Modélisation de la filière laine Française avec le Capacity Score

Capacity Score · Filière · Laine Régénérative

Modélisation de la laine co-produit à la laine régénérative

La laine ovine française est traitée depuis des décennies comme un déchet de l’élevage. Le Capacity Score appliqué à la filière Laine montre que cette matière première est en réalité un formidable levier de régénération territoriale en triple impact.

Fibres luxe régénératives — filière laine

En France, plus de 70 % de la laine tondue finit brûlée ou exportée à vil prix — moins de 20 centimes le kilo. Dans le même temps, LVMH paie 8 à 15 €/kg une laine régénérative certifiée NATIVA, sourcée en Australie et en Amérique du Sud, faute de trouver une filière structurée sur le territoire français. Tuffery vend pourtant un pull en laine Lacaune des Grands Causses à 219 €. Et l’AOP Roquefort garantit un prix d’achat du lait à ces mêmes éleveurs, pour ces mêmes brebis. Les pratiques existent, elles sont réelles. Ce qui manque encore : l’outil qui les documente, les certifie et les valorise comme fibre. Nous Sommes Vivants a construit ce référentiel : 99 indicateurs, 4 piliers, 17 pratiques à effet domino (450+ impacts documentés), pour dessiner la trajectoire vers la filière laine régénérative française.

Sommaire

1. Modélisation de la filière laine régénérative

2. Le paradoxe fondateur : des bonnes pratiques lait, aucun cahier des charges laine

3. Exemples de valorisation : Lacaune–Occitanie

4. Les marques de luxe — sept arguments pour investir, pas pour patrioter

5. Les 17 pratiques à effet domino, l’équation de valorisation et la Matrice cahier des charges × Clear Fashion × Capacity Score

7. La proposition d’accompagnement : de la cartographie à la structuration de la filière complète

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⚠️ Modélisation pour réflexion — chiffres approximatifs et jalons de trajectoire présentés comme hypothèse d’un premier état des lieux. Ce travail vise uniquement à explorer le potentiel de la laine française, pas à fournir des données certifiées.

1. Modélisation de la filière laine régénérative française

La laine ovine française est dans une situation paradoxale. Les éleveurs qui la produisent — en particulier sur le bassin Lacaune, territoire du Roquefort — pratiquent déjà un élevage extensif de qualité : pâturage longue durée, races locales, alimentation à base de fourrage propre, usage raisonné des intrants. Des pratiques qui, dans n’importe quelle filière textile premium nordique ou néo-zélandaise, feraient l’objet d’une certification, d’un storytelling et d’une prime commerciale significative.

En France, elles ne valent rien de plus que le cours de la laine en salle de marché — soit moins de 20 centimes le kilo dans le pire des cas, à peine 50 centimes dans le meilleur. Résultat : la tonte est vécue comme un coût par l’éleveur, la laine comme un déchet — alors que c’est la même brebis, le même travail, le même territoire qui produisent un fromage à prix garanti. L’ensemble de la chaîne de valeur laine, du mouton au vêtement, reste à construire.

Ce n’est pas un problème de bonnes pratiques. C’est un problème de reconnaissance, de certification et de coordination de filière. C’est là qu’intervient le référentiel.

1.1 Le business case régénératif — une boucle, pas une ligne

La logique est auto-renforçante : les pratiques amont financent la valeur aval, et le prix supérieur finance les pratiques.

1.1 Le business case régénératif — une boucle, pas une ligne

1

Pratiques amont

pâturage · zéro chimie · races

2

Qualité fibre

résistance · finesse · pureté

3

Transfo propre

– carbonisage · – chimie

4

Qualité laine

produit visible · signal conso

×20

Prix ×20

0,05 → 1 €/kg

Finance les pratiques

boucle auto-renforçante

Filière structurée : 0,05 €/kg (cours export) → 1,50–3,50 €/kg (Laines Paysannes), sans subvention · Sources : INRAE · ROC · FAO-TAPE · Textile Exchange

① Pratiques amont

Pâturage extensif
Races patrimoniales
Zéro chimie

② Qualité fibre

Résistance · finesse
Pureté · microns
Tri documenté

③ Transfo propre

− carbonisage
− chimie teinture
Circuits <350 km

④ Qualité laine

Produit longue vie
Signal consommateur
DPP · CSRD

× 20 Prix éleveur

0,05 → 1 €/kg

sans subvention

↻ Finance les pratiques

Boucle auto-renforçante
An 10 : 2–3 €/kg
+ Paiements pour Services Environnementaux activés

Sources : INRAE · Regenerative Organic Certified (ROC) · FAO-TAPE · Textile Exchange · Étude Nous Sommes Vivants Laines Paysannes 2025

La logique de cette boucle est contre-intuitive : les pratiques amont — pâturage extensif, races patrimoniales, zéro chimie — produisent une qualité de fibre mesurable qui permet une transformation plus propre, un produit plus durable, et un signal consommateur plus puissant. Meilleure fibre → moins de traitement en aval → produit plus durable → prix plus élevé → revenu qui finance les pratiques. Les 17 pratiques qui amorcent cette boucle sont cartographiées en section 5 — avec leurs sources scientifiques (INRAE, ROC, FAO-TAPE) et leurs effets domino documentés.

Le ×20 en détail. Le prix de référence le plus bas pour la laine ovine française est le cours export : 0,05 €/kg — prix auquel les négociants écoulent les toisons invendues, souvent vers la Chine ou l’Europe de l’Est. C’est le plancher absolu, celui que l’éleveur touche quand rien n’est structuré. À l’autre extrémité, Laines Paysannes atteint 1,50–3,50 €/kg en prix d’achat à l’éleveur — soit ×7,5 à ×17,5 par rapport au prix marché, ×30–70 vs cours export 0,05 €/kg. Ce prix résulte uniquement de la structuration de filière (collecte mutualisée, tri qualitatif, contrat pluriannuel avec les marques). Les 8 flux de paiements pour services environnementaux (Paiements pour Services Environnementaux) viennent en troisième revenu, et peuvent porter le total à 2–3 €/kg. Le ×20 est l’écart documenté entre la filière inexistante et la filière structurée. La filière Laines Paysannes est le dispositif qui fait passer l’éleveur de l’un à l’autre.

Niveau 1

Limiter

Réduire les impacts négatifs les plus flagrants. Conformité réglementaire. Zéro substance interdite.

Niveau 2

Réduire

Optimiser les processus, améliorer les performances. Certifications sectorielles (RWS, GOTS, Bio AB).

Niveau 3

Restaurer

Reconstruire activement les écosystèmes. Mesure terrain des impacts. NATIVA Regen, Laines Paysannes N3.

Niveau 4

Régénérer

Contribuer positivement au vivant. Filière territoriale, gouvernance partagée, Paiements pour Services Environnementaux activés. Objectif Laines Paysannes.

1.2 Cadre et méthode : pourquoi ce référentiel, comment il fonctionne

Le Capacity Score filière laine régénérative

Pour outiller cette boucle, Nous Sommes Vivants a construit un référentiel de 99 indicateurs organisés en 4 piliers — ENV (26 ind.) · SOC (12 ind.) · ÉCO (14 ind.) · FIL/Territoire (21 ind.) — déclinés en 22 familles et 4 niveaux de maturité. Chaque indicateur est décrit sur 4 niveaux de performance définis par les pratiques mises en œuvre, dont les effets économiques, sociaux et environnementaux se déploient dans le temps : N1 Limiter (plancher réglementaire PAC — on répond aux obligations sans aller plus loin), N2 Réduire (traçabilité et certification socle — on optimise, on protège la rentabilité), N3 Restaurer (pratiques Bio + GOTS + ancrage territorial combinés — on répare activement les écosystèmes dont on dépend), N4 Régénérer (4 piliers convergents, design régénératif par le territoire — l’activité contribue positivement au vivant). Parmi ces 99 indicateurs, 22 ont été identifiés comme prioritaires par leur effet domino : agir sur l’un déclenche 5 à 30 améliorations simultanées.

Méthodologie complète du Capacity Score — construction des indicateurs, grille de notation N1→N4, sources scientifiques et positionnement dans l’écosystème des référentiels régénératifs.

4 piliers · 22 indicateurs effets domino prioritaires sur 99 indicateurs de la régénération

4 piliers · 22 indicateurs à effet domino prioritaires sur 99 — Nous Sommes Vivants / Capacity Score Laine Régénérative

Les 4 niveaux : de la conformité à la régénération

La logique est cumulative : N4 intègre et transcende N1, N2 et N3. Chaque niveau correspond à des standards existants et un prix éleveur cible.

Niveau 1

N1 · Limiter

Plancher réglementaire.
On répond aux obligations sans chercher à aller plus loin.

PAC BCAE 8 Woolmark OEKO-TEX 100 Made in France

Conditionnalité PAC · zéro déforestation · bien-être minimum · liste pesticides interdite · déclarations sociales · traçabilité lot · rapport RSE facultatif

Prix éleveur

−0,90 €/kg

Laine = coût net (−2 €/brebis)

Niveau 2

N2 · Réduire

Traçabilité et certification.
On optimise et on protège la rentabilité.

AOP Roquefort RWS GOTS amont analyse du cycle de vie AgriBalyse LVMH 76% = N2

BEA documenté · mulesing interdit · plan pâturage · traçabilité ferme → lot · contrats 1 an · DPP pilote · Fashion Score activé · mono-matière · certification tierce · Réf. Atelier Tuffery

Prix éleveur

~0,50 €/kg

An 0–3 · ×5 vs export

Niveau 3

N3 · Restaurer

Pratiques de restauration.
Bio + GOTS + territoire combinés. On répare les écosystèmes dont on dépend.

NATIVA Regen Bio AB · Bio Cohérence GOTS (N2.8–3.0) analyse du cycle de vie contributive AOP+Bio combinés

Bio certifié amont · GOTS aval complet (chimie + social OIT) · prix laine garanti · pâturage extensif documenté · circuits <350 km · Paiements pour Services Environnementaux activables >3 flux · Passeport Numérique Produit actif · traçabilité ferme→vêtement · Réf. Laines Paysannes + Céline × NATIVA

Prix éleveur

~1 €/kg

An 3–5 · ×20 vs export

Niveau 4

N4 · Régénérer

4 piliers convergents. Design régénératif par le territoire. L’activité contribue positivement au vivant.

N&P (N3.8) Demeter ROC Gold Système Participatif de Garantie SCIC ISO 14075 Triple capital

N&P 22/22 · races patrimoniales maintenues · IAE >10% · living wage vérifié · 8 flux Paiements pour Services Environnementaux actifs · SCIC multi-acteurs · circuits <200 km · 0 gramme jeté · Système Participatif de Garantie gouvernance · biodynamie / Demeter · design né du territoire · Réf. Laines Paysannes (N4 objectif)

Revenu total

2–3 €/kg+

An 5–10 · prix + 8 flux Paiements pour Services Environnementaux (+0,53–1,21 €/kg)

La logique est cumulative, pas substitutive. N4 n’annule pas N1 — il le transcende. Les 22 indicateurs domino sont les leviers où un seul investissement déclenche simultanément 5 à 30 améliorations : la traçabilité ferme→vêtement active en une action le prix garanti, les données ESRS, le DPP, les flux Paiements pour Services Environnementaux et le storytelling. N1 = plancher réglementaire · N2 = optimisation et certification · N3 = restauration active · N4 = contribution positive nette.

2. Le paradoxe fondateur : des bonnes pratiques lait, aucun cahier des charges laine

Deux familles d’outils coexistent sans jamais se connecter. D’un côté, les cahiers des charges ovins — PAC, AOP Roquefort, Bio AB, Nature & Progrès, Demeter — prescrivent les pratiques sur l’animal entier. La laine en bénéficie par défaut : mêmes brebis, mêmes pratiques, même territoire. Mais ces cahiers des charges ont été construits pour le lait, la viande ou le fromage. La fibre produite reste en dehors de leur périmètre. De l’autre côté, les certifications et outils textile — RWS, NATIVA Regen, GOTS, Clear Fashion — évaluent la laine comme matériau sans voir l’élevage amont. Ce que personne n’a jamais construit : l’outil qui fait le lien du mouton au vêtement. D’autant que la demande s’organise : CSRD et DPP vont obliger les marques à documenter leur approvisionnement laine — sans que les données existent encore.

Panorama des outils — standards, certifications et organisations de filière

Périmètre

Niveau Capacity Score

Certifications laine

RWS

Textile Exchange

Bien-être animal + gestion des terres + social. Certification ferme → marque (chain of custody). Introduit une mesure d’outcomes (résultats terrain) via l’Outcome Framework de Textile Exchange — carbone, biodiversité, eau, BEA, communautés. Standard volontaire, 1er groupe certifié UK/Europe 2024 (Woolkeepers®). Transition vers Materials Matter Standard fin 2026. Pas de chimie textile, pas d’économie filière, pas de territoire.

amont élevage

N2

NATIVA™ Regen

Chargeurs (France)

Seul programme laine régénérative opérationnel avec impacts mesurés terrain : carbone organique des sols (SOC t/ha), Indice d’Intégrité Écosystème (EII >3 = régénératif), CO₂/kg laine via analyse du cycle de vie, biodiversité Shannon moy. 4,3 sur 35 fermes. Double certification NATIVA Protocol + RWS. Marques : Stella McCartney, Gucci, Madewell. Limite : supply chain mondiale mérinos (Australie, Uruguay, Argentine, USA) à 8–15 €/kg. Pas de territoire, pas de gouvernance participative, pas de circuits courts.

amont élevage

N3

Certifications textile générique (laine = matériau parmi d’autres)

GOTS

v5.0+

Excellence de la transformation textile biologique : chimie très stricte (PFC, phtalates, PVC, APEO interdits), social OIT complet (salaires décents, syndicats, 48h max). Certifie toute la chaîne de transformation. Exige que la fibre soit certifiée bio en amont — mais ne prescrit rien sur l’élevage lui-même. Pas de territoire, pas de filière.

aval transformation

N2–N3

Standard régénératif fibre (notre source d’inspiration N4)

ROC™

Patagonia · Rodale · Dr. Bronner’s

focus coton actuellement

Standard practice-based le plus exigeant au monde pour la fibre textile — couvre l’élevage amont et les produits finis (Patagonia utilise le label ROC™ sur ses produits). Baseline = bio certifié. 3 piliers intégrés : Soil Health (tests sols labo, pâturage rotatif, ≥5 pratiques regen), Animal Welfare (progression 4 étapes vers pasture-centered), Social Fairness (living wage calculé + vérifié). Niveaux Bronze→Silver→Gold, trajectoire 4 ans minimum. Même logique practice-based que NATIVA Regen et GOTS — prescrit ce que l’on fait, pas ce que l’on mesure comme résultat (c’est RWS qui introduit une mesure d’outcomes). Aucune ferme laine ovine certifiée à ce jour — focus coton. Le Capacity Score Laine en intègre les exigences et ajoute le 4e pilier Filières/Territoire que ROC ne couvre pas.

amont + aval produit

inspiration N4

N4 ★

Organisations de filière — cadres de mesure et coalitions sectorielles

Textile Exchange

Organisation internationale

Kering · LVMH · H&M · VF Corp

Organisation sectorielle qui réunit les marques, certifications et filières textiles mondiales. Développe et gère le RWS, l’Organic Content Standard, et publie l’Outcome Framework (2023) — cadre de mesure des résultats de l’agriculture régénérative pour le textile (sols, biodiversité, eau, BEA, communautés). Approche outcome-based : mesure les effets réels, ne prescrit pas de pratiques. Dénonce le Carbon Tunnel Vision. Cite la FAO-TAPE : « le territoire est l’échelle où se jouent les processus de transition agroécologique ». Complémentaire aux référentiels practice-based : là où RWS, ROC et GOTS prescrivent des pratiques, l’Outcome Framework mesure ce qui est réellement produit (effets terrain).

toute la chaîne

organisation

Outcomes

mesure

Ces outils ne sont pas tous comparables. Deux certifications couvrent spécifiquement la laine : RWS (bien-être animal + traçabilité, N2) et NATIVA Regen (impacts terrain mesurés, N3) — mais toutes deux sur des supply chains mondiales de mérinos. Deux certifications couvrent le textile en général, la laine comme matériau parmi d’autres : GOTS (chimie de transformation, N2–N3) et Clear Fashion (score consommateur, N3). ROC est le standard le plus exigeant au monde pour la fibre — 3 piliers intégrés, baseline bio, living wage vérifié — mais il couvre aujourd’hui le coton, pas encore la laine ovine. Textile Exchange et Tricolor ne sont pas des certifications : ce sont des organisations qui réunissent les filières — Textile Exchange au niveau mondial (marques, certifications, mesure des résultats), Tricolor au niveau national (65 acteurs de la filière laine française). Ce que personne n’a encore construit : un référentiel spécifique à la laine, du mouton au vêtement, avec ses propres indicateurs d’élevage, de qualité fibre, d’économie filière et de territoire.

En France — cahiers des charges ovins, scores, origine, coalitions et obligations de reporting

Périmètre

Niveau Capacity Score

Cahiers des charges ovins — prescrivent les pratiques sur la brebis, dont la laine bénéficie par défaut

PAC + Écorégimes

Union Européenne

Socle réglementaire obligatoire pour 100 % des éleveurs. Bonnes conditions agricoles et environnementales (BCAE) : prairies permanentes maintenues, haies protégées, bandes tampons, éco-régimes. Conditionnalité des aides directes. Pour la laine par défaut : prairies entretenues (qualité de la toison), haies (paysage pastoral). Ne mentionne pas la laine. Ne valorise pas la fibre produite.

amont élevage

réglementaire

N1

baseline

AOP Roquefort

Race Lacaune

cahier des charges lait qui prescrit les pratiques sur 650 000 brebis Lacaune : aire géographique stricte (12 communes), race exclusive, allaitement prolongé, pâturage obligatoire ≥120 jours/an, alimentation ≥75 % territoire. Ne prescrit rien sur la laine — mais les pratiques d’élevage extensif qu’il impose (alimentation propre, pâturage long, pas d’intensification) produisent par effet domino une fibre de qualité. Baseline de fait pour tout éleveur Lacaune AOP : il pratique déjà N2 sur les piliers ENV et SOC, sans le savoir.

amont élevage

lait uniquement

N2

ENV · SOC

Bio AB

Règlement UE 2018/848

Certification biologique européenne pour l’élevage : zéro intrant de synthèse, antibiotiques curatifs seulement, pâturage obligatoire, rotation, OGM interdits, autonomie fourragère ≥70 %. Prescrit les pratiques agricoles profondes (sols, biodiversité, intrants) que RWS et NATIVA ne couvrent pas côté élevage. Combiné à l’AOP Roquefort, il constitue le profil N3 le plus accessible pour un éleveur Lacaune. Limite : pas de living wage, pas de circuits courts, pas de gouvernance filière.

amont élevage

N3

ENV fort

Nature & Progrès

Système Participatif de Garantie · France

Standard biologique français le plus exigeant — Système Participatif de Garantie (gouvernance démocratique, 1 personne = 1 voix), circuits courts obligatoires, bien-être animal avancé (mutilations interdites, densité ≤1 UGB/ha), socle bio strictement respecté. 3 piliers convergents : ENV (3.5) + SOC (4.0) + FIL (4.0). Seul cahier des charges français qui prescrit simultanément les pratiques agricoles, la gouvernance et les circuits. Limite : la filière laine s’arrête à la toison — transformation textile hors périmètre.

amont élevage

N3.8

ENV+SOC+FIL

Demeter

Biodynamie

Standard biodynamique international — la certification agricole la plus exigeante au monde. Baseline bio certifié + préparats biodynamiques (calendrier lunaire, préparats 500–508), compostage obligatoire, biodiversité >10 % IAE, bien-être animal intégral, pratiques qui augmentent activement la vitalité des sols sur le long terme. Le seul cahier des charges qui intègre explicitement la contribution positive au vivant comme finalité — pas seulement la réduction des nuisances. Vitalité sols mesurable dans le temps : matière organique, biologie, structure. Compatible ROC Gold.

amont élevage

référence N4

N4 ★

Scores environnementaux — affichage consommateur et outils d’écoconception

Clear Fashion

Score 0–100 · France

~900 marques évaluées

Score consommateur sur 4 piliers (Humain, Environnement, Animal, Traçabilité) couvrant l’aval textile. Ne note pas la fibre laine en tant que telle — note les pratiques de fabrication, la chimie, les conditions sociales de la marque. Un éleveur Lacaune avec des pratiques N4 ne voit pas son score augmenter via Clear Fashion. Accélérateur N2 : le Fashion Score pousse les marques à tracer leur matière et à choisir des fournisseurs engagés, créant une pression commerciale indirecte sur l’élevage. Plafond structurel : 76–100 pour les marques les plus engagées, impossible à dépasser sans données amont.

aval marque

N2–N3

marque, pas fibre

Affichage env.

ESPR / Ecobalyse

France · en cours

Dispositif français d’affichage environnemental des produits textiles (Loi Agec, calcul via Ecobalyse/AgriBalyse). Obligatoire pour les textiles neufs à partir de 2025 en France. Score analyse du cycle de vie calculé sur 16 critères dont carbone, eau, terres, particules. Ne distingue pas une laine Lacaune N4 d’une laine import N1 — l’outil mesure le type de fibre et la géographie de transformation, pas les pratiques d’élevage. Pas de notation N1–N4 intrinsèque.

produit textile

non noté

Planet Score

ITAB · France · 2021

Score multicritère d’impact environnemental des produits alimentaires français (A à E). 4 critères : biodiversité, climat, bien-être animal, usage des pesticides. S’applique aux produits laitiers et carnés — note la ferme sur ses pratiques agro-environnementales. Pour la laine : une fromagerie Roquefort Bio ou N&P obtient un Planet Score A ou B — les mêmes pratiques qui produisent la laine. Score invisible sur la laine parce que Planet Score ne s’applique qu’aux produits alimentaires. La brebis Lacaune est notée pour son lait, jamais pour sa toison.

alimentation

hors laine

A–B (lait)

invisible laine

Nutri Score

Règlement UE · 2017+

Étiquetage nutritionnel des produits alimentaires (A à E). Obligatoire en France depuis 2021 pour les produits transformés. Évalue la qualité nutritionnelle — pas les pratiques d’élevage, pas l’impact environnemental. Pour la laine : aucune pertinence directe — outil alimentaire pur. Mentionné ici parce qu’il illustre la même logique : le Roquefort de ces brebis Lacaune est évalué, tracé, scoré. La laine des mêmes brebis : zéro score, zéro traçabilité, zéro valeur reconnue.

alimentation

hors laine

N/A

hors périmètre

Dispositifs d’origine — traçabilité géographique, sans prescription de pratiques

Made in France

Règlement UE 1169/2011

Marquage d’origine fondé sur le lieu de dernière transformation substantielle. Ne garantit pas l’origine de la matière première : un pull « Made in France » peut contenir de la laine australienne filée à Mazamet. Dispositif de traçabilité de fabrication, pas de traçabilité des pratiques d’élevage. Sans valeur de différenciation régénérative — un élevage intensif conventionnel est éligible. Repère N1 uniquement : il situe géographiquement, il ne prescrit rien.

transformation

non noté

Laines de France

UIT · certificat origine

Certificat d’origine géographique géré par l’Union des Industries Textiles. Garantit que la laine est 100 % française — aucune exigence de bien-être animal, d’environnement ou de pratiques sociales. Un élevage intensif conventionnel peut être certifié si la tonte est réalisée en France. Signal utile pour le consommateur sur l’origine, pas sur la régénérativité. Repère N1 : information géographique, pas prescription de pratiques.

origine matière

non noté

Coalitions de filière — coordination nationale, pas de certification

Tricolor

Coalition nationale

65 acteurs · 2024

Coalition nationale de structuration des filières laines françaises — réunit éleveurs, collecteurs, filateurs, marques et institutions. Feuille de route publiée mai 2024. Travaille à la création d’un label qualité/traçabilité laine France, pas encore opérationnel. Organisation de coordination, pas un standard de certification : son rôle est de réunir les acteurs qui devront adopter un référentiel partagé quand il existera. Ne prescrit pas de pratiques régénératives à ce stade.

coordination

non noté

Obligations de reporting — cadres réglementaires, pas de niveaux d’ambition

CSRD / ESRS

UE · 2024→2027

+50 000 entreprises

Directive européenne de reporting de durabilité. Exige la double matérialité (impacts de l’entreprise sur le monde + risques du monde sur l’entreprise), le reporting sur 10 normes ESRS (E1 Climat, E2 Pollution, E4 Biodiversité, S1 Effectifs, S2 Chaîne de valeur…). C’est un cadre de transparence. Une entreprise peut reporter à la CSRD en étant à N1. Ce que la CSRD exige : que les pratiques soient documentées et publiées. Ce qu’elle ne prescrit pas : leur niveau de régénérativité. Le Capacity Score Laine fournit les 99 indicateurs qui alimentent nativement les ESRS E1–E5 + S1–S2.

reporting obligatoire

non noté

DPP

Passeport Numérique Produit

ESPR · obligatoire 2027

Passeport numérique produit issu du Règlement ESPR (adopté 2024). Obligatoire pour les textiles vendus dans l’UE à partir de 2027. Devra afficher sur chaque produit : composition, durabilité, réparabilité, traçabilité, empreinte environnementale. C’est une obligation de transparence. Un pull vendu en France devra porter ces données, y compris sur la fibre laine. Sans référentiel laine structuré, les cases resteront vides. Avec le Capacity Score Laine, chaque indicateur devient une donnée DPP prête à afficher.

produit textile

non noté

Ces outils ne sont pas tous comparables. Trois certifications couvrent spécifiquement la laine : RWS (bien-être animal + traçabilité, N2), NATIVA Regen (impacts terrain mesurés, N3) et GOTS bio laine (chimie de transformation complète, N2–N3 — mais exige la certification Agriculture Biologique en amont) — les trois sur des supply chains mondiales à ce jour. Une certification couvre le textile en général, la laine comme matériau parmi d’autres : Clear Fashion (score consommateur, N3). ROC est le standard le plus exigeant au monde pour la fibre — 3 piliers intégrés, baseline bio, living wage vérifié — mais il couvre aujourd’hui le coton, pas encore la laine ovine. Textile Exchange et Tricolor ne sont pas des certifications : ce sont des organisations qui réunissent les filières — Textile Exchange au niveau mondial (marques, certifications, mesure des résultats), Tricolor au niveau national (65 acteurs de la filière laine française). Ce que personne n’a encore construit : un référentiel spécifique à la laine, du mouton au vêtement, avec ses propres indicateurs d’élevage, de qualité fibre, d’économie filière et de territoire.

3. Exemples de valorisation du mouton : Lacaune–Occitanie

Sur le bassin Lacaune–Grands Causses — territoire de l’AOP Roquefort, des Cévennes classées UNESCO, de 650 000 brebis au cœur du Massif Central — trois acteurs coexistent avec trois postures radicalement différentes face à la laine. Laines Paysannes construit une filière régénérative visant N4 — avec un score actuel N3.2–3.5. L’Atelier Tuffery prouve que la chaîne physique du mouton au vêtement premium existe déjà. Saint James illustre le paradoxe d’une marque laine normande historique dont la fibre vient de Nouvelle-Zélande. Et sous tous ces acteurs, un même cahier des charges — l’AOP Roquefort + Bio AB — prescrit déjà les pratiques sur les brebis. Ce que personne n’a encore construit : le référentiel qui relie tout ça, du mouton au vêtement.

Matrice de référence · même éleveur, mêmes brebis, même territoire

AOP Roquefort + Agriculture Biologique

Le cahier des charges qui prescrit déjà les pratiques sur 650 000 brebis Lacaune — et dont la laine bénéficie par défaut

AOP Roquefort — ce que le cahier des charges prescrit

N2

Race Lacaune exclusivement · territoire délimité Grands Causses

N2

Pâturage obligatoire · autonomie fourragère ≥ 70% · chargement limité

N2

Contrats pluriannuels · prix garanti lait à l’éleveur · filière coopérative

N2

Traçabilité lot (troupeau → cave) · audits tiers annuels terrain

N3

Indication géographique protégée · storytelling territorial unique

Ce que ça signifie pour la laine : même brebis, même pâturage, même territoire. La laine bénéficie de ces pratiques par défaut — mais aucun cahier des charges ne la valorise encore comme fibre.

Agriculture Biologique (AB/EU Bio) — brique complémentaire

N2

Zéro pesticides · zéro engrais de synthèse · zéro OGM

N2

Bien-être animal renforcé · accès pâturage obligatoire · densité limitée

N2

Alimentation biologique ≥ 90% · pas d’antibiotiques préventifs

GOTS

AB amont = prérequis GOTS · déverrouille la certification textile complète

Verrou

Très peu de brebis Lacaune certifiées AB — pratiques quasi-bio de facto, mais sans certification formelle

L’opportunité : accompagner la certification AB des éleveurs Lacaune = déverrouiller GOTS laine France + Rosy Green Wool (🇩🇪) valorise déjà ce chemin via Filature de Linthal (Alsace).

Pilier Capacity Score AOP Roquefort seul + AB (Bio) + GOTS (si AB) Angle mort restant
ENV — Pratiques élevageN2 couvertN2–N3Mesure SOC, biodiversité Shannon, EII terrain
ENV — Chimie textileNon couvertPartielN2–N3 couvertTeinture naturelle, finition zéro chlore
SOC — RémunérationN2 (prix garanti lait)N2N2–N3Prix laine spécifique, living wage tondeurs
FIL — TraçabilitéN2 (lot → cave)N2N3 (ferme → vêtement)Traçabilité individuelle brebis, DPP
FIL — GouvernanceN3 (coopérative)N3N3Système Participatif de Garantie laine, SCIC laine, gouvernance partagée marques

La conclusion du croisement : AOP Roquefort + Bio AB couvrent déjà 55 à 60 % des 99 indicateurs du référentiel Nous Sommes Vivants (~57 KPIs activés — prescrits explicitement ou par effet domino) — sur des pratiques existantes, non inventées. Ce qui reste à construire : la valorisation spécifique de la laine, la mesure terrain des impacts, et la gouvernance filière dédiée. C’est un problème de structure.

Cas de référence · N3.2–3.5 · objectif N4

Laines Paysannes

SCIC · Ariège · Olivia Bertrand + Paul de Latour · 30 éleveurs sociétaires · bassin Lacaune, Pyrénées, Massif Central

Capacity Score

N3.2–3.5

Régénérateur by design

Prix éleveur

×20 à ×70

vs cours export · sans subvention

Le modèle : Laines Paysannes structure ce qu’aucun marché libre ne peut créer seul — collecte mutualisée par territoire, tri qualitatif standardisé, contrats pluriannuels avec les marques, prix d’achat garanti à l’éleveur. Le prix de 1,50 à 3,50 €/kg résulte de cette organisation seule, sans subvention. L’objectif filière : 1 €/kg garanti (×20 vs cours export 0,05 €/kg).

Prix éleveur

1,50–3,50 €/kg

×7,5 à ×17,5 vs cours export 0,05 €/kg
Sans subvention — par filière seule

Races patrimoniales

Tarasconnaise · Basco-Béarnaise · Lacaune

Zéro Superwash · Zéro chlore · Zéro mulesing

Filière

Rayon 200 km · 9 t/an · 40+ éleveurs

4 débouchés : vêtements · accessoires · ameublement · isolation
Lavage Gévaudan · Filature Parc/Terrade (EPV) · Confection Saverdun

Trajectoire N4 — ce que le score actuel N3.2–3.5 documente déjà

ENV : races locales, pâturage extensif, zéro teinture chimique, circuits 200 km, mono-matière 100 % recyclable

SOC : gouvernance SCIC multi-acteurs (éleveurs/artisans/collectivités), prix laine juste, préservation savoir-faire artisanaux

ÉCO : modèle Économie Sociale et Solidaire, vente directe caravane-boutique, crowdfunding adoption brebis, parts sociales défiscalisées 18 %

FIL : 4 débouchés 200 km, système participatif de garantie, 0 gramme jeté (textile, isolation, feutre, cosmétique, paillage)

Ce que le modèle couvre déjà (Capacity Score)

N4

Prix garanti indépendant des marchés · gouvernance coopérative SCIC

N3

Tri qualitatif, traçabilité filière, circuits courts < 200 km

N3

Zéro gramme jeté — multi-valorisation complète

Prochaines étapes vers N4 documenté

À activer

Mesure terrain sols (SOC t/ha, EII, CO₂/kg, Shannon) sur les 40 éleveurs

À activer

8 flux de Paiements pour Services Environnementaux (+0,53 à 1,21 €/kg)

À activer

Passeport Numérique Produit · RWS/NATIVA brique mesure · DPP 2027

Ce que Laines Paysannes démontre : le facteur ×20 sur le prix éleveur est accessible par la structuration de filière seule — sans subvention, sans label nouveau. La SCIC est le dispositif qui fait passer l’éleveur de 0,05 €/kg à 1,50–3,50 €/kg. La prochaine étape est d’activer les 8 flux de Paiements pour Services Environnementaux qui peuvent porter le revenu total à 2–3 €/kg. C’est l’objet de l’accompagnement Nous Sommes Vivants proposé à la filière.

Laines Paysannes vise N4 — et documente la trajectoire — mais à 9 t/an, sans mesure terrain formalisée, la filière reste invisible pour les marques. La question suivante : la chaîne de transformation française peut-elle suivre ?

Preuve de concept · chaîne physique complète

Atelier Tuffery

EPV depuis 1892 · Florac (Lozère, cœur des Cévennes) · 100% Occitanie · 13 emplois ruraux

Capacity Score estimé

N2.8–3.0

Clear Fashion

62/100

Gamme & prix

Pulls laine Lacaune — 219 €

Vestes — 260 € · Cabans — 495 €

Premier jean laine au monde — 219 €

Prix éleveur ×5 vs moyenne française

Labels (6)

GOTS OEKO-TEX EPV France Terre Textile Made in France REACH bio

Filière 6 étapes 100% Occitanie — matière première incluse

Brebis Lacaune (Parc National Cévennes) + Mérinos d’Arles → tonte → tri → lavage (Siel, Tarn) → filature (Fonty) → tissage (Mouline) → confection Florac. Collab VirgoCoq (filière chanvre Occitanie).

Score Entreprise Tuffery

N2.8–3.0

Score global de l’entreprise — gouvernance, stratégie, ensemble de la gamme. Clear Fashion 62/100 ne voit pas : territoire, races patrimoniales, capacités du vivant.

Score Produit — Jean laine GOTS ★

N4 estimé

Premier jean laine au monde (219 €) · GOTS complet ferme→vêtement · Laine Lacaune Cévennes UNESCO · Lavage Siel · Filature Fonty · Tissage Mouline · Confection Florac · Prix éleveur ×5. Un seul produit, chaîne physique complète, toutes les cases N4 cochées.

Ce que Tuffery prouve : un seul produit peut atteindre N4 — GOTS + laine Lacaune française + filière 6 étapes 100% Occitanie + prix éleveur ×5 + territoire Cévennes UNESCO. L’entreprise reste N2.8–3.0 sur l’ensemble de sa gamme. Ce que Clear Fashion ne voit pas dans ses 62/100 : le territoire, la gouvernance, les capacités du vivant. C’est ce que le Capacity Score lit — et ce que le jean GOTS documente.

Tuffery prouve que 6 étapes sont 100 % Occitanie — et que le prix éleveur ×5 est possible par structuration de filière seule, sans certification laine formelle. Pourtant, une marque affiche « Made in France » avec un score Clear Fashion similaire (51/100) et un Capacity Score deux fois moins élevé. Qu’est-ce que le Capacity Score lit que Clear Fashion ne voit pas ?

Contre-exemple · la marque laine française dont la fibre n’est pas française

Saint James

Pull marin · depuis 1889 · Saint-James (Manche) · EPV

Capacity Score estimé

N2.0–2.5

Clear Fashion

54/100

Le paradoxe « marque laine française »

Ce que « Made in France » signifie

Confection Normandie (Saint-James, Manche) · EPV depuis 1850 · savoir-faire pull marin · collab Tuffery (chanvre + laine française)

Ce que cela révèle

Fibre : laine mérinos Nouvelle-Zélande / Australie (~18 000 km). Zéro traçabilité régénérative. Zéro certification élevage. La fibre n’est pas française.

Matière

Laine mérinos NZ/AU

Non certifiée régénérative · non tracée

Prix gamme

80–250 €

Haut de gamme accessible

Labels

EPV · France Terre Textile

Savoir-faire · pas de traçabilité fibre

Score estimé N2.0–2.5 — confection française solide, savoir-faire réel, mais fibre sans traçabilité régénérative. Contrairement au cachemire (Capra Hircus, inexistante en France), la laine française existe et est disponible — à 400 km de la Normandie. La filière intégrée mouton-au-vêtement est possible. Saint James le sait : sa collab avec Tuffery (chanvre + laine française) en est le premier signal. Mais la gamme principale reste sur fibre importée non documentée.

Le paradoxe est là : Saint James vend de la laine — mais pas de la laine française régénérative tracée. La fibre vient de Nouvelle-Zélande ou d’Australie. À moins de 400 km, des éleveurs sous AOP Roquefort + Bio produisent une laine sans résidus chimiques, sur des paysages classés UNESCO. Personne ne les a jamais connectés.

5. Les marques de luxe importent de la laine — et ne la trouvent pas en France

La laine française régénérative n’a pas de problème de demande. Elle a un problème de visibilité. LVMH paie 8 à 15 €/kg une laine régénérative certifiée NATIVA en Australie et en Amérique du Sud, faute de trouver une source structurée en France. Stella McCartney, Gucci, Madewell sourcent la même laine au même prix sur les mêmes continents. Ce que toutes ces marques cherchent existe sur le territoire français — et personne ne peut le leur montrer, parce qu’aucun outil ne le documente.

Un point essentiel à clarifier d’emblée : la laine Lacaune n’est pas la laine mérinos. La Lacaune est une race laitière dont la laine présente une finesse de 28 à 35 microns — une fibre rustique, résistante, parfaitement adaptée aux tissus d’extérieur, aux mélanges techniques et à l’isolation. Elle se positionne sur le segment extérieur et demi-saison — 28–35 microns, résistante, facile d’entretien. Un marché distinct du mérinos superfin australien — et c’est précisément sa force. Une laine Lacaune pure convient pour les pulls d’extérieur, les cabans, les tweeds, les vestes de travail, les couvertures. En mélange — 30 % Lacaune + 70 % laine Mérinos d’Arles plus fine, ou en assemblage avec du chanvre (collab Tuffery × VirgoCoq) — elle atteint des gammes de confort supérieur. Ce que les marques cherchent, ce n’est pas une fibre identique au mérinos australien : c’est une fibre régénérative, traçable, documentée CSRD, avec un territoire. La Lacaune coche exactement ces cases — à condition qu’on sache le mesurer et le raconter.

Sept arguments stratégiques — le cas d’investissement, pas le cas patriotique

① Avantage CSRD natif

Laine Lacaune AOP + Bio = contenu ESRS nativement plus riche qu’un mérinos australien blockchain : territoire AOP, biodiversité locale, Paiements pour Services Environnementaux, emploi rural, races patrimoniales, paysages UNESCO.

② Coût 5–10× inférieur

Prix éleveur LP 1–2 €/kg vs NATIVA Regen 8–15 €/kg. Le différentiel de prix est structurel — il vient de la distance (18 000 km vs 350 km) et de l’absence de filière structurée côté France, pas de la qualité de la laine.

③ Délai 18–24 mois vs 5–7 ans

Les pratiques existent déjà (AOP + Bio). Un diagnostic Capacity Score + cahier des charges laine + premier contrat marque = filière opérationnelle en moins de 2 ans. Construire une filière NATIVA ex nihilo en France prendrait 5–7 ans minimum.

④ Risque réputationnel réduit

Laine française AOP + Bio = traçabilité de bout en bout, zéro mulesing, zéro résidus, zéro opacité supply chain. Vs NATIVA sur mérinos australien : exposition au risque de bien-être animal à l’autre bout du monde.

⑤ Narrative territoire UNESCO

Cévennes classées UNESCO, Roquefort IGP, races Lacaune + Tarasconnaise + Basco-Béarnaise. Storytelling impossible à reproduire avec une fibre australienne. La marque achète un territoire, pas juste une fibre.

⑥ Multi-valorisation

Textile premium + isolation biosourcée + packaging luxe (cf. Château Cheval Blanc 20 t/an). Trois débouchés simultanés = amortissement de la filière sur plusieurs marchés, réduction du risque commercial.

⑦ Effet domino filière France

Pratiques → 99 indicateurs → ESRS → Paiements pour Services Environnementaux → DPP. Cinq instruments existants, zéro intégration. Il n’existe pas encore de référentiel qui fait ce lien.

Multi-valorisation : la laine hors textile est déjà un marché

Textile premium

Vêtements extérieur · Tweeds · Pulls cabans · Mélanges Lacaune + Mérinos d’Arles · Collab chanvre + laine · Tuffery jean GOTS N4

Isolation & construction

Isolation thermique bâtiment · rouleaux laine brute · panneaux semi-rigides · substitution laine de verre (bilan analyse du cycle de vie supérieur, biodégradable)

Emballage & packaging luxe

Protection thermique bouteilles · étuis premium · paillage agricole · cosmétique (lanoline) · feutre artisanal

Signal de marché hors textile — Château Cheval Blanc × Traille (2024)

Le premier grand cru classé de Saint-Émilion (propriété de Bernard Arnault, LVMH) a refondu son packaging pour son millésime 2023 : étui individuel de chaque bouteille en laine de brebis basco-béarnaise, fourni par la société Traille (Anglet). Caisse en pin des Landes (Gaspin Bois, Lot-et-Garonne) + chaussette laine Pays Basque/Béarn = emballage 100% Sud-Ouest, écoconçu, biodégradable. Volume : 20 tonnes de laine/an d’ici 2025, avec exclusivité d’un an avant ouverture aux autres propriétés bordelaises. Argument de Cheval Blanc : « Rien qu’à l’échelle du Sud-Ouest, 1 200 tonnes de laine sont jetées, brûlées ou enfouies chaque année — faute de filière. » La laine est ici valorisée pour ses propriétés thermiques, son origin story territorial et son caractère biodégradable — trois dimensions que le Capacity Score mesure déjà. Et c’est LVMH qui achète la laine.

La multi-valorisation est la clé économique de la filière : une laine triée produit simultanément de la fibre fine pour le textile premium, de la fibre grossière pour l’isolation ou le paillage, de la lanoline pour la cosmétique, et du feutre pour l’artisanat. Laines Paysannes l’a compris : zéro gramme jeté. Ce modèle de valorisation intégrale est documentable sur tous les 99 indicateurs du Capacity Score — et constitue précisément l’argument commercial le plus puissant face à un acheteur CSRD.

En 2025, Nous Sommes Vivants a conduit une étude Capacity Score sur la stratégie lainière de LVMH — le premier groupe de luxe mondial, dont Loro Piana concentre à elle seule 90 % des volumes laine. Le diagnostic révèle trois scores : Groupe LVMH 38 % (N2 Optimisateur), Celine × NATIVA 47 % (N2→N3 Architecte), Loro Piana 35 % (N2 Optimisateur). Les trois vues convergent en N2 : LVMH certifie, trace et réduit ses impacts laine — sans encore transformer le modèle pour régénérer les écosystèmes dont il dépend.

Le paradoxe territorial est au cœur du diagnostic. LVMH est le premier groupe de luxe mondial à revendiquer le Made in France : intégration verticale, savoir-faire artisanaux, Maisons de Paris, « L’Art de la France ». Loro Piana affiche 6 usines dans le Piémont, une intégration verticale totale, une valorisation de 11 milliards d’euros. Mais la laine vient à 100 % d’Australie, d’Uruguay, d’Argentine — et les pratiques d’élevage qui la produisent restent non documentées sur le produit fini. Dans le Massif Central, 650 000 brebis Lacaune entretiennent les paysages des Cévennes classées UNESCO, pratiquent le pâturage extensif, produisent une laine sans résidus chimiques — et personne ne le sait, parce que personne ne l’a jamais mesuré ni affiché.

Ce benchmark est un révélateur précis de la demande latente. Celine est la seule Maison à avoir franchi un signal N3, via le programme NATIVA Regen™ — le seul programme laine régénérative opérationnel au monde, qui mesure des effets terrain réels (carbone organique des sols +0,14 %/an sur la ferme Prospect Farm, biodiversité Shannon moy. 4,3 sur 35 fermes, CO₂/kg laine grasse par analyse du cycle de vie) sur de la laine mérinos d’Amérique du Sud. Le coût : 8 à 15 €/kg, soit cinq à dix fois le prix cible de la laine française régénérative (1–2 €/kg). L’étude LVMH démontre en creux que la laine Lacaune — déjà à N2–N3 sur les pratiques d’élevage, avec un appareil institutionnel AOP en place — est la réponse la moins chère et la plus documentée à un problème que les plus grandes Maisons de Paris ont déjà identifié et commencé à financer à l’autre bout du monde.

L’étude LVMH formule le paradoxe central avec précision : « Tout est prêt, rien n’est relié. » Le Groupe dispose de l’infrastructure (LIFE 360, SBT Nature, fonds carbone 25 M€/an, 76 % certifié RWS), d’un partenaire regen opérationnel (NATIVA/Chargeurs), d’une intégration verticale, et d’une valorisation Loro Piana de 11 milliards d’euros. Mais les 8 indicateurs encore en N1 — sols, biodiversité, paysages, air, living wage, bien-être éleveurs, marge regen, gouvernance partagée — sont précisément ce que le DPP textile pourrait afficher et que le client final valoriserait. Ce sont aussi exactement les familles que le référentiel Laines Paysannes documente.

Signal de marché · le seul N3 identifié dans l’étude LVMH

Céline × NATIVA Regen : pourquoi 47 % (N3) et pas N4 — et ce que ça signifie pour la laine française

Céline × NATIVA Regen — ce que ça couvre

NATIVA Protocol + RWS · double certification laine mérinos

Impacts terrain mesurés : SOC +0,14 %/an · Shannon 4,3 · CO₂/kg analyse du cycle de vie

Traçabilité ferme → produit fini (Prospect Farm nommée)

Signal stratégique N3 : la seule Maison LVMH à avoir engagé ce niveau

Supply chain Amérique du Sud : 12 000–15 000 km · zéro ancrage territorial en France

8–15 €/kg · pas de services socio-économiques en France · pas de gouvernance partagée

N4 bloqué : living wage non vérifié · gouvernance propriétaire fermée · Paiements pour Services Environnementaux non activés

Ce que la laine Lacaune française aurait en plus

Scope 3 ÷ 40 : < 350 km vs 15 000 km

AOP Roquefort + territoire Cévennes UNESCO : storytelling natif non reproductible

8 flux Paiements pour Services Environnementaux activables en France : carbone, eau, biodiversité, BEA, territorial…

Gouvernance SCIC possible : co-responsabilité éleveurs + marques

0,50–1,50 €/kg vs 8–15 €/kg NATIVA : 5–10× moins cher, actif non délocalisable

Capacity Score cible N3–N4 là où NATIVA Regen plafonne à N3 faute de territoire et de gouvernance partagée

Ce que ce signal révèle : Céline a financé à 12 000 km ce que Tuffery fait à 200 km de Millau. NATIVA Regen est aujourd’hui le seul programme opérationnel — mais il plafonne à N3 faute d’ancrage territorial et de gouvernance partagée. La laine Lacaune peut structurellement faire mieux, pour moins cher, avec des données CSRD nativement plus riches. Il manque uniquement l’outil qui le documente et la filière qui l’agrège.

Le territoire bat le prix

Laine Lacaune Made in France vs mérinos Loro Piana Made in Italy — Capacity Score comme arbitre

Critère 🇫🇷 Laine Lacaune
Tuffery / Scénario Roquefort
🇮🇹 Mérinos Loro Piana
LVMH · Australie → Piémont
Capacity ScoreN2.8–3.0 (Tuffery)
Jean GOTS : N4 estimé
N1.5–2.0
Malgré blockchain Aura + 7 000 €/manteau
Origine fibre🇫🇷 France · ~100–350 km🇦🇺 Australie / NZ · 16 000 km
Intégration6 étapes 100% Occitanie · matière incluse
Siel · Fonty · Moulins · Florac
6 usines Piémont · 0% fibre EU
Ancrage territorialCévennes UNESCO · AOP · races patrimonialesAucun. Piémont = transformation seule
Services écosystémiquesPâturage · biodiversité · C · Paiements pour Services Environnementaux · paysagesAucun en Europe
GouvernanceFilière horizontale · SCIC · co-responsabilitéIntégration verticale · 1 donneur d’ordre
CertificationsAOP · Bio · GOTS · EPV · France Terre TextileStandard interne · PAS RWS · PAS NATIVA
Prix produit finiTuffery 219–495 € · cible 80–250 €500–7 000+ € ultra-luxury
Rémunération éleveur×5 prix moyen · cible 2–5 €/kgNon publique · scandale 2025 clandestins
La leçonLe modèle italien bat le modèle français sur le prix du tissu. Le modèle français bat le modèle italien sur le Capacity Score. Le territoire bat le prix. Pour la CSRD : laine Lacaune AOP+Bio = plus à déclarer en ESRS qu’un mérinos australien + blockchain Aura.
⚠ Qualité fibreLa comparaison ne porte pas sur le même marché de fibre : Lacaune 28–35 μm (extérieur, mélanges, technique) ≠ mérinos superfin Loro Piana 18–22 μm (ultra-luxe, peau nue). Le Capacity Score distingue les deux segments — il démontre que sur le segment laine fonctionnelle régénérative documentée, le modèle territorial français est structurellement supérieur.

6. Les 17 pratiques à effet domino et l’équation de valorisation

Couverture des indicateurs par cahier des charges — planches Capacity Score

Capacity Score Laine Régénérative — couverture CDC par indicateur Capacity Score Laine Régénérative — couverture CDC famille par famille Capacity Score Laine Régénérative — angles morts et potentiel de valorisation

Liseré gauche = au moins un cahier des charges prescrit cet indicateur · Case vide = angle mort — aucun outil ne le couvre · 38 indicateurs non couverts identifiés.

C’est le chiffre le plus frappant de toute l’étude. Les 17 pratiques prescrites par les cahier des charges génèrent plus de 450+ impacts positifs potentiels sur l’ensemble des familles d’indicateurs. Moins de 5 % de ces impacts sont aujourd’hui capturés, structurés et valorisés économiquement. Les 95 % restants sont des externalités produites, documentées, et pour l’instant sans prix, sans certification, sans contrat.

La logique est simple : une pratique prescrite par un cahier des charges génère des répercussions sur plusieurs familles simultanément. Mais les cahier des charges ne mesurent que la pratique — pas ses effets en cascade sur le vivant, l’économie et le territoire. C’est ce vide que le référentiel cherche à documenter.

Trois façons de valoriser la laine — qui s’accumulent

① Prix d’achat fabricant

Qui paie : la marque textile
Quoi : revenu direct €/kg de laine, négocié dans le contrat filière
Niveau : N2 → 0,50 €/kg · N3 → 1 €/kg · N4 → 1,50–3,50 €/kg (réf. Laines Paysannes)

② Services socio-éco rendus

Qui paie : État, collectivités, agences de l’eau, fonds biodiversité
Quoi : 8 flux Paiements pour Services Environnementaux (carbone, eau, biodiversité, paysage, BEA…)
Montant : +0,53–1,21 €/kg cumulés · activables à partir de N3

③ Affichage sur produit

Qui paie : le consommateur final (prime dans le prix de vente)
Quoi : Fashion Score · DPP 2027 · CSRD reporting marque
Effet : les pratiques N3–N4 augmentent le score et le prix de vente — une partie reflue vers l’éleveur

④ Dans le reporting CSRD

Qui bénéficie : la marque (score ESRS, accès financements verts)
Quoi : données sol, biodiversité, emploi rural, races, paysages — nativement ESRS E1–E5 + S2
Effet : N3–N4 = contenu CSRD prêt à l’emploi. La laine Lacaune vaut plus que le mérinos australien pour le reporting — les données existent, pas le référentiel

Les 17 pratiques ci-dessous activent simultanément les quatre sources. Elles sont documentées pour que chaque pratique génère un revenu ou un avantage compétitif mesurable.

1. Haies maintenues et plantées — 26 impacts, 6 familles ignorées (Bio N3, N&P N4 à 100 m/ha) : Pratique au plus fort effet domino. Elle génère simultanément des impacts sur le climat, la biodiversité, l’eau, les sols, les paysages, le bien-être animal, l’économie et le patrimoine territorial. 6 de ces 8 familles sont ignorées dans la construction des cahier des charges : les prescriptions existent, les impacts sont réels, rien ne les mesure ni ne les valorise.

2. Prairies permanentes maintenues — 24 impacts, 3 familles ignorées (AOP N2, Bio N3, N&P N4) : Socle de la qualité de la laine Lacaune. Une brebis sur prairie permanente riche produit une laine de meilleure qualité dans un sol qui séquestre le carbone, entretient une biodiversité floristique, régule les flux d’eau et structure le paysage pastoral. La laine est la trace matérielle d’un service écosystémique rendu en continu. La même brebis qui produit le lait Roquefort produit cette laine. Les cahiers des charges qui encadrent son élevage — pâturage, races locales, zéro chimie, formation de l’éleveur — valent directement pour la laine. Mais personne ne rémunère la laine pour ce qu’elle révèle : l’état d’un territoire, d’un sol, d’une pratique d’élevage. Le fromage, oui. La laine, non.

3. Pâturage extensif ≥ 180 jours — 28 impacts, 3 familles ignorées : Prescrit par l’AOP et le Bio. Le temps de pâturage détermine la qualité de la toison, la teneur en matière organique des sols et les services rendus aux paysages pastoraux. Ignoré comme KPI de valorisation laine dans tous les cahiers des charges.

4. Traçabilité + transformation locale — 24 impacts, 5 familles ignorées (AOP N3, <50–200 km) : Le levier domino le plus directement commercial. Impacts simultanés sur le prix, les revenus, la gouvernance, le territoire, le climat, la reconnaissance du métier et la confiance du consommateur. Premier levier actionnable sans investissement lourd — et le plus immédiatement visible pour les marques partenaires.

Les sept pratiques suivantes sur le podium environnemental : pâturage extensif ≥ 180 jours (28 impacts, 3 familles ignorées), zéro pesticides + engrais azotés (28 impacts), autonomie fourragère > 60 % (27 impacts), interdiction mutilations + densité (26 impacts), prophylaxie naturelle + reproduction naturelle (27 impacts). Ce sont les pratiques courantes de l’élevage extensif Lacaune — elles sont prescrites, elles sont pratiquées, et elles génèrent collectivement la quasi-totalité des 450+ impacts documentés.

La version actuelle du référentiel introduit sept nouvelles pratiques qui structurent la chaîne de valeur en aval de l’élevage — là où se joue le différentiel de prix. Prix fixe minimum garanti (28 impacts, 10 familles) : c’est la pratique à plus fort effet domino de l’ensemble, touchant simultanément revenus, viabilité, gouvernance, territoire et qualité — la preuve que le prix n’est pas un résultat mais un levier de régénération. Sélection de races patrimoniales (26 impacts, 6 familles ignorées) : le patrimoine génétique ovin français est une ressource irremplaçable et sous-valorisée. Système Participatif de Garantie + formation et transmission (27 impacts), circuits courts + paysages pastoraux (27 impacts), mixité productions + emploi territorial (24 impacts), qualité fibre → transformation propre → durabilité (27 impacts), cercle vertueux régénératif — meilleurs prix financent les pratiques (30 impacts, le plus fort de toutes les 17 pratiques). Cette dernière démontre que la boucle prix → pratiques → impacts → reconnaissance → prix est auto-renforçante : chaque euro de prime supplémentaire finance directement la prochaine génération de pratiques régénératives.

Familles les plus impactées — et les plus ignorées

Angle mort total

Économie / Viabilité — 10/10 pratiques · 90% ignoré
Climat / GES — 8/10 pratiques · 100% ignoré
Bien-être humain — 5/10 pratiques · 100% ignoré
Eau — 4/10 pratiques · 100% ignoré
Travail / Santé H — 4/10 pratiques · 100% ignoré

Partiel

Bien-être animal — 8/10 pratiques · 62% ignoré
Sols — 6/10 pratiques · 67% ignoré
Biodiversité — 6/10 pratiques · 67% ignoré
Territoire / Paysages — 4/10 pratiques · 75% ignoré
Prix / Qualité — 4/10 pratiques · 75% ignoré

La famille Économie/Viabilité est touchée par toutes les pratiques domino analysées — et ignorée à 90 %. C’est la première priorité du référentiel.

Les services socio-économiques : ce que la laine régénérative déclare en ESRS

8 flux Paiements pour Services Environnementaux + impacts ESRS activés par pratique — de la rémunération éleveur à la souveraineté industrielle

Service / Impact Norme ESRS Valeur estimée €/kg Acteurs bénéficiaires Niveau Capacity Score
Rémunération juste éleveurESRS S1 · G1+0,30–0,80 €/kgÉleveur · ménage ruralN3–N4
Emploi rural maintenuESRS S1 · E5+0,05–0,15 €/kgTerritoire · collectivitéN2
Entretien paysages pastorauxESRS E4 · S3+0,10–0,20 €/kgSociété · tourisme · UNESCON3–N4
Prévention incendiesESRS E4 · S3+0,03–0,08 €/kgCollectivité · assureursN2–N3
Savoir-faire & formationESRS S1 · G1+0,03–0,08 €/kgFilière · EPV · territoireN2
Souveraineté matière premièreESRS E5 · G1+0,05–0,10 €/kgMarques · État · filièreN3–N4
Écoconception & circularitéESRS E5 · DPP+0,10–0,25 €/kgMarques · consommateursN2–N3
Contribution territorialeESRS S3 · E4+0,15–0,30 €/kgCollectivité · marques · Paiements pour Services EnvironnementauxN3–N4
Total cumul Paiements pour Services Environnementaux socio-écoESRS S1·S3·E4·E5·G1+0,81–1,66 €/kgÉleveur + filière + territoireN4 complet

Les 8 flux de Paiements pour Services Environnementaux

Troisième source de revenus de l’éleveur — s’ajoutent au prix d’achat de la marque. Activables à partir de N3. Potentiel total : +0,53 à +1,21 €/kg.

Flux Paiements pour Services Environnementaux Qui paie Mécanisme Ordre de grandeur Niveau requis
① Carbone sols Marché carbone volontaire · Label Bas-Carbone Séquestration CO₂ prairies permanentes + pâturage extensif. analyse du cycle de vie AgriBalyse comme référence. +0,10–0,20 €/kg N3
② Biodiversité Agences de l’eau · Collectivités · cahier des charges Biodiversité IAE >10%, races patrimoniales menacées, pâturages fleuris. Mesure indice Shannon. +0,05–0,15 €/kg N3
③ Qualité de l’eau Agences de l’eau · Régions Zéro intrant, pâturage extensif = réduction nitrates et phytosanitaires dans les bassins versants. +0,05–0,10 €/kg N3
④ Paysage pastoral Collectivités · Parcs Naturels Régionaux · Tourisme Maintien des paysages ouverts (Lacaune, Pyrénées, Massif Central) par le pâturage extensif. Valeur touristique et identitaire. +0,03–0,08 €/kg N2–N3
⑤ Bien-être animal Marques textiles premium · Distributeurs B Corp Prime BEA sur prix d’achat laine (mulesing interdit, pâturage libre, race locale). RWS comme signal. +0,10–0,20 €/kg N2
⑥ Emploi rural FEDER · Régions · France Ruralités Revitalisation Maintien d’emplois non-délocalisables en zone de revitalisation rurale. Aide à la structuration de filière courte. Aide structurelle N2
⑦ Santé des sols Éco-régimes PAC 2023–2027 · BCAE 8 Pratiques de couverture des sols, pâturage rotatif, matière organique. Déjà partiellement rémunérés via PAC — à amplifier via label Bas-Carbone. +0,05–0,15 €/kg N2–N3
⑧ Races patrimoniales Conservatoire des races · Régions · Europe (FEDER) Maintien de races menacées (Tarasconnaise, Basco-Béarnaise, Causses du Lot). Subvention à la tête ou prime sur la laine. +0,05–0,10 €/kg N4
Total potentiel (N3–N4 · An 5–10) +0,53–1,21 €/kg N3–N4

Sources : Label Bas-Carbone (MTEFP) · Agences de l’eau · cahier des charges Biodiversité · PAC éco-régimes 2023–2027 · FEDER · Étude Nous Sommes Vivants Laines Paysannes 2025

Ces chiffres résultent de mécanismes existants et opérationnels en France pour d’autres filières : le label Bas Carbone fonctionne pour des éleveurs bovins, les Paiements pour Services Environnementaux biodiversité et eau sont au cœur des éco-régimes PAC 2023–2027, les primes bien-être animal figurent dans les cahiers des charges de marques textiles premium. L’objectif Laines Paysannes est un prix d’achat garanti de 1 €/kg — soit ×20 par rapport au prix export minimal actuel (0,05 €/kg pour la laine de moindre qualité). Les 8 flux Paiements pour Services Environnementaux s’ajoutent comme troisième source de revenus, portant le potentiel total à 2–3 €/kg. Ce qui manque, c’est uniquement la structure de filière capable d’agréger et de certifier ces leviers simultanément.

Le paradoxe est documenté en une phrase : les éleveurs Laines Paysannes font déjà ces pratiques. Elles génèrent déjà ces impacts. Mais sur 450+ effets positifs documentés, moins de 5 % sont aujourd’hui rémunérés. C’est l’objet du référentiel : rendre visibles les 4 niveaux d’ambition pour que chaque pratique génère un revenu mesurable — prix d’achat garanti, Paiements pour Services Environnementaux, prime régénérative, contrat pluriannuel.

L’équation Capacity Score

cahiers des charges lait (17 pratiques d’élevage prescrites, co-produisant la laine) + Effet Domino (450+ impacts potentiels non valorisés) + Clear Fashion (150 critères aval textile) = Capacity Score — structure les 4 niveaux, relie amont et aval, rend valorisables les contributions du vivant de la ferme au vêtement au consommateur.

Matrice cahier des charges × Clear Fashion × Capacity Score : qui couvre quoi

Six familles d’indicateurs structurent la filière laine. Cette matrice montre ce que chaque outil couvre — et les 38 indicateurs que seul le Capacity Score renseigne.

Ce que chaque outil mesure — et pour qui. Les cahiers des charges ovins — AOP Roquefort, Agriculture Biologique, Nature & Progrès — couvrent les pratiques d’élevage pour le lait et la viande. Ils documentent ce qui se passe à la ferme, jusqu’à la toison. Clear Fashion mesure la marque textile : ses engagements, sa politique matières, ses certifications déclaratives, à travers 150 critères appliqués à l’aval de la chaîne. Le Capacity Score filière laine est l’outil qui relie les deux : il lit les pratiques d’élevage comme des données laine, les traduit en indicateurs de produit — GOTS, Passeport Numérique Produit, reporting extra-financier — et les connecte aux débouchés marque.

Marques et produits : ce que le référentiel rend possible. Une marque qui s’approvisionne en laine Lacaune tracée au niveau N3 peut déclarer dans son rapport extra-financier : origine ferme documentée, pratiques extensives vérifiées, empreinte carbone divisée par 40 par rapport à un approvisionnement australien, mulesing absent garanti, contribution territoriale aux Cévennes classées à l’UNESCO. C’est un contenu de reporting prêt à l’emploi, natif dans la fibre. L’analyse du cycle de vie appliquée à la laine montre que l’essentiel des impacts se joue à l’élevage — alimentation du troupeau, gestion des pâturages, transport — et au lavage par le consommateur : deux étapes que le Capacity Score documente explicitement, et que Clear Fashion mesure par l’intermédiaire de la marque.

Conception régénérative du produit. Le Capacity Score est un outil de conception autant que de mesure. Il permet de dessiner un produit dont les impacts contributifs sont intégrés dès la tonte — et de les rendre visibles, contractualisables et valorisables tout au long de la chaîne, du troupeau au vêtement. Voir l’approche design de conception de produits régénératifs →

Famille cahier des charges ovins
AOP · Bio · Nature et Progrès
Clear Fashion
150 critères marque
Capacity Score
99 indicateurs filière
Ce que le Capacity Score ajoute
Bien-être animal Couvert N2–N4 Partiel Complet N1→N4 Mesure de la progression. Avantage mulesing absent en France valorisé explicitement.
Sols et biodiversité Pratiques N2–N3 Hors périmètre Complet N1→N4 Mesure terrain (SOC, vers de terre) + Label Bas-Carbone activable dès N3.
Chimie textile Amont seulement Fort (marques) Complet N1→N4 Relie élevage amont et transformation aval dans un cahier des charges unique.
Prix et revenus éleveur Partiel (lait seul) Hors périmètre Complet N1→N4 Cibles de prix par niveau (0,20 → 3,50 €/kg) + prime régénérative documentée.
Traçabilité filière Fort N2–N3 Marques (pas fibre) Complet N1→N4 Traçabilité individuelle à la brebis (N4) + Passeport Numérique Produit 2027.
Territoire et gouvernance Partiel N2–N3 Hors périmètre Complet N1→N4 Gouvernance coopérative, circuits courts, Paiements pour Services Environnementaux territoriaux.
Bilan couverture 17 pratiques · ~40 indicateurs ~18 / 99 indicateurs laine 99 indicateurs complets 38 indicateurs non couverts par aucun outil existant.

Clear Fashion évalue la marque — pas la fibre. Les cahier des charges évaluent l’élevage — pas la laine. Le Capacity Score relie les deux : du mouton au vêtement, du pâturage au point de vente, de la pratique à la prime.

7. La proposition d’accompagnement : de la cartographie à la structuration de la filière complète

① Impact environnemental

Sols vivants · eau · biodiversité

Pâturage extensif, haies, prairies permanentes — 450+ effets positifs cartographiés sur le vivant. Mesurables, certifiables, reportables ESRS E1–E4.

② Impact social

Éleveurs · savoir-faire · territoire

Emplois ruraux pérennisés, races patrimoniales préservées, gouvernance partagée SCIC. Filière qui redonne un sens au métier d’éleveur. ESRS S1–S2.

③ Impact économique

Prix juste · filière · débouchés

De la laine-déchet à un revenu viable — sans changer les pratiques. En structurant la filière, en contractualisant les marques, en activant les flux Paiements pour Services Environnementaux.

Ces trois impacts ne se suivent pas — ils se renforcent. La trajectoire ci-dessous montre comment les activer progressivement, de la cartographie initiale à la structuration de la filière complète.

Trajectoire éleveur — de la laine-déchet au revenu régénératif

Planche 10b — Trajectoire éleveur : de la laine-déchet au revenu régénératif

An 3 = écoconception mesurable · An 5 = conception régénérative (réf. Laines Paysannes) · An 10 = données CSRD terrain vérifiées

① PRIX D’ACHAT
Revenu direct éleveur, payé par la marque. Monte à chaque niveau L.
② AIDES STRUCTURATION
Financement public one-shot (diagnostic, certification, analyse du cycle de vie). Ne s’ajoutent pas au prix.
③ Paiements pour Services Environnementaux — 8 FLUX
Rémunération des services rendus au territoire (eau, carbone, biodiversité…). S’ajoutent au prix à partir de N3.
⚡ An 0 → An 3 · SEUIL
Écoconception N2 — mesurable dès maintenant
An 0 · Laine = coût net négatif
0,05-0,30 €/kg − tonte 1 €/kg = l’éleveur paie
An 3 · Écoconception N2
Mono-matière · analyse du cycle de vie AgriBalyse · Durabilité ×3-5
Zéro résidus · Recyclable
+ Fashion Score
FC Env + Santé + Animaux = argument commercial
analyse du cycle de vie type : Environnementale (ISO 14040)
Mesure : hotspots production (climat, eau, chimie)
Base : AgriBalyse (ADEME) · Déjà disponible
Prix éleveur
~0,50 €
Aides structuration
Diag Bpi · FSE+
Tremplin ADEME
🌀 An 3 → An 5 · RÉGÉNÉRATIF N4
Conception régénérative — réf. Laines Paysannes
Triple impact EN CROISSANCE
Capital naturel : MO sols +0,5%/an, biodiv ↑
Capital social : living wage, savoir-faire, emploi
Capital économique : prix rémunérateur, circuits courts
N&P complet · Système Participatif de Garantie · 22/22 familles
Mutilations interdites · Circuits courts
8 flux Paiements pour Services Environnementaux activés
analyse du cycle de vie type : Contributive (capacités CRÉÉES)
Mesure : triple capitaux en croissance
Outil : Comptabilité régénérative (Rambaud)
Prix éleveur
~1 €/kg
Réf. Laines Paysannes
×20 vs export
Aides structuration
Diag Biodiv · MAEC
Paiements pour Services Environnementaux · CAP TE
An 5 → An 10 · DONNÉES CSRD
Données mesurées + 8 flux Paiements pour Services Environnementaux activés
5-10 ans de données réelles
MO sols mesuré (vs baseline An 0)
Biodiversité comptée · Eau + carbone quantifiés
22 familles × données terrain (pas estimées)
8 flux Paiements pour Services Environnementaux activés
Carbone · Eau · Biodiversité
BEA · Territorial · Souveraineté
Formation · Écoconception
analyse du cycle de vie : Contributive + mesurée
ISO 14040 + ISO 14075 + comptabilité triple capital
Données terrain > modèles génériques
Revenu total éleveur/kg :
~1,50 € prix + 0,53-1,21 € Paiements pour Services Environnementaux
= 2-3 €/kg+
An 0
−0,90 €
An 3
~0,50 € · AgriBalyse
An 5 🌀
~1 €/kg · N4 cible
An 10
2-3 €+ · CSRD data
Déchet
L’éleveur paie
Écoconception N2
analyse du cycle de vie AgriBalyse + FC
Conception régénérative N4
Réf. Laines Paysannes
Données mesurées
Rapport CSRD quantifié

À qui s’adresse cette proposition ?

Trois types d’acteurs peuvent entrer dans l’accompagnement à des niveaux différents.

① Éleveurs et filières

Groupements, SCIC, coopératives laine

Vous produisez une laine de qualité mais sans outil pour la valoriser. Le diagnostic Capacity Score positionne vos pratiques sur les 99 indicateurs et dessine votre trajectoire vers N3–N4.

→ Diagnostic collectif (panel 10–40 éleveurs)

→ Cahier des charges laine régénérative

→ Mise en relation avec marques partenaires

→ Accès aux 8 flux Paiements pour Services Environnementaux

② Marques textiles

PME premium, marques engagées, RSE textile

Vous cherchez une laine française traçable, documentée CSRD, à un prix inférieur au mérinos australien. Le Capacity Score vous fournit les données ESRS nativement disponibles — sans aller en Australie.

→ Diagnostic fournisseur laine (Capacity Score)

→ Contrats pluriannuels avec éleveurs N3–N4

→ Données ESRS E1–E5 + S2 prêtes pour la CSRD

→ DPP (Passeport Numérique Produit 2027)

③ Collectivités et financeurs

Régions, ADEME, Agences de l’eau, fonds FEDER

La filière laine régénérative génère des services territoriaux documentables : séquestration carbone, biodiversité, emploi rural, paysages pastoraux. Le référentiel construit le socle de financement par Paiements pour Services Environnementaux.

→ 8 flux Paiements pour Services Environnementaux activables (carbone, eau, biodiversité…)

→ Indicateurs ESRS pour reporting territorial

→ Ancrage éco-régimes PAC 2023–2027

→ Co-financement structuration filière

Ce que l’accompagnement change concrètement

Comparaison par profil · Situation initiale → An 5 avec accompagnement Nous Sommes Vivants

① Éleveur Lacaune

Aujourd’hui

Laine = coût net −0,90 €/kg
Tonte subie
0 label · 0 contrat
0 Paiements pour Services Environnementaux activé
Pratiques N3 invisible

An 5

Prix garanti ~1 €/kg
+3 flux Paiements pour Services Environnementaux activés
RWS + Bio certifiés
Contrat pluriannuel
Capacity Score N3 documenté

−0,90 → ~1,30 €/kg

prix + Paiements pour Services Environnementaux · ×26 vs export

② Marque textile PME

Aujourd’hui

Mérinos australien 8–15 €/kg
0 traçabilité amont
CSRD = données absentes
DPP 2027 = inconnu
Storytelling générique

An 5

Laine FR ~1–3 €/kg
Traçabilité ferme→vêtement
ESRS E1–E5 + S2 prêts
Passeport Numérique Produit nativement documenté
Storytelling territorial fort

−70% sur le prix matière

vs mérinos australien · CSRD conforme

③ Collectivité / Région

Aujourd’hui

Paiements pour Services Environnementaux non activés faute de structure
Aides PAC non optimisées
Filière laine invisible
Emplois ruraux fragilisés
0 reporting territorial laine

An 5

8 flux Paiements pour Services Environnementaux structurés
Éco-régimes PAC optimisés
Filière documentée ESRS
Emplois ruraux pérennisés
Reporting carbone + biodiv

ROI territorial documenté

services env. · emplois · paysages

Trajectoire éleveur — investissement et gouvernance filière

Trajectoire éleveur — investissement et gouvernance filière

Répartition de l’investissement entre éleveurs (SCIC), marques partenaires, collectivités territoriales et fonds publics (FEDER, ADEME, label Bas-Carbone). Point d’équilibre documenté à N3 : 0,50–1 €/kg sur 3–5 ans.

Structuration des débouchés — de la tonte au contrat marque

Trajectoire éleveur — structuration des débouchés et rentabilité

Flux de la filière structurée : collecte mutualisée → tri qualitatif → contrat pluriannuel marques → prix garanti éleveur. Rentabilité démontrée par Laines Paysannes : 1,50–3,50 €/kg, sans subvention sur le prix.

Cadre de lecture · Nous Sommes Vivants

Ce que Nous Sommes Vivants apporte

Trois ressources que personne d’autre ne combine aujourd’hui

Le RegenBMC structure la création de valeur en triple impact : économique, social, environnemental. Appliqué à la filière laine, il révèle que chaque pratique d’élevage génère simultanément des revenus, des services socio-écosystémiques et des capacités territoriales — que personne ne mesure encore ensemble.

Capital naturel

Ce que la brebis régénère

→ Sols vivants (carbone organique, structure)

→ Biodiversité floristique (prairies permanentes)

→ Régulation de l’eau (haies, pâturage extensif)

→ Paysages pastoraux (Cévennes UNESCO)

→ Prévention incendies (débroussaillage naturel)

8 flux Paiements pour Services Environnementaux activables à N3–N4

Capital social

Ce que la filière crée pour les humains

→ Juste rémunération éleveur (×5 à ×20 vs marché)

→ Emploi rural maintenu et qualifié

→ Savoir-faire artisanaux transmis (tonte, tri, filature)

→ Gouvernance partagée (SCIC, Système Participatif de Garantie)

→ Résilience territoriale face aux crises

Mesurable via ESRS S1 · S2 · S3 dès N2

Capital économique

Ce que la filière génère comme revenu

→ Prix laine garanti (1–3,50 €/kg vs 0,05 €/kg)

→ Paiements pour Services Environnementaux (+0,53–1,21 €/kg)

→ Prime marque CSRD (contenu contenu de reporting extra-financier prêt à l’emploi)

→ Multi-valorisation (textile · isolation · packaging · cosmétique)

→ Accès financements verts (fonds biodiversité, Label ISR)

Revenu total estimé N4 : 2–3 €/kg+

La logique coalition — ce que le RegenBMC change

Dans un business model classique, la laine est une matière première achetée au prix de marché. Dans le RegenBMC, la filière est une coalition d’acteurs — éleveurs, filateurs, marques, collectivités — qui optimisent ensemble les trois sphères. L’éleveur délivre un service socio-écosystémique documenté, rémunéré par plusieurs sources simultanément. La marque co-produit un actif de reporting réglementaire et une résilience d’approvisionnement. La collectivité rémunère des contributions au vivant que le marché traditionnel rendait invisibles. Une autre économie — fondée sur la mutualité.

Explorer le RegenBMC complet →

Rejoindre le Cercle Régénératif Agriculture — la communauté des acteurs qui construisent la filière.

① Le Capacity Score

99 indicateurs · 4 piliers · 4 niveaux · ESRS

Le seul diagnostic qui relie cahier des charges ovin, qualité fibre, ESRS et filière textile dans un outil cohérent. Mappé sur RWS, NATIVA, GOTS, ROC, Clear Fashion et CSRD. Certification Qualiopi. Formalisé en partenariat avec Laines Paysannes — opérationnel maintenant.

② Le RegenBMC

Modèle économique régénératif · 4 niveaux

Canvas de modèle d’affaires régénératif développé par Nous Sommes Vivants — permet de reconstruire la proposition de valeur d’une filière autour de ses contributions au vivant. Traduit les 99 indicateurs en leviers économiques actionnables : prix garanti, Paiements pour Services Environnementaux, contrats pluriannuels, primes régénératives.

Découvrir le RegenBMC →

③ Le réseau Lauriers · Cercle Régénératif

Marques · Investisseurs · Institutions · Filières

Les Lauriers de la Régénération (11–12 juin 2026, Paris) et le Cercle Régénératif réunissent les marques qui cherchent précisément ce que la filière laine Lacaune peut offrir. Ce réseau est le catalyseur qui transforme le diagnostic en contrats — sans lui, le référentiel reste un outil sans débouché.

Le modèle de financement

Sources mutualisées

Structure porteuse (SCIC) — apport éleveurs + artisans sociétaires

Marques partenaires — sécurisation approvisionnement + argument CSRD

Collectivités territoriales — développement rural, paysages, emploi

Fonds publics — FEDER, fonds régionaux, ADEME, label Bas-Carbone

Point d’équilibre documenté

Un prix d’achat éleveur viable à N3 suffit à équilibrer l’investissement de structuration sur 3 à 5 ans. Les flux Paiements pour Services Environnementaux constituent la troisième source de revenus — activables progressivement à partir de N3, sans changer les pratiques.

×20 à ×60

multiplicateur documenté · 0,05 → 1–3 €/kg · sans subvention sur le prix

Vous êtes éleveur, marque ou collectivité ?

Le Capacity Score filière laine est disponible pour un premier diagnostic. Nous Sommes Vivants accompagne les filières qui veulent rendre leurs pratiques visibles, valorisables et contractualisables.

Le Capacity Score filière → Télécharger le livre blanc →

Ce que le Capacity Score transition appliqué à la laine révèle

Les éleveurs français pratiquent déjà. Les cahiers des charges ovins — AOP, Bio, Nature & Progrès — prescrivent des pratiques extensives dont la laine bénéficie par défaut. Ce travail existe, il est réel, il produit une fibre de qualité sur des territoires vivants. Ce qui reste à construire : l’outil qui le rend visible, contractualisable et valorisé comme fibre. Les marques qui cherchent une laine régénérative documentée sont prêtes à la financer. L’opportunité est là, accessible à court terme.

Cette modélisation propose une grille de lecture : 99 indicateurs pour situer où en est la filière, valoriser ce qui est déjà là, et identifier les leviers prioritaires pour que les pratiques deviennent visibles et contractualisables. 38 indicateurs ouvrent des espaces encore inoccupés. 450+ impacts potentiels documentés — moins de 5 % valorisés : sans prix, sans certification, sans contrat, sans rémunération pour services rendus. C’est une carte de ce qu’il est possible de faire, avec ce qui existe déjà.

Nous Sommes Vivants documente ce potentiel et accompagne les acteurs — éleveurs, marques, collectivités — qui souhaitent construire cette filière. Si cette modélisation résonne avec votre réalité terrain, c’est par là que commence le travail.

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