Analyses sectorielles · Nous Sommes Vivants
Que change la régénération dans chaque secteur ? Dix-huit analyses sectorielles, de l’agriculture à la finance
Régénérer, c’est faire en sorte que le territoire et ses habitants, humains et non humains, prospèrent avec l’activité. Dans l’agriculture, l’alimentation, le lait, l’élevage, la laine, la distribution, la forêt, l’eau, la pêche, le textile, le luxe, la cosmétique, les vins, le tourisme, l’architecture, le numérique, l’industrie et la finance, cela se traduit chaque fois autrement. Depuis 2021, Nous Sommes Vivants y consacre des analyses sectorielles de fond : les pratiques qui régénèrent, les certifications qui les attestent, les modèles économiques qui les financent, les verrous à lever, et les filières qui montrent que c’est déjà possible.
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Face aux chocs, faire prospérer son territoire
L’adaptation aux chocs climatiques, sociaux et économiques est entrée dans les priorités des entreprises : 68 % des dirigeants disent la prioriser, selon Capgemini. La plupart s’en tiennent à la conformité ou à la résilience, qui ramène à l’état d’avant ; les plus avancées visent la robustesse, pour tenir. L’adaptation régénérative va plus loin : elle augmente les capacités du territoire et de ses habitants, humains et non humains (sols, biodiversité, revenus, santé), et ce sont ces capacités qui font l’adaptation, avec l’activité. L’innovation produit en est le levier pivot, et c’est l’organisation entière qui la porte. Les analyses de cette page en montrent l’état, secteur par secteur.
Lire la définition de l’adaptation régénérative →Les tendances RSE 2027 →Chaque analyse documente ce que la régénération change dans son secteur : quelles pratiques agricoles, viticoles, textiles ou de construction régénèrent les écosystèmes ; quelles certifications qualifient réellement un produit ou une filière comme régénératifs ; quels modèles économiques rendent la démarche viable dans la durée. La question posée est propre à chaque secteur. En agriculture : la vie des sols, la biodiversité des parcelles et des haies, et le revenu des agriculteurs progressent-ils sous l’effet de l’activité agricole ? En cosmétique : le sourcing d’ingrédients régénère-t-il les écosystèmes fournisseurs et les communautés qui les cultivent ? En tourisme : l’accueil de visiteurs augmente-t-il la capacité du territoire à se développer de façon autonome ? Les réponses s’appuient sur des exemples réels, des référentiels vérifiables, des acteurs nommés.
La lecture commune à tous ces secteurs vient d’abord du livre blanc Ce que la régénération du vivant change pour les décisions d’entreprise. Il définit la régénération du vivant : donner aux êtres vivants, dont les humains, les ressources leur permettant d’être en capacité d’atteindre leur plein potentiel dans leur environnement. Il en tire un retournement de finalité, plutôt qu’un supplément d’ambition : restaurer demande comment l’activité peut tenir, régénérer demande quelle contribution au vivant lui permet de tenir, pour que le territoire et ses habitants prospèrent avec elle.
Cette contribution se lit en triple impact, et c’est là que se joue le modèle économique. Sur l’environnement : des sols plus vivants, une eau mieux tenue, une biodiversité qui revient. Sur le social : des producteurs qui vivent de leur travail, des emplois ancrés dans le territoire, la santé de ceux qui mangent, portent ou utilisent le produit. Sur l’économie : une rentabilité qui vient de cette contribution, car l’entreprise y gagne une matière de meilleure qualité, un approvisionnement sécurisé et un prix que le marché accepte parce que la contribution est vérifiable. Les trois piliers se renforcent au lieu de s’arbitrer : contribuer est triplement profitable, et les lauréats des Lauriers le montrent filière par filière.
Le Capacity Score applique ce cadre : il évalue la capacité d’une organisation à tenir ses trajectoires RSE, innovation et business, et identifie ses leviers prioritaires. Il lit six leviers (leadership personnel, intelligence écosystémique, chaîne de valeur localisée, innovation produit, dynamiques humaines, gouvernance et financement) sur quatre niveaux : N1 Limiter · N2 Réduire · N3 Restaurer · N4 Régénérer. Appliqué aux secteurs, il situe les pratiques, les certifications et les modèles économiques sur ces quatre niveaux, et désigne ce qui ouvre le passage au niveau suivant.
Dans chaque secteur, des pionniers montrent qu’un modèle économique peut créer de la valeur sur les trois piliers à la fois. Beaucoup sont lauréats des Lauriers de la Régénération, le prix que Nous Sommes Vivants décerne chaque année en juin à des produits en vente, et à un modèle économique : Expanscience pour Gaïaline et TULSINITY®, C’est qui le Patron ?! pour son modèle économique, l’Éco-Domaine La Fontaine en tourisme, Les Laines Paysannes pour la laine, Davines pour son beurre au calendula, Telmont pour son champagne certifié ROC. D’autres ouvrent la voie par la certification : Château Galoupet (LVMH), premier Cru Classé de Provence certifié ROC, et le Domaine Clarins de Serraval, premier domaine agricole certifié ROC en France. Près de cent produits et services régénératifs primés sont documentés un par un avec leur modèle économique ; ces analyses les montrent secteur par secteur, et les analyses RSE d’entreprises au Capacity Score les situent une par une.
Le business model régénératif traduit ensuite ce diagnostic en offre, filière par filière, au plus près des pratiques de chaque métier. L’entreprise n’y agit plus seule : elle forme avec ses producteurs, ses transformateurs, ses distributeurs et son territoire une coalition régénérative, qui co-investit et partage les gains. C’est l’objet des Regenerative Circles, des parcours multi-acteurs de cinq journées sur douze mois, dont le Circle Agri réunit marques et filières. Nos cas clients en montrent le déroulé : la filière ortie, conduite avec Tissages Bastien, où trente parties prenantes du textile puis de l’alimentaire ont co-construit leur business model régénératif en cinq ateliers, et trouvé dans la feuille, vendue dès la première année en cosmétique et en alimentation, le revenu qui finance la trajectoire de la fibre (retour d’expérience) ; Orange, avec une chaîne de valeur numérique cartographiée en 45 étapes, huit designers formés à la conception régénérative et une Livebox pensée pour fonctionner en mode dégradé en période de stress hydrique ; Melvita pour L’Occitane, une plateforme de marque régénérative construite avec le comité de direction. D’autres missions partent de la filière ou du territoire : la filière laine, modélisée au Capacity Score Filière sur 99 indicateurs, répartis sur les trois piliers d’impact, environnement, social et économie, et sur le territoire ; et la rivière Chéran, où la recherche-action remet autour de la table les acteurs du territoire.
🌱 Secteur 1
Agriculture régénérative : Rodale Institute, ROC, Clarins, Davines
Robert Rodale en donne en 1983 la première définition rigoureuse : une agriculture qui, à des niveaux de productivité croissants, accroît la base de production biologique des terres et des sols. Le Rodale Institute en tire une distinction décisive : une pratique régénérative fait progresser un sol, un système régénératif fait progresser l’exploitation entière, et seuls les systèmes conduits en bio en relèvent. Le sol vivant devient alors le premier indicateur de performance : sur quarante ans de Farming Systems Trial, le maïs bio rend 31 % de plus que le conventionnel en année de sécheresse.
Le Regenerative Organic Certified, co-écrit par le Rodale Institute, Patagonia et Dr. Bronner’s, en est la traduction sur l’étiquette : la certification bio comme condition d’entrée, puis trois piliers audités : la santé des sols et la gestion des terres, le bien-être animal, l’équité pour les agriculteurs et les travailleurs. L’analyse applique ensuite le business model régénératif à l’agriculture. Ces pratiques demandent trois à cinq ans avant de produire leur effet, pendant lesquels l’exploitation porte des charges nouvelles ; un contrat pluriannuel construit sur les coûts réels les finance, les pratiques font la qualité, la qualité justifie le prix. La matière organique, la biodiversité et le revenu de l’agriculteur progressent alors ensemble, année après année.
Exemples documentés
Rodale Institute : quarante ans de comparaison bio et conventionnel en Pennsylvanie, 31 % de rendement en plus sur le maïs bio en sécheresse, 45 % d’énergie et 40 % d’émissions en moins. Clarins : le Domaine Clarins de Serraval, dans les Alpes, premier domaine agricole certifié ROC en France, et Clarins première marque cosmétique au monde à s’en prévaloir. Davines : un centre de recherche en agriculture régénérative fondé en 2021 avec le Rodale Institute, sur 17 hectares, et un produit-manifeste par an, dont un beurre au calendula certifié régénératif primé aux Lauriers de la Régénération 2026. Ecotone / Bonneterre, programme Farmtastic : contractualisation pluriannuelle avec des producteurs en agriculture régénérative, financement de la montée en capacité des sols, mesure des indicateurs biologiques. Demeter France : la biodynamie comme pratique de régénération systémique. ROC (Regenerative Organic Certified) : sol, bien-être animal et équité sociale dans un référentiel unique, sur un socle bio exigé, la certification de référence pour qualifier un produit comme régénératif.
À lire aussi : où en sont les filières bio régénératives en France · du bio au régénératif, du champ au produit en rayons · ce que la COP17 biodiversité change pour les entreprises.
Lire l’analyse agriculture régénérative →🌾 Secteur 2
Alimentation régénérative : Les Compagnons du Miel, Ecotone, Telmont, Naturalia
L’alimentation est le secteur où la régénération est la plus lisible : le lien entre le produit en rayon et le sol qui l’a produit est direct, la traçabilité est exigée, et la certification ROC qualifie déjà des produits comme régénératifs sur l’étiquette. Planet-Score, Nutri-Score et démarches de filière des grands groupes y forment déjà un socle d’affichage sans équivalent dans d’autres industries ; aucun d’eux ne mesure encore la contribution au vivant, que le ROC porte directement sur l’étiquette.
L’analyse suit la chaîne du sol à la santé, maillon par maillon. Côté sol, l’étude Edacious et Regenerative Organic Alliance publiée en octobre 2026 sur 46 produits certifiés ROC de 13 marques mesure de +124 à +388 % d’oméga-3 sur le bœuf haché et près de dix fois plus de lycopène dans la tomate. Côté producteur, Agri-Éthique fonde le prix sur les coûts de production, déconnecté des cours, avec des engagements de 3 à 15 ans. Côté rayon, Ecotone montre que le modèle tient à grande échelle, et Danone (N3 · 57 %) l’écart entre une filière construite en amont et une offre régénérative encore à identifier en rayon.
Elle couvre aussi la question centrale : qui va payer pour la régénération ? Cinq payeurs se combinent : le mangeur quand la valeur est visible, l’entreprise par l’insetting, l’État et les collectivités par les paiements pour services environnementaux, la finance, et la filière elle-même par des contrats pluriannuels.
Exemples documentés
Les Compagnons du Miel : Laurier 2025, un prix fixé par les 233 apiculteurs eux-mêmes, bio et Agri-Éthique, la photo des apiculteurs sur l’étiquette depuis 2017. Ecotone (Bjorg, Bonneterre, Clipper) : 710 M€ de chiffre d’affaires, 84 % bio, des cahiers des charges filière à grande échelle. Telmont, Domaine des Hautes Glaces, Wild Orchard, Ecoidées, La Tourangelle : les premiers produits français certifiés ROC distingués aux Lauriers 2026. Naturalia : premier distributeur certifié B Corp, première campagne de distribution dédiée au bio régénératif en juin 2025. LU Harmony, Gerblé Objectif Terre, Lidl Terre de Progrès : des trajectoires en cours, du biscuit au hard discount. Danone · N3 · 57 % : 60 % des agriculteurs partenaires engagés vers l’agriculture régénérative, des contrats jusqu’à 15 ans et une rémunération en hausse de 20 % en moyenne.
À lire aussi : les modèles d’alimentation régénérative qui marchent · des sols à l’assiette, les témoignages · les lauréats 2026 certifiés ROC · le chocolat bio régénératif.
Lire l’analyse alimentation régénérative →🥛 Secteur 3
Produits laitiers régénératifs : C’est qui le Patron ?!, DeLaFerme, Biolait, Danone
Un cahier des charges laitier peut être exigeant (races, herbe, densité du troupeau, distance de collecte) et rester muet sur l’état des écosystèmes ou sur le prix payé à l’éleveur. Quatre indicateurs sont en jeu : la biodiversité, le bien-être animal, la capacité des producteurs à vivre de leur métier et la santé de celui qui mange. Tous se jouent à la ferme, où se concentrent 70 à 90 % des impacts négatifs des produits laitiers selon l’INRAE.
Le dossier montre pourquoi une pratique qui atteint le rayon se finance. Pendant la crise du bio, 35 % du lait biologique collecté a été payé au prix du conventionnel en 2022, et 40 % en 2023 : le bio dit l’environnement, il ne dit rien du prix payé à l’éleveur. Le lait de C’est qui le Patron ?!, qui affiche ce qui revient au producteur, a progressé de 11,8 % en 2024 quand le marché du lait bio en grande surface reculait de 8 %. Chaque label couvre un pilier ; seule la certification ROC en tient trois, et aucune filière laitière française ne la porte encore.
Il croise les pratiques et les labels qui peuvent les porter, puis applique le business model régénératif à la filière : réunir l’éleveur, le collecteur, le transformateur, le distributeur et le consommateur pour décider ensemble de ce qui s’écrit au cahier des charges, de ce que cela coûte et de ce qui s’affiche en rayon.
Exemples documentés
C’est qui le Patron ?! × LSDH · filière lait bio N4 · 94 % : six mois de pâturage minimum au cahier des charges, 234 jours constatés en moyenne, la part du prix qui revient au producteur affichée sur la brique. DeLaFerme (Bio&Lo) : lauréat 2024, transformation à la ferme, Planet-Score AAAA et ferme d’origine nommée sur la fontaine à yaourt. Biolait : plus de 269 jours de pâturage par an, au moins un hectare de prairie par vache. Les 2 Vaches : collecte dans un rayon moyen de 27 km, contrat équitable garantissant un revenu disponible moyen minimal de deux SMIC. Danone · N3 · 57 % : un amont parmi les plus avancés, une innovation produit à 42 %.
À lire aussi : le fromage bon pour la santé, l’environnement et les éleveurs.
Lire le dossier produit laitier régénératif →🐄 Secteur 4
Élevage et viande régénératifs : White Oak Pastures, EPIC, Pic’Steak, Land to Market
Deux steaks en rayon se départagent par la conduite de l’élevage qui les produit, avant l’ingrédient qui les compose. Quatre clauses de cahier des charges commandent le reste : le pâturage long, qui agit à lui seul sur la matière organique du sol, l’eau, le climat, le bien-être animal, la composition du produit et l’économie de la ferme ; l’herbe comme ration ; à défaut, une alimentation bio produite sur la ferme ; et la polyculture-élevage, qui ferme la boucle de la fertilité. Selon l’Association Francophone pour les Prairies et les Fourrages, maximiser l’alimentation à l’herbe améliore la valeur santé des produits, renforce les services rendus par les prairies et réduit les émissions de gaz à effet de serre.
L’analyse confronte deux familles de preuve qui se complètent : les pratiques prescrites et auditées (bio, équitable, ROC), et les résultats relevés chaque année sur la ferme (Land to Market et l’Ecological Outcome Verification du Savory Institute, qui exigent une tendance positive du carbone des sols, de l’infiltration de l’eau et de la biodiversité). Le bio pose le plancher. À l’échelle d’un système alimentaire, végétaliser réduit l’impact négatif moyen, et huit animaux abattus sur dix en France viennent d’élevages intensifs ; à l’échelle d’un produit et d’une marque, c’est la conduite de l’élevage qui décide. D’où le constat qui surprend : le bœuf de pâturage régénératif se situe un cran au-dessus du steak végétal bio.
Exemples documentés
EPIC et White Oak Pastures : une barre au bœuf nourri à l’herbe qui met la santé des sols au premier plan de son packaging, issue d’une ferme de pâturage vérifiée Land to Market, qui a fait réaliser par Quantis l’analyse de cycle de vie de son propre bœuf. Pic’Steak : la marque des éleveurs pyrénéens, 100 % local, des éleveurs acteurs de leur production et de leur territoire. Savory Institute et Land to Market : l’animal comme outil de régénération du sol, et chaque matière qui en est issue (viande, cuir, laine, lait) qui peut porter le label, en valorisant l’animal entier. Bonneterre : le lait d’avoine Laurier Alimentation 2025, rotations de huit ans, plus de trente espèces récoltées, Planet-Score AAAA et mention Biopartenaire, la preuve qu’un produit végétal exemplaire l’est par sa conduite agricole.
À lire aussi : l’imaginaire désirable d’une marque régénérative · la modélisation de la filière laine, de la brebis à la multivalorisation.
Lire l’analyse élevage et steak régénératif →🐑 Secteur 5
Laine régénérative : Laines Paysannes, Tuffery, Filature Colbert, de la toison à la filière
Plus de 70 % de la laine tondue en France finit brûlée ou exportée à moins de 20 centimes le kilo, quand la tonte coûte jusqu’à 3 € par animal. Au même moment, LVMH achète 8 à 15 € le kilo une laine régénérative certifiée en Australie et en Amérique du Sud, faute de filière structurée ici. Les 650 000 brebis de l’AOP Roquefort pratiquent pourtant déjà un élevage extensif : pâturage long, race Lacaune, intrants de synthèse très limités. La pratique est là ; ce qui manque, c’est la filière qui la valorise comme fibre.
La modélisation au Capacity Score Filière lit la laine sur 99 indicateurs, répartis sur les trois piliers d’impact et le territoire, et identifie 17 pratiques à effet domino qui produisent plus de 450 impacts positifs recensés, dont moins de 5 % sont aujourd’hui rémunérés. Le prix payé à l’éleveur se lit niveau par niveau : une charge nette de 0,90 € le kilo tant que la tonte coûte plus que la toison ne rapporte, 0,50 € avec la traçabilité et la certification socle, 1 € avec le bio et l’ancrage territorial, 2 à 3 € à dix ans avec les paiements pour services environnementaux. La collecte mutualisée, le tri, la traçabilité et le contrat pluriannuel font à eux seuls la différence, sans subvention sur le prix.
Exemples documentés
Laines Paysannes (SCIC) : 1,20 € le kilo payé à ses trente fermes sociétaires, un prix convenu chaque année en assemblée générale et assorti d’un minimum garanti. Atelier Tuffery : un pull en laine des Grands Causses vendu 219 €. Filature Colbert (Lacaune, Tarn) : la chaîne courte du mouton au fil. Laine Roquefort en isolation : 80 tonnes de laine de brebis laitières transformées en isolant biosourcé. Celine × NATIVA Regen : une laine dont le programme mesure la santé des sols et la biodiversité à la ferme, la plus avancée des filières laine de LVMH.
À lire aussi : transformer une filière régénérative, de la laine au lait et au bois · LVMH et la laine, filière par filière.
Lire la modélisation de la filière laine →🛒 Secteur 6
Enseignes alimentaires : Biocoop, La Fourche, Naturalia, Lidl, de l’adaptation climatique à la préférence
L’été 2026 a coûté un quart de la récolte de légumes, et jusqu’à la totalité pour certaines espèces. Les aides publiques et les opérations en magasin ont permis de tenir la saison ; elles compensent la récolte perdue. S’adapter demande des capacités installées dans le sol et le paysage, qui mettent trois à cinq ans à s’installer et se cumulent ensuite d’une saison sur l’autre.
Une enseigne achète presque toujours à des transformateurs, rarement à un agriculteur. Elle agit donc par quatre leviers : ce qu’elle référence, ce qu’elle conçoit, ce qu’elle mesure, et le prix qu’elle accepte de payer en amont. Sur les quatre niveaux, référencer du bio la situe au niveau 2, financer la filière au niveau 3 ; elle atteint le niveau 4 quand son offre porte elle-même la contribution. C’est par sa marque propre, la part de l’offre qu’elle conçoit, que la contribution entre dans ce qu’elle vend.
La préférence le confirme. Dans le classement EY-Parthenon des enseignes préférées des Français 2025, Biocoop obtient la meilleure note RSE des 195 enseignes évaluées, 71,4/100, avec une croissance de 8,5 %, et 28 % des foyers placent désormais la RSE en premier critère d’arbitrage. La préférence se gagne d’abord par le produit : la satisfaction est corrélée à 0,84 avec la confiance et la qualité, à 0,28 avec le critère développement durable. Action montre l’autre voie, préférée sans contribuer en externalisant ses coûts, avec la note RSE la plus basse du classement. La contribution crée de la préférence quand le client peut la voir, la comprendre et l’expérimenter, dans le produit, dans le prix et dans l’expérience d’achat.
Exemples documentés
La Ruche qui dit Oui ! et CrowdFarming : la vente directe bio-régénérative, 46 % du chiffre d’affaires reversé aux agriculteurs, un « 1 % pour le sol » qui finance la transition des exploitations suivantes. Biocoop : une charte qui exclut avant toute négociation, 2 700 fermes sous contrat direct, 84 % de marques propres bio, première enseigne à bannir de toute sa marque propre les ingrédients ultra-transformés du référentiel GOÛM. Naturalia : la première campagne de distribution dédiée au bio régénératif, et une croissance de 8,4 % à périmètre comparable, trafic en hausse de 8,6 %. La Fourche : une marque propre co-construite avec ses adhérents et primée aux Lauriers de la Régénération 2026, une sélection environ 20 % moins chère que le marché. Lidl : un contrat tripartite en agriculture régénératrice depuis le hard discount. Whole Foods et Erewhon : des rayons structurés autour des certifications régénératives, aux États-Unis.
À lire aussi : les marques et enseignes que les Français préfèrent · du bio au régénératif, du champ au produit en rayons · lire les labels comme des jalons.
Lire l’analyse des enseignes alimentaires →Les enseignes préférées des Français →🌳 Secteur 7
Forêt et bois : sylviculture régénérative, Endophyte, Revoliva, Sylv’ACCTES
L’arbre est un pilier du vivant : il tient ensemble l’eau, le sol, la faune et les gens d’un même lieu, et porte à la fois la santé des écosystèmes, celle du vivant non humain et celle des humains. Les feux de l’été 2026 en Gironde et dans les Landes l’ont rappelé : ce qui brûlait était à la fois une forêt et une filière. En France, les trois quarts de la forêt appartiennent à 3,5 millions de propriétaires privés, et presque toute est exploitée : la question est donc la façon de la conduire.
Le dossier définit la sylviculture régénérative : prélever sans rompre les cycles qui produisent la ressource, et laisser le peuplement plus capable après le passage qu’avant. Régénération naturelle assistée, agroforesterie, futaie irrégulière : on gère beaucoup plus qu’on ne plante. Il pose ensuite le modèle économique en quatre maillons (une parcelle qu’on nomme, un cahier des charges qui dit la conduite, une conception de produit qui la traduit, une étiquette qui la rend rémunérable) et le constat central : dans le bois, aucun référentiel ne certifie encore la régénération, et la boucle reste à fermer entre la parcelle et le produit vendu.
Exemples documentés
Endophyte (Isère) : le cas qui s’approche le plus d’un modèle régénératif dans le bois. Une parcelle promise à l’abattage rachetée en 2020, des hêtres, érables et frênes délaissés devenus la matière d’un atelier installé dans l’ancien puits minier de Susville, des meubles garantis vingt ans, à louer, reprendre ou reconditionner, et une feuille de route 2030 vers une filière d’ameublement 100 % locale. Revoliva : parrainage d’oliviers, un an d’huile de la parcelle parrainée, un standard « Oliveraie régénérative » et son échelle de mesure écrits par la marque. Les Jardins de Gaïa : commerce direct avec des organisations de petits producteurs de thé, qui finance le retour de l’agroforesterie. Naofloor (Deschaumes) : parquet en chêne massif français, posé sans colle, démontable et réemployable. Wood Up (REI Habitat) : tour de 50 m à Paris, poteaux en hêtre français. Créateur de forêt : forêts urbaines et péri-urbaines, 61 hectares protégés pour 99 ans. Sylv’ACCTES : financement direct de la conduite forestière par les territoires, sans compensation carbone. Nectar : lauréat des Lauriers 2025, huile d’olive en agriculture régénérative, filière Provence.
💧 Secteur 8
Eau : Eau de Paris, Volvic, Nestlé Waters, de la bouteille à l’aire de captage
Une eau se lit sur trois périmètres : la bouteille (le recyclage, le carbone de l’emballage), l’eau elle-même (sa pureté à la source, le socle du produit), et la ressource avec son territoire (le prélèvement, la biodiversité du territoire, les sols agricoles où l’eau s’infiltre). Chacun reste muet sur les autres. Le 23 juin 2026, le tribunal judiciaire de Paris a condamné Volvic pour pratiques commerciales trompeuses : « neutre en carbone » et « 100 % recyclable » annonçaient un périmètre plus large que celui réellement couvert, alors que la marque mène de vrais efforts sur son emballage.
Le levier de fond se situe dans le sol de l’aire de captage : c’est là que se jouent ensemble la qualité de l’eau, la biodiversité et le revenu des agriculteurs qui cultivent ces terres. Le bio en est le premier barreau, Demeter et ROC vont plus loin. Depuis le 27 septembre 2026, la directive européenne sur l’information des consommateurs interdit les allégations de neutralité fondées sur la compensation : une contribution réelle doit désormais se prouver sur son vrai périmètre.
Exemples documentés
Eau de Paris : des paiements pour services environnementaux qui accompagnent les agriculteurs des aires de captage vers le bio. Entre 2019 et 2023, les surfaces bio y ont quadruplé (de 2 800 à 11 800 hectares), les pesticides ont reculé de 77 % dans les exploitations engagées, et leur concentration dans les eaux brutes de la vallée de la Vanne a baissé de moitié, pour un coût trois fois inférieur au traitement. Volvic : une bouteille en plastique 100 % recyclé sur son corps, et le bio sur son aire de captage comme levier encore ouvert. Nestlé Waters : trente ans de restauration du territoire avec le programme AGRIVAIR, qui n’ont pas suffi à tenir la pureté du produit. Le Chéran : une rivière à dépolluer, et le territoire de la rivière remis autour de la table avec la recherche-action menée par Nous Sommes Vivants.
À lire aussi : la mobilisation collective autour de la dépollution du Chéran.
Lire l’analyse eau, de Volvic à Eau de Paris →🐟 Secteur 9
Pêche et aquaculture régénératives : France Haliotis, Mon Miracle, Le Paysan Marin, ARPROE
La pêche régénérative pose la question des « jardiniers de la mer » : une ferme marine peut-elle produire de la nourriture tout en renforçant la biodiversité, la qualité de l’eau et la résilience des écosystèmes marins ? Les labels de référence encadrent la réduction des impacts négatifs : MSC certifie près de 20 % des captures mondiales, ASC une pisciculture responsable pour 40 % du saumon vendu dans le monde. L’association BLOOM rappelle que MSC certifie aussi le chalutage de fond, et la pêche minotière qui nourrit les saumons d’élevage représente 20 % des prises mondiales.
L’analyse part de la pêchécologie de Didier Gascuel, qui pose 32 critères pour une pêche au service des territoires côtiers, et va jusqu’à l’aquaculture régénérative : des cultures suspendues sans contact avec le fond, plusieurs espèces élevées ensemble (les algues absorbent l’excès de nutriments, les moules et les huîtres filtrent l’eau), sans aliment, engrais ni pesticide, et un modèle économique en multivalorisation (mollusques, poissons, algues, transformation, éducation, tourisme) qui ancre l’emploi dans les communautés côtières.
Exemples documentés
France Haliotis (Plouguerneau, Finistère) : depuis 2004, le seul élevage d’ormeaux en mer en France, multitrophique : les ormeaux mangent les algues que l’entreprise cultive, leurs déchets nourrissent les algues, et les cages deviennent des récifs colonisés par la vie marine. Un modèle économique trouvé après douze ans, conduit avec la recherche, lauréat des Lauriers. Mon Miracle : des algues récoltées de façon sélective, en plongée, taillées pour agrandir les forêts sous-marines ; le surplus est offert aux agriculteurs vendéens pour nourrir leurs sols, coup de cœur Algue des Lauriers 2025. Le Paysan Marin (Tristan Macquet, Benjamin Denjean) : une association qui promeut, accompagne et finance des fermes marines régénératives sur les côtes françaises, facilite leur transmission par l’investissement citoyen et diversifie leurs revenus par la culture multitrophique. ARPROE : la régénération des récifs d’huîtres plates, espèce inscrite sur la liste OSPAR, et le projet d’une « ceinture bleue » autour de l’archipel de Houat-Hoëdic, avec les marins-pêcheurs de l’île au comité scientifique et technique. Coast 4C : la culture d’algues avec les communautés côtières, qui protègent au moins 30 % de leurs eaux pour reconstituer les stocks de poissons et restaurer mangroves, herbiers et récifs. Didier Gascuel : la pêchécologie, l’équivalent marin de l’agroécologie.
À lire aussi : la conférence avec le Paysan Marin, en amont de Biomim’expo Marseille.
Lire l’analyse pêche régénérative →🧵 Secteur 10
Mode et textile régénératifs : Laines Paysannes, Patagonia, Picture Organic, de la fibre au vêtement
Une filière textile régénérative part du sol : la fibre cultivée en agriculture régénérative certifiée, transformée en circuit court, distribuée avec une traçabilité complète. L’analyse documente ce que cela implique de la parcelle au vêtement, en distinguant coton conventionnel, coton bio GOTS et coton certifié ROC : trois conduites agricoles, trois logiques économiques, trois effets sur les écosystèmes agricoles.
Elle documente les filières, les marques et les pratiques qui ont opéré ce retournement : sourcing certifié, traçabilité de la fibre à l’étiquette, transformation en circuit court, modèles économiques construits sur la durabilité du produit plutôt que sur le volume vendu. Appliqué à la filière textile, le business model régénératif montre comment la santé des écosystèmes agricoles fournisseurs devient levier de valeur, de différenciation et de robustesse pour les marques.
Elle intègre le cas Patagonia au Capacity Score (N3 · 68 %) : une marque pionnière dont la chaîne de valeur retient la trajectoire, et dont le coton ROC et la filière Provisions ont encore à porter le modèle économique.
Exemples documentés
Laines Paysannes (Pyrénées, Massif central) : coopératives de tonte et transformation locale, races Tarasconnaise et Mérens, entretien des estives comme service écosystémique valorisé. Patagonia · N3 · 68 % : coton certifié ROC, réparabilité, programme Worn Wear. Picture Organic Clothing : lauréat des Lauriers 2025, matières recyclées et biosourcées, B Corp, transparence de la chaîne d’approvisionnement. LVMH · N2 · 42 % : une laine importée d’Australie, et Celine × NATIVA Regen qui mesure déjà la santé des sols.
À lire aussi : la mode régénérative chez les grandes marques et les grands groupes · coton bio ou coton régénératif, quelle différence ?.
Lire l’analyse textile régénératif →💎 Secteur 11
Luxe : LVMH, Château Galoupet, Celine, Pernod Ricard, du vin à la laine
Le luxe vend de la rareté et du temps long : deux valeurs que la régénération partage. Ses grands groupes disposent des moyens de mesure et de financement qui manquent à la plupart des filières, et ses matières premières (raisin, laine, cuir, coton) viennent de sols et de troupeaux précis.
L’analyse de LVMH, filière par filière, montre l’écart entre ces moyens et les filières qu’ils soutiennent. Sur la laine, le groupe a les outils de mesure, et l’ancrage reste à construire : sa laine est importée, quand 650 000 brebis Lacaune pâturent les Grands Causses.
Exemples documentés
LVMH · N2 · 42 % : Château Galoupet certifié ROC, Celine × NATIVA Regen, qui mesure la santé des sols, à 47 % au Capacity Score, Loro Piana à 35 %. Pernod Ricard : la viticulture régénérative dans un groupe de vins et spiritueux.
À lire aussi : Pernod Ricard, viticulture régénérative et luxe · la modélisation de la filière laine française.
Lire l’analyse LVMH, filière par filière →🌿 Secteur 12
Cosmétiques régénératifs : Expanscience, Dr. Bronner’s, Clarins, Léa Nature, de l’ingrédient à la peau
La cosmétique régénérative commence dans le sol où poussent les plantes actives. Le sourcing d’ingrédients est le levier principal : une filière cultivée en agriculture régénérative certifiée ROC produit un actif dont la chaîne de valeur renforce la vie des sols et la biodiversité des territoires fournisseurs à chaque récolte. C’est ce que fait Expanscience, analysée au Capacity Score au niveau 4 (75 %), avec deux actifs vendus à d’autres marques : TULSINITY® Bio, premier actif nutraceutique de l’entreprise, triple certifié AB, ROC et Fair for Life, issu d’une filière indienne de basilic sacré de près de 3 800 agriculteurs sur 5 100 hectares, et Gaïaline, né du lin de Dourdan en agriculture de conservation des sols, labellisé Au Cœur des Sols.
L’analyse couvre les marques et filières qui ont opéré ce retournement dans le sourcing : Dr. Bronner’s (huile de coco et de palme certifiées ROC, 954 agriculteurs accompagnés avec le sol, l’eau et la communauté comme indicateurs), Clarins, NUXE, Léa Nature (filières courtes intégrées cosmétique et alimentation).
Le verrou principal : la cosmétique raisonne encore majoritairement en ingrédients certifiés bio, une étape de restauration, plutôt qu’en capacités régénérées à l’échelle de l’écosystème fournisseur. La bascule est en cours.
Exemples documentés
Expanscience · N4 · 75 % : Gaïaline (lin de Dourdan, agriculture de conservation des sols labellisée Au Cœur des Sols, six services socio-écosystémiques évalués) et TULSINITY® Bio (basilic sacré cultivé en Inde, triple certifié AB, ROC et Fair for Life), deux actifs primés aux Lauriers, en 2024 et en 2025. Dr. Bronner’s : huile de coco (Sri Lanka) et de palme (Ghana, Côte d’Ivoire) certifiées ROC, 954 agriculteurs accompagnés, indicateurs sol, eau et communauté. Clarins : programme Plant for the Planet, filières de plantes françaises (immortelle, gentiane, alchémille). NUXE : filières lavande de Provence et argan du Maroc, traçabilité à la parcelle. Léa Nature : groupe indépendant, filières courtes intégrées cosmétique et alimentation. Cosmébio : 244 marques qualifiées dans le référentiel des Lauriers 2026.
À lire aussi : la mission Melvita pour L’Occitane, regenerative skincare brand · l’engagement d’Expanscience au Capacity Score.
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Vins et champagnes régénératifs : Château Galoupet, Telmont, Zind-Humbrecht, Ostertag
Le terroir est une notion régénérative : la valeur d’un vin tient à la vie du sol, à l’expression du lieu, à la santé des écosystèmes du domaine. La viticulture régénérative active ce potentiel au sens plein : sols vivants mesurés chaque année, enherbement total, haies et mares comme habitats indicateurs, zéro herbicide. La biodynamie Demeter et la certification ROC en viticulture en sont les référentiels de pointe.
L’analyse documente les domaines qui ont franchi le pas : Château Galoupet (LVMH, premier Cru Classé de Provence certifié ROC, en janvier 2026), les domaines biodynamiques d’Alsace et du Val de Loire (Zind-Humbrecht, Ostertag). Elle montre comment le lien au sol devient levier de communication produit et de valeur régénérative.
Le champagne, longtemps dépendant des intrants chimiques et soumis à la standardisation organoleptique, montre que le passage est possible dans une filière à forte valeur perçue : Telmont y est certifié Regenerative Organic Certified et lauréat des Lauriers 2026.
Exemples documentés
Château Galoupet (LVMH, Provence) : premier Cru Classé de Provence certifié ROC, en janvier 2026, enherbement total, haies, mare, zéro herbicide, mesures biologiques annuelles des sols. Zind-Humbrecht (Alsace) : pionnier de la biodynamie française, sols vivants comme signature organoleptique. Ostertag (Alsace) : biodynamie, lien au territoire comme identité de domaine. Domaines du Val de Loire : corridors biologiques, haies bocagères comme infrastructure de régénération. Telmont : champagne certifié ROC, sols régénérés et biodiversité au cœur des vignes, lauréat des Lauriers 2026.
À lire aussi : ce que la régénération signifie pour les vins.
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Tourisme régénératif : Éco-Domaine La Fontaine, Playa Viva, Fogo Island Inn
Le tourisme régénératif pose une question simple : ce territoire va-t-il mieux parce que nous y accueillons des visiteurs ? Les visiteurs financent la restauration des écosystèmes, la gouvernance s’ancre dans les communautés locales, et les indicateurs de performance hôtelière intègrent la vitalité du territoire. C’est une logique de soin : prendre soin des personnes, des lieux et des communautés comme d’un système vivant.
L’analyse documente les modèles économiques qui ont réalisé cette bascule : Playa Viva (Mexique), Fogo Island Inn (Canada) et, en France, l’Éco-Domaine La Fontaine, analysé au Capacity Score au niveau 4 (89 %) : un domaine agroécologique où l’hôtellerie et la restauration sont ancrées dans la vie du territoire, avec des indicateurs de santé des sols et des habitats intégrés à la gestion quotidienne.
Exemples documentés
Éco-Domaine La Fontaine · N4 · 89 % : hôtellerie, restauration et agroécologie intégrées, première preuve française de tourisme régénératif mesurable. Châteauform’ Regen’Ronqueux et Aix les Bains Riviera : coups de cœur Tourisme des Lauriers 2026, un domaine d’accueil qui cultive sols vivants, haies et biodiversité, et une destination qui expérimente un tourisme au service du territoire et de ses habitants. Playa Viva (Mexique) : 65 % des revenus redistribués à la communauté de Juluchuca, programme de restauration des tortues marines financé par les séjours. Fogo Island Inn (Canada) : bénéfices intégralement réinvestis dans la communauté insulaire, transparence financière totale. Grands Sites de France : 32 millions de visiteurs par an, expérimentations sur le paysage, l’énergie et la mobilité douce. Nature Profonde / Marion Gléréan : immersion naturaliste, le guide comme médiateur du territoire.
À lire aussi : la destination touristique qui régénère son territoire · des exemples de tourisme régénératif · les acteurs du tourisme qui s’engagent dans la régénération des territoires · tourisme régénératif et gouvernance communautaire.
Lire l’analyse tourisme régénératif →🏛️ Secteur 15
Architecture régénérative : Pocheco, ETIC, Campus de la Transition
L’architecture régénérative intègre la nature comme système vivant dans la conception même du bâtiment : gestion des eaux pluviales comme ressource, matériaux biosourcés et géosourcés locaux (bois, terre crue, chanvre, paille, laine), habitats naturels en toiture et en façade, suivi des populations indicatrices. Le bâtiment augmente la capacité du territoire dans lequel il s’inscrit.
L’analyse documente les précurseurs qui réintroduisent les matériaux vivants dans la construction (Chanvribat, Terra Gramina, les filières bois locales) et les projets qui inscrivent le bâtiment dans le métabolisme du territoire, de la ressource extraite jusqu’au déchet redevenu matière. La ville régénérative, la réhabilitation du bâti existant et les tiers-lieux complètent cette analyse.
Exemples documentés
Campus de la Transition (Forges, Seine-et-Marne) : domaine du XIXe siècle réhabilité, maraîchage régénératif intégré, gouvernance coopérative. Pocheco : usine écolonomique lauréate des Lauriers 2025, toiture végétalisée de 7 000 m², récupération des eaux, 12 000 arbres plantés. ETIC · N4 · 76 % : les tiers-lieux comme infrastructure régénérative, réhabilitation du bâti existant, ancrage dans les communautés. Laine Roquefort en isolation : 80 t de laine de brebis laitières transformées en isolant. Chanvribat / Terra Gramina : filières chanvre et terre crue françaises, construction biosourcée et géosourcée.
À lire aussi : la régénération dans l’immobilier · les villes imaginaires au prisme des quatre imaginaires · la ville en 2050 · éducation et régénération au Campus de la Transition.
Lire l’analyse architecture régénérative →💻 Secteur 16
Numérique régénératif : Lunii, TeleCoop, Orange, à quelles conditions ?
Un outil numérique régénératif augmente la capacité de ses utilisateurs à s’épanouir, à contribuer, à penser par eux-mêmes. C’est le critère du passage au niveau 4 dans un secteur où la 5G pourrait accroître l’empreinte carbone de 18 à 45 % d’ici 2030 selon l’ADEME et l’Arcep, et où l’effet sur les capacités cognitives et sociales reste peu mesuré. Réparabilité, sobriété dès la conception, finalité centrée sur les capacités humaines plutôt que sur le temps d’écran : ce sont les pratiques documentées ici.
L’analyse documente Lunii (Ma Fabrique à Histoires) : 97 % de réparabilité, des histoires sans écran, un produit conçu pour développer l’imagination de l’enfant. Elle couvre TeleCoop (opérateur coopératif, forfaits sobres), elmy (énergie verte) et Lita.co (épargne citoyenne fléchée vers des entreprises à impact). Le cas Orange au Capacity Score (N3 · 53 %) documente ce que la taille implique : un socle social solide, un pilotage environnemental centré sur le carbone, et l’innovation produit comme levier pivot vers le niveau 4.
Le numérique régénératif se juge à ce qu’il rend possible : la question porte sur ce que les écrans permettent de devenir, plus que sur leur nombre.
Exemples documentés
Lunii : 97 % de réparabilité, histoires sans écran, lauréat des Lauriers. TeleCoop : opérateur télécom coopératif, forfaits sobres, gouvernance partagée avec les sociétaires. elmy : énergie verte pour les usages numériques. Lita.co : 200 M€ d’épargne citoyenne fléchés vers des entreprises à impact. Orange · N3 · 53 % : programme NeiO, engagements carbone Scope 1/2/3, Cyberdefense comme offre dont la croissance protège les infrastructures d’intérêt général. Regenesis Institute : plateforme d’apprentissage du design régénératif.
🏭 Secteur 17
Industrie et Made in France contributif : Michelin, Duralex, Brandt
Fabriqué en France désigne un lieu ; il dit où le produit a été fini, pas ce qu’il apporte au territoire. Le manifeste du Made in France contributif, remis aux ministères de l’Agriculture, de l’Industrie et du Commerce lors des Lauriers 2026, pose la question qui départage : la France et ses habitants, dont la biodiversité, vont-ils mieux parce que cette usine existe ?
Les analyses de ce secteur lisent les usines sur une même échelle de contribution. Elles montrent que la durabilité d’un produit, l’ancrage de ses emplois et la gouvernance de l’entreprise comptent autant que son origine, et que la bascule passe par l’innovation produit.
Exemples documentés
Michelin · N2 · 45 % : une infrastructure RSE parmi les plus complètes du CAC 40 ; le leadership personnel (29 %) retient la trajectoire, et la filière caoutchouc reste à construire, sans référentiel régénératif pour l’hévéa à ce jour. Duralex : reprise en SCOP par ses 243 salariés, 20 M€ levés auprès de 13 000 citoyens, un verre trempé fait pour durer des décennies. Brandt : une contribution réelle mais peu profonde, faite d’assemblage de composants importés, et les leçons de sa disparition. 30 entreprises pionnières, de L’Increvable à l’Atelier Tuffery et Omié, recensées dans le rapport Made in France régénératif.
À lire aussi : Michelin, l’industrie à la croisée des chemins · Duralex, l’usine de verre · les leçons de la chute de Brandt · réindustrialiser, le nouvel impératif territorial · la tribune du Made in France contributif · le design écosocial et l’industrie ouverte.
Lire la renaissance industrielle →💶 Secteur 18
Finance régénérative : Lita, Crédit Coopératif, MACIF SWEN TERRA, Circlearth
Une trajectoire régénérative se compte en décennies, et se finance mal sur des marges annuelles. La finance régénérative pose la question en amont : qui va payer pour la régénération ? Sa réponse suit l’économie de la mutualité : co-investir, partager équitablement les gains, et rémunérer les pratiques au moment où elles se font.
Les Lauriers de la Régénération distinguent aussi des fonds : ce qui est primé est le fonds ou le produit financier, dont la finalité est retournée vers la régénération.
Exemples documentés
Fonds lauréats des Lauriers : Milpa, ETIC, Feve / Fermes en Vie, Lita, Crédit Coopératif, MACIF SWEN TERRA, l’ADIE, RESTORE. Lita.co : la levée citoyenne de Duralex, 20 M€ portés par 13 000 particuliers. Citizen Ring Capital : la finance durable relue sous l’angle de la régénération. Circlearth : investir et financer la transition vers la régénération, avec Sarah Dubreil.
À lire aussi : qui finance la régénération en France · la finance durable relue avec Citizen Ring Capital · investir et financer la transition, avec Circlearth · solidarité régénérative, ESS et territoires.
Lire l’analyse finance régénérative →Capacity Score · Analyses d’entreprises
Jusqu’où va l’engagement des entreprises de ces secteurs ?
Lue au Capacity Score sur ses documents publics, chaque entreprise se situe à l’un des quatre niveaux par son score global, et le levier le plus lent désigne ce qui retient le passage au niveau suivant. Duralex et Brandt relèvent d’une estimation.
🏛️ Rentrée politique 2026
La rentrée politique de l’écologie 2026 : sept analyses au Capacity Score
Trois programmes de partis, les universités d’été du MEDEF et d’Impact France, Produrable, et le plan du Shift en repère : ce que chacun propose pour l’adaptation de la France, et ce qu’il demande aux entreprises.
Lire la synthèse de la rentrée →📅 Événements de la rentrée 2026
Jusqu’où les grands rendez-vous engagent-ils marques et public ?
Programme et intervenants lus au Capacity Score : Produrable et le conseil RSE · les Universités d’été de l’économie de demain · Climate Week NYC · BIG 2026 de Bpifrance · Natexpo et les marques bio · SIAL Paris et l’agroalimentaire · le Forum Biodiversité & Économie de l’OFB.
📘 Livre blanc NSV
Ce que la régénération du vivant change pour les décisions d’entreprise
51 pages. Changement de finalité, montée en capacité, triple impact comme cadre de pilotage, business model régénératif et Capacity Score : le cadre de référence du collectif.
Lire le livre blanc →Passer à l’action
Et dans votre secteur, votre entreprise a-t-elle la capacité de tenir ses trajectoires ?
Avant tout accompagnement, nous demandons à nos clients de faire leur Capacity Score : trente-huit questions, gratuit, résultats immédiats. Pour concevoir ensuite votre offre régénérative avec votre filière, le business model régénératif réunit vos parties prenantes en cinq ateliers sur un an, ou en une journée de découverte dans votre entreprise. Pour l’éprouver d’abord, des sessions découverte sont ouvertes à tous. Pour avancer avec d’autres acteurs de votre filière, les Regenerative Circles réunissent ces coalitions.
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