JOSH EDELSON / AFP
Le blog The Data Pack a dressé à la fin d'août la liste non exhaustive des hashtags interdits sur Instagram, reprise lundi par le site Slate. Le site de partage de photos en ligne est en effet sélectif sur les mots-clefs qu'il autorise ses utilisateurs à employer pour rechercher des images. Voici les principaux thèmes, et la façon dont les utilisateurs les contournent :
#sex
Premier thème : le sexe en général et la pornographie en particulier. Les utilisateurs peuvent bien taguer leurs photos comme ils le souhaitent, le moteur de recherche interne d'Instagram refuse de lire #17bitch, #ass, #bang, #boobs et autres #fetish. Selon le site Business Insider, Instagram ne fait ainsi que se conformer aux règles assez strictes sur le sujet de Facebook, qui a racheté la compagnie l'an dernier pour environ un milliard de dollars.
Facebook "ne veut pas qu'Instagram devienne comme Tumblr, réputé aujourd'hui pour être truffé de contenus à caractère sexuel, ce qui le rend toxique du point de vue des annonceurs publicitaires", analyse ce site. Dégât collatéral : certains mots-clefs qui contiennent les expressions bannies se trouvent eux aussi abandonnés par Instagram, comme le nom du groupe de punk anglais #thesexpistols.
#instagram
D'autres hashtags, qui semblent inoffensifs, font aussi les frais de la censure, comme #iphone ou #instagram. Mike Krieger, cofondateur d’Instagram, expliquait pourquoi en mars 2012 dans une discussion avec des Internautes sur Google + : "Ces tags étaient trop génériques et n’apportaient pas de valeur ajoutée aux utilisateurs."
#proanorexia
Instagram interdit les contenus qui semblent promouvoir l'anorexie et les désordres alimentaires, tels que #thinspiration ou #loseweight.
#whitepower
Pour éviter que des groupes racistes ne fassent tourner certains contenus qui pourraient devenir viraux (on se souvient du hashtag "un bon juif" sur Twitter), Instagram interdit des mots-clefs tels que #whitepower ou #nazi. Il est possible, selon Business Insider, d'inclure ce dernier dans son nom de profil. Mais Instagram se réservant le droit de désactiver certains profils, ces derniers peuvent disparaître s'ils deviennent trop visibles.
#popular
Ici, il s'agit d'empêcher certains petits malins de tromper l'outil de recherche pour prétendre avoir rassemblé une large audience autour de leur compte. S'autoproclamer "populaire" est donc interdit.
???
En revanche, on ne comprend pas ce qu'il y avait de dangereux à laisser circuler ces mots-clefs, certes un brin orduriers : #DuckDynastyBitch ("salope de dynastie canard") ou #f—psy ("vas te faire f… psy").
Evidemment, tout cela se contourne
Pour tromper le moteur de recherche, les utilisateurs modifient au fil des mois l'orthographe des mots-clefs interdits. Un temps, on a ainsi pu chercher #boobs ("seins") en remplaçant la lettre "o" par un zéro (#b00bs). Le site a depuis interdit cette approximation.
Slate.fr s’étonne cependant, à la suite du blog Search Engine Journal, "que ce soit [Instagram] lui-même qui fasse la distinction, pour ses utilisateurs, entre ce qui est pertinent et ce qui ne l’est pas. Nombreuses sont les autres plates-formes qui, après avoir signalé à leurs internautes un contenu potentiellement offensif, leur laissent le choix de cliquer ou non", précise Slate.
Et les autres
En juillet, le site du magazine Newsweek, The Daily Beast, avait publié une enquête sur les mots-clefs que la dernière version du correcteur d'orthographe des iPhones d'Apple (en anglais) ne reconnaissait pas. Il y avait là des mots à caractère sexuel et d'autres liés à des débats sensibles aux Etats-Unis, dont l'absence est plus difficilement compréhensible, comme "avortement", "avorter", "viol", "balle", "munition", "saoul" ou "meurtre". Apple n'avait pas souhaité commenter.
source
http://bigbrowser.blog.lemonde.fr/2013/09/03/no-sex-les-mots-clefs-interdits-par-instagram/?

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