
L’arrivée physique de Shein au BHV Marais Paris et dans certains magasins des Galeries Lafayette a secoué le secteur du textile. Ironie du sort : l’annonce de Shein tombe le jour où entre vigueur le décret sur l’affichage environnemental des vêtements pour freiner les ventes des marques dont le coût environnemental est le plus élevé. L’affichage environnemental existe déjà pour faire connaître l’impact des vêtements sur les humains, l’environnement, la santé et les animaux : le Fashion Score de ClearFashion. Certaines, comme Picture Organic Clothing, ont même décidé d’afficher le score de chaque produit directement sur leur propre site, parce que c’est un levier d’achat. L’économie régénérative est viable en triple impact : économique, social et environnemental. Lire la note
Après l’annonce, le 1er octobre, de l’ouverture de boutiques du géant de l’ultra fast-fashion Shein au BHV Marais à Paris et dans cinq Galeries Lafayette en région, plusieurs marques françaises annoncent mettre fin à leur collaboration avec le BHV : les marques de cosmétiques AIME, talm, ou encore les marques de prêt-porter ODAJE et Culture Vintage, la marque de décoration Maison Pechavy également. Il s’agit de marques françaises dont les productions sont implantées dans l’hexagone. The Good Goods.
La co-fondatrice et présidente de la marque de cosmétique AIME, Mathilde Lacombe, a lancé le mouvement sur LinkedIn. Sur franceinfo, elle a déclaré être « profondément choquée » par la décision du BHV. « Pour moi, c’est juste incompatible […] donc ça a été une évidence » de quitter l’enseigne. « On n’a pas les mêmes valeurs » que Shein, a assuré Mathilde Lacombe, que ce soit sur le plan « environnemental et social ». Dans sa publication LinkedIn, la cofondatrice de AIME « invite toutes les marques partageant ces convictions à réfléchir à cette décision ». La marque compte plus de 180 000 abonnés sur Instagram.
C’est par un long courrier que Frédéric Merlin, président de la Société des Grands Magasins (SGM) et propriétaire du BHV, a annoncé la nouvelle à ses salariés, mercredi 1er octobre. « Nous avons convaincu Shein de franchir une étape historique : […] ouvrir ses premiers espaces physiques. » Dès novembre, le BHV et cinq magasins Galeries Lafayette franchisés de province ouvriront leur porte au roi chinois de la fast-fashion en ligne, décrié pour la qualité de ses produits, leur impact écologique, et leur concurrence déloyale envers les autres acteurs de la mode. « Ils auraient pu choisir d’ouvrir ailleurs dans le monde, mais ils ont choisi de le faire […] avec nous, et en exclusivité mondiale, persiste le courrier. Oui, une exclusivité mondiale. »
Le groupe Galeries Layette a fait savoir son « profond désaccord » avec le projet commercial que met en place la SGM avec Shein, allant même jusqu’à estimer que celui-ci était « contraire aux conditions contractuelles d’affiliation » qui lient l’enseigne historique et la foncière. source Il en est de même avec plusieurs maires des villes ou un des 5 Galeries Lafayette franchisés est présent. Le maire de Limoges aurait appris la nouvelle, comme tout le monde, « par voie de presse ce jour », et précise « qu’aucune réglementation ne prévoit une consultation ou autorisation préalables de la mairie dans ce type de projets ». source
Le porte-parole de Shein France défend lui un projet qui entend « unir le meilleur des deux mondes : un modèle en ligne qui est populaire, et qui est un succès », avec des « dizaines de millions de clients en France ». L’objectif affiché est d’attirer un public « plus jeune, plus international, plus connecté ». Shein fait valoir un « engagement pour revitaliser les centres-villes » et évoque « la création de 200 emplois directs et indirects en France au sein de SGM ».
« Ces dernières années, Shein n’a cessé de vouloir se rapprocher de l’Europe et de la France. Ils ont ouvert des entrepôts en Turquie et annoncé un accord de partenariat avec Pimkie. Selon un bilan financier dévoilé par Reuters en octobre 2024, la France représente 5,4 % des ventes occidentales de la plateforme, derrière les Etats-Unis (28,2 %), l’Allemagne (6,6 %) et le Royaume-Uni (6 %).
Derrière la création de 200 emplois directs et indirects en France au sein de SGM » il y a les coûts cachés des modes de production en Chine : 70% de nos vêtements sont fabriqués en asie. Ainsi, les jeans coûteraient 33 euros de plus avec des coûts environnementaux et sociaux réels Impact Institute. Et un T shirt LOOM en coton bio est à 25 euros alors qu’un Tshirt PRIMARK est à 5 euros mais son coût environnemental est de 544 points vs. 1786 points.
Le Made in France est aujourd’hui en grande souffrance et Julia Faure de LOOM alarme « plus vous achetez de vêtements, plus vous tuez le made in France ». Pour maintenir le réchauffement à moins de 1,5°C, le secteur textile doit diviser ses émissions de gaz à effets de serre par trois d’ici 2050. Or, les engagements pris aujourd’hui par les marques sont largement insuffisants pour y parvenir. Pour y arriver, les marques d’habillement devons faire en sorte de réduire le volume de vêtements mis sur le marché, relocaliser la production où l’énergie est moins carbonée, et favoriser le ré-emploi des vêtements usagés.
Pour «responsabiliser» les producteurs, la loi anti fast fashion prévoit un système de bonus-malus pour des marques comme Shein ou Temu : les plateformes devront payer des «éco-contributions» pour chaque produit qui relève de la fast fashion. Le décret sur l’affichage environnemental des vêtements permet aux marques de mode d’informer leurs clients sur l’impact écologique de leurs pièces. La loi s’appuie pour ça sur l’indice de durabilité d’un produit – un composant de l’affichage environnemental. Mais la Commission a relevé de nombreuses incompatibilités du texte proposé avec le droit de l’Union européenne et formule des réserves sur la plupart de ses dispositions. source
La méthode de calcul du coût environnemental s’appuie sur l’analyse de cycle de vie (ACV) qui permet de calculer le coût environnemental d’un vêtement à partir de paramètres simples et spécifiques au produit. La méthode européenne fondée sur le PEF prend en compte de nombreux impacts environnementaux, et notamment le changement climatique. Cependant, elle doit encore être complétée sur d’autres aspects, notamment sur la biodiversité, les conditions de travail ou encore sur les questions de durabilité non-physique pour les vêtements définie par la largeur de gamme (le nombre de références commercialisées par la marque) et l’incitation à la réparation. source
L’affichage environnemental existe pourtant déjà pour faire connaître l’impact des vêtements sur les humains, l’environnement, la santé et les animaux. Ce sont au total plus de 300 marques qui ont fait le choix de l’affichage environnemental et social textile calculé par Clear Fashion. Certaines, comme Picture Organic Clothing, ont même décidé d’afficher le score de chaque produit directement sur leur propre site.
Le Fashion Score de Clear Fashion donne une note sur 100 apposée directement sur les produits des marques a l’instar du nutriscore et du planet-score ! Ce score est le résultat de l’évaluation indépendante réalisée par Clear Fashion sur 150 critères de notation, faisant du Clear Fashion Score l’étiquette d’information la plus exigeante du secteur. Une application mobile permet aux utilisateurs de chercher une marque et d’accéder aux informations sur ses pratiques, sur le même principe que son homologue Yuka, dans le secteur de l’alimentaire. « Nous avons créé notre méthodologie, et nous nous sommes positionnées comme tiers de confiance entre les marques et les consommateurs pour apporter de la transparence », expose la CEO Marguerite Dorangeon. En savoir plus
Les lauriers de la régénération 2025 ont mis en lumière les produits les plus engagés. Côté vêtements, crée en 2008, Picture Organic poursuit son engagement dans la mode outdoor responsable avec des produits en coton bio et polyester recyclé alliant des procédés bas-carbone. Un laurier 2025 pour la veste en coton bio certifiée GOTS. Depuis 2024, ils collaborent avec Clear Fashion pour l’affichage environnemental et social de nos produits. La veste en coton bio certifiée GOTS à obtenu un score similaires aux produits Véja dont une des basquettes contient du coton bio et régénératif certifié Regenerative Organic Certified (ROC) Source Coup de cœur du jury : Royal Mer, un effort de retour au 100% laine vierge sur un modèle de pull marin garanti à vie. Découvrir tous les lauréats 2025
Pour Caroline Mini, cette démarche de transparence et de proactivité qui fournit des informations clés de façon pédagogique, est très bien reçue de la part de la clientèle de Picture Organic Clothing. De plus, cela permet à la marque d’avoir toutes les clés pour améliorer constamment ses produits, d’année en année, via l’interface. « Les notes des vêtements proposés actuellement peuvent servir de point de départ, lorsque l’on commence à réfléchir à une prochaine collection car on peut commencer par identifier quels axes améliorer. La plateforme permet de simuler un produit, d’indiquer les lieux de production, les matières utilisées, les certifications comme le coton bio le ou polyester recyclé. Mais aussi le nombre de références proposées, ou même le fait de proposer une garantie à vie… jusqu’à anticiper une note finale optimale. Cela nous donne vraiment tous les leviers d’éco-conception », résume Caroline Mini. Source
Les pionniers de l’économie régénérative comme Picture Organic sont à l’avant-garde de cette économie. Ils s’engagent activement à régénérer le vivant au sein de leurs écosystèmes. Ces entreprises proposent des modèles économiques permettant de rentabiliser les actions régénératives dans le temps, en développant de nouveaux produits et services contributifs au climat, à la biodiversité et à la santé, conçus en collaboration avec les parties prenantes de leur chaîne de valeur.
L’économie régénérative repose sur trois capitaux interdépendants : naturel, social et économique. Pour réussir la transition écologique et sociale, il est crucial de changer de cap en reliant les enjeux économiques, sociaux et environnementaux. La régénération vise à remettre le vivant au cœur de chaque décision économique, en mobilisant une coalition de parties prenantes autour d’une activité ancrée dans un territoire. Les modèles économiques régénératifs s’ajoutent aux modèles durables et circulaires, mettant l’accent sur les systèmes socio-écologiques et une compréhension de la planète comme un système vivant.
C’est par l’innovation que nous relèverons ces défis afin de permettre aux marques Françaises les plus engagées de produire plus en France et de vendre plus de produits contributifs aux écosystèmes au juste prix.
Nous avons développé le business model canvas de l’entreprise régénérative en nous basant sur les principes de l’économie de la mutualité pour permette à un ensemble de parties prenantes de sortir de la logique délétère des prix toujours plus bas qui finissent par tous leur couter trop cher, et réussir à investir ensemble dans le long terme sur des innovations contributives pour la société, l’environnement, et leurs finances (avec une répartition juste de la valeur crée). Présention du RegenBMC



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