
Cartographie de la blogosphère par grandes tendances politiques.Linkfluence
>>> Voir l'évolution de la blogosphère politique de 2007 à 2011
1/ Les blogueurs roses en force

Visualisation de la blogosphère socialiste.Linkfluence
Il suffit d'un coup d'œil sur la carte pour le constater : le rose qui représente la sphère de gauche écrase toutes les autres couleurs, et principalement le bleu de la droite "modérée", pris entre la blogosphère d'extrême droite (en marron) et la "gauchosphère". Le site du PS, mais aussi celui de François Hollande, font office de vaisseau amiral, et de centre d'une toile serrée de liens vers les principaux blogs qui portent plus ou moins fidèlement la parole socialiste, ou en tous cas une forme d'opposition de gauche à l'actuelle majorité (dans le bas de la zone proche du PS, au-dessus de la zone verte écologiste, se trouvent des sites rose foncé, politiquement à la gauche du parti socialiste, comme ceux proches de Jean-Luc Mélenchon).
L'aspect "ramassé" de la blogosphère des sympathisants PS est en partie un effet de la méthodologie de Linkfluence : les blogueurs de gauche, notamment les membres des "Left blogs", un groupe informel qui s'est constitué en 2008, ont eu tendance à faire des liens les uns vers les autres, notamment pour être mieux placés dans les classements d'influence, ce qui donne cette impression de groupe compact. Il n'en reste pas moins que la cartographie montre leur nombre et leur importance dans le débat politique sur Internet, et ce d'autant qu'à droite, ils n'ont pas d'équivalent.
De fait, les blogs pro-PS sont un instrument à part entière de la campagne de François Hollande, portant et relayant les messages du candidat, mais surtout s'assurant de ranimer régulièrement la flamme de l'antisarkozysme. Plus que des blogueurs de gauche, ils sont constitués en un "contre-média" organisé contre le pouvoir en place. L'exemple le plus frappant est sûrement celui de Sarkofrance, l'un des plus lus et des plus liés de ces blogueurs, qui se définit plus comme antisarkozyste que comme socialiste.
>>> Lire à ce sujet Blogueurs et "twittos" au service du candidat Hollande
Ci-dessous, une visualisation par effectifs de militants et de sympathisants :

Présence Internet des militants et sympathisants politiques de chaque formation.Linkfluence
En revanche, la "ségosphère" qui regroupait les soutiens de Ségolène Royal, la candidate de la précèdente élection présidentielle et de la primaire PS en 2011, s'est singulièrement contractée depuis 2007, en partie car ses membres sont aussi inscrits dans un mouvement plus général de liens réciproques avec des blogs non ségolénistes.
2/ A droite, un espace en friche
A l'opposé d'une "gauchosphère" compacte, le nuage représentant les blogs de droite est plus disparate. A un bout du graphique, autour du vaisseau de l'UMP gravite une grappe de blogs d'élus ou de sections du parti, mais leur influence, visible via les liens entrant vers eux, semble plus limitée, à l'exception peut-être de quelques blogs de grands élus (Alain Juppé, Jean-Pierre Raffarin). Les blogueurs "stars" de droite sont peu nombreux et ne sont pas des militants mais plutôt des sympathisants. C'est le cas d'Authueil, assistant parlementaire, ou Falconhill, par exemple.

Les liens entrant et sortant de et vers le site de l'UMP au sein de la cartographie de la blogosphèreLinkfluence
Le peu d'engouement apparent des militants du parti présidentiel pour le "blogging" peut sans doute en partie s'expliquer par le fait que, leur parti étant au pouvoir, ils ressentent moins le besoin de créer un "contre-média". On peut noter, aux marges de l'UMP, la présence d'un petit pôle villepiniste autour du site de l'ancien premier ministre et de quelques blogs de relais.
Un autre élément saillant de la "droitosphère", ce sont les blogs de libertariens, adeptes des théories des économistes Milton Friedman (1912-2006) ou Frédéric Bastiat (1801-1850). Malgré – ou du fait de – leur faible audience en France, où ils n'ont pas ou quasiment pas de représentation politique, ils forment une communauté assez active sur l'Internet, qui se situe, du moins selon leurs liens entrant et sortant, entre la "droitosphère" et la "fachosphère". Un exemple est le blog Hashtable.
3/ La blogosphère d'extrême droite toujours en forme
En 2012 comme pour les années précédentes, la "réacosphère" reste d'une importance certaine dans la blogosphère politique française. Articulée autour de quelques sites emblématiques, et divisée en familles (identitaires, catholiques traditionalistes, Front national…), elle forme un ensemble ramassé, où les blogs tissent entre eux des liens. Ces liens vont le plus souvent vers d'autres blogs membres de la blogosphère d'extrême droite, mais ils mordent aussi sur les franges de la "droitosphère" plus classique, représentée par exemple par les blogs des membres du club d'élus de la mojorité Droite populaire, comme celui du député Christian Vanneste.
Parmi les sites, fdesouche.com, qui fonctionne comme un agrégateur d'informations publiées ailleurs mais ayant trait à la même chose (faits divers impliquant des minorités, islam et immigration…), reste le cœur de la "réacosphère" et continue d'exercer une influence supérieure à celle du site du Front national qui se trouve plutôt excentré par rapport à ce pôle, plutôt plus "identitaire" et radical.
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