🏆 Lauriers de la Régénération 2024–2025 Capacity Score →
Le bio protège les champs de la chimie. La beauté régénérative va plus loin : elle investit la santé des sols, rémunère justement les producteurs, et produit des actifs mesurément plus riches. Qu’est-ce qui fait qu’un cosmétique tient vraiment cette promesse, de l’ingrédient à la peau ? Pourquoi des groupes qui investissent des millions dans leurs filières n’ont-ils pas encore de rouge à lèvres ou de sérum régénératif visible en rayon, là où des marques bien plus petites y sont déjà parvenues ? Et comment le reconnaître ?
▶ Table ronde · 1h · YouTube
Cosmétiques régénératifs : maturité, exemples et défis
Animée par Thomas Busuttil (La 5ème Saison). Avec Karen Lemasson (Expanscience), Élodie Carpentier (Le Rouge Français), Stéphanie Lumbers (FEBEA), Pascale Brousse (Trend Sourcing).
Voir la table ronde →Rapport · 56 slides
Les cosmétiques régénératifs
Lauriers 2024 · Business case · Certifications · Marques · Chemin vers la régénération
📖 Référentiel
Livre blanc Nous Sommes Vivants — 51 pages, 5 analyses d’entreprise dont Expanscience.
Lire le livre blanc (51 p.) →📊 Rapport cosmétiques 2024
Les cosmétiques régénératifs — marques, filières, certifications, lauréats des Lauriers de la Régénération 2024.
Lire le rapport (56 slides) →🏆 Lauriers 2025
25 produits régénératifs primés — dont Léa Nature/SO’BiO étic et Expanscience/TULSINITY®.
Lire le rapport Lauriers 2025 →Cet article cartographie la cosmétique régénérative française à partir d’un angle précis : qu’est-ce qui fait qu’un cosmétique tient la promesse régénérative de l’ingrédient à la peau ? Les lauréats qui y sont parvenus — Expanscience/GAÏALINE®, Éclo/Sérum Soin Sublimateur — et les acteurs engagés dans une trajectoire documentée avec certification tierce — Le Rouge Français, Davines, Dr. Bronner’s, Clarins (Domaine de Serraval ROC certifié janvier 2025, première mondiale cosmétiques) — ont tous résolu le même problème : rendre visible et crédible en rayon ce qui se passe en amont sur le terrain. LUSH porte un discours de marque régénératif engagé et un modèle de redistribution des profits vers des associations, sans certification tierce affichée sur les produits. Ceux qui ont les filières mais construisent encore la traduction produit — NUXE, Kering — ont toutes les ressources pour y parvenir.
Pour la généalogie du concept et les pratiques agricoles qui le fondent : De l’agriculture régénérative au business model de l’entreprise régénérative → Pour l’analyse marché complète (certifications ROC/COSMOS, maturité sectorielle, données consommateurs) : Du bio au régénératif : ce qui manque encore du champ au produit en rayon →
1. Pourquoi la cosmétique régénérative est la promesse la plus exigeante — du sol à la peau
Dans l’alimentaire, la chaîne causale est courte et directe : ce que fait l’agriculteur sur ses sols finit dans l’assiette. La vie microbienne d’un sol régénéré se retrouve dans la densité nutritionnelle d’une carotte. En 60 ans d’agriculture intensive, les 70 fruits et légumes les plus consommés ont perdu −48 % de fer, −27 % de vitamine C, −16 % de calcium (ANSES). Les engrais azotés gonflent les rendements par dilution : plus de volume, moins de substance. Les pratiques régénératives — couverture permanente, vie microbienne active, zéro intrant chimique — reconstituent cette densité. Un aliment issu d’un sol vivant est mesurément plus nutritif.
La cosmétique suit la même logique, avec une subtilité supplémentaire : nous n’ingérons pas les actifs végétaux, nous les appliquons sur notre peau. Or la peau est une membrane perméable. Ce que nous y posons matin et soir, pendant des décennies — huiles, actifs, émulsifiants — provient de sols dont l’état détermine leur qualité biologique. Un actif cosmétique issu d’un sol vivant, riche en microbiome, est mesurément différent du même actif cultivé en sol appauvri par les intrants chimiques. La régénération de la peau commence par la régénération des sols qui ont produit les ingrédients. C’est le principe #OneHealth appliqué au rayon beauté : la santé humaine est indissociable de la santé des écosystèmes qui l’alimentent.
La cosmétique régénérative exige donc une innocuité holistique — à la fois toxicologique pour la peau et écotoxicologique pour les écosystèmes amont. Thomas Busuttil (La 5e saison) pose la distinction avec précision : ne pas avoir d’impact négatif sur la santé des humains ne suffit pas — il faut aussi ne pas en avoir sur la santé du vivant non humain. Ce double prérequis est encore loin d’être la norme. Le dioxyde de titane est présent dans la grande majorité des produits de maquillage — et interdit en agroalimentaire depuis 2022. Une femme mange en moyenne 4 kg de rouge à lèvres dans sa vie. Ce paradoxe dit l’ampleur du chemin : on peut formuler « naturel » et rester toxicologique ; on peut être certifié bio et rester écotoxique. La régénération exige les deux à la fois — et Le Rouge Français a été sélectionné dans le premier réseau de Clean Beauty aux États-Unis précisément parce qu’il ne contient pas cet ingrédient.
Ce que révèle la grille AFNOR Spec 2215 du Green Impact Index : un cosmétique « responsable niveau 2 » qui travaille sur l’emballage et le transport n’agit que sur 45 % du score (emballage 35 % + transport 10 %). Le levier discriminant est la Formule (35 % — naturalité, biodégradabilité, écotoxicité à parts égales) : c’est là que se joue l’innocuité holistique. Ce n’est pas un hasard si la composition est citée comme critère d’achat par 72 % des Français et si l’impact sur la biodiversité des ingrédients est le critère de notation n°1 attendu (51 %, Verian/GII, 2025) : les consommateurs ressentent intuitivement que la qualité de ce qu’on pose sur sa peau dépend de l’écosystème qui l’a produit.
Le bio protège par l’absence de chimie — le régénératif, lui, part du vivant pour le régénérer : re-generare, recréer la capacité des écosystèmes à se développer. Ces quatre niveaux correspondent aux quatre niveaux du Capacity Score — de la limitation des impacts à la contribution active au vivant. Du champ jusqu’à la peau.
N1 · Limiter
Niveau 1 — Naturel
Beauté naturelle
Le champ : ingrédients végétaux ou minéraux sélectionnés pour leur naturalité. La formule est lisible, les origines végétales revendiquées.
La peau : naturalité des ingrédients — la qualité de l’actif dépend de ce que le sol a su produire.
N2 · Réduire
Niveau 2 — Bio + transparence produit
AB · Cosmébio · COSMOS · Green Impact Index
Le champ : AB protège le sol de la chimie de synthèse et des OGM. Cosmébio (label français) et COSMOS (standard international) certifient la formule : pourcentage minimum d’ingrédients bio, composition vérifiée.
La peau + le produit fini : le Green Impact Index (AFNOR Spec 2215, consortium 32 marques) score la formule, l’emballage, la fabrication, le transport et l’impact sociétal sur 50 critères. Note A→E affichée en rayon — le seul outil qui rend visible simultanément la naturalité, la biodégradabilité et l’écotoxicité du produit fini.
N3 · Restaurer
Niveau 3 — Bio régénératif
Beauté régénérative
Cosmébio / COSMOS + filières investies + équité sociale
Le champ : bio certifié + couverture permanente des sols, vie microbienne active, séquestration de carbone mesurée, traçabilité jusqu’au producteur, rémunération juste documentée (contrats pluriannuels, Fair for Life ou équivalent). Le sol vit — il nourrit l’actif en profondeur. Melvita, Le Rouge Français, Sciences & Nature pratiquent ce niveau depuis des décennies.
La peau : actif biologiquement plus dense, microbiome plus riche. La chaîne causale est directe : un sol vivant produit un soin vivant. TULSINITY® Bio (AB + ROC + Fair for Life) est la démonstration la plus documentée de ce niveau en cosmétique.
N4 · Régénérer
Niveau 4 — ROC
Beauté régénérative certifiée
Regenerative Organic Certified
Le champ : bio + santé des sols audités + bien-être animal + équité sociale vérifiée par entretiens individuels avec les travailleurs. Trois piliers cumulatifs. Le producteur prospère, l’écosystème se renforce, la filière se pérennise.
La peau : innocuité holistique complète — ce qu’on pose sur sa peau contribue activement à la santé des écosystèmes qui l’ont produit. Prendre soin de soi, des producteurs et de la nature : les trois simultanément.
Vous venez de vous situer ?
Le Capacity Score mesure vos 6 leviers et vous dit précisément où investir en priorité.
L’étude terrain de Nous Sommes Vivants avec La 5e saison et Bel (The Regenerative Opportunity in Consumer Goods) — focus groups Paris et Los Angeles, store checks USA + France — confirme trois enseignements. L’innocuité holistique est le premier job to be done : les consommateurs engagés veulent les deux simultanément — sans nuire à la peau, sans nuire aux écosystèmes qui ont produit les ingrédients. La dimension régénérative vient en amplificateur une fois ce double seuil franchi. Et le mot « régénératif » évoque spontanément en focus group la régénération cutanée — pas la santé des sols. Les marques qui convertissent le mieux incarnent un lieu et un agriculteur : Davines incarne Parme, Expanscience incarne le lin de Dourdan, Le Rouge Français incarne le rounov du Sri Lanka.
La demande de fond est là — et elle repart. Le Baromètre Agence Bio 2025 (Kantar, n = 4 006, novembre 2024) le documente : après 3 ans de chute, la consommation bio se stabilise. 54 % des Français consomment bio au moins une fois par mois, 30 % au moins une fois par semaine — stables vs 2023. Le solde d’évolution des achats bio est positif à +11 points en 2024 (vs +4 en 2023) : 24 % déclarent acheter plus de bio qu’il y a un an (+2 pts). Cette dynamique concerne directement la cosmétique bio : les consommateurs de cosmétiques bio appartiennent aux mêmes profils sociologiques — CSP+ (42 % consomment bio hebdomadairement), diplômés Bac+4/5 (50 %). Ce sont les cibles naturelles de la cosmétique régénérative premium. La bonne nouvelle économique côté régénératif certifié : les produits ROC ont vu leurs revenus augmenter de +37 % en 2024 et le nombre de références de +71 % (SPINS/NIQ). En 2025, ROC a enregistré +22 % du nombre de buyers — surpassant Fair Trade USA (+10,7 %) et USDA Organic (+6,6 %), qui partent certes d’une base plus large (FoodNavigator / SPINS, mars 2026). Ces produits représentent 2 % des innovations présentées à l’Expo West avec une croissance de +130 % (Nielsen). En mars 2026, à Expo West — 3 300 exposants, 60 000 acheteurs professionnels — les certifications régénératives ont été classées tendance n°1 mondiale. Ce n’est plus une thèse — c’est ce que les lauréats démontrent chiffres à l’appui. L’économie régénérative, ça rapporte — c’est maintenant démontré →
Pascale Brousse (Trend Sourcing) ajoute une dimension rarement soulevée : le changement climatique comme risque filière direct. Lavande de Provence, rose de Grasse, jasmin — des filières sous tension climatique réelle. Régénérer les pratiques agricoles n’est pas seulement un argument éthique : c’est de la gestion du risque approvisionnement à horizon 10–20 ans.
2. Le marché des cosmétiques bio et régénératifs en France : état des lieux
En France, le marché cosmétique grand public représente ~17 milliards d’euros. La part certifiée bio : ~310 M€ en 2024 — moins de 2 % du total — projetée à 400 M€ en 2028 (Xerfi). Le segment naturels + bio combinés atteint ~1,2 Md€ (7 %). Le bio cosmétique progresse à +7-8 %/an, 2x plus vite que le conventionnel — avec 51 % des Français qui consomment des cosmétiques bio (IFOP/Cosmébio) et 64 % qui préfèrent les ingrédients naturels (Mintel 2025). Mais sur ces 310 M€ certifiés bio, la part qui documente les pratiques agricoles amont — ROC, Fair for Life, traçabilité filière vérifiée — reste anecdotique. La certification bio ne dit rien de la santé des sols ni de la rémunération des producteurs.
Pascale Brousse (Trend Sourcing), qui publie une veille de référence sur les tendances de l’industrie cosmétique depuis plus de 20 ans, le pose sans ambiguïté : les entreprises vraiment inscrites dans une mission régénérative en cosmétique « se comptent sur les doigts d’une main ». Les curseurs écologie ont reculé depuis deux ans sous la pression économique et la contraction des marges. La cosmétique parle beaucoup d’agriculture régénérative — la transformation de l’offre produit reste à construire pour la grande majorité des acteurs. Les marques qui progressent le plus vite ne passent pas par le vocabulaire technique — elles incarnent un territoire, un agriculteur, une pratique : Davines incarne Parme, Expanscience incarne le lin de Dourdan, Le Rouge Français incarne le rounov du Sri Lanka.
Stéphanie Lumbers (FEBEA — Fédération des Entreprises de la Beauté, directrice RSE, 300 à 350 entreprises membres de toute taille) décrit une maturité en U. D’un côté, les startups natives — Éclo, Le Rouge Français — qui se sont construites autour de ces enjeux dès l’origine et n’ont aucun héritage à transformer. De l’autre, quelques grands groupes ou entreprises engagées — Expanscience en tête — qui ont consacré les ressources humaines, financières et de gouvernance pour enclencher une transformation réelle. Au milieu, les entreprises intermédiaires qui n’ont pas fait l’un ni l’autre et qui sont perdues face à des enjeux systémiques difficiles à appréhender. La différence ne tient pas à la taille : Stéphanie Lumbers le souligne explicitement — ce qui fait la différence, c’est la place de la responsabilité sociétale dans la gouvernance. Une entreprise pilotée par des financiers qui traitent la responsabilité sociétale comme une obligation de conformité n’avancera pas au même rythme qu’une entreprise familiale où la direction générale porte personnellement la trajectoire.
« Il y a des entreprises qui font de la régénération sans le savoir — et des entreprises qui font de la communication régénérative sans rien changer », observe Stéphanie Lumbers. La définition des Lauriers est tranchée : un produit n’est pas régénératif parce qu’il contient un actif bio — il l’est parce que l’écosystème qui l’a produit est en meilleur état après l’activité qu’avant. Karen Lemasson (Expanscience) : « Je pense systémique, je pense pas que carbone, je pense biodiversité, je pense social. Quelles sont mes coopérations ? » Ce changement de référentiel est la vraie frontière entre RSE et régénération.
La tension entre intention et réalité se lit aussi dans les données d’approvisionnement. Le secteur cosmétique utilise en masse des co-produits de l’industrie agroalimentaire — huile de palme, glycérine, alcool — dont les filières amont sont encore largement conventionnelles. Les initiatives de substitution — consortiums de la FEBEA — Fédération des Entreprises de la Beauté, projets biotech — avancent, mais la cosmétique représente un volume d’achat si faible comparé à l’agroalimentaire ou aux biocarburants que son pouvoir de transformation des filières agricoles reste limité tant qu’elle agit seule. C’est précisément pourquoi la coopétition sectorielle n’est pas une option ici — c’est la condition sine qua non.
3. Comment évaluer un cosmétique régénératif : la grille des Lauriers de la Régénération
La grille d’évaluation des Lauriers de la Régénération structure ce que le jury attend sur 8 dimensions. Elle s’applique à un produit spécifique — pas à la politique de responsabilité sociétale de l’entreprise. C’est là que se joue la distinction entre régénération réelle et communication : un groupe peut avoir les meilleures intentions et une filière solide, et voir son dossier renvoyé si la capacité à contribuer au vivant n’est pas documentée sur cet objet précis.
01 — Dossier produit
Un produit ou service spécifique — pas l’entreprise. Cohérence de la proposition, maturité, ancrage territorial.
02 — Impacts négatifs limités
Trajectoire de réduction documentée : extraction, pollution, écotoxicité, emballage, transport.
03 — Impacts contributifs environnement
Sols, biodiversité, eau, carbone. Certifications tierces (ROC, AB, COSMOS). Mesures de terrain documentées.
04 — Impacts contributifs société
Rémunération juste des producteurs, santé humaine, lien au territoire, services socio-écosystémiques.
05 — Potentiel business
Viabilité économique constatée. Le modèle tient dans un compte de résultat. Triple profitabilité en acte.
06 — Gouvernance & partage de la valeur
Nature et générations futures intégrées aux décisions. Valeur partagée équitablement entre toutes les parties prenantes.
07 — Leadership du vivant
Le dirigeant porte la régénération dans ses décisions quotidiennes — pas seulement dans sa communication.
08 — Trajectoire régénérative
Positionnement sur les 4 niveaux du Capacity Score : Limiter → Réduire → Restaurer → Régénérer.
4. Cosmétique régénératif : définition concrète en 5 conditions
La question paraît simple. La réponse est précise — et elle engage toute la chaîne, pas seulement la formule. Prenons l’exemple d’un sérum visage : produit courant, ingrédients multiples, chaîne potentiellement longue entre la plante et la peau. Cinq conditions simultanées définissent ce qui le rend régénératif.
① Ingrédients issus de sols vivants — actifs végétaux cultivés dans des filières qui priorisent la santé des sols, la biodiversité et la séquestration de carbone, en bio et en fair trade, avec une traçabilité complète du terrain à la formule. Un sol vivant produit un actif mesurément différent.
② Formulation à innocuité holistique — pas de substances nocives pour la peau (toxicologique) ET pas de substances nocives pour les écosystèmes aquatiques en aval (écotoxicologique). Les deux simultanément, pas l’un à la place de l’autre. Biodégradabilité documentée. Aucun ingrédient interdit en agroalimentaire qu’on continuerait d’appliquer sur la peau. Et au-delà de l’absence de nuisance : un actif issu d’un sol vivant, riche en microbiome et en densité biologique, régénère activement la peau — il ne se contente pas de ne pas lui faire de mal. La régénération de la peau commence par la régénération des sols qui ont produit les ingrédients. C’est le principe #OneHealth appliqué au rayon beauté : la santé cutanée est indissociable de la santé des écosystèmes qui l’alimentent.
③ Packaging pensé pour sa fin de vie — décomposition vertueuse au service des sols, réemploi ou recharge. Pas simplement recyclable en théorie et jeté en pratique faute d’infrastructure.
④ Chaîne de valeur qui rend ses producteurs viables — contrats pluriannuels, rémunération juste documentée, partage de valeur tracé. Un producteur économiquement solide peut investir dans des pratiques régénératives durables.
⑤ Transparence totale du champ à l’emballage — provenance des actifs, pratiques agricoles, certifications tierces vérifiables. L’information qui permet au consommateur de comprendre pourquoi ce produit contribue au vivant.
Le Sérum Soin Sublimateur d’Éclo est la démonstration la plus cohérente de ce modèle en France : huile de lin qui régénère le sol pendant qu’elle nourrit la peau, packaging à décomposition vertueuse, zéro ingrédient écotoxique. Le GAÏALINE® d’Expanscience illustre la même logique côté actif : le lin de Dourdan à 32 km de l’usine d’Épernon, Agriculture de Conservation des Sols, séquestration carbone mesurée, contrat pluriannuel avec Ludovic Joiris. Un rouge à lèvres Le Rouge Français à la garance relocalisée ferme la boucle sur l’innocuité holistique : pas de dioxyde de titane, couleur végétale certifiée Cosmos Organique, 12 brevets d’extraction sans déchet toxique. La question n’est pas le produit — c’est la cohérence de la chaîne derrière lui.
5. Lauréats cosmétiques 2024–2025 : Expanscience, Éclo, Léa Nature
Les Lauriers de la Régénération récompensent des produits et services spécifiques — pas des entreprises, pas des politiques de responsabilité sociétale. Mais derrière chaque produit primé, on trouve une trajectoire d’entreprise cohérente : une gouvernance, une architecture économique, une relation producteurs qui rend le produit possible. Le produit est la preuve visible de la trajectoire.
Expanscience — GAÏALINE® et TULSINITY® Bio : double lauréat cosmétiques régénératifs 2024–2025
Expanscience est probablement l’entreprise cosmétique française la plus documentée en matière de transformation régénérative. B Corp depuis 2018 — premier laboratoire pharmaceutique et dermo-cosmétique certifié au monde. Entreprise à mission depuis 2021. Platine EcoVadis (top 1 % mondial). Double Lauréat des Lauriers de la Régénération 2024 et 2025 — seul acteur distingué aux deux éditions. 364 millions d’euros de chiffre d’affaires consolidé, 1 300 collaborateurs, site unique à Épernon où R&D et production cohabitent. 71 % des achats réalisés en France.
Ce qui distingue Expanscience des entreprises qui communiquent sur la régénération, ce n’est pas le catalogue de certifications — c’est un seul chiffre : 99 % du chiffre d’affaires dépend de la biodiversité (Indice d’Interdépendance Entreprise-Biodiversité, 2022). Piasclédiné® 300, le médicament d’arthrose issu de l’avocat et du soja, est le produit dont la dépendance au vivant est la plus irréfutable — et vraisemblablement le plus rentable du groupe. La stratégie régénérative n’est pas idéaliste chez Expanscience : c’est une nécessité économique documentée. Protéger les filières avocat et soja, c’est protéger la marge la plus élevée du groupe.
La direction générale est assurée depuis mai 2025 par Sophie Robert-Velut, ancienne de L’Oréal (15 ans, dont Sanoflore), alumna du premier parcours Convention des Entreprises pour le Climat (2021–2022). Son cap : « la santé du vivant comme condition de la viabilité économique. » La question qu’elle pose à chaque recrutement de cadre dirigeant : « En croissance ou en prospérité ? À partir de combien on est satisfait, à partir de quand on peut rester stable ? » Les preuves matérielles : plus de 30 millions d’euros investis à Épernon entre 2025 et 2027 (plateforme chaud-froid, décarbonation, boucle eau, méthanisation des effluents). Résultat net divisé par deux assumé (12 → 6 M€, source Xerfi) — pas comme accident, comme coût explicitement accepté de la transformation. Budget carbone intégré comme un budget financier : chaque équipe gère une enveloppe annuelle en tCO₂e, l’alloue librement, et rend compte. Sophie Robert-Velut : « Quand vous donnez aux gens les moyens de comprendre et la liberté de s’organiser, ils font mieux que quand vous imposez. » Résultat : fret aérien −67 % en un an, sans interdiction imposée.
Ce qui distingue encore davantage la trajectoire, c’est la capacité de renoncement. En 2022, Expanscience annonce l’arrêt des lingettes Mustela dans le monde entier d’ici 2027 — 20 % du chiffre d’affaires de la filiale France, 18 ans avant l’obligation légale Agec 2040. Le timing et la publicité de l’annonce sont délibérément stratégiques : pousser les concurrents à se poser la même question. Karen Lemasson nomme explicitement la fenêtre d’Overton dans la table ronde de Nous Sommes Vivants : « En renonçant publiquement, on rend cette idée acceptable pour les grands groupes. Beaucoup se positionnent sur ce sujet grâce à notre élan. »
Sur l’innovation, deux actifs pionniers incarnent la bascule. GAÏALINE® (2024) : concentré d’insaponifiables d’huile de lin obtenu par distillation moléculaire, développé en Agriculture de Conservation des Sols avec Ludovic Joiris, producteur de lin depuis 20 ans à l’Huilerie de l’Orme Creux (Corbreuse) — à 32 km du site de production d’Épernon, au cœur de la Cosmetic Valley. Labellisé « Au Cœur des Sols » (reconnu FAO) : couverture permanente des sols, semis sans travail du sol, diversité et rotation des cultures. Six services socio-écosystémiques évalués : climat, biodiversité, sols, carbone, eau, juste rémunération. Contrat pluriannuel et partage de valeur documentés. TULSINITY® Bio (2025) : premier actif nutraceutique au monde triple certifié AB (Ecocert Greenlife) + ROC (Regenerative Organic Alliance) + Fair for Life (Ecocert Greenlife) — feuilles de basilic sacré cultivées en Inde. Le sourcing rompt avec l’agriculture industrielle en adoptant des pratiques régénératrices et organiques garantes de la santé des sols et des écosystèmes : fertilité des sols, capture du carbone, bien-être animal, sécurité des travailleurs agricoles. Le fournisseur indien (60 collaborateurs) a commencé ces pratiques en 2015 avec 300 agriculteurs. Aujourd’hui ce sont 3 800 agriculteurs et 5 100 hectares concernés — toutes les parties prenantes de la chaîne impliquées, des communautés locales en Inde aux distributeurs B2B. Le point structurant du jury : une transformation collective de l’intérieur en coopération avec l’extérieur — Regen by design. Le consortium Pharma-Recharge réunit désormais 9 laboratoires dermo-cosmétiques — dont Pierre Fabre — avec un taux de recharge moyen de 63 % en pharmacie.
Au Capacity Score, Expanscience obtient un score global de 72 %, N3 — Restaurer. Le détail par levier révèle l’asymétrie structurante :
| Levier | Score /4 | % | Niveau |
|---|---|---|---|
| Intelligence écosystémique | 3,00 | 67 % | Restaurer N3 |
| Chaîne de valeur localisée | 3,00 | 67 % | Restaurer N3 |
| Innovation produit | 3,50 | 83 % | Régénérer N4 ◉ |
| Dynamiques humaines | 3,33 | 78 % | Régénérer N4 ◉ |
| Gouvernance | 3,00 | 67 % | Restaurer N3 |
| SCORE GLOBAL | 3,17 | 72 % | Restaurer N3 |
L’innovation produit est le levier le plus avancé (83 %, N4) — et c’est elle qui tire toute la trajectoire. Le livre blanc NSV (2026) pose l’innovation comme le pivot de la bascule régénérative : « tant que l’offre ne change pas, la trajectoire stagne. » Ce n’est pas un levier parmi d’autres — c’est la condition de visibilité de tout ce qui se passe en amont. GAÏALINE® et TULSINITY® ne sont pas seulement des actifs Expanscience — ils sont proposés comme ingrédients à d’autres marques, ce qui fait de la division Ingrédients un multiplicateur régénératif pour toute la filière dermo-cosmétique. L’argument régénératif devient différenciation commerciale B2B.
L’innovation ne part pas du benchmark concurrentiel — elle part du potentiel des écosystèmes. GAÏALINE® part du territoire (lin de Dourdan, 32 km, agriculture de conservation). TULSINITY® part d’une filière certifiée (basilic sacré, Inde, ROC + FFL). La question générative que la CEC a reformulée pour Mustela dit tout : « Et si Mustela proposait des solutions sobres, locales, et permettant de réparer les écosystèmes dans lesquels les familles vont grandir ? » L’ACV est internalisée via l’outil ASKOR, intégrée dès le brief — pas sous-traitée pour le reporting. 34 % du CA Mustela a été analysé en ACV. La scorecard produits évalue conjointement besoin non satisfait, ACV et marge. Sophie Robert-Velut : « hyper important de ne pas opposer marge-profit et données sociales ou sociétales. »
L’écosystème de coopération est remarquable par son échelle : 4 consortiums actifs — Pharma-Recharge (9 laboratoires dermo-cosmétiques dont Pierre Fabre, 63 % de taux de recharge en pharmacie), Pulp in Action (12 acteurs sur les emballages en fibres végétales), TRASCE (15 entreprises sur la traçabilité des chaînes d’approvisionnement), EFC ADEME (6 entreprises). Karen Lemasson : « Au début, on démarche les concurrents. Maintenant, ce sont eux qui demandent à rejoindre. » C’est de l’entraînement capacitant — la régénération qui génère de la régénération. Le vrai test sera 2027–2030, quand les lingettes seront arrêtées et quand les actifs régénératifs pèseront significativement dans le CA total.
→ Lire l’analyse complète Capacity Score Expanscience — anatomie d’une trajectoire régénérative
Éclo Sérum Soin Sublimateur : cosmétique régénératif by design, lauréat 2024
Là où Expanscience illustre la transformation d’une entreprise de 70 ans, Éclo illustre ce qu’une marque régénérative by design peut être quand elle est conçue sans héritage à transformer — chaque choix de la chaîne de valeur pensé comme une contribution au vivant dès le premier jour. Son Sérum Soin Sublimateur est un baume semi-solide formulé à base de cires végétales et d’huile de lin, naturellement riche en acides gras essentiels et en antioxydants — nourrissant la peau et la protégeant contre les radicaux libres. La culture du lin améliore la structure des sols, favorise la biodiversité des parcelles et séquestre du carbone. Les packagings sont fabriqués à base de chutes de bois, de végétaux et de résine naturelle pour une décomposition vertueuse au service des sols. Formule biodégradable, sans aucun ingrédient écotoxique. Certifiée bio, vegan, fabriquée en France.
Éclo définit la beauté régénérative comme « un lien qui lierait notre corps à la planète » — actrice d’un environnement plus sain, allant au-delà de la durabilité. C’est la définition même de la cosmétique régénérative by design : la régénération n’est pas une couche ajoutée sur un produit existant, c’est le point de départ de la conception.
→ Retrouvez l’ensemble des lauréats et le programme de l’édition 2026 (Paris, 11–12 juin 2026) →
Léa Nature SO’BiO étic : gouvernance régénérative et Green Impact Index A, lauréat 2025
Là où Éclo illustre la cosmétique régénérative by design à l’échelle d’une startup, Léa Nature illustre ce qu’une ETI de 502 millions d’euros peut faire quand la gouvernance est conçue pour tenir une trajectoire longue sans arbitrage financier trimestriel. Fondée par Charles Kloboukoff, la Compagnie Léa Nature (marques SO’BiO étic, Jardin BiO, Natessance, Floressance) a structuré sa raison d’être autour d’une inversion de logique que son fondateur formule sans détour : « Ce n’est pas l’activité économique qui génère une action RSE, c’est la politique de responsabilité sociétale de l’entreprise qui définit le cadre économique dans lequel elle peut exercer son savoir-faire : des produits bons et sains, bio ou naturels. »
502 millions d’euros de chiffre d’affaires estimé en 2024. 26 unités de production, dont 22 sites en France. 2 000 collaborateurs. Une chaîne de production largement internalisée qui permet de contrôler chaque étape de la formulation à la mise en rayon. Le levier porteur n’est pas la certification d’un ingrédient — c’est la gouvernance. Léa Nature est engagée dans une transmission progressive de son capital à un fonds de dotation actionnaire, FICUS, à double mission : préserver le capital, les emplois, les implantations en France et les valeurs fondatrices — et reverser les dividendes à des œuvres d’intérêt général en faveur de la société. Cette structure exclut structurellement les logiques de retour sur investissement à court terme et permet d’investir dans des filières sur 5 à 10 ans sans que la prochaine assemblée générale ne remette en cause les arbitrages. C’est le principe que Stéphanie Lumbers (FEBEA — Fédération des Entreprises de la Beauté) identifie comme déterminant dans la maturité en U : ce n’est pas la taille qui fait la différence — c’est la structure de propriété qui détermine l’horizon de décision.
Sur SO’BiO étic — le produit lauréat est le Lift’Grenade Sérum Intensif Rides + Éclat : 99 % d’ingrédients d’origine naturelle, 2 filières bio France, fabriqué près de La Rochelle. Labellisée Cosmébio, Green Impact Index note A affichée avec liste INCI. Ecocert ISO 26000 niveau excellence chaque année. SO’BiO étic est membre du collectif 1 % pour la planète. Les équipes Sourcing et Achats co-construisent des partenariats dans la durée avec les producteurs. Le point discriminant du jury : une gouvernance pérenne qui rend la trajectoire structurellement irréversible — pas dépendante d’un cycle économique ou d’un dirigeant. Léa Nature a mis en place un parcours de sensibilisation aux 9 limites planétaires pour l’ensemble de ses parties prenantes.
→ Retrouvez les 25 produits primés aux Lauriers 2025 et candidatez pour l’édition 2026 →
6. Marques de cosmétiques régénératifs : trajectoires documentées par niveau
Ces acteurs ont documenté et rendu visible en rayon un ou plusieurs impacts réels. Quatre niveaux d’avancement distincts — de la certification ROC complète affichée sur les produits jusqu’au discours de marque sans preuve tierce — permettent à chaque marque de situer les autres et de calibrer ses prochaines étapes.
① Certifié ROC — preuve visible en rayon
Ce sont les acteurs qui ont obtenu la certification ROC et l’affichent sur leurs produits ou leur packaging. C’est le niveau de preuve le plus exigeant — bio + santé des sols + bien-être animal + équité sociale, audité par tiers indépendant.
Dr. Bronner’s (États-Unis) a co-développé le ROC avec Patagonia — c’est la marque qui a construit le standard et l’applique systématiquement sur chaque produit en rayon, sans exception. Ses savons de Castille sont les n°1 des ventes de soins naturels aux États-Unis, fabriqués avec des huiles certifiées ROC issues d’une supply chain cartographiée et publiée en toute transparence : cocotiers au Sri Lanka, olivier en Palestine, canne à sucre au Paraguay, menthe aux États-Unis. Ce n’est pas un engagement de responsabilité sociétale — c’est le modèle économique lui-même depuis la fondation. La gamme Magic Chocolate (Lauréat NSV 2025) a converti 2 240 hectares de cacaoyers au Ghana et Côte d’Ivoire, soutenant 954 agriculteurs. Le levier porteur : la traçabilité complète comme argument commercial principal.
Herb Pharm (États-Unis) : extraits de plantes médicinales avec la certification ROC affichée directement sur les produits, chaîne de valeur tracée jusqu’aux producteurs, formulation sans excipients préoccupants. C’est l’illustration que ROC irrigue déjà le segment B2B des actifs végétaux — pas seulement les marques grand public.
Davines (Italie) a lancé en 2021 son European Regenerative Organic Center (EROC) à Parme, en collaboration avec le Rodale Institute — une infrastructure de recherche agronomique qui génère des actifs issus de fournisseurs certifiés ROC intégrés dans les produits de la marque. Sa gamme « We Stand for Regeneration » incarne ce positionnement : l’extrait de marc de raisin Barbera ROC provient du vignoble Cunial à Traversetolo (Parme), cultivé selon des pratiques certifiées. L’objectif de Davide Bollati, président : « restaurer l’équilibre environnemental entre l’humain et la nature — donner en retour ce qu’on a déjà reçu. » Ce qui distingue Davines : le produit vient après la preuve de terrain, pas avant.
Clarins a franchi en janvier 2025 une étape historique : le Domaine de Serraval (Alpes françaises) a obtenu la certification ROC — première marque de cosmétiques au monde à recevoir cette certification pour une filière agricole de plantes cosmétiques (annonce Groupe Clarins, 17 janvier 2025). La totalité de la surface et des plantes du domaine est certifiée. Clarins poursuit avec l’ambition de certifier le Domaine de Sainte-Colombe. B Corp certifié. Ce qui reste à construire : la traduction en produit cosmétique dont le packaging communique explicitement la certification ROC de la filière amont — c’est le verrou de diffusion que Davines et Dr. Bronner’s ont résolu avant lui.
② Cosmébio / COSMOS + engagements agricoles et sociaux documentés
Ces marques ont la certification produit — et elles l’ont complétée par des relations filières réelles : agronomes en direct avec les producteurs, contrats pluriannuels, traçabilité documentée, équité sociale pratiquée. Ce n’est pas ROC — les pratiques agricoles ne sont pas certifiées par un tiers indépendant — mais ce n’est pas non plus un label sans substance. Ce sont des marques qui ont investi du temps et des ressources humaines dans leurs filières, et dont les engagements sont vérifiables même sans certification formelle. C’est une trajectoire crédible vers ROC.
Le Rouge Français est certifiée Cosmos Organique. Derrière le label : des filières tinctoriales construites from scratch — garance, sorgo, rounov cultivé sous la canopée au Sri Lanka selon les principes de l’agroforesterie. Traçabilité jusqu’au producteur, 12 brevets d’extraction en CO₂ supercritique sans déchet toxique. 200 points de vente dans 12 pays, sélectionnée dans le premier réseau de Clean Beauty américain parce que seule marque sans dioxyde de titane. Élodie Carpentier : « Dans chaque choix de la chaîne de valeur, c’est oui ou non. Tant qu’on est familial, on a cette chance. » La prochaine étape documentaire : une certification Fair Trade formelle.
Melvita est Cosmébio et COSMOS depuis 2002 — pionnière. Derrière le label : des agronomes qui travaillent en direct avec les producteurs, des parcelles contrôlées, une traçabilité du lieu de récolte à l’usine. Filières équitables documentées : argan du Maroc, rose centifolia de Provence, ruche d’Ardèche. 40 ans de pratiques qui anticipent ce que ROC formalise. L’accompagnement NSV au COMEX a posé la question suivante : comment certifier et rendre visible ce qui existe déjà ?
Case study
Accompagnement Nous Sommes Vivants × Melvita
Quand les filières existent — comment les structurer en trajectoire certifiable
La régénération, c’est quoi ?
Définition opérationnelle — ce que ça change concrètement pour les décisions produit vs le discours RSE.
La régénération pour Melvita
Plateforme de marque régénérative, retombées business et différenciation par les filières.
Business models émergents
Les modèles à explorer sous l’angle regenerative skincare brand — économie de la fonctionnalité, actifs B2B, filières coopératives.
Vers l’entreprise à visée régénérative
Le chemin en 3 étapes avec le REGEN BMC — concevoir le produit régénératif avec toutes les parties prenantes de la filière.
Melvita dispose de toutes les conditions — la certification Cosmébio/COSMOS, les filières documentées, le territoire ardéchois, 40 ans de crédibilité historique. L’étape suivante : transformer ces pratiques en produit dont la chaîne est certifiable par un tiers accrédité. Ce type d’accompagnement est disponible pour toute marque dans cette situation.
Sciences & Nature (1972, Douce Nature/Biolane/Natessance) et Body Nature (COSMOS depuis 2011) font de la régénération sans le mot : filières de plantes médicinales françaises, agriculteurs partenaires sur le long terme, rémunération juste dans l’ADN. L’enjeu n’est pas de commencer — c’est de certifier et rendre visible ce qui se fait déjà.
③ Green Impact Index affiché — signal de transparence produit
Le Green Impact Index ne certifie pas les pratiques agricoles amont — c’est un score sur le produit fini (formule, emballage, fabrication, transport + impact sociétal), audité tiers, affiché en rayon. C’est le niveau de la transparence produit vérifiée. Pas aussi exigeant que ROC, pas aussi vague qu’un discours de marque. Il crée une pression documentée vers l’amont : une marque qui affiche son GII et veut progresser doit s’attaquer à la Formule (naturalité, biodégradabilité, écotoxicité) — ce qui la pousse mécaniquement à retravailler ses actifs et ses filières. C’est un signal d’engagement qui se renforce dans le temps.
Les marques membres du consortium GII qui affichent leur note incluent SO’BiO étic (Léa Nature) — note A, la meilleure — Avène, A-Derma, Ducray, Klorane, René Furterer (Pierre Fabre), Yves Rocher, Arko Pharma. C’est un signal que les grands groupes dermato et la distribution spécialisée commencent à converger sur un référentiel commun. En distribution, Naturalia et Biocoop affichent le GII sur leur sélection dédiée — avec le storytelling filière en magasin.
④ Agriculture régénérative investie, certification tierce à construire
Ces acteurs ont consacré des ressources réelles à des filières régénératives — sans certification tierce visible en rayon. NUXE déclare croire en l’agriculture régénératrice sur sa filière huile de palme. Kering a lancé un Regenerative Fund for Nature. Ce n’est pas du greenwashing intentionnel — c’est un verrou de diffusion : sans preuve tierce, le signal reste invisible au consommateur. LUSH (Re:Fund, patchouli régénératif d’Indonésie, redistribution des profits vers des associations) va au-delà du simple sourcing — mais zéro certification ROC affichée sur les produits. Evolve Beauty (B Corp + COSMOS, UK) illustre le glissement sémantique le plus fréquent : « régénératif » y désigne la régénération cutanée, pas les pratiques agricoles amont. Même étiquette, réalités radicalement différentes.
▶ Vidéo · Lauriers de la Régénération 2025
Christopher Gergen — Président de la Regenerative Organic Alliance
Le président de la ROC présente les 3 piliers du standard, la trajectoire de croissance mondiale et les conditions d’accès pour les marques cosmétiques françaises. Intervention aux Lauriers de la Régénération 2025 (17–18 juin, Versailles).
Voir l’intervention →⑤ Actifs, fournisseurs d’ingrédients et distribution
PY’STILL (Lauréat Plantes Médicinales 2025, Pyrénées-Atlantiques) produit des hydrolats AB et COSMOS issus de cultures régénératrices sans intrants ni irrigation. Espèces endémiques récoltées à la main — genévrier, carotte sauvage, sureau noir, laurier noble invasif transformé en opportunité. Hydrodistillation sans conservateur, concentration à température ambiante, site 100 % électricité renouvelable, domaine agroforestier 20 ha depuis 1992. Exactement ce que cherchent les formulateurs qui veulent ancrer leurs produits dans une chaîne amont régénérative. Codif et Greentech complètent ce panorama sur les actifs marins et terrestres à impact réduit ou positif.
Côté distribution : Naturalia (220 magasins, Coup de cœur Distribution NSV 2025 pour sa campagne Bio Regen) et Biocoop (sélection dédiée AB + Green Impact Index affiché, transparence filière en magasin) sont les deux distributeurs français qui ont bâti un récit régénératif en rayon — l’équivalent de ce que Whole Foods fait avec ROC aux États-Unis. Côté biotechnologies : Lanzatech (alcool bas carbone à partir de CO₂ recyclé pour les parfums), Carbios et Bioterme (packaging) relèvent de l’économie circulaire — une approche abiotique qui optimise les flux de matières mais n’intègre pas le vivant. La circularité tend au mieux vers la neutralité ; le régénératif va au-delà. Ces initiatives sont précieuses pour réduire l’empreinte globale des produits — elles ne se substituent pas à la régénération agricole amont.
7. AB, Cosmébio, COSMOS, ROC, Green Impact Index : quel label pour quel niveau ?
La vraie question n’est pas « quel label avons-nous ? » mais « que rend réellement possible notre offre, dans la durée, pour le vivant humain et non humain ? » — et c’est cette question que le Capacity Score permet de poser structurellement. Les labels, scores et certifications ne sont pas des finalités — ce sont des jalons dans une trajectoire de responsabilité. Voici comment les lire.
Le problème central du régénératif cosmétique est un problème de lisibilité : ce qui se passe sur le terrain — pratiques sols, rémunération des producteurs, biodiversité des parcelles — est invisible sur l’emballage. Les certifications et scores existent pour fermer cette boucle : pratiques documentées → certification ou score → signal visible en rayon. Mais la multiplication des logos crée une confusion réelle. En alimentaire, le label Agriculture Biologique arrive en 5e position en confiance au moment des achats, derrière Label Rouge, AOC/AOP, Nutri-Score et Zéro Résidu de Pesticides (Baromètre Agence Bio 2025). La même dynamique se joue en cosmétique : les consommateurs font confiance à ce qu’ils comprennent — et « bio » sans autre précision ne suffit plus à différencier. La grande majorité des produits cosmétiques bio ne documentent ni les pratiques agricoles amont ni la rémunération des producteurs — l’espace pour les marques qui ferment vraiment cette boucle est massif.
AB est le socle — sans AB, pas de régénératif revendiqué. Cosmébio (label français, association 2002) et COSMOS Organic (standard international, 35 000 produits certifiés) certifient la formule — ni l’un ni l’autre ne prend position sur la santé active des sols ni sur la rémunération des producteurs. ROC — Regenerative Organic Certified comble précisément ces deux conditions manquantes : bio + santé des sols + bien-être animal + équité sociale, prérequis cumulatifs non négociables, audit indépendant tiers avec vérification de la rémunération par entretiens individuels. Co-développé par Dr. Bronner’s et Patagonia, distribué en France par Ecocert. 12 millions d’acres certifiés, 126 certificats délivrés en 2024.
ROC ne s’obtient pas en un an. Il se construit en quatre étapes progressives — progression vers le bio d’abord, intégration des pratiques de bien-être animal, mise en place de l’équité sociale et du partage des avantages avec les communautés locales — les niveaux Bronze, Silver ou Gold n’étant accessibles que lorsque les trois piliers sont simultanément atteints. C’est un parcours de filière, pas une case à cocher. La définition californienne de l’agriculture régénérative qui fonde ROC l’élargit encore au-delà des pratiques agronomiques : des pratiques biologiques qui s’appuient sur les traditions des peuples autochtones et permettent d’obtenir des résultats sur le climat, la protection de la santé humaine et des communautés rurales, la préservation de la faune et du bien-être animal, la protection des traditions spirituelles et culturelles locales. Ce cadrage place ROC à l’intersection de la certification agronomique et de la justice sociale — c’est pourquoi il est si difficile à atteindre, et si crédible quand il est obtenu.
Fair for Life (certification Ecocert Greenlife) est le standard de commerce équitable le plus rigoureux applicable aux filières cosmétiques et nutraceutiques. Il certifie simultanément les pratiques sociales de la chaîne d’approvisionnement et les relations commerciales équitables : rémunération juste et documentée des producteurs, conditions de travail vérifiées par audit terrain, primes d’équité redistribuées aux communautés agricoles. Il diffère du Fair Trade classique par sa capacité à couvrir les filières complexes d’actifs végétaux — pas seulement les matières premières agricoles standardisées (café, cacao, coton). C’est pourquoi TULSINITY® Bio est le seul actif nutraceutique au monde à cumuler AB + ROC + FFL : les trois certifications ensemble documentent à la fois les pratiques sols (AB), la régénération active (ROC) et l’équité sociale de la filière entière (FFL). Aucune des trois ne suffit seule — leur combinaison est la définition opérationnelle d’un actif régénératif complet.
Le Green Impact Index est le jalon le plus structurant à suivre pour la cosmétique française. Ce n’est pas un outil Ecocert — c’est un consortium de 32 marques (Yves Rocher, Avène, SO’BiO étic, A-Derma, Klorane, Arkopharma, Decathlon, René Furterer, Pierre Fabre/Naturactive, Ducray, Natessance, Greentech…) constitué en association loi 1901 en septembre 2023, dont Bris Rocher (Groupe Rocher) est président. La méthodologie — AFNOR Spec 2215, co-rédigée avec 120 participants du secteur — repose sur une cinquantaine de critères quantifiables. La note va de A (≥ 80 points) à E (0–20 points).
La grille de pondération AFNOR Spec 2215 répartit le score en 80 % impact environnemental (Emballage 35 % · Formule 35 % · Fabrication 20 % · Transport 10 %) et 20 % impact sociétal (fabrication MP, fabrication produit fini, engagement marque, bien-être animal). Ce que ce cadre révèle — et qu’on a développé en ouverture de cet article — c’est que le levier le plus discriminant entre un cosmétique « responsable niveau 2 » et un cosmétique régénératif est la Formule : naturalité, biodégradabilité et écotoxicité à parts égales. Détail notable : le GII ne figure pas sur l’emballage physique — délibérément, pour éviter la destruction de packaging obsolète à chaque révision de score. Il est affiché en rayon ou en ligne, accessible par QR code. SO’BiO étic de Léa Nature est parmi les premières marques à l’afficher systématiquement.
L’étude Verian/GII (septembre 2025, 1 000 personnes représentatifs France) le confirme côté demande : 78 % des Français veulent un outil unique obligatoire d’évaluation. 64 % se déclarent prêts à changer de marque selon le score (72 % chez les quotidiens). Seulement 45 % pensent les entreprises cosmétiques engagées — 6 % « très engagées ». Les sources de confiance pour communiquer ces scores : scientifiques/experts indépendants (57 %), associations de consommateurs (55 %) — loin devant les marques elles-mêmes. La notoriété spontanée du GII reste encore à 16 % — c’est à la fois la limite actuelle et l’opportunité pour les marques qui l’affichent dès maintenant. Le GII ne certifie pas les pratiques agricoles amont — mais il crée une pression documentée vers l’amont et constitue le jalon le plus accessible entre COSMOS et ROC pour toute marque qui veut progresser. Cartographie complète des labels positionnés dans la trajectoire régénérative → (Impact France / NSV)
8. CSRD, coopétition et financement de la régénération cosmétique
Les grands groupes cosmétiques ont massivement investi dans la régénération de leurs filières depuis 2020. L’étiquetage régénératif en rayon est encore à construire pour la plupart d’entre eux. Ce n’est pas du greenwashing — les investissements sont réels, les filières progressent, les convictions sont sincères. C’est un verrou de diffusion : construire la preuve terrain prend du temps, la traduire en innovation produit commercialisable en prend davantage.
C’est au niveau du produit que se joue désormais la contribution à la CSRD. Les entreprises cosmétiques soumises doivent documenter leurs impacts sur la nature (norme ESRS E4 — biodiversité et écosystèmes), leurs émissions de scope 3 agricoles (norme ESRS E1 — changement climatique) et les conditions de rémunération dans leur chaîne de valeur (norme ESRS S2 — travailleurs de la chaîne de valeur). Un reporting biodiversité sans produit régénératif identifiable en rayon sera de plus en plus difficile à défendre — car c’est le produit qui documente les pratiques, pas le rapport annuel. La Chaire Double Matérialité (2025) le mesure : moins de 1 % des entreprises publient aujourd’hui un reporting mentionnant leur impact sur la biodiversité. Pour les marques qui ont déjà construit cette preuve, la CSRD est une opportunité de différenciation réelle.
Le contraste entre Expanscience et NUXE illustre la même structure que Danone et C’est qui le Patron ?! × LSDH en alimentaire : même secteur, même type d’investissement filière, deux stades de traduction produit radicalement différents. Expanscience a consacré 30 M€ à Épernon, développé GAÏALINE® à 32 km de son site avec une filière labellisée et une séquestration carbone mesurée, certifié TULSINITY® AB+ROC+FFL, et construit Pharma-Recharge avec 9 concurrents — la régénération est déjà en rayon, chiffrée et documentée par un tiers accrédité. NUXE a déclaré sa conviction sur la filière palme — l’engagement est sincère, la filière progresse, la preuve produit visible en rayon reste à construire. La différence ne tient pas à la sincérité : elle tient au temps investi dans la preuve terrain et à la capacité à la traduire en innovation commercialisable.
La coopétition sectorielle est l’autre levier structurant — et celui qui a le plus surpris les observateurs du secteur ces trois dernières années. Karen Lemasson (Expanscience) : « Nos concurrents, ce n’est pas Pierre Fabre, L’Oréal ou L’Occitane. C’est la chute de la biodiversité, la rupture de la supply chain, les canicules qui viennent. On n’aura pas de parts de marché dans un monde comme ça. » La FEBEA (Fédération des Entreprises de la Beauté) en est la traduction institutionnelle. Le Consortium Consigne expérimente le packaging consigné en pharmacie — une première dans la cosmétique moderne, rendue possible uniquement parce que 9 concurrents se sont associés sur la même machine et partagent les coûts d’infrastructure. Le Consortium Trace cartographie collectivement les chaînes d’approvisionnement pour identifier les risques sociaux et environnementaux partagés — pour des filières qui comptent parfois des dizaines d’intermédiaires entre la plantation et l’usine, aucune marque ne peut faire cette cartographie seule. Un livre blanc sur la glycérine analyse les risques sociaux et environnementaux des différentes sources de cet ingrédient omniprésent mais peu valorisé marketing. Un projet sur l’huile de palme identifie les fonctionnalités à remplacer via des alternatives végétales ou des biotechnologies. Ce foisonnement d’initiatives collectives montre que la régénération, dans la cosmétique, ne se fait pas seul — les enjeux sont trop systémiques, les chaînes trop longues, les ressources trop limitées pour que les efforts individuels suffisent. Le forum Cosmagri — initié par Sandrine Leinte, première édition à Bordeaux, deuxième à Marseille en juin 2026 — connecte agriculteurs en agriculture régénérative et acteurs de la beauté pour que les deux mondes se parlent directement.
La question du financement reste entière comme dans tous les secteurs. Qui va payer pour la régénération ? → La réponse n’est pas une mais cinq, et c’est leur combinaison qui rend le modèle viable : le consommateur quand l’information est visible et crédible — 55 % des Français veulent savoir que les producteurs sont justement rémunérés (Kantar 2023) ; la marque elle-même via l’insetting — financer les services écosystémiques au sein de sa propre chaîne de valeur plutôt que de les externaliser en compensation carbone ; les fonds d’impact qui valorisent les actifs naturels reconstitués ; les paiements pour services environnementaux qui rémunèrent directement les pratiques agricoles sur la base de mesures terrain vérifiées ; et la structuration de filière avec des contrats pluriannuels garantissant un prix juste sans subvention — c’est ce qu’Expanscience a construit avec Ludovic Joiris sur le lin de Dourdan, et ce que le REGEN BMC permet de formaliser avec toutes les parties prenantes.
9. Par où commencer pour une marque cosmétique régénérative ?
La question n’est pas « suis-je assez engagée ? » — c’est « quel est mon levier d’entrée ? » Le Capacity Score répond à cette question. Il positionne chaque marque sur 4 niveaux (Limiter → Réduire → Restaurer → Régénérer) selon 6 leviers — offre, chaîne de valeur, innovation, dynamiques humaines, gouvernance, leadership — et identifie l’écart entre ce qui est construit en amont et ce qui reste à traduire en produit. Dans la cosmétique, cet écart est le révélateur le plus fréquent : la chaîne de valeur peut être très avancée pendant que l’innovation produit reste au niveau de l’atténuation. Expanscience l’illustre : 72 % au score global, division Ingrédients à 83 % (N4), Mustela à 65 % (N3). La locomotive régénérative existe — la diffusion au portefeuille complet est le chantier. C’est le même écart que Danone en alimentaire : 40 millions d’euros investis dans la filière laitière bio depuis 2016, contrats jusqu’à 15 ans avec les producteurs, +20 % de rémunération en moyenne — et 0 % du chiffre d’affaires en offres régénératives identifiées en rayon. Le contraste avec C’est qui le Patron ?! × LSDH est saisissant : même filière laitière bio, même territoire rural — mais CQLP a résolu le verrou en mettant le prix sous gouvernance consommateur. 126 millions d’euros de chiffre d’affaires, n°1 du lait UHT et du beurre bio hors marques de distributeur, sans un euro de publicité.
Chaque trajectoire dans cet article a commencé par un levier précis : la filière agricole pour Expanscience (GAÏALINE® à 32 km d’Épernon, contrat pluriannuel avec un producteur de lin qui pratique l’Agriculture de Conservation des Sols depuis 20 ans), la formulation by design pour Éclo, la couleur végétale et les savoir-faire ancestraux pour Le Rouge Français (garance relocalisée, rounov du Sri Lanka, 12 brevets d’extraction verte), la certification ROC dès la création pour Dr. Bronner’s, la gouvernance pour Léa Nature (fonds FICUS, 22 sites en France, filières partenaires dans la durée). Le REGEN BMC est l’étape suivante : concevoir le produit régénératif avec l’ensemble des parties prenantes de la filière — 5 ateliers pour transformer une chaîne d’approvisionnement linéaire en écosystème de relations mutuellement bénéfiques. La distinction structurante posée par le rapport de Nous Sommes Vivants : il ne s’agit plus de Corporate Regen — des annonces de responsabilité sociétale avec un business model inchangé — mais de Regen Products : la régénération intégrée au modèle économique lui-même.
Thomas Busuttil (La 5e saison) identifie trois modèles à fort potentiel, documentés dans une étude de 2021 : l’innocuité holistique (supprimer les impacts toxicologiques et écotoxicologiques simultanément — le prérequis non négociable), l’encapacitation (donner au consommateur les moyens de comprendre et d’agir sur sa relation au vivant — au-delà du produit), et la satiété (moins de références, mieux sourcées, plus efficaces — la réponse au défi des volumes dans un monde aux ressources finies). La permaformulation est la notion qui sous-tend les deux derniers : stabiliser les gammes, ancrer les actifs dans des filières durables, ne lancer un nouveau produit que quand la chaîne complète est documentée. BPI Le Lab, la CEC et Lumia ont formalisé le chemin en cinq dimensions complémentaires : voir plus loin que le carbone, se reconnecter au vivant tout au long de la chaîne, transformer le modèle économique en profondeur, développer des gammes compatibles avec le vivant, et placer l’humain au cœur de la transformation — les producteurs, les équipes internes, les consommateurs.
Karen Lemasson (Expanscience) formule la conclusion la plus opérationnelle, et peut-être la plus rarement entendue dans les conférences sur la responsabilité des entreprises : « Pour moi, il n’y a pas de régénération s’il n’y a pas d’ancrage dans tous les sens du terme. C’est-à-dire ancrage sur un territoire, se réapproprier nos territoires, les connaître, connaître les gens, connaître leurs problématiques, refaire des boucles peut-être plus courtes. » Et sur la tentation des solutions immédiates : « Ce qu’on est en train de construire, c’est comment on crée les conditions pour que des choses émergent plutôt que de dire « j’aurais tout de suite la solution. » Donc des petits pas humblement, pour coopérer, trouver les bons acteurs, peut-être des nouveaux acteurs avec lesquels coopérer. » C’est la meilleure définition opérationnelle de la régénération appliquée à la cosmétique : pas une solution à déployer, mais des conditions à créer — comme un sol dont on restaure la vie microbienne avant d’en attendre la récolte.
Programme · 5 journées · 12 mois · Paris
Regenerative Circle Cosmétique
Concevoir votre produit cosmétique régénératif avec votre coalition de parties prenantes — cahiers des charges, certifications ROC/COSMOS, plan de transformation sur 5 à 10 ans. Cosmétique · Alimentaire · Textile · Alcools · Qualiopi · OPCO.
Rejoindre le prochain cercle →Édition 2026 · 11–12 juin · Paris
🏆 Les Lauriers de la Régénération 2026
Votre produit cosmétique régénératif mérite d’être mis en lumière. 55 lauréats primés en 2024–2025. Candidatures ouvertes.
Candidater →Votre marque cosmétique est-elle régénérative ?
Le Capacity Score évalue votre trajectoire sur 6 leviers, de la réduction des impacts à la contribution active aux écosystèmes. Un diagnostic gratuit, en 20 minutes.
Faire le diagnostic →Sources
ANSES (2022). Évolution de la composition nutritionnelle des fruits et légumes. — Agence Bio / Kantar (2025). Baromètre des produits biologiques en France 2025 — terrain novembre 2024, n=4 006. 54 % consomment bio ≥1/mois ; 30 % ≥1/semaine ; solde achats +11 pts en 2024. — IFOP / Cosmébio (2022). 51 % des Français consomment cosmétiques et hygiène bio ; 77 % des acheteurs depuis moins de 5 ans. — Mintel (2025). Tendances mondiales beauté et soins personnels — 64 % des Français préfèrent les ingrédients naturels. — Xerfi (2025). Le marché des cosmétiques bio et naturels — ~310 M€ certifiés bio en 2024 ; ~1,2 Md€ naturels+bio combinés ; +7-8 % an. — BPI Le Lab / CEC / Lumia (2024). 5 dimensions de la transformation régénérative d’entreprise. — Chaire Double Matérialité (2025). Rapports CSRD — analyse biodiversité. — Clarins Groupe (janvier 2025). Le Domaine de Serraval obtient la certification ROC™ — première mondiale dans l’industrie des cosmétiques. — Consortium Green Impact Index / Verian (septembre 2025). Enquête d’opinion : Les Français et les scores d’impact environnemental et sociétal — 1 000 personnes représentatifs France. — Consortium Green Impact Index (2025). Dossier de presse GII — AFNOR Spec 2215, 32 marques membres, méthodologie 50 critères. — Ecocert France (2024). Déploiement ROC en France. — Expanscience (2024). Rapport de mission 2024 — OTI Fid’Impact (COFRAC). — Expanscience / IIEB (2022). 99 % du CA dépend de la biodiversité. — Global Issues Barometer Kantar (2023). — Kantar (2023). Who Cares? Who Does? — 55 % des Français veulent que les producteurs soient justement rémunérés. — Morseletto, P. (2020). Restorative and regenerative. Journal of Industrial Ecology. — Nielsen (2024). Produits régénératifs USA : +130 %. — Nous Sommes Vivants / La 5e saison / Bel (2023). The Regenerative Opportunity in Consumer Goods. — Nous Sommes Vivants (2024). Les cosmétiques régénératifs, 56 slides. flippingbook.com/view/4606146/ — Nous Sommes Vivants (2024). Capacity Score Expanscience — 72 %, N3 global. — Nous Sommes Vivants (2025). Lauriers de la Régénération 2025, 168 pages. flippingbook.com/view/104528784/ — Lauriers 2025 cosmétiques : Léa Nature / SO’BiO étic. Lauréat ingrédient actif : Expanscience / TULSINITY®. Coup de cœur distribution : Naturalia campagne Bio Regen. — Nous Sommes Vivants (2026). Livre blanc 51 p. (FlippingBook 443409299). — NSF International (2019). The Business Case for Regenerative Agriculture. — Regenerative Organic Alliance (2024). 12 M acres, 126 certificats. — FoodNavigator / SPINS (mars 2026). ROC +22 % buyers en 2025, surpassant Fair Trade USA (+10,7 %) et USDA Organic (+6,6 %). — Rodale Institute / SPINS / NIQ (2024). ROC Impact Report — +37 % revenus, +71 % SKU. — Sophie Robert-Velut, Expanscience (2023–2025). 7 prises de parole. — Table ronde Nous Sommes Vivants — Cosmétiques régénératifs : Thomas Busuttil (La 5e saison), Pascale Brousse (Trend Sourcing), Stéphanie Lumbers (FEBEA — Fédération des Entreprises de la Beauté), Karen Lemasson (Laboratoires Expanscience), Elodie Carpentier (Le Rouge Français). Thèmes couverts : maturité sectorielle, innocuité holistique, permaformulation, coopétition, fenêtre d’Overton, Cosmagri, consortiums de la FEBEA — Fédération des Entreprises de la Beauté. — Xerfi (2024). Comptes Expanscience SA.

Laisser un commentaire