
C’est quoi, concrètement, un produit alimentaire régénératif ?
La question paraît simple. La réponse est précise. Prenons l’exemple d’une gaufre — produit banal, ingrédients multiples, chaîne longue. Qu’est-ce qui la rend régénérative ?
Des ingrédients issus de sols vivants — farine, sucre, œufs — cultivés dans des filières qui priorisent la santé des sols, la biodiversité, le stockage du carbone. Une production pensée en économie circulaire : valorisation des sous-produits, réduction des déchets, packaging réemployable. Une chaîne de valeur qui soutient les agriculteurs : conditions équitables, contrats documentés, rémunération tracée. Et une transparence totale du champ à l’emballage — provenance des ingrédients, pratiques agricoles, empreinte environnementale vérifiable. C’est quoi une gaufre régénérative ? →
Ce schéma vaut pour n’importe quel produit alimentaire : une compote Omie, un lait CQLP, un thé des Jardins de Gaïa, un biscuit LU Harmony. La question n’est pas le produit — c’est la cohérence de la chaîne derrière lui.
Une gaufre régénérative — du sol à l’emballage. Lire le détail →
Les produits et services primés : lauréats alimentaires 2024–2025
Les Lauriers de la Régénération récompensent des produits et services spécifiques — pas des entreprises, pas des politiques RSE. Mais derrière chaque produit primé, on trouve une trajectoire d’entreprise cohérente : une gouvernance, une architecture économique, une relation producteurs qui rend le produit possible. Le produit est la preuve visible de la trajectoire.
C’est qui le Patron ?! × LSDH — lait bio · Lauréat Modèle Économique Régénératif 2025
Le Laurier Modèle Économique Régénératif ne récompense pas une marque engagée qui a réduit ses impacts — il reconnaît un modèle qui a transformé la mécanique de son secteur. C’est qui le Patron ?! × LSDH a fait exactement ça sur la filière lait bio.
Le marché du lait bio en grande et moyenne surface reculait de 11 % entre 2021 et 2024 : 30 à 50 % du lait bio collecté déclassé, Lactalis abandonnant 50 à 60 fermes, les prix fixés en huis clos sans ancrage aux coûts réels de production. LSDH (coopérative laitière) a cherché une alternative structurelle. C’est qui le Patron ?! a apporté la réponse : le prix est co-construit avec les consommateurs — 7 365 d’entre eux ont voté le prix à partir des coûts réels déclarés par les éleveurs — inscrit dans un contrat tripartite garanti 5 ans, certifié chaque mois par Bureau Veritas. Trajectoire : la rémunération juste rendue visible et votée — c’est le mécanisme social qui a tout débloqué. Les chiffres : 126 millions d’euros de chiffre d’affaires, 71,5 millions de litres, triple impact documenté sur 4 territoires ruraux, n°1 du lait UHT et du beurre bio hors marques de distributeur en France — zéro publicité, zéro commercial. Fin 2024, le fondateur Nicolas Chabanne a transféré ses actions à une fondation. (analyse Capacity Score complète →)
Omie & Cie — Planet Score AAAA · Lauréat Lauriers 2024
Omie incarne le modèle « Organic Plus » à l’échelle PME : 72,2 % de ses produits notés A au Planet Score, aucun en dessous de C. 1 % du chiffre d’affaires reversé à 200 producteurs pour accélérer leur transition. Origine précise (Val de Loire), QR code filière sur chaque produit. Trajectoire : une startup de 15 millions d’euros levés en Série A qui a fait du Planet Score et de la transparence filière son modèle économique — pas sa communication. La compote Omie était le produit le mieux noté dans l’étude qualitative terrain de Nous Sommes Vivants 2023 : « on peut facilement voir d’où ça vient et où c’est fabriqué. »
ECOTONE — Lauréat Lauriers 2025
ECOTONE (Bjorg, Bonneterre, Clipper, Allos, Tartex) : 710 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2024, 84 % de produits bio, 12 % en Fairtrade. Trajectoire : à cette échelle, la régénération se joue dans les cahiers des charges filière, pas dans la communication produit. ECOTONE finance des programmes de transition agroécologique chez ses fournisseurs de céréales et légumineuses, avec mesure des pratiques terrain via l’Indice de Régénération. C’est la preuve qu’un groupe de 700 M€ peut engager une trajectoire régénérative sans en faire un argument marketing prématuré.
LÉA NATURE — Lauréat Lauriers 2025
Léa Nature (So’Bio, Jardin BiO, Natessance) : 502 millions d’euros de chiffre d’affaires, 22 sites de production en France, 2 000 collaborateurs. Trajectoire : la gouvernance est le levier porteur — un modèle de propriété indépendant des fonds financiers permet d’investir dans les filières sur 5 à 10 ans sans arbitrage trimestriel. C’est structurellement ce que les grands groupes cotés ne peuvent pas faire. Léa Nature illustre que la taille n’est pas le frein — c’est la structure de propriété qui détermine l’horizon de décision.
Les Jardins de Gaïa — esprit ROC avant l’heure · Lauréat Lauriers 2025
Pionnière du bio-équitable depuis 1994, Les Jardins de Gaïa (thés, infusions) combine AB, Fairtrade et traçabilité totale jusqu’au producteur. 75 % de ses fournisseurs sont membres de la World Fair Trade Organization (WFTO). Trajectoire : 30 ans de relation directe sans intermédiaire avec les producteurs — bien avant que la rémunération juste devienne un argument marketing. C’est l’angle mort du marketing bio que Kantar mesure à 55 % d’importance consommateur.
Naturalia — Coup de cœur Lauriers 2025
Naturalia (groupe Casino, 220 magasins, premier distributeur certifié B Corp) a lancé en juin 2025 la première campagne de distribution dédiée au bio régénératif en France. Trajectoire : le distributeur comme prescripteur pédagogue — affichages en rayon, vidéos producteurs, sélection dédiée. C’est l’équivalent français de ce que Whole Foods et Sprouts font avec ROC aux États-Unis.
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