
Studio Bagel (220.319 abonnés) est coproduite par Social Company et Black Dynamite.
Les producteurs français associés à la plate-forme découvrent un monde très éloigné de la télé.
Diffuser une chaîne sur YouTube n'est pas un chemin pavé de roses. Onze des treize chaînes partenaires du site de partage
de vidéos dont les lancements se succèdent depuis octobre font leur
gamme dans un univers plus complexe que beaucoup l'imaginaient.
Trois d'entre elles se détachent du lot en audience: Studio Bagel (220.319 abonnés), coproduite par les maisons de production Social Company et Black Dynamite, Xtreme vidéo (142.055 abonnés) et Very Watch (92.000
abonnés) de Troisième Œil. Pour Christophe Muller, directeur des
partenariats de YouTube pour l'Europe du Sud, «le succès se mesure avant
tout par le nombre d'abonnés que ces chaînes sont capables
d'engranger». Car il est gage de fidélisation et de partage, le principe
même de YouTube. «Si ces trois chaînes réussissent, c'est qu'elles ont
parfaitement compris l'écosystème», ajoute-t-il.
Le secret de la
réussite: s'associer au monde merveilleux des «Youtuber Stars» qui ont
eux-mêmes leurs fans, leur chaîne et créent l'événement. C'est le
concept original de Studio Bagel qui «fonctionne comme un collectif de
Youtubers à qui nous avons donné les conditions et les moyens de
produire leurs contenus sans censure», explique Lorenzo Benedetti, qui
pilote le projet. La recette de la chaîne: «Faire rire et surprendre, ce
qui entraîne le partage avec les autres.» «Les contenus YouTube doivent
évoluer dans un univers ouvert et circuler d'une plate-forme à l'autre
sans exclusivité», renchérit Christophe Muller.
C'est cette même
recette qu'applique Very Watch, qui pulvérise ses scores avec «Plouf»,
une parodie de… l'émission «Splash» de TF1. En une semaine, la chaîne de
Troisième Œil consacrée à l'actualité de la télévision a engrangé plus
de 50.000 abonnés et devrait rapidement passer les 100.000. «Nous sommes
à 1000 abonnés par jour», se réjouit Pierre-Antoine Capton. «Nous nous
sommes arraché les cheveux pour comprendre comment fonctionne YouTube.
C'est très loin de la télévision. La cible est celle des 15-25 ans. Il
faut savoir créer l'attente.»
«Battle culinaires»
En revanche, la seconde chaîne produite par Troisième Œil, Let's cook,
la chaîne de cuisine, s'engluait dans les recettes classiques. Pour
réagir, les producteurs vont lui appliquer «les mêmes principes que sur
Very Watch» avec la création de «battle culinaires». De quoi créer
l'événement et distancer peut-être la chaîne Marmiton d'Auféminin.com
qui compte 32.000 abonnés. «Nous sommes toujours dans une phase
expérimentale et il est encore difficile de définir ce que sera le
business model», explique Marie-Laure Sauty de Chalon, à la tête d'Aufeminin. De son côté, Justine Ryst, directrice du digital chez Endemol, qui développe It's Big consacrée
à un «décryptage rock'n'roll de l'entertainment», avoue qu'«il est
difficile de partir sans audience préalable. Nous sommes face à un
public jeune, versatile et à de nouvelles écritures très rythmées.» La
chaîne Rendez-vous à Paris,
dirigée par Claire Leproust, chez Capa, mise sur «la production de
fictions». Son but: créer «8 à 10 opus par an en surfant sur le succès
de la série humoristique Before».
Pour YouTube et ses partenaires,
l'enjeu majeur est celui de la monétisation. Jusque-là, la plate-forme
d'échange a consenti des minimums garantis ou des avances sur les
recettes publicitaires dont les montants seraient entre 300.000 et
700.000 euros pour l'année. Le but est désormais de trouver de nouveaux
modèles de financement. Déjà le placement de produit fait une timide
apparition dans certains contenus.
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