
L'AUTEUR Vincent Glad
Vincent Glad est journaliste à Slate.fr.
internet est hanté par quelques questions existentielles dont Google Suggest est le témoin:
Au-delà des problèmes d'ovulation et de blocage sur MSN, la question de savoir qui a consulté son profil Facebook s'impose comme une des obsessions de la vie numérique. Les situations qui peuvent engendrer cette recherche sur Google sont nombreuses: patron indiscret, conjoint jaloux, ex intrusif, parent curieux, etc.
Pour répondre à cette angoisse, de nombreux groupes ou applications Facebook promettent de donner la liste des gens qui ont visité notre page. Le groupe «Qui Viste votre profil (nouvelle application Facebook)» propose par exemple de délivrer l'information si et seulement si on invite tous nos amis. Cette vidéo (dont on ne parvient pas à déterminer si elle est authentique ou non) montre les prouesses supposées de ce genre d'outils:
Alors ça marche ou pas? Non, bien sûr, c'est de l'arnaque. Facebook s'est toujours battu contre ces outils et invite dans les FAQ les utilisateurs à leur signaler les groupes ou applications de ce type. Les applications qui affichent une liste d'amis qui ont visité votre profil ne peuvent sortir qu'une liste aléatoire, Facebook ne donnant pas accès à l'information «qui a visité telle ou telle page» aux développeurs.
Le stalking, activité de base sur Facebook
Il est facile de comprendre pourquoi le réseau social lutte contre ces applications. Sur Internet, personne ne sait que vous êtes un chien, disait un célèbre dessin du New Yorker. De la même manière, sur Facebook, personne ne sait quel profil vous êtes en train d'espionner. C'est la base du contrat social du site: on vous demande de mettre de nombreuses informations personnelles en ligne, mais en échange vous avez le droit de consulter librement et en toute impunité quantité d'informations sur vos contacts.
C'est ainsi que naît le «stalking», mot anglais dont la traduction se situe entre l'espionnage et la filature, mais qui prend sur les réseaux sociaux un sens nettement plus inoffensif. Le «stalking» est une activité normale d'un jeune qui s'ennuie devant son ordi, une errance numérique au milieu des données disséminées par ses amis, l'équivalent social d'un zapping sur les 500 chaînes de son abonnement satellite.
Si une application permettait de déterminer qui a visité son profil, ce serait la mort instantanée du «stalking», faisant chuter le nombre de pages vues et donc le nombre d'affichage de publicités. Facebook encourage d'ailleurs discrètement l'espionnage de profil, comme en témoigne le lancement en mai dernier de la fonctionnalité «Photos souvenirs», qui fait remonter dans la colonne de droite des photos issues du fin fond des albums de ses amis. Plus récemment, Facebook a lancé les pages «Friendship» qui affichent toutes les interactions avec une personne en particulier, une forme de «stalking» prémâché.
Un mythe récurrent
La question de savoir qui consulte son profil est un mythe récurrent des réseaux sociaux. Si Facebook ne l'a jamais permis, cela n'a pas empêché le site d'informations américain Gawker de fantasmer en 2008 sur le lancement de cette option par Facebook lui-même. Une liste de 5 noms apparaissait alors mystérieusement quand on tapait sur la touche «flèche bas» dans le moteur de recherche:
Quelques heures après l'article de Gawker, la fonction était désactivée par Facebook sans que l'on sache vraiment ce qu'était cette liste de 5 personnes: les 5 profils qu'on consulte le plus (PRATIQUE) ou les 5 profils qui nous consultent le plus (MALAISE).
lire la suite http://www.slate.fr/story/29619/peut-savoir-qui-visite-profil-facebook
emps qu'un sanctuaire privé (quelqu'un qui s'y rend trop souvent est vu comme malintentionné).
Vincent Glad
Photo: Un membre d'Anonymous, Anonymous9000, Flickr, Licence by



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