédible dans mes activités de conseil ou mes interventions en tant que speaker.

Le fait d’avoir un – petit – début d’audience a relancé les sujets. Je lis absolument tous les commentaires et beaucoup me font réfléchir. Toutefois, je comprend que nombre de sujets que j’aborde ne passionnent pas ceux qui viennent régulièrement ici et que je tape parfois un peu à coté de leurs centres d’intérêts. Quand l’audience progresse, le nombre de lecteur augmentant, je m’aperçois qu’il y en a toujours un pour s’intéresser aux même choses que moi, partager les mêmes valeurs ou être touchés par les mêmes idées. C’est très rassurant, comme si vous n’étiez plus jamais seul à moins de le décider. Twitter donne également ce sentiment à partir d’un certain volume de followers.

Enfin, savoir que vous êtes là me force à m’appliquer, à me structurer. Je sais que vous allez me lire et je ne veux pas vous décevoir. J’essaye donc de soigner ma grammaire et, autant que possible, mon orthographe. Je sais que je n’y arrive pas vraiment mais je vous assure que ce n’est pas faute d’essayer. J’essaye même de vous faire sourire avec des vannes à 2 euros, en me disant que vous allez comprendre que mes intentions sont bonnes et donc, que vous m’offrirez ce sourire que vous auriez gardé devant un autre, plus sûr de ses effets :-)

Je sais que ma prose est largement perfectible, mais vous n’avez pas idée à quel point vous m’avez fait progresser ! Je crois que si vous n’étiez pas là, à me lire, je deviendrais très vite un fainéant de la lettre et du verbe. Même quand on aime écrire, cela ne veut pas dire qu’on le fait bien ni même qu’on s’améliore.

Donc, depuis, j’ai découvert que j’aimais écrire au point de ne plus pouvoir m’en passer. C’est comme cela, je crois, que l’on commence à courir.
Au tout début, on se viole vraiment car on veut perdre du poids ou s’entretenir malgré l’âge. Il n’y a alors, après quelques jours, que de la douleur ou presque.
Puis vient une période de lassitude en mode « Je n’y arriverai pas et de toute façon, ça commence à me gonfler d’aller courir après rien comme un con ». La majorité arrête de courir à cette étape. J’ai arrêté de courir il y a longtemps à cette étape.
C’est alors que survient le miracle : tout doucement, le plaisir vient et on commence à progresser… et cela dure, dure, dure au point qu’on ne peut plus s’en passer. Tous ceux qui ont essayé de m’encourager à courir m’ont raconté exactement la même chose mais j’ai échoué. Toutefois, c’est exactement ce que j’ai vécu avec l’écriture.

Je rêve d’ailleurs, un jour, de changer de format pour passer au livre, comme d’autres rêvent de faire le Marathon de New-York. Un livre serait un autre genre d’aventure, qui ne laisserait pas de place aux commentaires des lecteurs toutes les 3 pages ou ne permettrait pas de papillonner d’un sujet à un autre… mais ce serait une belle expérience que j’aborderais d’autant plus détendu que je n’aurais pas besoin de me battre pour être publié. Si je n’arrive pas à convaincre un éditeur – même si ce serait très étonnant vu mon classement en tant que blogueur :-D – que je suis le nouveau Stephen King, je le mettrais en download quelque part, sur iTunes ou via un simple PDF. Le server n’aura aucun mal à encaisser la faible charge, donnant ainsi raison aux éditeurs qui m’auront envoyé balader . Qu’importe, je l’aurais fait ! ;-)

Au passage, si, comme moi, vous vous êtes pris de passion pour l’écriture, je vous conseille de tester quelque chose de fantastique que je viens de découvrir d’essayer : OmmWriter. C’est une sorte de traitement de texte minimaliste destiné à ceux qui veulent se concentrer, le temps d’une rédaction, que sur leur texte. Ce n’est pas avec lui que j’ai écrit cette note mais j’ai travaillé dessus par ailleurs et c’était une très belle expérience. Vous pouvez le télécharger ici non sans avoir regardé auparavant la présentation qui est sur le site et que je trouve vraiment dans l’esprit du soft et très poétique.

Vous êtes arrivé jusqu’ici sans craquer donc soit vous êtes de ma famille, soit vous aviez envie de lire comme moi j’avais envie d’écrire. Pas d’enthousiasme aveugle pour une App mobile, pas de grande nouvelle à partager, pas d’astuce geekesque, pas de passion ovale ; j’avais juste envie de vous parler…

Ne vous inquiétez pas, j’ai conscience de la pauvreté de cette note, mais, comme vous êtes des gens biens, vous vous garderez bien de le faire remarquer dans les commentaires ;-)

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