Par « économie verte », on entend deux types d’acti- vités, selon l’Onemev1 :
• Les activités dites « périphériques » qui « regroupent l’ensemble des activités produisant des biens ou ser- vices favorables à la protection de l’environnement ou à la gestion durable des ressources, sans en être la finalité première. Ces activités sont rattachées à la production et distribution de l’eau, gestion des espaces verts, etc. ».
• Les « éco-activités » qui regroupent « les activités qui produisent des biens ou services ayant pour finalité la protection de l’environnement ou la gestion des ressources naturelles » (source : Eurostat citée par l’Onemev).
Selon l’Onemev, les deux confondues représenteraient en 2016 près de 900 000 emplois équivalents temps plein (442 950 dans la première catégorie d’activité, 441 550 dans la seconde). Rapporté à l’ensemble de l’économie française, cela correspond dans les deux cas à 1,7 % des emplois cadres et non cadres. Aussi s’agit-il d’une économie qui tend à se développer au regard de la progression du nombre d’emplois occupés (+ 5,2 % entre 2004 et 2016).1. Observatoire national des emplois et métiers de l’économie verte, Rapport d’activité 2018, juin 2019.
Parmi les actifs en emploi engagés dans l’économie verte, la quasi-totalité occupe des métiers dits « ver- dissants ». Il s’agit, selon l’Onemev, de métiers dont la finalité « n’est pas environnementale, mais qui intègrent de nouvelles “briques de compétences” pour prendre en compte de façon significative et quantifiable la dimension environnementale dans le geste métier ». Sont compris dans cet ensemble, des spécialistes de l’aménagement du territoire ou encore des économistes de l’environnement, par exemple.
Les métiers dits « verts » consistant à « mesurer, prévenir, maîtriser et corriger les impacts négatifs et les dommages sur l’environnement » ne concernent quant à eux que 4 % des professionnel·le·s de l’envi- ronnement. Leur augmentation sur 2010-2015 est significative. Elle est de 4,3 %, là où le nombre d’ac- tifs en emploi dans les métiers « verdissants » a été relativement stable sur la même période (–0,4 %).
LE TISSU DE FORMATION DANS LE CHAMP ENVIRONNEMENTAL EST ETOFFÉ
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414 formations initiales présentant une composante environnementale ont été recensées dans l’Hex
gone, pour la seule année 2017-2018. Sont compta- bilisées ici toutes les formations qui préparent à l’obtention d’un diplôme de niveau Bac +4 et plus, et ce quel que soit le niveau de formation correspon- dant : master 1, master 2, mastère, diplôme d’ingénieur, ou bien encore doctorat. Peut être comptabilisée plusieurs fois, une même formation qui est délivrée dans plusieurs établissements différents. À périmètre de formation égal (même niveau, mêmes catégories d’établissement pris en compte), l’ensemble de ces formations représentent 4,5 % de l’offre de formation initiale globale, soit une propor- tion relativement équivalente à celle enregistrée de- puis 2006.
Qu’elles soient délivrées dans des universités, comme dans 8 cas sur 10, ou dans d’autres types d’établissement (écoles d’ingénieur, grandes écoles, etc.), les formations en environnement s’inscrivent dans 68 % des cas, dans des filières de sciences de l’ingénierie 1 . C’est moins qu’en moyenne, ce qui traduit des forma- tions plus centrées sur le développement de compé- tences techniques utiles à la conception de produits et solutions applicatives, et moins sur la recherche fondamentale. Les champs de spécialité abordés sont très variés, ouvrant la voie à de multiples débouchés, que ce soit en climatologie, océanographie, gestion des écosystèmes, etc. Cette diversité se retrouve à
l’intérieur même de certains champs disciplinaires comme c’est le cas en géosciences, dont les enseigne- ments peuvent mener aux métiers de vulcanologue, géothermicien, ingénieur en gestion des déchets, etc.
Les autres formations recensées dans le champ de l’environnement sont rattachées dans 23 % des cas aux filières de lettres, langues, sciences humaines, et dans 8 % des cas aux filières de droit, sciences éco- nomiques, administration économique et sociale. Elles mènent à des carrières soit plus juridiques, soit plus en lien avec les pouvoirs publics, comme les métiers de l’aménagement du territoire et du cadre de vie qui demandent des compétences en environnement.

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