
Dossier sectoriel · Alimentation régénérative
Un drapeau ne nourrit personne : l’alimentation régénérative, du sol à la santé
Derrière notre souveraineté alimentaire, des filières agricoles en tension et des paysans en difficulté : afficher l’origine d’un produit ne suffit plus. La vraie question est ailleurs — qu’est-ce qu’un produit rend vraiment au vivant, du sol jusqu’à notre santé ? Régénérer le vivant, c’est déjà soigner la nôtre : c’est ce continuum qui fonde une souveraineté qui tient. Reste à savoir ce qu’est concrètement un produit régénératif, qui le fait déjà en France, comment le reconnaître en rayon — et pourquoi tant de grands groupes qui investissent des milliards dans leurs filières n’ont pas encore de produit visible à côté de ceux qui y sont parvenus.
📖 Référentiel
Livre blanc Nous Sommes Vivants — 73 pages, 10 analyses d’entreprises (Michelin, Patagonia, Danone, LVMH, Expanscience).
Livre blanc entreprise régénérative (51 p.) →📊 Rapport de référence
Les produits régénératifs en France — 122 p., marques, filières, 6 impacts contributifs, certifications.
Produits régénératifs en France : le rapport (122 p.) →🎥 Côté santé — les témoignages
Des sols à l’assiette : le lien entre sol vivant et santé, par ceux qui le font.
Des sols à l’assiette : sol vivant et santé (vidéo) →Le dossier complet en PDF
Souveraineté alimentaire & alimentation régénérative
Du sol à la santé — le panorama complet à emporter.
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Côté sol — De l’agriculture régénérative au business model · Du bio au régénératif : ce qui manque encore · Les modèles qui marchent
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Ce continuum du sol à la santé a un nom : l’économie régénérative. Là où la démarche durable cherche à réduire les dégâts, la régénération vise à rendre au vivant plus qu’on ne lui prend — en triple impact, économique, social et environnemental à la fois, chaque capital renforçant les autres au lieu de s’arbitrer. Face à des chaînes d’approvisionnement fragilisées (sécheresses, prix qui décrochent, paysans en difficulté), ce n’est pas une posture morale mais une stratégie de robustesse : un modèle qui fait prospérer les territoires et le vivant dont il dépend tient mieux dans la durée.
Ce dossier suit cette logique du sol à la santé, maillon par maillon : ce qu’un produit doit démontrer, qui délivre quoi tout au long de la chaîne, et la preuve que ça paie à chaque étape. Pour la généalogie du concept : De l’agriculture régénérative au business model de l’entreprise régénérative.
Le sol : là où tout commence
Tout part du sol. Un sol vivant — riche en matière organique, en vie microbienne, couvert toute l’année — donne un aliment plus dense en nutriments. Un sol épuisé donne un aliment vide. La chaîne est directe et documentée : sol vivant → aliment plus nutritif → meilleure santé. En 60 ans d’agriculture intensive, les 70 fruits et légumes les plus consommés ont perdu −48 % de fer, −27 % de vitamine C, −16 % de calcium (ANSES) : plus de volume, moins de substance. Les pratiques régénératives reconstituent cette densité.
Et ce qu’on ne paie pas dans l’assiette, on le paie ailleurs. À l’échelle mondiale, le système alimentaire produit environ 10 000 milliards de dollars de valeur mais en coûte près de 12 000 à la société — dont la moitié en santé (Alain Vidal, AgroParisTech, ordres de grandeur repris par la FAO en 2022). Régénérer le sol, c’est donc déjà soigner la santé publique — et réduire une facture cachée.
Qui délivre ce maillon ? L’agriculteur. Mais il ne peut restaurer ses sols que s’il en vit. La tension est là : sur le prix d’une brique de lait, la part de l’éleveur a baissé de 4 % entre 2001 et 2022 pendant que celle de la distribution augmentait de 188 % (Fondation Nicolas Hulot). Sur 700 exploitations néerlandaises suivies dix ans, la variabilité des revenus baisse à mesure que les pratiques régénératives progressent : le sol vivant est aussi un amortisseur économique. Et la demande existe — 95 % des Français veulent consommer plus responsable, mais 13 % seulement y parviennent au quotidien : l’écart n’est pas un problème de valeurs, c’est un problème d’offre lisible, crédible et accessible. Sans agriculteur correctement rémunéré, personne pour régénérer quoi que ce soit.
L’aliment : ce qu’un produit doit démontrer, du champ au rayon
Entre le sol et la santé, il y a le produit. Quatre niveaux se distinguent : l’agriculture régénérative (pratiques sols, sans bio obligatoire), le bio (socle : sans chimie de synthèse), le bio régénératif (les deux + équité sociale), et ROC (les trois piliers certifiés ensemble). Pour trancher, le jury des Lauriers de la Régénération évalue chaque produit candidat sur 8 dimensions — appliquées à un produit précis, pas à la politique RSE de l’entreprise :
01
Dossier produit
Un produit ou service spécifique — pas l’entreprise. Cohérence de la proposition, maturité, ancrage territorial.
02
Impacts négatifs limités
Trajectoire de réduction documentée : extraction, pollution, énergie, vivant humain et non humain.
03
Impacts contributifs environnement
Sols, biodiversité, eau, climat. Certifications tierces (ROC, Demeter, AB). Mesures de terrain.
04
Impacts contributifs société
Rémunération juste des producteurs, santé, lien au territoire, services socio-écosystémiques.
05
Potentiel business
Viabilité économique constatée. Le modèle tient dans un compte de résultat. Triple profitabilité en acte.
06
Gouvernance & partage de la valeur
Nature et générations futures intégrées aux décisions. Valeur partagée équitablement entre toutes les parties prenantes.
07
Leadership du vivant
Le dirigeant porte la régénération dans ses décisions quotidiennes — pas seulement dans sa communication.
08
Trajectoire régénérative
Positionnement sur les 4 niveaux du Capacity Score : Limiter → Réduire → Restaurer → Régénérer.
Concrètement, sur une gaufre : des ingrédients issus de sols vivants, une production circulaire, une chaîne qui rémunère justement les agriculteurs et une transparence totale du champ à l’emballage. Ce schéma vaut pour n’importe quel produit — une compote, un lait, un thé, un biscuit. La question n’est jamais le produit : c’est la cohérence de la chaîne derrière lui. C’est quoi une gaufre régénérative ?

La gaufre est un cas d’école ; pour un produit régénératif réel décortiqué de la même façon : le cas Genact.
Du champ à l’assiette : qui délivre quoi
Aucun produit n’est régénératif par la seule volonté d’une marque. Chaque maillon a un rôle — et n’agit que s’il y trouve son compte. La table ronde « Des sols à l’assiette » des Lauriers 2026 (animée par Nous Sommes Vivants) l’a montré par trois voix.
Le producteur — il restaure le sol, mais il faut d’abord verrouiller son économie. Ludovic Brindejonc (Agri-Éthique, label équitable origine France) : on ne change pas les pratiques sans sécuriser le revenu d’abord — des prix fondés sur les coûts de production, déconnectés des cours, des engagements de 3 à 15 ans. Une fois le socle économique sécurisé, la trajectoire environnementale devient possible.
Le transformateur et le distributeur — ils rendent la valeur visible et la garantissent. Un tiers indépendant certifie les allégations ; le packaging raconte l’histoire vraie. Cassandre (Les Compagnons du Miel, Laurier 2025) l’incarne : prix fixé par les 233 apiculteurs eux-mêmes, bio + Agri-Éthique, traçabilité jusqu’au pot, photo des apiculteurs sur l’étiquette depuis 2017.
Le mangeur — il paie le juste prix dès lors qu’il comprend à quoi il sert. 55 % des Français veulent savoir que les producteurs sont justement rémunérés (Kantar). Le citoyen attend quatre promesses tenues : des agriculteurs justement payés, des territoires vivants, une alimentation de santé, des entreprises fidèles à leurs engagements. La vraie thématique, résume Ludovic, c’est « la régénération du lien entre ceux qui produisent et ceux qui mangent ».
La preuve que toute la chaîne tient
CQLP : le lait bio où tout le monde paie — et où tout le monde gagne
Un cas réunit les trois maillons — et prouve que ça paie à chaque étage. C’est qui le Patron ?! × LSDH, sur le lait bio. Le marché reculait de 11 % entre 2021 et 2024, 30 à 50 % du lait bio déclassé, prix fixés en huis clos. La réponse : le prix est co-construit avec les consommateurs — 7 365 d’entre eux ont voté le prix à partir des coûts réels déclarés par les éleveurs, dans un contrat garanti 5 ans, certifié chaque mois par Bureau Veritas.
Le sol est respecté, l’éleveur est justement payé, le mangeur vote et comprend — et le résultat commercial suit : 126 M€ de chiffre d’affaires, 71,5 millions de litres, n°1 du lait UHT et du beurre bio hors marques de distributeur, zéro publicité, zéro commercial. Du sol à l’assiette, chaque maillon reçoit assez pour continuer à donner. C’est la réponse vivante à la question « qui va payer ? » : le mangeur, quand la valeur est visible. Lire l’analyse Capacity Score complète →
D’autres qui délivrent, chacun par un levier
Autour de cette démonstration, d’autres lauréats activent chacun un maillon — et prouvent que ça rapporte : CQLP en croissance à +11,8 % quand son marché reculait, ECOTONE à 710 M€ de chiffre d’affaires, Omie en croissance à deux chiffres.
Omie (72,2 % de produits en Planet Score A, aucun sous C) a fait de la transparence son modèle : une startup de 15 M€ levés en Série A qui reverse 1 % de son chiffre d’affaires à 200 producteurs, avec origine précise (Val de Loire) et QR code filière sur chaque produit. ECOTONE (Bjorg, Bonneterre, Clipper — 710 M€, 84 % bio, 12 % Fairtrade) joue les cahiers des charges filière à grande échelle. Léa Nature (So’Bio, Jardin BiO — 502 M€, 2 000 collaborateurs) mise sur la gouvernance indépendante des fonds financiers, qui permet d’investir sur 5 à 10 ans sans arbitrage trimestriel. Les Jardins de Gaïa : 30 ans de bio-équitable, 75 % de fournisseurs membres de la World Fair Trade Organization, traçabilité jusqu’au producteur. Naturalia (premier distributeur certifié B Corp) a lancé en juin 2025 la première campagne de distribution dédiée au bio régénératif en France — l’équivalent de ce que Whole Foods et Sprouts font avec ROC aux États-Unis.

Et des trajectoires en cours prouvent que chaque levier activé crée déjà de la valeur : LU Harmony (1 200 agriculteurs, −20 % d’intrants azotés, couvertures végétales, 100 % des biscuits LU France en blé Harmony depuis 2023), Gerblé Objectif Terre (25 agriculteurs pilotes, 44 % de l’approvisionnement blé couvert, objectif 100 % en 2030, transparence sur les chiffres plutôt que les labels), Lidl Terre de Progrès (contrat tripartite Lidl / 3 fournisseurs / 10 producteurs, référentiel « Sols Vivants » — des pommes de terre régénératives chez un hard discounter), Alter Eco (équitable + agroforesterie sur ses filières cacao en Équateur et riz en Thaïlande). Le régénératif n’est réservé ni au bio spécialisé, ni aux petites structures.
Rendre la santé lisible en rayon : labels et certifications
Le maillon final, c’est l’étiquette : ce qui se passe dans le sol doit devenir visible là où le mangeur choisit. Les scores et labels ferment la boucle — pratiques documentées → certification → valeur visible en rayon. Mais la multiplication des logos brouille le signal : sur 135 000 produits analysés (UFC-Que Choisir, 2026), seuls 16 % ont une note verte au Planet Score. AB est le socle (sans chimie de synthèse) ; Nutri-Score dit ce qu’on mange, pas comment c’est produit ; Planet Score rend visible la qualité environnementale (sa convergence avec l’Indice de Régénération — R² 0,56 à 0,81 — fait que le travail sur le sol se lit déjà dans le score).

ROC — Regenerative Organic Certified va le plus loin : un seul label, trois niveaux (Bronze, Silver, Gold), qui réunit santé des sols, bien-être animal et juste rémunération vérifiée par entretiens individuels avec les travailleurs, affiché sur l’étiquette (Ecocert en France). Selon SPINS, les revenus des produits certifiés ROC ont progressé de +37 % en 2024, le nombre de références en rayon de +71 %. Le Domaine Clarins de Serraval est le premier domaine certifié ROC en France (janvier 2025). La combinaison AB + Planet Score A + Nutri-Score A + Origin’Info ferme la boucle complète — Biocoop l’a lancée en 2025 sur 200 références.
L’édition 2026 des Lauriers a distingué les premiers produits français certifiés ROC : Telmont (champagne), Domaine des Hautes Glaces (whisky du Trièves), Wild Orchard (thé de Jeju), Ecoidées (sucre de coco) et La Tourangelle (huiles) — la santé du sol enfin lisible, et vendue. Découvrir les lauréats certifiés ROC.
Alors, qui paie la santé du sol à l’assiette ?
La réponse n’est pas une mais cinq, et c’est leur combinaison qui rend le modèle viable. Le mangeur d’abord, quand l’information est visible — c’est la démonstration de CQLP. L’entreprise, via l’insetting (financer les services écosystémiques dans sa propre chaîne). L’État et les collectivités, via les paiements pour services environnementaux. Le secteur financier, via obligations vertes et fonds d’impact. Et la filière elle-même, via des contrats pluriannuels qui paient un prix juste sans subvention.
Les grands groupes ont massivement investi — plus de 2 milliards d’euros engagés par Danone, Nestlé, PepsiCo et General Mills depuis 2020. Ce n’est pas du regenwashing : les investissements sont réels, les filières progressent. Mais l’étiquetage régénératif en rayon reste à construire pour la plupart.
Le contraste est parlant : Danone est à 57 % au Capacity Score (gouvernance à 67 %), a investi 40 M€ depuis 2016, engagé 60 % de ses agriculteurs partenaires vers l’agriculture régénérative, signé des contrats jusqu’à 15 ans avec +20 % de rémunération en moyenne — et pourtant 0 % du chiffre d’affaires en offres régénératives identifiées en rayon. La chaîne de valeur est au niveau Restaurer, l’innovation produit reste au niveau Réduire. Même filière laitière bio, même territoire que CQLP — mais CQLP a résolu le verrou en mettant le prix sous gouvernance du mangeur. (analyse Danone complète) LVMH (42 % au Capacity Score) illustre le même profil sur la laine (Céline, Loro Piana : traçabilité et bien-être animal, mais pas encore de certification sur les produits finis) — en revanche le Château Galoupet est le premier domaine viticole européen certifié ROC, preuve qu’un groupe sait traduire une filière en certification quand la décision est prise. (analyse filières LVMH complète)
C’est précisément au niveau du produit que se joue la CSRD : impacts sur la nature (ESRS E4 — biodiversité), émissions scope 3 agricoles (E1 — climat), rémunération dans la chaîne de valeur (S2 — travailleurs). Un reporting biodiversité sans produit régénératif identifiable en rayon sera de plus en plus difficile à défendre — car c’est le produit qui documente les pratiques, pas le rapport annuel. La Chaire Double Matérialité l’a mesuré : moins de 1 % des entreprises publient aujourd’hui un reporting sur leur impact biodiversité. C’est toute la différence entre une filière régénérative et un produit régénératif.
C’est exactement le passage que les consultants de Nous Sommes Vivants font franchir aux entreprises : de la filière construite en amont au produit visible en rayon — comme le montrent nos cas clients ci-dessous.
Passer à l’action : trois temps, du diagnostic au déploiement
Reconstruire cette chaîne du sol à la santé, filière par filière, est un travail de méthode. Il se séquence en trois temps.
1. Se situer — le Capacity Score
Le Capacity Score situe l’entreprise sur 4 niveaux (Limiter → Réduire → Restaurer → Régénérer) selon 6 leviers. Il révèle l’écart le plus révélateur dans l’alimentaire : entre la filière déjà construite en amont et le produit encore invisible en rayon.
2. Concevoir le produit — le RegenBMC
Le Business Model Régénératif (RegenBMC) transforme ce diagnostic en produit. En 5 ateliers, l’entreprise et ses parties prenantes cartographient la chaîne, nouent des coopérations avec le vivant humain et non humain, réinventent l’offre et définissent de vrais indicateurs du vivant. C’est l’outil qui referme l’écart entre l’amont et le rayon.
Pour aller plus loin en collectif, le Regenerative Circle Agro réunit sur 12 mois les acteurs d’une même filière — producteurs, transformateurs, distributeurs, financeurs — pour construire ensemble cahiers des charges, paiements pour services environnementaux et plan de transformation sur 5 à 10 ans.
Nos cas clients — la méthode déroulée sur le terrain
Les consultants de Nous Sommes Vivants (dont Jérémy Dumont) ont déroulé cette méthode avec de grandes maisons, dans l’alimentaire comme au-delà — autant d’explorations qui appliquent le RegenBMC à des filières réelles.
Groupe Bel (agroalimentaire). Exploration des attentes des consommateurs autour d’une future gamme régénérative, en France et aux États-Unis — comment traduire l’engagement filière d’une grande maison fromagère en un produit lisible et crédible en rayon.
Orange (télécom). RegenBMC appliqué aux services LiveBox et formation des designers à la conception régénérative, en lien direct avec les obligations de reporting CSRD du groupe.
Melvita (cosmétique). Travail avec le COMEX pour construire une plateforme de marque régénérative — reconnecter la filière (plantes, apiculture, producteurs) à la promesse produit.
Filière ortie textile. Business model d’une filière entière repensé sur trois ans — du champ à la fibre, comment structurer une coopération d’acteurs autour d’une plante régénérative locale.
Passer à l’action avec nous
Concevoir votre produit régénératif, du sol à la santé
Beaucoup cherchent à tenir, à résister. Nous croyons qu’on peut aller plus loin : bâtir un modèle qui fait prospérer les territoires et le vivant dont il dépend. Les consultants de Nous Sommes Vivants vous accompagnent, du diagnostic à la conception du produit.
Faire appel à Nous Sommes Vivants →Sources
ANSES (2022) · Agence Bio / ObSoCo (2026, 6 127 pers.) · Bureau Veritas / Pour une Agriculture du Vivant (2024) · Chaire Double Matérialité (2025) · Collectif En vérité (2024) · Fondation Nicolas Hulot (2023) · Haut Conseil pour le Climat (2024) · INRAE (2023, One Health) · Kantar (2023, Who Cares? Who Does?) · Rodale Institute / SPINS (2024, ROC Impact Report) · UFC-Que Choisir / ITAB (2026, Planet Score 135 000 produits).

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