Vue aérienne d'un groupe de sept personnes formant un cercle parfait sur un lit de gravier blanc entouré de pelouse, levant leurs verres pour trinquer ensemble.

OU EN SONT LES FILIÈRES BIO RÉGÉNÉRATIVES EN FRANCE : AGRICULTURE, ALIMENTATION, COSMETIQUES, TEXTILE, ACOOLS, BOIS ?

COMPTE RENDU DES DEUX PREMIÈRES SESSIONS PRÉLIMINAIRES DU REGENERATIVE CIRCLE FILIÈRES LIÉES À L’AGRICULTURE RÉGÉNÉRATIVE

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Vue d’ensemble

Deux sessions fondatrices du Regenerative Circle Agro se sont tenues en décembre 2025 et janvier 2026 :

Session 1 — 17 décembre 2025 : session de travail opérationnelle avec 5 acteurs directement engagés dans des filières agricoles et agro-industrielles.

Session 2 — Janvier 2026 : session de présentation et de lancement élargie, ~20 participants issus de grands groupes internationaux, PME bio et agroalimentaire, start-ups, consultants, fondation philanthropique et chercheurs.

~30participants au total
(hors animateurs & observateurs)
7+secteurs représentés
(agri, alim, textile, cosmétique, luxe, énergie, ESS)
4typologies d’acteurs
(grands groupes, PME/start-ups, consultants, fondation)

CR rédigé sur la base des enregistrements intégraux

Équipe d’animation Nous Sommes Vivants

Jérémy DumontPrésident du collectif · Concepteur des ateliers et outils · Économie régénérative depuis 7-8 ans
Laurence LothAnimatrice principale · Accompagnement des transitions humaines · Formée au business model régénératif
Andreea FauchileCo-animatrice · Innovation durable, nouveaux récits, design fiction · Formée au business model régénératif
Albane RoussotAgronome · Démocratie vivante, gouvernance et imaginaires · Formée au business model régénératif

Participants aux deux sessions

Session 1 — 17 décembre 2025

Visioconférence · 5 participants + équipe d’animation

Thomas LemasleCofondateur, — Vins, champagnes et softs bio (B-Corp)
Michel DorgetPDG, Guatex — Latex et caoutchouc naturel
Ludovic StievetChâteau Galoupet, Moët Hennessy — Domaine viticole certifié ROC
Lucas DidierBiosphères — Conseil en agriculture régénérative
Monica VenturaTokilia — Valorisation laine locale basque (race Manex) — ESS · Participante parcours CEC Agri Agro

Session 2 — Session de présentation et de lancement

Visioconférence enregistrée · ~2 heures · ~20 participants

Ambre PaayaIngénieur composant, Decathlon — Formation Upskill Regen
Lore ChemillyDirectrice marketing, Bjorg, Groupe Ecotone
David AzuméIngénieur agronome, L’Oréal
Marie Le TailleuxResponsable ESG, FDJ United
Antoine LinResponsable agroécologie, LVMH Recherche
Maria EstradaChercheuse, Chargeurs Luxury Fibers (Nativa Regen)
Jessica VillaPDG, Datams Sustainability Foundation
Christine SarzierResponsable RSE, Vergers Boiron — B-Corp, société à mission, participante CEC Agri Agro
Dimitri CarbonelFondateur, Livosphère et porte-parole des Shifters
Sabine AltConsultante, Alimentys
Corentin ChilingetConsultant, Carbone 4
Mohamed BenarfaCTO, WiFi — Start-up IA textile
Thibaud ChaussetConsultant indépendant — Transition agricole et alimentaire
Duc PhamStart-up ACE (énergie des vagues) — Projet déchets agricoles

+ 4 étudiants stagiaires en observation (Salma, Herman, Bao, Seynabou)

Compréhension partagée de la régénération

À travers les deux sessions, les participants ont formulé des définitions complémentaires qui convergent vers une vision commune :

🌱 Cadre conceptuel — Jérémy Dumont, président Nous Sommes Vivants

« Donner aux êtres vivants, dont les humains, les ressources leur permettant d’être en capacité d’atteindre leur plein potentiel dans leur environnement. »

Approche centrée sur les êtres vivants dans les écosystèmes. Fondements : Économie de la mutualité, Regenesis Institute, ROC (Rodale Institute) et Community Capacity.

1. Limiter 2. Réduire / Préserver 3. Restaurer 4. Régénérer

« Il n’y a que les pratiques régénératives et les modèles économiques régénératifs qui vont être contributifs à la qualité de vie dans un territoire. La régénération, c’est une performance en triple impact qui régénère le vivant avec des indicateurs tels que biodiversité des sols / hors sols. » — Jérémy Dumont

La régénération est une approche qui vise à renforcer les capacités du vivant — humains compris — plutôt que simplement réduire les impacts négatifs. Elle permet aux activités économiques de créer de la valeur tout en contribuant positivement aux écosystèmes et aux communautés dont elles dépendent.

🌱 Approche écosystémique avec contribution au vivant

« C’est un mouvement, une philosophie qui consiste à rendre plus à l’écosystème dans lequel on opère, lui rendre ce qui est nécessaire à sa régénération. »

« La régénération ne peut pas se faire sans que ça se passe au niveau du paysage, sans intégration animale — et l’animal inclut l’humain. C’est une approche sociale, culturelle, tout autant qu’environnementale. »

« Il faut une approche holistique qui ne se limite pas à la mise en œuvre, mais qui vise aussi à améliorer les conditions de vie des agriculteurs. Ce n’est pas seulement une vision centrée sur le carbone. »

🔄 Économie circulaire et régénération : deux démarches complémentaires

« L’étape après le circulaire. La circularité, c’est au mieux neutre, une somme nulle. Le régénératif va au-delà : contribution positive par rapport à tous les impacts négatifs accumulés depuis des décennies. »

« L’économie circulaire n’intègre pas le vivant humain et non-humain. C’est abiotique. La régénération, c’est une performance en triple impact qui régénère le vivant avec des indicateurs tels que biodiversité des sols / hors sols. » — Jérémy Dumont

Le circulaire et le régénératif sont deux démarches complémentaires. Le circulaire permet des économies et réduit les pertes, mais reste sans vivant — c’est une approche abiotique. La régénération prolonge cette logique en y intégrant le vivant humain et non-humain : elle apporte une robustesse économique (liens territoriaux) et une performance en triple impact. Le bio a un modèle économique viable : besoin de valoriser les pratiques pour justifier les surcoûts.

🤝 Coopération et alignement

« Alignement des objectifs des différentes parties prenantes à travers des coalitions. Que ce soit des agriculteurs, des grandes entreprises et les parties prenantes qui gravitent autour. »

« Quand on innove avec les parties prenantes et qu’on intègre l’humain et le non-humain, ça change la donne. » — Laurence Loth

🌿 Restauration vs. Régénération : une différence de capacité

La résilience restaurative permet aux activités économiques de résister face aux poly-crises en optimisant. La régénération renforce la capacité des activités à tenir dans le temps dans des relations mutuellement bénéfiques sur un territoire. Atteindre ses objectifs en est le résultat.

Restaurer → capacité à réparer, stabiliser et optimiser un système abîmé pour résister aux chocs.
Régénérer → capacité à inscrire les activités dans des relations mutuellement bénéfiques avec le vivant sur un territoire, de façon durable.

Il existe ainsi :

— une innovation de résilience, qui sécurise et optimise la supply chain face aux poly-crises,
— une innovation régénérative, qui renforce la capacité de l’activité dans le temps en contribuant, co-évoluant et ouvrant des futurs viables dans des relations mutuellement bénéfiques.

La RÉGÉNÉRATION peut s’inscrire dans cette continuité — et parfois en synergie — mais relève d’un autre registre : celui de la capacité à contribuer activement à la vitalité du vivant, humain et non humain, dans son milieu de vie.

Une organisation peut renforcer progressivement ces capacités, ou être déjà regenerative by design, lorsque son modèle d’affaires est conçu dès l’origine pour soutenir la vitalité des écosystèmes et des communautés dont elle dépend.

La régénération n’est donc pas un niveau de maturité supérieur, mais une bascule de nature : le passage d’une logique d’impact à une logique de capacité contributive. Dans ce cadre, la performance économique n’est plus un objectif isolé, mais une conséquence de la capacité collective à coopérer, créer de la valeur située et durer sans s’épuiser.

⚡ Points majeurs : six enjeux systémiques majeurs identifiés

Malgré la diversité des profils et des secteurs, six enjeux systémiques majeurs émergent de façon convergente sur les deux sessions.

1. Standardisation, référentiel commun et risque de « régénératif opportuniste »

L’absence de définition partagée du « régénératif » est le premier frein identifié. Les participants pointent le risque de dilution du terme, de greenwashing, et de dévalorisation des pionniers. Un standard international existe (Regenerative Organic Certified — ROC, porté par le Rodale Institute) mais reste peu reconnu en France même si porté par Ecocert. Les travaux du Regenesis Institute offrent un cadre théorique complémentaire. En parallèle, Regeneration International a publié en 2025 son propre standard, fondé sur les quatre principes de l’agriculture biologique (santé, écologie, équité, précaution) avec deux niveaux de certification : « Regenerative A Grade » et « Regenerative in Transition ». Le besoin d’un cadre crédible — sans rigidifier une approche par nature contextuelle — est unanime.

2. Labels et scores comme leviers de bascule vers le régénératif

Un continuum de labels et scores structure la trajectoire entre le niveau 3 (bio, éthique, local) et le niveau 4 (régénératif) :

Planète Score Fashion Score B-Corp Bio / AB Fair Trade ROC (Regenerative Organic Certified)

Le Planète Score (quadruple A cité pour un lait d’avoine bio Ecotone) et le Fashion Score (veste Smith de Picture Organic), tous deux primés aux Lauriers de la Régénération, sont des outils de transition facilitants. Ces labels restent au niveau 3. La bascule vers le niveau 4 se matérialise par la certification ROC, qui combine bio, fair trade et pratiques régénératives mesurées. Le Château Galoupet est un cas concret de cette bascule en France. Le B-Corp (Oé) atteste d’un engagement global.

3. L’équation économique : coûts immédiats vs. bénéfices différés

Comment financer la transition sans la faire porter exclusivement sur le consommateur ou l’agriculteur ? La réponse passe par la coalition multi-acteurs et le partage des coûts et de la valeur. La multivalorisation des matières premières (ex. ortie : textile + thé + cosmétique) apparaît comme un levier concret. Guatex démontre l’ACV positive comme argument de souveraineté industrielle. La philanthropie est évoquée comme levier pour financer les diagnostics sans contrainte de ROI.

4. Coalition, allègement de la charge sur les producteurs et rôle de facilitateur

Les agriculteurs sont sollicités par de multiples donneurs d’ordre avec des questionnaires et cahiers des charges différents. Nécessité de s’entendre sur une méthode commune et de placer les producteurs au cœur du processus comme co-concepteurs. Biosphères apporte l’expertise terrain. Tokilia illustre le modèle ESS territorial. Les grands groupes posent la question de l’intégration des pools d’agriculteurs partenaires. Nous Sommes Vivants insiste sur son rôle de médiateur neutre pour casser les rapports de force.

5. Passage à l’échelle, embarquement au-delà des convaincus et manque d’exemples diversifiés

Les exemples pionniers sont toujours les mêmes. Le monde industriel a besoin de cas diversifiés. Les cas concrets apportés — domaine viticole certifié ROC, PME latex avec ACV positive, initiative ESS laine locale — répondent directement à ce besoin. Embarquer les directions innovation (pas seulement la RSE) est critique. L’inspiration inter-sectorielle nourrit davantage que les exemples du même secteur.

6. Valorisation auprès du consommateur et communication

Comment expliquer simplement des pratiques complexes ? Comment revendiquer le travail régénératif en magasin sans greenwashing ? La promesse consommateur — bio, local, santé, rémunération juste — est vue comme la clé de la viabilité. La qualité sensorielle et nutritionnelle du produit final reste le vrai déclencheur d’achat dans l’alimentaire. Le « Made in France régénératif » est évoqué comme narratif engageant. Les Lauriers de la Régénération sont cités comme démonstration de faisabilité par le produit.

Message central : La régénération n’est ni une niche, ni un supplément RSE — c’est un modèle économique viable fondé sur la coopération entre acteurs d’une même filière, la multivalorisation des ressources, et la création d’une valeur perçue par le consommateur final. Les labels et scores structurent le chemin ; la certification ROC matérialise la bascule. Le Regenerative Circle Agro rend cette transformation concrète, collective et finançable.

Programme Regenerative Circle Agro Multifilières / ou filières uniques

Les 5 ateliers du RegenBMC sur 1 an

1

Analyse chaîne de valeur actuelle

2

Redesign chaîne de valeur future

3

Proposition de valeur régénérative

4

Planification à 3 horizons

5

Feuille de route, KPIs & gouvernance

🎯 Livrables du programme

Proposition de valeur clarifiée, coconstruite avec les parties prenantes
Business model collectif et individuel
Plan d’expérimentation avec rétro-planning d’actions
KPIs majeurs de pilotage
Kit complet d’outils et de méthode
Autonomie de continuation après 1 an

« Chaque atelier, le matin on vous présente les outils, l’après-midi vous l’appliquez à vos cas particuliers. » — Laurence Loth

5 500 € HT / individuel
8 000 € HT / duo (même structure)

Découvrir la méthode REGEN BMC →

Prochaines étapes

  1. Réaliser son Capacity Score : questionnaire 38 questions pour se positionner dans la trajectoire vers la régénération. Découvrir le Capacity Score →
  2. Regenerative Circle Agri-Agro multi-filières : Onboarding le 18 mars 13h (2h) ZOOM. RSVP →
  3. Regenerative Circle Agri-Agro par filières (constitution des cercles par filière) :
    5 mars 11h (2h) Focus Alcools · ZOOM
    6 mars 11h (2h) Focus Cosmétiques · ZOOM
    12 mars 11h (2h) Focus Alimentation · ZOOM
    13 mars 11h (2h) Focus Textile · ZOOM
    RSVP →

🏢 Accompagnement entreprise dédié — Business Model Régénératif sur-mesure

20 000 – 30 000 € HT / an

📅 Durée : 1 à 3 ans

👥 2 animateurs dédiés par entreprise

🔧 Méthodologie REGEN BMC adaptée à votre filière

🌿 Ex. : Bastien Tissages Techniques sur l’ortie (5 ans d’accompagnement)

Cas d’étude et ressources — Nous Sommes Vivants

🌿 Filière ortie textile — Business model régénératif

Co-construction d’un business modèle régénératif pour l’ortie dans le textile. Accompagnement filière sur trois ans.

Découvrir le projet ortie →

📡 Orange — Regen BMC pour la LiveBox

Version découverte du Regen BMC customisée pour les services délivrés via la LiveBox. Formation des designers au Regen BMC.

Découvrir le projet Orange →

🏞️ Rivière Chéran — Réponse FRB 2025

Projet d’intermédiation pour une dépollution collective de la rivière Chéran (PFAS). Label « rivière sauvage » à la clé.

Découvrir le projet Chéran →

🌱 Wagralim — Friches régénératives (Belgique)

Business model régénératif des friches à l’aide de solutions fondées sur la nature (phytomanagement). Projet en cours avec Wagralim.

🏆 Les Lauriers de la Régénération 2025

25 lauréats prouvant la viabilité du régénératif. Ex. : lait d’avoine bio Ecotone Planète Score quadruple A, Château Galoupet (ROC), Picture Organic, Jardin de Gaïa.

Voir les Lauriers 2025 →

🌾 De l’agriculture régénérative au business model régénératif

Focus sectoriels : agriculture, alimentation, mode, beauté, vin et champagne, chocolat bio.

Découvrir les focus sectoriels →

🧰 Boîte à outils de Nous Sommes Vivants

Fondements : Économie de la mutualité · Regenesis Institute · ROC (Rodale Institute) · Community Capacity

Capacity Score REGEN BMC Infographie de la visée régénérative Regenerative Circle

Découvrir l’infographie de la visée régénérative →


COMPTE RENDU DÉTAILLÉ — SESSION 1

Session de travail opérationnelle · 17 décembre 2025

Le compte rendu détaillé de la Session 1 est publié sur le site Nous Sommes Vivants :

Lire le CR Session 1 — 17 décembre 2025 →


COMPTE RENDU DÉTAILLÉ — SESSION 2

Session de présentation et de lancement du Regen Circle Agri-Agro · Janvier 2026 · avec verbatims

FormatVisioconférence (session enregistrée)
Durée2 heures
AnimateursJérémy Dumont (président), Laurence Loth, Andreea Fauchile · Absente : Albane Roussot
Participants~20 personnes : grands groupes, PME, start-ups, consultants, fondation, étudiants
ObjetPrésentation de l’initiative Regen Circle Agri-Agro, méthodologie Regen BMC, modalités

Sommaire

  1. Ouverture et déroulé
  2. Cadre conceptuel — Jérémy Dumont
  3. Présentation de l’approche
  4. Enjeux, freins et questionnements
  5. Réponses et clarifications
  6. Échanges finaux

1. Ouverture et déroulé

Laurence Loth ouvre la session. Déroulé en quatre temps : tour de table, présentation par Jérémy Dumont, programme Agri-Agro, et Q&R.

« L’objectif, c’est travailler sur vos projets d’innovation et tous vos sujets individuels, mais dans une dynamique collective en bénéficiant des savoirs des uns et des autres. » — Laurence Loth

2. Cadre conceptuel — Jérémy Dumont, président Nous Sommes Vivants

→ Voir le cadre conceptuel complet dans la section « Compréhension partagée de la régénération » ci-dessus.

3. Présentation de l’approche

→ Voir la présentation dans la section « Approche » ci-dessus.

4. Enjeux et questionnements des participants

Le passage à l’acte des petites structures

« C’est comment on les fait passer à l’acte et comment on les accompagne sociologiquement. »

Valorisation carbone et communication grand public

« Expliquer assez simplement des choses complexes. Comment rendre accessible pour faire cet effet tipping point. »

Coalitions et charge sur les agriculteurs

« Comment des acteurs peuvent s’entendre pour que l’agriculteur n’ait pas plus de travail qu’il n’en a déjà. »

Rôle distinctif de la philanthropie

« Où est-ce que la philanthropie peut vraiment agir de façon distinctive ? Qu’est-ce qu’il faut au paysan pour s’intégrer en alignement avec le vivant ? »

Définition et standardisation du régénératif

« La difficulté c’est de s’accorder déjà ne serait-ce que sur le référentiel régénératif. Il faut une standardisation face au greenwashing. Le bio est à la base, mais c’est plus que le bio. »

Passage à l’échelle et valorisation consommateur

« Comment valoriser les pratiques de régénération auprès des consommateurs ? Il faut de la transparence sur les chemins parcourus. Le diagnostic, c’est une prise de conscience, mais le coût/bénéfice bloque. La philanthropie pourrait enlever la barrière ROI du diagnostic. »

5. Réponses et clarifications

Sur les agriculteurs dans la démarche

❓ Question : Comment les agriculteurs partenaires sont-ils intégrés dans la démarche ? Ne risque-t-on pas de reproduire un rapport de force entre donneurs d’ordre et producteurs ?

Jérémy Dumont :

« On va avoir une marque de cosmétique qui fait des slides, et les agriculteurs rigolent parce qu’il y a une incohérence. L’intérêt de les avoir autour de la table, c’est de comprendre, de partir de la pratique. »

Andreea Fauchile : le rôle de facilitateur neutre permet de « casser le rapport de force ».

« On est facilitateurs neutres. Notre rôle c’est vraiment d’être à l’écoute de toutes les parties prenantes et de faire en sorte que chacun puisse s’exprimer librement. » — Andreea Fauchile

Les agriculteurs sont présents autour de la table (pas représentés). Identification des bonnes pratiques → qualité perçue par le consommateur. Pas d’accompagnement technique terrain (partenaires pour ça). Alignement : bio + local + santé + rémunération juste.

Sur l’innovation et la proposition de valeur

❓ Question : La proposition de valeur régénérative implique-t-elle nécessairement un coût plus cher pour le consommateur ?

« L’excellence des pratiques pour la biodiversité, la santé humaine, la juste rémunération ne se traduit pas forcément dans un coût plus cher. Et surtout, elle est vraiment contributive du territoire. » — Jérémy Dumont

La coconstruction avec les parties prenantes génère des innovations hors des sentiers battus, avec un mindset différent et puissant. Exemple Orange : l’inspiration vient d’autres secteurs, pas de la redite des exemples sectoriels partagés en interne.

« Quand on a fait l’atelier avec Orange, ce qui a vraiment été déclencheur, c’est l’inspiration qui venait d’ailleurs, de secteurs complètement différents. C’est ça la force du collectif inter-filières. » — Jérémy Dumont

Sur la standardisation

❓ Question : Comment s’accorder sur ce qui est véritablement « régénératif » face au risque de greenwashing ? Le bio est-il un prérequis ?

« Pour nous, c’est extrêmement clair que si c’est pas bio, ce n’est pas régénératif. À date, le net zéro, c’est le bio. » — Jérémy Dumont

La filière bio est structurée, en amélioration continue. Les certifications et scores facilitent la transition (Planète Score, Fashion Score). Labels ROC internationaux.

« Le bio c’est la base. On ne peut pas revendiquer du régénératif si on n’est pas au minimum en bio. Toutefois, pour orchestrer la transition en temps 2, nous prévoyons une innovation de transition qui n’est pas forcément bio, mais si elle n’est pas bio elle doit être locale ou fair trade, parce que sinon la marche est trop haute. » — Jérémy Dumont

Sur l’économie du modèle

❓ Question : Concrètement, comment fait-on pour que le modèle économique tienne sans tout faire reposer sur le prix de vente ?

« Concentrons-nous sur un produit et ses cahiers des charges. On fait le pont avec l’affichage sur le produit. On avance par exemple en se déclarant en transition vers le régénératif sans surpromesses et dans 10 ans on veut montrer qu’on est arrivé à faire quelque chose de bon avec des impacts mesurés. Tous nos impacts collectifs combinés. » — Jérémy Dumont

Le Made in France n’est pas toujours contributif au territoire. La régénération vise l’excellence des pratiques sans surcoût systématique. Proposition enthousiasmante pour la filière et le consommateur. Contributif > responsable.

« La multivalorisation des matières premières, c’est un vrai levier. L’ortie par exemple : textile, thé, cosmétique. On multiplie les usages, on multiplie les revenus. » — Jérémy Dumont

Sur la trajectoire

❓ Question : Peut-on s’engager dans une trajectoire régénérative sans tout bouleverser du jour au lendemain ?

« Il y a pas mal de gens qui ont envie de s’améliorer, de le faire de façon concentrée, sous des objectifs précis, pour pas se disperser, et de le faire de façon apaisée dans le temps. On ne peut pas tout de suite arrêter des offres commerciales délétères, et on ne peut pas tout de suite mettre sur le marché des offres régénératives. Mais on se donne des trajectoires, collectivement partagées sur dix ans si ça doit prendre 10 ans pour y parvenir. » — Jérémy Dumont

« C’est pas tout ou rien. C’est un chemin. Et le chemin commence là où on est, avec ce qu’on a. » — Laurence Loth

Cadre de référence

❓ Question : Comment mesurer concrètement les progrès et communiquer de façon crédible sur la trajectoire régénérative ?

« On s’appuie sur le corpus d’ESRS de la CSRD regroupés en famille de services socio-écosystémiques, de manière à pouvoir établir des rapports et communiquer parce qu’on aura des indices mesurables et fiables dans une trajectoire d’amélioration. » — Andreea Fauchile

« La CSRD nous donne un langage commun. On s’appuie dessus, mais on va plus loin : on ne mesure pas seulement les impacts, on mesure les capacités contributives. » — Andreea Fauchile

6. Échanges finaux

« Je vois une belle évolution. Ça devient très clair et c’est une aventure intéressante. »

« C’est très intéressant, différent de ce qu’on travaille normalement. Nous apprécions ces cercles pour harmoniser les définitions et explorer la collaboration entre industries. »

« Ce qui me plaît c’est la dimension inter-filières. On sort de nos silos. On apprend des autres secteurs et ça ouvre des perspectives qu’on n’aurait jamais eues seuls. »

« La force de ce cercle c’est d’avoir à la fois des grands groupes et des petites structures. Le dialogue entre les deux est rare et précieux. »

« J’apprécie l’approche par les pratiques concrètes plutôt que par les grands discours. On parle de produits, de filières, de terrain. C’est ce qui manque ailleurs. »

« Ce que je retiens, c’est que la régénération n’est pas un label de plus. C’est un changement de logique, de posture, de relation avec nos partenaires. Et ça, c’est enthousiasmant. »

« On a besoin de ce type d’espace pour prendre du recul, confronter nos pratiques et avancer collectivement. C’est rare d’avoir un cadre aussi bienveillant et exigeant en même temps. »

Laurence Loth conclut :

« Merci à tous pour la richesse de ces échanges. On se retrouve très vite pour l’onboarding et les sessions par filière. L’aventure ne fait que commencer. » — Laurence Loth

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Fin du compte rendu — Rédigé sur la base des enregistrements intégraux
Les propos des participants n’engagent pas forcément leur entreprise.

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