Infographie montrant la trajectoire RSE 2026 : de la conformité CSRD à la régénération de la capacité du vivant humain et non humain.

TENDANCES RSE 2026 : LA RÉGÉNÉRATION POUR UNE CONTINUITÉ ÉCONOMIQUE CONTRIBUTIVE AUX TERRITOIRES

SOURCES REGENESIS INSTITUTE FOR REGENERATIVE DESIGN ET STOCKHOLM RESILIENCE CENTRE. LA CONCEPTION DE PRODUITS REGENERATIF ILLUSTRATIONS SECTORIELLES GENACT. EXEMPLARITÉ LAURIERS DE LA REGENERATION 2025

INTRODUCTION

En 2025, la RSE entre dans une nouvelle phase : structurée par la CSRD, elle ne peut plus se limiter à la conformité. La RSE atteint un plafond si elle reste cantonnée à la conformité : elle doit devenir en 2026 un levier de stratégie de continuité pour atteindre les objectifs fixés de l’activité économique.

« On sort de la sensibilisation pour entrer dans le durles évolutions de modèle économique et de stratégie », Elisabeth Laville, CEO et co-fondatrice du cabinet Utopies. Selon une étude Bain, en 2024, 54% des dirigeants citaient les leviers business comme motivations de leurs actions en matière d’écologie et de climat, contre 34% en 2018. « Le métier des directions RSE évolue de la stratégie d’engagement vers la transformation opérationnelle », constate ainsi Sylvain Boucherand de BL Evolution. « On peut espérer qu’en 2026 les actions de transformation reprennent la main sur les questions de reporting » ajoute Sébastien Mandron du C3D. Source

La question centrale et impérative, qui mobilise l’attention, est devenue celle de la continuité des activités économiques dans un monde instable, marqué par des dépendances environnementales, humaines et territoriales devenues des risques stratégiques. Tout en gardant un haut niveau de vigilance sur la croissance économique pour continuer à créer de la valeur dans un cadre de contraintes économiques et d’arbitrages responsables. La régénération étant une « croissance sélective » ou « post-croissance » Rapport du Sénat sur les 4 pistes économiques.

Dans cette perspective, l’écologie n’est pas un supplément d’âme, mais une condition opérationnelle de la viabilité économique : sans sols fonctionnels, eau disponible, cycles biologiques actifs, biodiversité, bien être des salariés, santé humaine, relations de filière stables, la performance économique devient encore plus incertaine.

La création de valeur économique ne dépend pas seulement d’optimisations ponctuelles, mais de la robustesse réelle des conditions de production. Lorsque les sols restent vivants, que l’eau est protégée, que les compétences humaines se développent et que les relations de filière se renforcent, les coûts cachés diminuent et les risques se stabilisent.

Mais, au-delà de cette robustesse, les produits et services gagnent en valeur ajoutée : qualité intrinsèque plus élevée, bénéfices santé ou d’usage plus durables, cohérence entre promesse et réalité, et capacité à s’inscrire durablement dans des modes de vie écologiques.

Ces impacts contributifs — sur la qualité de l’alimentation, la santé, le travail ou les territoires — deviennent des différenciateurs économiques tangibles pour les marques et leurs produits. Ils permettent de justifier des positionnements plus qualitatifs, de renforcer la préférence des consommateurs, de stabiliser les marges et de créer une valeur tangible dans l’amélioration réelle des offres commercialisées sur le marché.

C’est là que la régénération prend sens : non comme une RSE “plus ambitieuse”, mais comme une trajectoire d’entreprise qui prospère avec ses partenaires commerciaux et d’investissement. Une stratégie visant à la fois à renforcer la capacité du vivant — humain et non humain à atteindre son plein potentiel dans son environnement et à sécuriser la capacité des entreprises à continuer leurs activités dans les meilleurs conditions en France.

C’est ainsi que la régénération entre dans les grandes écoles de commerce telles que Kedge. Préparer la nouvelle génération aux contraintes d’un monde aux ressources limitées, c’est l’ambition de l’école de commerce. Les notions de régénératif et de réparation des écosystèmes émergent dans l’enseignement. Article

La régénération n’est pas une extension morale de la RSE, mais la condition opérationnelle de la continuité économique dans un monde sous contraintes. On ne part plus de :« Comment être conforme à la CSRD ? » Mais de :« De quoi mon activité dépend-elle pour continuer dans 5, 10, 20 ans dans des relations mutuellement bénéfiques ? »

ConceptRSE NOUVELLE GÉNÉRATION :
La responsabilité
RÉGÉNÉRATION :
la continuité
ObjectifLimiter / réduire les pressions + rendre visibles dépendances/risquesRenforcer des capacités (milieux, biodiversité, humain, relations) qui conditionnent la continuité
MoteurConformité et trajectoires responsable (Reporting)Continuité opérationnelle reliée aux capacités dans les territoires
TranformationsLong terme extra-financier (trajectoires 2035 parfoirs reportées en 2050)Court et long terme via rapports financiers et extrafinancier intégrés
IndicateursIndicateurs CSRD au niveau corporate et analyse de cycle de vie au niveau des produits (ACV)Reporting CSRD relié aux impacts des produits via ACV étendue et affichage produits via tiers de confiance

L’articulation opérationnelle : Le binôme RSE x Innovation. Cette bascule stratégique repose sur une collaboration inédite entre le Responsable RSE et le Directeur Innovation. Le premier ne se contente plus de piloter la conformité ; il devient le garant des actifs vivants, traduisant les données de la CSRD en signaux de vulnérabilité ou d’opportunité pour la survie du modèle. Le second sort de l’éco-conception purement défensive pour devenir l’architecte de la valeur contributive, concevant des offres qui ne se contentent pas de limiter leur empreinte, mais qui régénèrent les capacités du vivant. Ensemble, ils transforment la contrainte en pistes d’innovations, dans lesquelles chaque innovation est pensée pour régénérer le capital humain et naturel, garantissant ainsi que l’entreprise ne se contente pas de survivre à l’instabilité, mais qu’elle devienne un acteur indispensable à la vitalité de ses écosystèmes.

Pour Nous Sommes Vivants, régénérer signifie augmenter la capacité du vivant — humain et non humain — pour prospérer dans la durée.” Voir notre manifeste pour une régénération de la capacité du vivant. Les modèles économiques régénératifs s’ajoutent aux modèles durables et circulaires, en mettant l’accent sur les systèmes socio-écologiques dans une logique de triple profitabilité, y compris économique.

Vers l’économie régénérative. Elle propose un déplacement profond de la finalité économique. Il ne s’agit plus de limiter les dégâts d’une économie de la prédation, mais de renforcer les conditions de santé, de relation et de coopération qui permettent au vivant de se maintenir et de s’épanouir dans le temps long. (feuilles de route des 150 entreprises ayant suivi la CEC).

  • Les entreprises françaises montrent que ce modèle est à la fois praticable, mesurable et rentable, grâce à des cadres normatifs, des outils et des retours d’expérience.
  • La régénération en entreprise consiste à créer des impacts positifs sur les systèmes naturels, sociaux et économiques, en dépassant la simple réduction des impacts négatifs.
  • C’est une approche en triple impact environnemental (restauration de la biodiversité et des ressources), sociale (bien-être et inclusion des communautés) et économique (business models innovants créant de la valeur partagée).

La régénération ne se décrète pas : elle s’inscrit dans un parcours. Limiter d’abord les pressions excessives exercées sur les milieux, les humains et les filières. Réduire ensuite les impacts évitables, en améliorant les pratiques, les procédés et les usages. Restaurer lorsque des capacités ont été dégradées, afin de rétablir des conditions minimales de fonctionnement du vivant et des organisations. Régénérer enfin, lorsque les bases sont réunies, consiste à aller au-delà de la réparation pour renforcer durablement les capacités du vivant — humain et non humain — à prospérer dans leurs milieux de vie. Ce chemin progressif permet d’ancrer la performance économique dans la durée, en faisant de la continuité, de la qualité et de la contribution des offres les véritables critères de valeur.

Etape vers la régénérationLIMITER / RÉDUIRERESTAURERRÉGÉNÉRER
PositionnementLe socle de responsabilité RSELa RSE à l’épreuve du réel sur le terrainLa RSE comme levier de continuité
FinalitéTransparence et conformité (CSRD)Les activités sous contraintes et enjeux souverainetéProfitabilité en triple impacts (CSRD x business)
Vision ÉcologiqueRéduction des impacts négatifs sur l’environnementDépendances et fragilités matérielles et stress humainAugmentation des capacités du vivant humain et non humain = capacité des activités à durer
IndicateursReporting et optimisation de l’existantRésistance au stress (eau, sols, humains) et gestion des risquesTriple capitaux (reporting intégré financier et extra financier)
Rôle du leader dans l’entrepriseGarde-fou : limiter les risquesExplorateur : restaurer la robustessePilote : renforcer les capacités du vivant

L’ensemble de la trajectoire peut se lire comme une architecture simple en trois étages. La RSE constitue le socle de lucidité : elle rend visibles les dépendances réelles des activités économiques — écologiques, humaines et territoriales — ainsi que les risques associés, à travers la CSRD, ou les impacts a réduire via l’ACV. La régénération prolonge ce diagnostic en stratégie : elle transforme ces dépendances révélées en trajectoire de continuité, en posant la question des capacités du vivant — humain et non humain — à renforcer pour que l’activité puisse durer sous contrainte. La conception régénérative en est l’expression opérationnelle : elle matérialise cette continuité dans les produits, les services et les modèles économiques mis sur le marché, en traduisant la robustesse des milieux, des relations et des filières en qualité réelle de l’offre, en valeur économique et en stabilité des marges.

L’articulation opérationnelle : Le binôme RSE x Innovation. Cette bascule stratégique repose sur une collaboration inédite entre le Responsable RSE et le Directeur Innovation. Le premier ne se contente plus de piloter la conformité ; il devient le garant des actifs vivants, traduisant les données de la CSRD en signaux de vulnérabilité ou d’opportunité pour la survie du modèle. Le second sort de l’éco-conception purement défensive pour devenir l’architecte de la valeur contributive, concevant des offres qui ne se contentent pas de limiter leur empreinte, mais qui restaurent activement les systèmes dont elles dépendent. Ensemble, ils transforment la contrainte réglementaire en un moteur de résilience territoriale, où chaque innovation est pensée pour régénérer le capital humain et naturel, garantissant ainsi que l’entreprise ne se contente pas de survivre à l’instabilité, mais qu’elle devienne un acteur indispensable à la vitalité de son écosystème. Le binôme RSE–Innovation devient un dispositif d’arbitrage : la RSE rend visibles les vulnérabilités (eau, sols, humain, filières) ; l’innovation transforme ces signaux en choix de conception (matières, cahiers des charges, usages, affichage environnental sur les produits, modèles économiques). Le critère commun n’est plus seulement l’empreinte : c’est “ce qui tient mieux qu’avant” — en continuité, en qualité d’offre et en stabilité de marge. Identifiez les priorités de votre feuille de route 2026 sous cet angle.

Le made in France régénératif apparaît comme une des pistes les plus structurantes permettant de maintenir une activité économique dans un monde instable. Dans certains secteurs, l’ancrage territorial (dont le Made in France peut être un levier) devient un facteur de robustesse : réduction de dépendances critiques, continuité des savoir-faire, densification de relations économiques locales. En 2026 le made in France est la piste qui représente le plus de potentiel de régénération. La souveraineté n’est plus un sujet de conformité ni un thème “Made in France” : elle devient une opportunité d’innovation au niveau de l’offre — matières, cahier des charges, filières, preuves, et modèle économique — parce que c’est là que se joue la capacité à livrer dans la durée. »

Les lauriers de la régénération de 2025 ont démontré via les retours d’expérience des entreprises primées au niveau des produits et services, que la régénération, est triplement profitable. Lauriers 2025. RDV les 11 et 12 juin pour la troisième édition.

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TENDANCES RSE 2026 : LA RÉGÉNÉRATION POUR LA CONTINUITÉ ÉCONOMIQUE, CONTRIBUTIVE AUX TERRITOIRES

1 -LA RSE EN 2025: De la conformité à la continuité des trajectoires pour atteindre vos objectifs

En 2025, la RSE s’est imposée comme un standard de gestion responsable des activités économiques. La CSRD devient progressivement obligatoire pour une large part de grandes entreprises européennes et Françaises (pour les autres ISO 26000 s’applique). Elle structure les stratégies, la gouvernance, la conception des produits et les décisions d’investissement. Les cadres européens se sont renforcés, avec l’entrée en vigueur progressive de la CSRD : les premières entreprises concernées appliquent les nouvelles règles sur l’exercice 2024, pour des rapports publiés en 2025.

Illustration (première vague CSRD) — Le cabinet Forvis Mazars a récemment dévoilé la 15ᵉ édition de son baromètre RSE. Pour la première fois, les grandes entreprises européennes de plus de 500 salariés publient leurs états de durabilité selon la directive CSRD et les normes ESRS. Sur les 154 entreprises françaises et européennes analysées – dont 68 françaises issues du CAC 40, du SBF 120 et de grandes ETI – la quasi-totalité ont franchi le cap. Source Et un véritable changement de culture a eu lieu dans la gouvernance des entreprises selon une étude de Tennaxia : 84 % des entreprises disposent aujourd’hui d’une gouvernance dédiée à la CSRD, contre 59 % l’an dernier. Et 69 % considèrent la directive comme un levier de transformation vers un modèle plus résilient. Si 53 % du panel accueillent favorablement l’Omnibus pour le délai supplémentaire qu’il procure, la moitié des répondants y voient surtout une opportunité d’alléger la charge administrative sans renoncer à la structuration du reporting durable. Source

Cette généralisation marque une étape importante. Elle traduit une prise de conscience : l’entreprise ne se pense plus comme une entité isolée, détachée des milieux humains et non humains dont elle dépend.

Pourtant, au moment même où la durabilité devient omniprésente dans les dispositifs de pilotage, le monde économique apparaît plus instable.

Illustration (Europe, 2025) — L’année 2025 est aussi celle où l’Europe ouvre simultanément deux mouvements contradictoires : d’un côté, la CSRD produit la première vague de reporting « complet » comme ceux ci ; de l’autre, des initiatives de simplification (“Omnibus”) cherchent à réduire ou décaler certaines obligations, dans une logique de simplification au nom de la compétitivité. Conseil de l’Union européenne

Le backlash écologique est bien plus qu’un recul transitoire, c’est un mouvement profond porté par des arbitrages de compétitivité et des groupes d’intérêt pressants (lire : le libéralisme autoritaire), et qui se renforce alors que la catastrophe écologique s’accélère et que l’urgence d’agir ne fait plus de doute. Selon, Théodore Tallent, politiste : « Sur l’écologie, il n’y a pas de “backlash” citoyen, mais bien un “backlash” politique ».  Ce n’est pas un recul de la consommation, les marchés de la voiture électrique, du Bio et de l’ESS se portent bien. Mais on note une polarisation de l’opinion avec la question des aides aux entreprises sans conditions d’impact à un moment ou les subventions sont en baisse et la montée de l’enjeu de la justice fiscale au coeur de débats du budget de la France 2026

Ce décalage anachronique ne signe pas l’échec de la RSE. Il révèle un déplacement plus profond : la question n’est plus seulement celle de la responsabilité (se conformer en limitant à court terme voir en proposant des trajectoires de réduction à long terme), mais celle de la capacité des activités économiques à continuer — continuer à créer de la valeur économique, humaine et environnementale dans un monde durablement contraint. Et à ne plus continuer seules – continuer avec leurs employés, avec leurs fournisseurs, avec la biodiversité, avec les territoires.

La RSE centrée sur l’atténuation des impacts à long terme éclaire, guide mais ca ne suffit plus. Elle doit se prolonger désormais en stratégie de continuité à court et long terme, où l’écologie devient une condition sine qua non de l’économie.

2. LA RSE EN 2026 — à l’épreuve de la capacité des activités à continuer et à prospérer

Plusieurs dynamiques, souvent analysées séparément, convergent vers un même diagnostic : les modèles optimisés pour la performance apparente à court terme sont fragiles face aux chocs systémiques.

D’abord, la souveraineté nationale se traduit dans une réalité économique qui favorise la relocalisation : les chaînes de valeur mondialisées, optimisées sur le coût, maximisent la vulnérabilité face aux ruptures, à l’énergie, à l’eau et aux tensions géopolitiques. La dépendance devient un risque stratégique.

Enfin, les stress tests (climatiques, supply chain, humains) révèlent un point dur : les modèles les plus performants à court terme sont souvent les plus fragiles sous contrainte. Le réel pénalise l’extrême optimisation.

llustration (Rapports RSE Givaudan) – Les rapports RSE livrés en CSRD en 2025 montrent un changement profond de la façon dont les COMEX abordent désormais la RSE en lien avec leurs activités économiques. « Chez Givaudan, le développement durable signifie protéger notre planète, nos collaborateurs, nos clients et nos consommateurs, et préserver l’avenir de notre entreprise ». Rapport 2024 (csrd). Rapport 2025 (gri)

Là où la RSE commence par : Comment réduire nos impacts ? La régénération continue avec : Quelles capacités du vivant — humain et non humain — doivent être renforcées pour que les activités puissent continuer dans un intérêt mutuellement bénéfique ?

La RSE est souvent vécue comme une logique défensive : conformité, reporting, accumulation d’exigences, charge documentaire. Elle est nécessaire, mais rarement désirée. Au mieux elle repousse les risques dans le temps, permet de faire des économies. Dans son sillage, la régénération ouvre un champ : elle permet de réinterroger la finalité, de reconfigurer la conception, de retrouver une marge de manœuvre. De contribuer positivement a ce qui a le plus de valeur – le vivant humain non humain, c’est à dire le mieux vivre tous ensemble – mais aussi la valeur des produits.

Cet enthousiasme n’est pas naïf. Il tient à une expérience simple : la régénération recrée de la capacité là où la RSE révèle surtout des limites. Elle donne une perspective active : agir sur les causes racines et identifier des solutions pragmatiques et créatives sur le terrain.

Illustration — Dans plusieurs secteurs, l’orientation régénérative est recherchée pour des raisons très concrètes : qualité des produits, robustesse des filières, confiance consommateur, stabilité des marges. Elle permet de parler de performance autrement que par le seul coût : performance comme continuité, fiabilité, qualité, fierté du travail bien fait. Pocheco montre comment une redesign industriel peut concilier écologie et continuité d’activité.

Dans cette perspective, la régénération est une condition opérationnelle de la viabilité économique : sans sols fonctionnels, eau disponible, cycles biologiques actifs, biodiversité, bien-être des salariés, santé humaine et relations de filière stables, la performance économique devient structurellement incertaine.

3. LES RÉALITÉS ÉCONOMIQUES— les conditions de la continuité économique, y compris en croissance

Une part significative de la performance économique contemporaine repose sur un modèle prédateur : consommer rapidement des stocks de ressources (sols, énergie, humains) pour générer du profit immédiat, en reportant les coûts dans le temps. Ces coûts finissent toujours par revenir sous forme de crises : ce sont les couts longs terme du court-termisme.

Dans un monde instable, ce modèle devient risqué. Les tensions sur l’eau, l’énergie, les matières, les compétences rendent visible la fragilité de ces modèles économiques.

La régénération ne s’oppose pas à l’économie. Elle la rend plus lucide sur ses conditions d’existence : elle propose de déplacer la notion de valeur vers la continuité. La valeur n’est plus seulement un pic de profit ; elle devient capacité à maintenir des flux : flux de ressources renouvelables, flux de compétences, flux de coopération, flux de confiance et donc de flux de revenus.

Illustration (Patagonia) —Dans son rapport RSE 2025, Patagonia la biodiversité n’est plus traitée comme un champ d’optimisation interne, mais comme une condition externe de continuité économique, qui dépasse le périmètre de contrôle direct de l’entreprise. En rendant visibles ses propres dépendances écologiques et ses marges d’impuissance relative, Patagonia transforme son reporting RSE en signal de vérité : la viabilité de son modèle repose moins sur l’accumulation de bonnes pratiques en inetrne que sur la capacité collective — filières, territoires, acteurs publics et privés — à maintenir des écosystèmes fonctionnels.

Ce faisant, le rapport 2025 illustre une limite structurelle de la RSE classique et ouvre un espace plus exigeant, où la continuité des activités ne peut être pensée sans un renforcement effectif des capacités du vivant, au-delà de l’action isolée d’une seule entreprise.

C’est là que la régénération prend sens : non comme une RSE « plus ambitieuse », mais comme une trajectoire d’entreprise, avec ses partenaires. Elle vise à renforcer la capacité du vivant — humain et non humain — à prospérer, tout en sécurisant la capacité des entreprises à poursuivre leurs activités dans les meilleures conditions.

4. QUALITÉ DE VIE : Compter ce qui compte vraiment pour les Français

L’enjeu écologique ne se résume pas à des indicateurs d’impact ou à des tableaux de reporting. Il touche d’abord aux conditions concrètes de la vie quotidienne : pouvoir boire une eau saine, respirer un air de qualité, manger correctement, se soigner, se déplacer, habiter un territoire vivable, accéder à des services publics fiables.
C’est cette qualité de vie réelle qui conditionne l’adhésion, ou non, aux transformations écologiques et économiques.

C’est ce que l’on appelle une écologie populaire. Elle ne sépare pas la protection de la nature des conditions de vie humaines. Elle part de ce que les gens vivent : l’alimentation, la santé, le logement, le travail, l’école, les services publics. Une transition écologique n’est crédible que si elle améliore (ou au minimum protège), ces dimensions essentielles — sinon, elle est perçue comme une contrainte supplémentaire, voire comme une injustice.

Illustration (révélateur de silos)La controverse autour de la loi dite « Duplomb » a montré, dans l’espace public, à quel point les liens santé–agriculture–environnement restent difficilement intégrés. Une mobilisation massive et des analyses ont mis en avant une tension entre approches sectorielles et lecture systémique du vivant, avec un rejet important du texte dans une partie de la société civile et du monde scientifique. Assemblée Nationale

En 2025, les Français plaçaient au cœur de leurs préoccupations le quotidien et la sécurité économique et sociale. Le pouvoir d’achat reste une priorité majeure, cité par une large part de la population comme principal sujet d’inquiétude, bien avant d’autres enjeux tels que l’immigration ou l’environnement. Ipsos Les questions de santé sont également très présentes, tout comme l’accès à des soins de qualité et la sécurité personnelle. Ifop Aux côtés de ces préoccupations concrètes, la vie politique et la gouvernance sont devenues des sujets centraux, avec une forte attention portée à la responsabilité et à la performance des institutions. Sciences Po La sécurité et la tranquillité publique figurent aussi en tête des attentes des citoyens, notamment à l’approche des élections locales. La Tribune Enfin, des enjeux liés à l’énergie, à l’économie locale et aux infrastructures quotidiennes (eau, transports, services publics) se retrouvent régulièrement dans les priorités exprimées par les Français, illustrant l’importance accordée à conditions de vie tangibles et stabilité sociale

Dans une perspective régénérative, compter ce qui compte signifie donc orienter les décisions économiques à partir de ces réalités concrètes. Une activité peut afficher de bons résultats environnementaux sur le papier, mais rester fragile si elle contribue à dégrader l’eau, l’air, la santé ou les conditions de vie des populations locales. À l’inverse, une activité devient robuste lorsqu’elle renforce ces conditions de base, parce qu’elles sont le socle même de sa continuité.

  • L’eau : une entreprise agroalimentaire dépend de nappes phréatiques en bon état. Lorsque l’eau se raréfie ou se dégrade, ce sont à la fois la production, la santé des habitants et la stabilité économique qui sont menacées. Concevoir une offre qui protège les sols et les cycles de l’eau, ce n’est pas “faire de l’écologie” : c’est sécuriser la capacité à produire demain.
  • L’alimentation : la qualité nutritionnelle des produits, les conditions de production agricole et la rémunération des producteurs ne sont plus des sujets périphériques. Des filières fragilisées produisent des aliments de moindre qualité, plus instables en prix et en disponibilité. À l’inverse, des pratiques agricoles favorables aux sols, à la biodiversité et aux revenus paysans renforcent à la fois la santé publique et la continuité des filières.
  • Les territoires et les services publics : lorsqu’une activité économique fragilise l’accès aux soins, à la mobilité ou à l’éducation sur un territoire, elle contribue à dégrader les conditions mêmes de son acceptabilité sociale et de sa stabilité à long terme. À l’inverse, une activité contributive renforce l’attractivité et la résilience territoriale.

En rendant visibles les dépendances à l’eau, à l’alimentation et aux territoires, la CSRD place la qualité de vie et la continuité économique sur un même plan : deux conditions indissociables de la durabilité réelle des activités.

Les enjeux liés à l’eau, à l’alimentation, aux filières et aux territoires relèvent pleinement du périmètre CSRD car ils combinent des dépendances environnementales critiques (ESRS E3 – eau, ESRS E4 – biodiversité), des enjeux sociaux structurants le long de la chaîne de valeur et pour les communautés locales (ESRS S2, S3, S4, S1), et des responsabilités directes de gouvernance

La transition écologique doit aussi faire face à une réalité simple : tout le monde n’a pas les mêmes marges de manœuvre. Lorsque l’énergie, la mobilité ou l’alimentation deviennent trop coûteuses, les ménages n’adoptent pas des pratiques plus durables, non par refus, mais parce que la transition n’a pas été pensée à partir de leurs contraintes réelles. Ignorer ces fractures revient à fragiliser la transition elle-même.

C’est pourquoi une régénération véritable ne peut être dissociée d’une écologie du soin. Elle ne cherche pas seulement à réduire des impacts, mais à améliorer concrètement les conditions de vie, en lien direct avec la continuité économique. Ce sont ces améliorations tangibles — eau, air, alimentation, santé, travail, services publics — qui permettent de mobiliser durablement les acteurs économiques comme les populations.

En ce sens, les nouvelles exigences de transparence européenne ne posent pas seulement la question des impacts. Elles posent une question beaucoup plus simple, et beaucoup plus exigeante : de quoi dépend réellement votre activité pour continuer à exister, et ces conditions de vie tiennent-elles encore dans la durée ?

5- MADE IN FRANCE RÉGÉNÉRATIF : la continuité économique contributive dans le temps

La dynamique du Made in France est souvent analysée sous l’angle de la souveraineté économique et de la sécurisation des chaînes d’approvisionnement. Dans un contexte de crises géopolitiques, de tensions logistiques et d’instabilité énergétique, relocaliser apparaît comme une réponse rationnelle : réduire les dépendances, maîtriser les risques, assurer la continuité des activités industrielles.

Mais cette lecture, centrée sur la protection et la résilience défensive, montre aujourd’hui ses limites. L’année 2025 a mis en évidence un déplacement plus profond : certaines démarches industrielles ne se contentent plus de rapatrier des capacités productives. Elles interrogent les conditions réelles de la profitabilité dans la durée, et la manière dont l’activité industrielle affecte — positivement ou négativement — les systèmes humains et non humains dont elle dépend.

Illustration de l’échec du made in France : La trajectoire de Brandt Group illustre de manière particulièrement éclairante les tensions réelles entre relocalisation, profit et continuité industrielle. En relocalisant une partie de sa production en France au cours des années 2010, Brandt a répondu à plusieurs enjeux structurants : réduction des dépendances logistiques, maintien de compétences industrielles, réaffirmation d’un ancrage productif national. Cette stratégie s’inscrivait dans une logique de sécurisation et de reconstruction industrielle. Pourtant, malgré ces efforts, plusieurs sites ont ensuite été fermés, révélant une réalité souvent sous-estimée : la relocalisation seule ne garantit ni la profitabilité durable, ni la continuité des activités. Source

C’est ce basculement qu’analyse l’article « La renaissance industrielle : quand le Made in France devient régénératif » publié par Nous Sommes Vivants. Le Made in France n’y est pas pensé comme un simple marqueur d’origine ou un avantage compétitif ponctuel, mais comme une trajectoire industrielle régénérative, indissociable de la question du profit et de la continuité économique.

Dans cette approche, la relocalisation n’est qu’un prérequis opérationnel. L’enjeu central devient la capacité d’une activité industrielle à rester profitable sans éroder les conditions mêmes de cette profitabilité. Autrement dit : continuer à générer du résultat économique tout en maintenant — voire en renforçant — les systèmes qui rendent ce résultat possible.

Le Made in France régénératif engage ainsi un changement de posture économique :
l’économie cesse d’être pensée comme un système optimisé contre son environnement, pour devenir un acteur situé, dont la performance dépend directement de la vitalité des territoires qu’elle mobilise.

llustration (filière et modèle éconolique) — Le cas de C’est qui le patron ?! En définissant collectivement des cahiers des charges intégrant le prix payé aux producteurs, la durée des relations commerciales, certaines exigences de pratiques agricoles et la traçabilité, le modèle agit sur un point clé : la capacité des producteurs à durer. Cette capacité humaine est une condition préalable à toute capacité écologique : sans revenus stables, sans visibilité économique, les pratiques agricoles favorables au vivant ne tiennent pas dans le temps. Voir les autres lauréats 2025 : les lauriers de la régénération. L’économie régénérative ca rapporte, c’est maintenant démontré.

Dans ce cadre, le profit n’est ni renié ni relativisé. Il devient un critère de vérité : une activité est réellement performante si elle reste profitable tout en renforçant, plutôt qu’en affaiblissant, la capacité du vivant — humain et non humain — à soutenir cette profitabilité dans la durée.

Le Made in France régénératif apparaît comme une piste d’innovation majeure en 2026, non comme simple marqueur d’origine, mais comme trajectoire industrielle dans nos territoires. Dans certains secteurs, l’ancrage territorial devient un facteur de robustesse : réduction des dépendances critiques, continuité des savoir-faire, densification des relations économiques locales.

6. LES RÉALITÉS HUMAINES— des capacités humaines à régénérer

La RSE a contribué à protéger : droits, cadres sociaux, prévention, conformité. C’est indispensable. Mais, en 2025, le facteur humain sort du registre “RH” : fatigue, désengagement, difficulté à recruter, perte de savoir-faire et fragilisation de la coopération deviennent des enjeux économiques directs.

La régénération change la lecture : le vivant humain n’est pas une ressource à optimiser comme une variable de côuts, mais une capacité à renforcer — capacité à coopérer, apprendre, décider, durer sans s’épuiser. Cette capacité est relationnelle, émotionnelle et collective : selon la manière dont le travail est organisé, elle se développe… ou s’use, avec des effets directs sur la continuité des activités. Ca devient un levier pour la marque employeur et la marque commerciale.

La question clé n’est donc plus seulement de réduire les situations de souffrance, mais de savoir si les modèles d’organisation du travail permettent aux personnes et aux équipes de tenir, coopérer et se projeter dans le temps, condition indispensable à toute continuité économique.

Illustration (acteur facteur humain) — Le GIECO (Groupe International d’Experts sur les Comportements) se présente comme une initiative visant à croiser les sciences du comportement et à diffuser des connaissances sur le facteur humain pour faciliter les transitions. alliancepourlegieco.org. “Réussir la transition écologique : et si la solution, c’était l’Humain ?” (https://lnkd.in/emRh2QmS.) Update ici

Une organisation avec une certaine gouvernance et ambition régénérative peut avoir un impact positif sur la capacités de ses collaborateurs et au delà de ses collaborateurs sur les consommateurs et les habitats d’un territoire.

Illustration (capacités humaines)

La qualité des décisions et la coopération deviennent des facteurs de robustesse et d’innovation à impact contributif. La capacité humaine à coopérer, apprendre, durer sans s’épuiser est essentielle.

7. BIODIVERSITÉ — les réalités du non humain, un capital essentiel pour tous les vivants

La régénération du vivant non humain ne vise pas un retour nostalgique à un passé idéalisé. Elle vise le renforcement de capacités : capacité des sols à rester vivants, capacité des écosystèmes à se maintenir.

La biodiversité désigne la diversité du vivant — espèces cultivées et sauvages, micro-organismes, interactions biologiques — dont dépendent indirectement la fertilité des sols, le fonctionnement des cycles biologiques, la disponibilité de l’eau et la stabilité des rendements.

Dans ce cadre, réduire les impacts négatifs est nécessaire, mais insuffisant. À court terme, les volumes peuvent être maintenus ; à moyen terme, la capacité des écosystèmes à absorber les aléas (climatiques, sanitaires, économiques) diminue, rendant la production plus instable et plus coûteuse à sécuriser. Et des ruptures d’approvisionnement ou des fluctuations de prix déstabilisent les supply chains.

Mais les écosystèmes sont habités, ce sont aussi des milieux de vie pour les non humains et humains. Au delà de la réduction des pressions et de la restauration des écosystèmes, la régénération vise l’augmentation de la :

  • capacité du vivant non humain (biodiversité dans les écosystèmes) à prospérer et capacité des filières humaines à rester viables (humains dans leurs milieux de vie)
  • capacité des modèles économiques à continuer : en synergie avec le vivant

Illustration (agroalimentaire, biodiversité & mesure) — Des acteurs comme Ecotone affichent explicitement biodiversité et responsabilité envers leurs fournisseurs dans leurs rapports et communications, et structurent des démarches d’impact qui cherchent à relier alimentation, biodiversité, juste rémumération. ecotone.Voir les autres lauréats 2025 : les lauriers de la régénération. L’économie régénérative ca rapporte, c’est maintenant démontré.

La régénération de la biodiversité se traduit dans des produits de meilleure qualité (par exemple nutritionnelle), fidélisation des consommateurs (meilleure marge), et contrats longs avec fournisseurs pour palier les risques. Ces produits rémunèrent mieux les agriculteurs.

8. LA RÉGÉNÉRATION — l’application à l’innovation régénérative

La régénération est triple impacts économiques (profit court et long terme), environnementaux (ressources et biodiversité), sociaux (compétences, bien être au travail, santé) change la nature de la conception des offres commerciales. On ne part plus d’abord des obligations, des indicateurs ou des normes OU seulement des chiffres de ventes mais du vivant réel : fragilités, relations, interdépendances. La régénération n’ajoute pas une couche a la conception des produits et services qui seront mis en vente ; elle reconstruit les conditions de viabilité des offres commerciales dans le temps.

La régénération se juge à un critère simple, mais exigeant : grâce à ce que nous avons conçu, qu’est-ce qui tient mieux qu’avant — et réalise des ventes à un juste prix ? Pas l’intention. Pas la conformité. L’effet réel dans les territoires et sur le marché, face aux réalités terrains, aux contraintes économiques et aux arbitrages des consommateurs.

Ce critère clarifie la valeur. Un produit ou un modèle peut être responsable, conforme, bien noté — sans être régénératif. Il devient régénératif lorsqu’il augmente concrètement la capacité du vivant — humain et non humain — à continuer a prospérer, et que cette augmentation se manifeste dans le temps long : stabilité des ventes, robustesse des marges, continuité des filières, confiance des clients, capacité à encaisser des chocs sans dégrader ses bases vivantes.

Pourquoi l’ACV ne suffit pas. L’Analyse de Cycle de Vie (ACV) constitue un progrès majeur. Elle permet de dépasser le carbone seul et d’intégrer une pluralité d’impacts : ressources, eau, énergie, pollution, parfois biodiversité. Elle répond efficacement à une question nécessaire : où sont les pressions et les pertes ? Mais l’ACV reste structurellement orientée vers la réduction des dommages, non vers le renforcement des capacités.

Illustration (ACV, cadre de d’éco conception actuel) — L’Analyse de Cycle de Vie (ACV) est aujourd’hui une démarche encadrée par des normes, notamment l’ISO 14040. Cependant, actuellement, la biodiversité n’est pas bien prise en compte dans les démarches d’ACV. Il en est de même pour les impacts sociaux.

Illustration (Régénération, vers un autre cadre de conception) La transformation des cadres de conception au service des systèmes vivants. Nous sommes vivants a posé les bases de la conception régénérative d’un produit / service. Nous réalisons des ACV en multicritères qui incluent les indicateurs du vivant humain et non humain, en nous basant sur les ESRS de la CSRD réunis en familles de services socio écosystèmiques pour poser l’ambition régénérative. Nous articulons ACV et ESRS pour relier pressions, dépendances et objectifs de capacité

Si l’ACV permet de réduire les impacts négatifs, elle reste incapable de piloter la création de vitalité. Pour passer à l’innovation régénérative, nous devons substituer la mesure du dommage par le critère de discernement : « Grâce à ce que nous avons conçu, qu’est-ce qui tient mieux qu’avant ? ». Ce discernement, appliqué aux milieux, aux relations et aux capacités humaines, devient le nouveau référentiel de la Triple Profitabilité : un profit n’est « réel » que s’il est généré par un système qui n’épuise pas son capital vivant.

Concrètement, cela implique de concevoir produits, services et modèles économiques non comme des fins en soi, mais comme des leviers de capacité du vivant humain et non humain : capacité des sols à rester vivants, biodiversité, capacité humaine à coopérer sans s’épuiser, capacité territoriale à encaisser des chocs….Et donc capacité des filières à durer.

La régénération s’inscrit dans la RSE et dans des outils normés comme L’ACV mais les prolonge pour que l’innovation contribue à la continuité des activités en triple impact.

9. LA CONCEPTION RÉGÉNÉRATIVE — la création de valeur en triple impacts

Un produit ou un service n’est jamais isolé. Il est relié dans sa chaîne de valeur avec des sols, de l’eau, de la biodiversité, des collaborateurs et des habitants, tous parties prenantes des chaînes de valeur des offres commerciales sur leurs territoires.

La conception régénérative travaille la qualité des relations plutôt que les objets seuls. Elle s’intéresse aux effets écosystémiques, différés et parfois non intentionnels des choix de conception : sur les sols, les métiers, les savoir-faire, les équilibres territoriaux, les relations sociales, et la capacité du vivant à se régénérer et prospérer.

Des référentiels comme Regenerative Organic Alliance et la certification Regenerative Organic Certified (ROC) (distribué par Ecocert en France) jouent ici un rôle structurant. ROC s’appuie sur trois piliers exigeants et complémentaires :

  • agriculture biologique (interdiction des intrants chimiques de synthèse, santé des sols),
  • équité sociale et économique (conditions de travail, revenus, droits des producteurs — héritage du fair trade),
  • bien-être animal, lorsque pertinent.

Illustration (cosmétique : ingrédient & filière) — Expanscience a publié des éléments concrets sur sa stratégie impACT visant un « positive, regenerating impact », et a lancé TULSINITY® Bio, son premier actif nutraceutique, extrait de feuilles de tulsi (basilic sacré) issues d’une chaîne d’approvisionnement traçable, certifiée bio, cultivée selon des standards exigeants d’agriculture régénérative (ROC) et de commerce équitable (Fair for Life). expanscience. Ce type d’exemple est utile non comme preuve absolue, mais comme signal : l’innovation produit commence à se lier à la qualité des pratiques amont, à la robustesse des filières et à une cohérence santé–écosystèmes dans ce qui est effectivement mis sur le marché. expanscience. Voir les autres lauréats 2025 : les lauriers de la régénération.

La création de valeur régénérative devient alors lisible : marges plus stables, dépendances réduites, qualité perçue accrue, confiance consolidée, et capacité à opérer sous contrainte.

La conception régénérative vise à créer des produits, services et modèles économiques capables de durer, en renforçant les capacités humaines, écologiques et territoriales dont dépend leur performance réelle.

Elle oriente l’innovation non vers l’optimisation marginale, mais vers la robustesse des flux (compétences, ressources, relations, valeur), afin de réduire la volatilité et sécuriser la continuité d’activité.

Concevoir régénératif, c’est transformer la création de valeur : le profit devient un signal de viabilité dans le temps, issu de modèles qui renforcent — plutôt qu’épuisent — les actifs vivants sur lesquels ils reposent.

L’économie régénérative peut être profitable : qualité accrue des produits, filières plus stables, confiance renforcée des consommateurs, marges moins volatiles. Les modèles économiques régénératifs ne remplacent pas les modèles durables et circulaires ; ils les prolongent en agissant sur les systèmes socio-écologiques dans une logique de triple profitabilité, y compris économique.

10. COMMUNICATION VIA LES LABELS— Nutri-Score, Planet-Score, Fashion score, et autres scores….

Les labels jouent un rôle structurant dans les marchés contemporains. Ils organisent la lisibilité, sécurisent les échanges, facilitent la comparaison et offrent un langage commun entre producteurs, distributeurs, consommateurs et investisseurs. À ce titre, ils contribuent à réduire l’asymétrie d’information et à orienter les choix vers des pratiques perçues comme plus responsables.

Ainsi le label Made in France donne de la lisibilité sur l’origine. Il informe sur le lieu de fabrication et participe à des enjeux de souveraineté, de maintien des savoir-faire et de relocalisation industrielle. À ce titre, il peut réduire certains risques logistiques, renforcer la traçabilité et soutenir des filières territorialisées. Mais, un produit peut être fabriqué en France tout en reposant sur des modèles extractifs, des filières fragiles ou des milieux vivants dégradés.

Illustration — Nutri-Score mis en œuvre en France à partir de 2017, le Nutri-Score, porté notamment par Santé Publique France, est un outil de lisibilité nutritionnelle particulièrement efficace. Il éclaire la qualité sanitaire des produits alimentaires et influence désormais de manière mesurable les comportements d’achat. En revanche, il ne dit rien des conditions environnementales ou sociales de production : il informe sur la santé du consommateur, pas sur la capacité des filières à durer. Toutes fois il est démontré qu’il a permis une amélioration des choix alimentaires.

Illustration — Planet-Score propose une lecture environnementale plus large, intégrant pesticides, biodiversité, climat et méthodes de production, avec l’ambition d’aller au-delà des limites classiques de l’ACV en ajoutant des indicateurs complémentaires. C’est un progrès réel de lisibilité, notamment dans l’agroalimentaire. Le score renseigne principalement sur des des pratiques. Un Planet-Score élevé et un cahier des charges bio constituent des signaux forts de la régénération. mais ils ne suffisent pas à l’établir, à eux seuls. A noter que l’INRAE désigne la bio comme la meilleure pratique agricole pour la biodiversité.

Illustration — Fashion Score Dans le textile, Clear Fashion illustre une tendance structurante de la RSE contemporaine : rendre visibles, au niveau du produit, des informations environnementales, sociales dans un secteur fragilisé. Le Fashion Score joue un rôle réel d’information du consommateur, en permettant de comparer des pratiques et d’orienter les choix vers des offres perçues comme plus responsables.

Vendre des produits à impacts ne relève plus uniquement d’un positionnement marketing. Cela devient un levier de cohérence RSE . Les scores comme Planet-Score, Nutri-Score, Fasion score, peuvent contribuer à documenter les ESRS au niveau des produits, plus précisément les impacts de leurs cahiers des charges sur les ESRS.

  • les engagements déclarés dans le reporting trouvent une incarnation tangible dans l’offre commerciale,
  • les indicateurs CSRD cessent d’être au niveau corporate pour être portés par des produits réellement vendus,
  • la performance extra-financière s’articule directement à la performance économique.

Dans cette perspective, les labels et scores ne sont pas des fins en soi. Ils servent à aligner conception produit, exigences réglementaires et attentes du marché. Ils facilitent la préférence pour des offres dont les impacts sont plus lisibles.

Mais, par nature, un label ne constitue pas, à lui seul, une preuve de régénération. Il renseigne sur des engagements et des pratiques ; il ne suffit pas à démontrer que la capacité du vivant s’est effectivement renforcée. Ils sont basés sur des cahiers des charges et non sur des impacts mesurés sur le terrain.

A noter que l’Agriculture Régénérative, telle que définie par l’État de Californie est une agriculture, un élevage et une gestion des terres avec des pratiques biologiques qui s’appuient sur les traditions des peuples autochtones et qui permet d’obtenir les résultats escomptés face à des enjeux comme l’enjeu climatique, la protection de la santé humaine et des communautés rurales, la préservation de la faune et du bien-être animal ou la protection des traditions spirituelles et culturelles locales. Une norme internationale existe ICI

Inspiré des Lauriers de la régénération – Nous Sommes Vivants.

Champ observéCe que l’on observeCe qui fait preuveQuestion de discernement (clé NSV)
Milieux / écosystèmesSols plus vivants, eau plus pure, habitats plus continus, biodiversité (espèces, interactions, cycles).Évolution visible des milieux dans le temps (avant / après), robustesse accrue des écosystèmes, capacité du vivant non humain à se maintenir, se relier et se renouveler sans assistance constante.Le milieu abrite-t-il mieux le vivant qu’avant grâce à l’activité ?
Relations / coopérationRelations plus durables, coopérations transversales plus fréquentes, alliances locales plus solides, tensions traitées plus tôt.Capacité collective à traverser des désaccords sans rupture, continuité des relations dans le temps, coopérations émergentes non prescrites.Les relations tiennent-elles mieux qu’avant, même quand les conditions se durcissent ?
Capacités humainesTravail plus habitable, énergie collective plus stable, compétences transmises, autonomie accrue des équipes.Capacité des personnes à durer, apprendre, s’auto-organiser et coopérer sans sur-contrôle ; fidélité des équipes clés.Les personnes sont-elles plus capables d’apprendre, s’épanouir et coopérer qu’avant ?
Produits / servicesProduits plus robustes, usages plus sobres et durables, réparabilité, réemploi, expérience utilisateur plus juste.Capacité du produit/service à rester utile dans le temps, à s’adapter aux usages réels, à éviter l’obsolescence forcée.Le produit ou service renforce-t-il la capacité d’usage et de continuité plutôt que la dépendance ?
Chaînes de valeur / filièresRelations fournisseurs plus stables, meilleure visibilité dans le temps, pression court terme réduite.Capacité de la filière à encaisser des chocs (prix, climat, ressources), maintien des partenaires, investissements rendus possibles par la confiance.La filière tient-elle mieux qu’avant, en triple impact ?
Territoire / sociétéLieux plus habitables, activités mieux acceptées, contribution visible à aux territoires (paysages, cultures, usages, liens).Capacité du territoire à continuer à accueillir, produire et vivre avec l’activité économique ; baisse des conflits d’usage.Le territoire est-il plus habitable et plus désirable qu’avant grâce à cette activité ?

11— FINANCER LA RÉGÉNÉRATION = investir dans ce qui tient dans le temps avec la même performance

La bascule se cristallise aujourd’hui dans la finance. Longtemps structurée par la maximisation du rendement à court terme, elle découvre progressivement que cette rentabilité apparente reposait souvent sur une extraction de capacités : épuisement des ressources, usure humaine, fragilisation des territoires, dépendances invisibilisées. Les « impôts de long terme » de cette extraction ne disparaissent pas : ils reviennent sous forme de volatilité, de ruptures d’approvisionnement, de risques juridiques et réputationnels, et de destructions rapides de valeur.

Dans ce contexte, la CSRD marque un tournant décisif. Elle rend visibles, de manière systématique, les dépendances réelles des modèles économiques au vivant (humain et non humain), aux chaînes de valeur et aux territoires. En réduisant l’asymétrie d’information entre entreprises et investisseurs, elle permet de mieux qualifier les risques. Mais son apport reste essentiellement descriptif : elle éclaire les fragilités sans encore répondre à la question centrale de l’investissement : quels modèles renforcent réellement les capacités dont dépend leur performance future ?

C’est précisément là que la régénération change la lecture économique. Elle ne propose pas une morale de l’impact, mais une requalification de la valeur :
– la stabilité des flux plutôt que la vitesse d’extraction,
– la qualité des relations plutôt que leur compression,
– la réduction de la volatilité plutôt que la recherche de rendements maximaux ponctuels.

Investir dans des business models régénératifs revient ainsi à investir dans une triple performance indissociable — économique, humaine et environnentale — non comme un compromis, mais comme une condition de continuité. L’objectif n’est pas de tout convertir en euros, mais de rendre intelligibles la valeur crée via la régénération (qui n’est pas qu’un cout de restauration).

Illustration Lita.co opère comme plateforme d’investissement à impact ouverte aux particuliers et aux investisseurs professionnels. Elle permet de financer directement, en capital ou en dette, des entreprises engagées dans l’alimentation durable, l’énergie, l’économie circulaire ou les services à impact territorial. Des entreprises comme La Fourche, Bioburger ou des projets d’énergies renouvelables locales y lèvent des fonds sur la base de modèles économiques explicites, rendant visible une réalité souvent ignorée : des capitaux s’orientent déjà vers des entreprises dont la rentabilité repose sur la continuité des filières, la qualité des relations et l’ancrage territorial. Voir les autres lauréats 2025 : les lauriers de la régénération.

Ces investisseurs ne recherchent pas une « vertu » abstraite. Ils cherchent à réduire la probabilité de ruptures brutales de valeur — humaines, sociales, réglementaires ou opérationnelles — en finançant des modèles capables d’intégrer leurs dépendances plutôt que de les épuiser.

Ainsi comprise, la finance régénérative ne cherche pas à opposer conformité, impact et performance. Elle les réconcilie par la continuité. La valeur n’est plus jugée uniquement à l’instant T, mais à l’aune de la capacité d’un modèle économique à durer sans s’auto-fragiliser, tout en renforçant les capacités du vivant dont il dépend.

La clé de ce basculement réside dans la comptabilité écologique. Non comme alternative aux cadres existants, mais comme outil de décision économique. Elle pose enfin, de manière explicite, les questions que l’investisseur se pose réellement :
quels actifs vivants ce modèle mobilise ?
combien cela me coûte de les préserver ou de les restaurer ou de les régénérer?
combien cela me rapporte en stabilité, en réduction de risques et en continuité de valeur ?

Ainsi comprise, la comptabilité écologique ne constitue pas une alternative aux cadres européens existants, mais un outil de maturation. Elle permet de transformer la conformité en capacité de décision, et le reporting en levier de trajectoire régénérative, en reliant explicitement performance économique, stabilité des filières et santé du vivant.

12 — RÉCITS, JOIE ET CONTINUITÉ : L’ÉNERGIE VITALE DE LA RÉGÉNÉRATION

En 2026, la capacité des organisations et des territoires à tenir dépend aussi de la manière dont la transformation est racontée, vécue et ressentie. La régénération ne se résume plus à des indicateurs, des normes ou des trajectoires de performance ; elle engage pleinement le registre émotionnel et narratif de l’action collective. Les débats contemporains et l’expérience de terrain convergent vers un même constat : nos sociétés sont saturées de récits d’effondrement, de crises permanentes et d’alertes successives. Si ces alertes sont fondées, leur accumulation produit un effet paradoxal — fatigue collective, sidération, perte de confiance, désengagement. Dans un monde saturé de peur, l’action devient difficile à soutenir dans la durée, car la peur ne constitue pas un moteur stable d’engagement.

Face à ce plafond émotionnel, une autre dynamique émerge en 2026 : la reconnaissance de la joie comme énergie régénérative. Il ne s’agit ni de nier la gravité des défis, ni de céder à un optimisme naïf, mais de comprendre que la joie est une énergie active et vitale, qui naît lorsque les individus et les collectifs se sentent vivants, utiles et reliés à leur milieu. Cette joie s’ancre dans des actions concrètes et situées — restaurer un sol, sécuriser une ressource en eau, renforcer une relation de filière, faire tenir un projet collectif sur un territoire. Elle devient alors un facteur clé de persévérance, car l’action génère espoir, fierté, plaisir et confiance, conditions indispensables de l’engagement dans le temps long. Cette posture est qualifiée de « combativité joyeuse ». Elle refuse à la fois la résignation cynique et les récits paralysants fondés sur la privation, la culpabilité ou l’effondrement sans horizon désirable. L’expérience montre que les humains n’agissent pas durablement pour éviter le pire ; ils s’engagent pour désirer quelque chose de meilleur. En 2026, cette dimension devient stratégique pour les entreprises, les filières et les territoires qui cherchent à maintenir leur capacité d’action sous contrainte. L’alerte reste nécessaire ; la joie rend l’action soutenable

Illustration — Les travaux de Parlons Climat confirment que la préoccupation écologique reste élevée en France, mais que les récits fondés exclusivement sur l’alerte et la contrainte atteignent désormais une limite d’efficacité. Les enquêtes montrent un écart croissant entre inquiétude et passage à l’action, lié à une forme de saturation émotionnelle et informationnelle. Les recherches en sciences comportementales, notamment celles de Elke Weber, décrivent ce phénomène comme un quota d’inquiétudes : au-delà d’un certain seuil, l’accumulation de menaces n’augmente plus l’engagement, et peut au contraire produire retrait et impuissance. Enfin, les travaux récents de WWF France sur les récits de transition montrent que les dynamiques les plus mobilisatrices sont celles qui relient l’écologie à la qualité de vie, au quotidien et aux bénéfices concrets pour les personnes et les territoires. Ces analyses convergent : ce n’est pas le manque de données qui freine l’action, mais la difficulté à produire des récits désirables, incarnés et partageables.

Dans ce contexte, la fiction de l’Arche s’impose comme un récit inspirant pour 2026 : non pas une promesse de salut, ni un refuge hors du monde, mais une manière concrète de penser la continuité sous contrainte. L’Arche raconte ce moment précis où il ne s’agit plus d’optimiser ni de convaincre par la peur, mais d’embarquer ce qui permet de tenir : des humains en capacité d’agir, des relations de confiance, des milieux encore habitables, et l’énergie collective nécessaire pour traverser l’instabilité. Elle symbolise une régénération vécue — faite de décisions imparfaites mais tenables, d’alliances locales, d’innovations frugales et de solidarités territoriales — où la joie d’agir devient une condition de persévérance. En 2026, cette tendance marque un basculement décisif : la continuité économique et écologique ne dépend plus seulement de cadres, d’indicateurs ou de capitaux, mais de la capacité des organisations et des territoires à faire récit, à faire collectif, et à maintenir une énergie humaine vivante au cœur de la transformation.

L’Arche, en 2026, c’un dispositif de choix pour garantir la continuité du vivant et des activités économiques.
– ce que l’on maintient ou ce que l’on laisse disparaître,
– ce que l’on régénère, pas simplement ce qu’on restaure

On vous invite à rejoindre les REGENERATIVE CIRCLES pour poser vos stratégies régénérative par secteur d’activité en 2026.

Conclusion

En 2026, la RSE ne disparaît pas : elle étends son périmetre. Elle n’est plus seulement un cadre de responsabilité, mais un socle de lucidité qui rend visibles les dépendances réelles des activités économiques — écologiques, humaines et territoriales — ainsi que les risques associés, à travers la CSRD au niveau de l’entreprise ou l’ACV au niveau des produits.

La régénération prolonge cette lucidité en trajectoire stratégique : elle transforme ces dépendances en leviers de continuité, en posant une question simple et décisive pour les entreprises et les territoires — quelles capacités du vivant, humain et non humain, doivent être renforcées pour que l’activité puisse continuer dans la durée.

La conception régénérative en constitue l’aboutissement opérationnel : elle matérialise cette continuité dans les produits, les services et les modèles économiques réellement mis sur le marché, en traduisant le renforcement des milieux, des relations et des filières en robustesse opérationnelle, en qualité réelle des offres, en préférence marché et en stabilité des marges.

Ainsi comprise, la régénération apparaît comme un levier concret de continuité économique, capable de nourrir une innovation ancrée dans les territoires, de renforcer la valeur des productions locales et de redonner du sens et de la fierté au travail, dans un contexte d’instabilité géopolitique durable.

🏭 Implications par type d’entreprise

🟢 PME / ETI industrielles ou de services

Opportunité majeure : la régénération comme avantage concurrentiel de résilience. Implications concrètes :

  • Sécuriser les filières amont (matières, compétences, sous-traitants).
  • Re-territorialiser quand cela renforce la continuité (Made in France utile, pas symbolique).
  • Investir dans la qualité des relations humaines (coopération, santé, transmission) comme facteur de productivité réelle.

👉 La RSE devient un levier de solidité, pas un coût.


🟢 Grandes entreprises / groupes

Changement clé : passer d’une RSE “système de pilotage” à une RSE “système de décision”. Implications concrètes :

  • Utiliser la CSRD comme outil de lisibilité, pas comme finalité.
  • Réinterroger :
    • l’utilité réelle des offres,
    • la robustesse des chaînes de valeur,
    • la capacité des organisations à durer sans épuiser humains et milieux.
  • Faire de l’innovation produit un terrain central de la stratégie régénérative, pas seulement de la communication.

Pour les consultants qui accompagnent des PME et ETI industrielles ou de services, 2026 change profondément la nature de la demande. Les dirigeants n’attendent plus des cadres théoriques ou des feuilles de route génériques, mais une capacité à sécuriser concrètement la continuité de leur activité dans un contexte de tensions multiples : filières fragilisées, dépendances critiques, usure humaine, incertitudes réglementaires et territoriales. Dans ce contexte, la régénération devient un levier d’accompagnement stratégique : aider les entreprises à renforcer leurs capacités réelles — relationnelles, humaines, organisationnelles et territoriales — plutôt qu’à empiler des dispositifs. Re-territorialiser quand cela augmente la robustesse, investir dans la qualité des coopérations internes et externes, relier performance économique et santé des relations : la RSE change alors de statut. Elle devient un outil de solidité et de différenciation pour le consultant, lisible pour le dirigeant, et directement actionnable dans la durée.


ANNEXE ➡️ Pour passer à l’action avec nos ateliers de régénération du vivant en triple impact

Nous Sommes Vivants a développé des outils opérationnels pour aider marques et territoires à transformer les exigences de reporting en innovation produit et en décisions d’investissement, avec une lecture économique claire : risques et coûts évités, capacités renforcées, continuité des activités.

Ces enjeux sont travaillés à la fois dans nos ateliers de conception stratégique basés sur le Business Model de l’Entreprise Régénérative. 

→ Inscrivez-vous à notre prochaine formation aux ateliers “Business Model Régénératif”

Voici les trois fresques Nous Sommes Vivants, elles sont pensées comme des leviers d’action collective et individuelle pour mobiliser, relier et transformer dans les contextes de déploiement de stratégies RSE.

  1. Fresque du facteur humain
    Un atelier réflexif pour comprendre et faciliter les changements de comportements individuels et collectifs, notamment dans les organisations ou projets de transformation. Nous Sommes Vivants
    👉 https://noussommesvivants.co/la-fresque-du-facteur-humain/ Nous Sommes Vivants
  2. Fresque des émotions
    Un atelier qui aide à développer l’intelligence émotionnelle au niveau individuel et collectif, en explorant comment émotions, pensées et actions s’articulent. Nous Sommes Vivants
    👉 https://noussommesvivants.co/la-fresque-des-emotions/ Nous Sommes Vivants
  3. Fresque des imaginaires
    Un atelier réflexif permettant d’ouvrir de nouvelles perspectives pour un territoire, une organisation, une marque ou un produit en explorant les imaginaires écologiques responsables et désirables. Nous Sommes Vivants
    👉 https://noussommesvivants.co/la-fresque-des-imaginaires/ Nous Sommes Vivants

23 réponses à « TENDANCES RSE 2026 : LA RÉGÉNÉRATION POUR UNE CONTINUITÉ ÉCONOMIQUE CONTRIBUTIVE AUX TERRITOIRES »

  1. […] que les Tendances RSE 2026 montrent un risque de saturation par la conformité réglementaire (CSRD), notre diagnostic propose […]

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  2. […] Dans un paysage mondial marqué par une instabilité chronique — tensions géopolitiques, ruptures des chaînes d’approvisionnement et concurrence agressive par les bas prix — le modèle de la RSE classique s’essouffle. Pour les organisations, l’enjeu de 2026 n’est plus seulement de réduire leur « empreinte », mais de garantir leur continuité économique. La régénération s’impose alors comme l’unique levier capable de transformer la vulnérabilité environnementale et sociale en une force de robustesse opérationnelle. Lire tendances 2026 […]

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  3. […] fiction qui vous embarque pour explorer les tendances de la RSE vers la régénération 2026 et vous aider à évaluer vos actions prioritaires via le Regeneration Score. 2026 l’année […]

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  5. […] la régénération s’inscrit dans le mouvement Net Positif qui fait référence à des actions, des politiques […]

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  6. […] Le made in France régénératif apparaît comme une des pistes les plus structurantes permettant de maintenir une activité économique dans un monde instable. Dans certains secteurs, l’ancrage territorial (dont le Made in France peut être un levier) devient un facteur de robustesse : réduction de dépendances critiques, continuité des savoir-faire, densification de relations économiques locales. En 2026 le made in France est la piste qui représente le plus de potentiel de régénération. La souveraineté n’est plus un sujet de conformité ni un thème “Made in France” : elle devient une opportunité d’innovation au niveau de l’offre — matières, cahier des charges, filières, preuves, et modèle économique — parce que c’est là que se joue la capacité à livrer dans la durée. » Lire l’ensemble des tendances 2026 […]

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  7. […] Derrière ces enjeux politiques se cache une question rarement posée explicitement : que cherchons-nous réellement à renforcer avec l’argent collectif ? Tant que les politiques publiques financent des activités sans interroger leur capacité à durer dans un monde instable, elles échouent à répondre à la crise sociale comme à la crise écologique. C’est précisément ce que met en évidence le rapport 2025 du Collège des Directeurs du Développement Durable, qui établit un lien direct entre régénération et résilience des entreprises. La régénération n’y est pas présentée comme une posture morale ou un supplément d’âme, mais comme une condition de continuité économique : restaurer et renforcer les systèmes sociaux et écologiques dont dépend l’activité devient un enjeu stratégique. Une condition majeure de continuité des politiques RSE. […]

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  8. […] Le Capacity Score permet de se positionner dans une trajectoire via sa capacité à tenir dans un monde instable, et à renforcer — ou non — la capacité du vivant (humain et non humain) dont elle dépend. Il rend lisible où se situe l’effort principal, et ce que l’organisation est réellement capable de faire aujourd’hui. Voir exemple de Michelin. Et plus largement les tendances de la RSE 2026. […]

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  9. […] des faits, des tendances et des trajectoires possibles vers une économie régénérative. RSE 2026 : de la conformité à la continuité économique Passer du reporting à la transformation… Conception régénérative : approche design Concevoir des produits et services qui renforcent des […]

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  10. […] Le Regen BMC ne nie pas l’exigence économique. Il l’actualise : une activité ne tient pas sans économie. La différence est dans la direction : l’économie devient le moyen d’une continuité, pas l’objectif unique autour duquel le vivant s’ajuste. Lire les tendances RSE 2026 […]

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