
Jusqu’où va le Made in France de Duralex ? La verrerie de La Chapelle-Saint-Mesmin qui fabrique depuis 1945 les verres trempés des cantines françaises, a connu en deux ans une reprise par ses salariés en SCOP, une levée de fonds auprès de plus de dix mille particuliers, un redressement judiciaire, puis une cession à l’entrepreneur Cédric Meston. Son parcours montre une usine dont les pratiques relèvent de la réduction des impacts négatifs et qui porte un potentiel de contribution réel. Il montre aussi pourquoi ce potentiel se réalise à plusieurs : une usine devient contributive avec ses financeurs, ses acheteurs, son territoire et les pouvoirs publics.
Environnement
0,79 t
de CO2 par tonne de verre en 2024 ; four électrique visé en 2029
Social
6,2
taux de fréquence des accidents du travail en 2024, contre 43,5 en 2022
Économie
155
emplois repris sur 219, avec un plan de 16 M€
Territoire
95 %
des fournisseurs de matières et composants situés en France
Cette analyse prolonge le manifeste du Made in France contributif, remis aux ministères en juin 2026. Elle rejoint nos analyses d’entreprises au Capacity Score, de Michelin à Patagonia, et nos analyses sectorielles de la régénération. Pour situer votre propre organisation : faire son Capacity Score.
Duralex de 2024 à 2026 : la SCOP, le redressement judiciaire, puis la reprise par Cédric Meston
Le 26 juillet 2024, le tribunal de commerce d’Orléans confie Duralex à une SCOP portée par ses salariés : 138 des 230 salariés entrent au capital, et Orléans Métropole rachète le site. La coopérative relance la marque. Le chiffre d’affaires, de 26,3 millions d’euros en 2024, progresse de plus de 20 % en 2025 selon RMC Conso, les ventes en ligne triplent et la gamme s’élargit. Les salariés élisent le conseil d’administration et votent selon le principe « une personne, une voix » ; les consommables baissent de 11 % en un an.
Le 1er juin 2026, la trésorerie cède : Duralex est placée en redressement judiciaire, le cinquième de son histoire, sur fond de stocks trop lourds, de ruptures sur ses modèles phares et de coûts de l’énergie en hausse. Le 14 octobre, le tribunal retient l’offre de Cédric Meston, propriétaire de Tupperware France, via sa holding Tomé : 155 des 219 emplois repris, contre 129 dans l’offre concurrente du groupe Carlesimo, et 16 millions d’euros de financement, dont 6 millions de prêts publics de l’État, de la Région et de la Métropole. Le parquet d’Orléans a par ailleurs ouvert une enquête et mené des perquisitions au siège, sans préciser les chefs retenus.
Pourquoi Duralex, marque aimée des Français, a-t-elle vacillé ?
« Et toi, t’as quel âge ? » Des générations d’écoliers ont lu un chiffre au fond de leur verre de cantine. Le Picardie et le Gigogne sont sur les tables des familles, des cantines et des cafés, fabriqués à La Chapelle-Saint-Mesmin, où Duralex produit depuis 1945. En novembre 2025, plus de vingt mille personnes réservent une participation à la levée de fonds en deux jours. Peu de marques françaises suscitent un tel attachement.
Et pourtant, Duralex vient de connaître son cinquième redressement judiciaire en une vingtaine d’années. L’attachement et l’origine française ont suffi à sauver l’usine plusieurs fois, et jamais à la faire tenir. En rayon, le consommateur compare six verres importés à trois euros et six Duralex à quinze, et rien ne lui dit ce que l’écart finance. Le manifeste du Made in France contributif le résume : une usine dont la contribution reste invisible n’est défendable ni par l’achat, ni par l’aide publique, ni par ceux qui y travaillent.
Les sections qui suivent cherchent ce qui manque entre l’amour d’une marque et la solidité d’une usine : où se situe Duralex sur la trajectoire du Made in France contributif, le modèle économique qui l’a fait vaciller, ce qu’une usine ne peut pas porter seule, ce que la reprise change sur chaque pilier, et ce que le Made in France de la reprise peut devenir.
Duralex et le Made in France contributif : réduire, contribuer, régénérer
Le manifeste du Made in France contributif trace une trajectoire en trois temps, sur chacun des trois piliers d’impact. Réduire ses impacts négatifs vient d’abord. Contribuer ensuite : un gain net au-delà d’une ligne de référence, des sols qui se refont, un revenu rétabli, des emplois qui tiennent. Régénérer enfin : les capacités du vivant humain et non humain augmentent ensemble à mesure que le produit se vend, et la rentabilité vient de là. C’est le niveau que vise le manifeste.
Ce que Duralex réduit déjà : le verre trempé, l’énergie, les accidents du travail
Situer précisément une organisation sur cette trajectoire demande une lecture complète de ses pratiques, celle que propose le Capacity Score. Sans elle, on lit des signes. Ceux de Duralex relèvent de la réduction : l’usine diminue les pressions qu’elle exerce sur les ressources, le climat et les personnes. Elle en réduit trois : la matière extraite et les déchets, avec un verre qui se garde des décennies ; l’énergie et le CO2 de la fusion, avec le verre recyclé réintégré au four ; les risques pour les salariés, avec des accidents du travail en forte baisse.
Ces trois résultats portent sur les flux de l’usine : ce qu’elle prélève, ce qu’elle brûle, ce qu’elle rejette, et les risques qu’elle fait courir à ceux qui y travaillent. La contribution commence quand une activité produit un gain net au-delà de ses murs, sur les écosystèmes ou les liens sociaux d’un territoire, en traitant chacun pour lui-même. C’est la frontière entre soutenabilité faible et soutenabilité forte. Pour une verrerie, dont la matière est minérale, l’effort environnemental se concentre sur ces flux. Le détail suit.
Le premier signe tient au produit. La trempe totale du verre, du fond au buvant, lui donne une résistance six fois supérieure à celle d’un verre recuit, et un Picardie se garde des décennies : chaque verre qui dure remplace plusieurs lots fondus, transportés et jetés. Selon l’ADEME, 80 % des impacts environnementaux d’un produit se décident dès sa conception. La durée de vie réduit les impacts négatifs à la source, en évitant de produire ce qui aurait été remplacé.
Le volet environnemental suit la même logique. Le rapport RSE 2024 chiffre 0,79 tonne de CO2 par tonne de verre, avec des fours chauffés au gaz en continu ; la part de verre recyclé réintégré dans la fusion atteint 51 % en 2024, contre 47 % en 2022 ; les 142 000 m² du site sont entretenus sans pesticides, avec toutes les surfaces disponibles en pâturage. Ces résultats réduisent et préservent.
Le volet social se lit sur la santé, le bien-être et l’équité. Sur la santé au travail, le taux de fréquence des accidents passe de 43,5 en 2022 à 6,2 en 2024, et leur taux de gravité de 1,66 à 0,49. Sur l’équité, l’index égalité femmes-hommes atteint 83 %, et 41 % des salariés ont suivi une formation en 2024, contre 13 % en 2022. Du côté de ceux qui boivent dans ces verres, le matériau est inerte au contact des aliments. Ces indicateurs sont ceux que la réglementation demande de suivre, et leurs progrès sont nets : ils réduisent des risques et des écarts, ce qui situe aussi le volet social dans la réduction.
Savoir-faire transmis et salariés associés : ce qui ouvre la contribution
Sur ce même pilier social, deux éléments vont au-delà de la réduction et ouvrent la contribution. Le premier est la transmission du savoir-faire verrier : elle se fait en interne, de génération en génération, par un programme de formation fondé sur le tutorat, faute d’école spécialisée. L’usine entretient une compétence rare et la fait grandir chez ceux qui y travaillent. Le second est la gouvernance : 138 salariés sont devenus associés de leur usine et votent ses grandes orientations. Ces deux éléments touchent aux capacités des habitants du territoire, leur savoir-faire et leur part dans les décisions. Ils forment la base d’une contribution. La régénération, que vise le manifeste, demande ensuite que les trois piliers d’impact progressent ensemble.
Le modèle économique de Duralex : un four qui impose le volume, un verre fait pour durer
Les ventes progressaient, et la rentabilité restait hors d’atteinte. Le plan de la SCOP visait 35 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2027 pour retrouver l’équilibre, et 40 millions en 2029, selon Rapports de Force. Le four en donne la raison. Il fonctionne à 1 500 °C, en continu, et son redémarrage coûte très cher : il impose une production régulière, quel que soit le rythme des commandes. RMC Conso décrit la situation paradoxale qui en a découlé. Certains modèles ont été surproduits, et le surstock d’invendus a tendu la trésorerie, les ventes à l’international, environ 80 % de l’activité, restant en deçà des attentes. Dans le même temps, les best-sellers manquaient en rayon, portés par l’engouement des Français pour les modèles historiques. Le stock et les ruptures avancés en juin viennent de là : une production calée sur le four, et une demande française tournée vers quelques modèles.
Le produit, lui, est fait pour qu’on le rachète rarement. Vendu six verres pour une quinzaine d’euros, en milieu de gamme, il porte une qualité que son prix rémunère peu. Le rapport RSE 2024 montre où cette qualité trouve déjà des acheteurs : la restauration collective et les collectivités, l’hôtellerie et la restauration, les industriels de l’alimentaire, la grande distribution, les boutiques et le site en ligne, dans une centaine de pays. Pour une cantine ou un acheteur public, un verre qui casse peu se paie par l’usage, sur des années. C’est avec ces acheteurs que la durée de vie devient une source de revenu. Une survaleur naît quand l’acheteur reconnaît ce qu’il paie, à condition que le produit le lui montre.
SCOP Duralex : ce qui a manqué à une usine qui avançait seule
Le manifeste du Made in France contributif tire de Duralex son enseignement central : une entreprise seule ne peut pas porter le Made in France contributif. Elle peut écrire ses pratiques et les tenir ; elle ne peut ni fixer la règle qui les rend comparables, ni décider que le niveau atteint compte dans la commande publique et dans les aides. La SCOP a porté seule une transformation qui demandait des partenaires, et trois manques le montrent.
Un financement trop court : 750 000 euros du FDES pour une reprise industrielle
Le premier manque est financier. Le plan de reprise de 2024 reposait sur 9,84 millions d’euros, quand des experts estimaient déjà le besoin à 15 millions, selon RMC Conso. L’État, par le Fonds de développement économique et social, lui a prêté 750 000 euros à 4,8 % ; selon la CG Scop, le montant médian des prêts du FDES depuis 2022 avoisine 15 millions d’euros. La Fédération des Scop de l’industrie décrit le cadre dans lequel la coopérative a dû avancer.
« Une Scop est évaluée comme n’importe quelle autre entreprise. Il n’existe pas de politique publique ciblée pour accompagner durablement les reprises coopératives industrielles. »
Aurélie Chamaret, déléguée générale de la Fédération des Scop et des Scic de l’industrie, citée par Novethic
Les 10 523 épargnants de Lita : le risque d’un associé, la rémunération d’un prêteur
Le deuxième manque tient à la place faite aux épargnants. Pour renforcer ses fonds propres, la coopérative lance le 3 novembre 2025 une collecte sur la plateforme Lita. Après plus de vingt mille réservations, la collecte effective réunit 7 millions d’euros auprès de 10 523 particuliers, avec une mise moyenne de 372 euros. Ils reçoivent des titres participatifs, des quasi-fonds propres subordonnés de dernier rang, qui promettent un rendement de 8 % bruts par an sur sept ans sans garantie du capital. En janvier 2026, une cagnotte de dons, sans rendement, s’y ajoute pour financer de nouveaux moules. La date de cessation des paiements est fixée au 15 mai 2026, et le 15 octobre Lita annonce que la mise des souscripteurs est perdue. Ces épargnants portaient le risque d’un associé avec la rémunération promise d’un prêteur, et restaient hors des décisions. Le Made in France contributif s’appuie sur une économie de la mutualité : on co-investit dans la durée, on finance les outils de transformation, et on partage équitablement les gains selon la valeur créée.
« Le fait que des citoyens se substituent au financement industriel pose question. »
Aurélie Chamaret, citée par Novethic
La commande publique, un débouché pour un verre qui dure
Le troisième manque tient aux débouchés. Le directeur général de la SCOP rappelait que « le premier soutien, c’est d’acheter les produits de Duralex dans les magasins ou sur son site internet ». La restauration collective et les collectivités figurent déjà parmi ses clients. Le manifeste demande que l’argent public suive la contribution du produit, en commençant par la commande publique de la restauration scolaire et hospitalière : la durée de vie d’un verre, sa composition inerte au contact des aliments et l’emploi qu’il fait vivre dans le Loiret deviendraient des critères d’achat, et l’usine y trouverait les volumes réguliers que son four demande. C’est le sens de l’écologie populaire que nous portons : une transition ancrée dans des objets du quotidien, que la cantine comme la famille choisissent.
La Confédération générale des Scop et des Scic résume le diagnostic : une sous-capitalisation initiale, un pilotage financier inadapté et un contexte international instable ; elle affirme que le statut coopératif reste étranger aux difficultés. Ses données 2024 lui donnent du poids : 79 % des SCOP sont encore en activité après cinq ans, contre environ 61 % pour l’ensemble des entreprises, et 76,4 % pour les SCOP issues de reprises d’entreprises en difficulté. Avec près de 700 000 entreprises à transmettre dans les dix prochaines années selon plusieurs estimations, la reprise par les salariés est une voie de transmission solide, à condition que financeurs, acheteurs et pouvoirs publics s’y engagent avec elle. La reprise de 2026 réunit, elle, l’État, la Région, la Métropole, un groupe industriel et des apports privés : l’alliance qui a manqué à la SCOP se forme autour d’un repreneur.
La reprise de Duralex par Cédric Meston : environnement, social, économie, territoire
Le manifeste du Made in France contributif définit un produit fabriqué et consommé en France dont la production fait vivre le pays sur trois piliers d’impact, et s’intègre dans un territoire qui prospère. Le projet du repreneur, dont la direction générale est confiée à Silham El Kasmi, se lit sur chacun, à partir de la base que la SCOP lui laisse.
Environnement. L’énergie représente près de 20 % du chiffre d’affaires. Le projet prévoit de convertir le four à une technologie entièrement électrique à l’horizon 2029, pour réduire la facture d’énergie, les émissions de CO2 et les quotas carbone. Cette décarbonation est une étape majeure de réduction des impacts négatifs pour une verrerie, et elle donne aussi à l’usine la souplesse qui lui manquait pour produire selon la demande.
Social. 155 emplois sont repris ; 64 postes restent hors du périmètre, et les collectivités annoncent formations et suivi individuel pour les personnes concernées. La transmission du savoir-faire par tutorat est l’actif social à prolonger.
Économie. Le repreneur annonce une production rationalisée selon la demande, de nouveaux produits, des synergies avec Tupperware France, qu’il a repris en 2025, et un objectif de rentabilité dès 2027. Il veut assainir les comptes en baissant les coûts de production, à volumes constants. La vente directe de Tupperware, ses réunions à domicile, peut ouvrir à Duralex un canal où l’on explique un produit, et la conservation alimentaire un usage où la durée de vie du verre se valorise. Le repreneur promet enfin la transparence financière.
Territoire. Orléans Métropole possède le site depuis 2024, prévoit un crédit-bail à loyer progressif et prête un million d’euros à la reprise, comme la Région. Le territoire est partie prenante financière de l’usine, ce qui ouvre une place pour des projets communs : emploi local, formation aux métiers du verre, achats des cantines du territoire.
Gouvernance. La décision passe de l’assemblée des coopérateurs, une personne une voix, à la holding du repreneur. La place laissée aux salariés, à la métropole et aux investisseurs d’hier dans les choix de l’usine dira jusqu’où la reprise associe le territoire aux décisions.
Le Made in France de Duralex : responsable d’abord, contributif ensuite
Le repreneur a fait du Made in France un argument : selon RMC Conso, il insiste sur l’importance d’acheter français et de soutenir le Made in France, même quand cela coûte plus cher. Le manifeste distingue trois questions sur le Made in France : où le produit est fabriqué, à quel prix, et ce que sa production fait vivre. Tel quel, l’argument du repreneur répond à la première. Duralex a de quoi répondre aussi à la troisième.
« Le verre le plus vert au monde » : rendre la réduction vérifiable
Être responsable, c’est d’abord rendre cette réduction vérifiable. Le repreneur veut faire de Duralex « le verre le plus vert au monde ». La formule a le défaut d’une allégation générique. La directive européenne 2024/825, applicable depuis le 27 septembre 2026, interdit les allégations environnementales génériques comme « vert » sans preuve d’une performance environnementale reconnue, et elle encadre les promesses de performance future par des engagements publics, détaillés et vérifiés. En juin 2026, le tribunal judiciaire de Paris a jugé trompeuses les mentions « neutre en carbone » et « 100 % recyclable » de Volvic. Duralex dispose de mieux qu’un superlatif : des chiffres publiés, 0,79 tonne de CO2 par tonne de verre, la part de verre recyclé dans la fusion, la durée de vie de ses verres, et un calendrier de décarbonation. Publier cette trajectoire de réduction et la faire vérifier donnerait au Made in France de Duralex un premier contenu, chiffré et vérifiable.
Rendre visible ce que l’usine Duralex fait vivre dans le Loiret
Être contributif, c’est ensuite rendre visible ce que l’usine apporte au-delà de ses murs. Duralex en a la matière : un savoir-faire verrier transmis par tutorat, des emplois tenus dans le Loiret, 95 % de fournisseurs en France, un matériau inerte qui protège la santé de ceux qui boivent dans ses verres, et, si la reprise la prolonge, la place des salariés dans les décisions. Le manifeste demande que cette contribution se lise sur l’emballage et compte dans la commande publique et dans les aides. Le verre Duralex porte déjà sa signature en relief et son numéro de moule ; son emballage peut porter le reste.
La régénération, horizon du Made in France contributif
La régénération reste l’horizon que vise le manifeste. Pour une verrerie, elle passe par le territoire et par ceux qui y vivent : une activité dont les habitants du Loiret, humains et non humains, sortent avec davantage de capacités. Elle se construit pas à pas, à partir d’une réduction vérifiée et d’une contribution rendue visible.
Made in France contributif : une usine se transforme à plusieurs
Dans le manifeste comme dans nos articles, Duralex et Brandt se lisent sur une même échelle de degrés de contribution. Brandt assemblait des composants importés ; Duralex fabrique en France, depuis la matière, un produit fait pour durer, et ce trait reste après la reprise.
Le parcours de 2024-2026 montre qu’une usine dont les pratiques relèvent de la réduction peut porter un potentiel de contribution, savoir-faire transmis et salariés associés, et que ce potentiel se réalise avec ceux qui l’entourent. Pouvoirs publics et entreprises y ont chacun leur part : les 6 millions d’euros de prêts publics de la reprise peuvent s’accompagner d’une trajectoire chiffrée et vérifiable sur les trois piliers et sur le territoire, comme le demande le manifeste et comme le développe notre article sur la conditionnalité des aides à une croissance en triple impact ; la commande publique peut acheter la durée de vie ; l’épargne citoyenne peut entrer dans des formes où le rendement suit la valeur créée.
Le modèle économique régénératif va plus loin : il augmente la capacité du vivant à prospérer, pour que le territoire et ses habitants prospèrent avec l’activité, et l’activité avec eux. Les Lauriers de la Régénération montrent que contribuer est triplement profitable, et notre recherche-action sur la triple profitabilité le chiffre.
Financer la trajectoire : la finance régénérative
Reste à financer cette trajectoire. Le manifeste le relève : la finance à impact finance aujourd’hui pour l’essentiel la réduction des impacts négatifs, souvent au niveau de ce que la loi exige déjà, et un niveau de contribution lisible et comparable lui donnerait de quoi distinguer un produit qui contribue d’un produit qui se conforme. La finance régénérative prend ce chemin : elle finance des activités dont la valeur vient de ce qu’elles font vivre, accepte des temps de retour à la mesure du vivant et partage les gains avec ceux qui portent le risque, ce qui a manqué aux dix mille épargnants de Duralex. Notre article « Finance régénérative : financer l’adaptation » en trace les voies, et notre cartographie des financeurs des lauréats des Lauriers montre qui finance déjà la régénération en France.
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Sources
- Nous Sommes Vivants, « Le manifeste du Made in France contributif », juin 2026 — noussommesvivants.co ; tribune : noussommesvivants.co
- Nous Sommes Vivants, « Leçons de la chute de Brandt pour le Made in France de demain » — noussommesvivants.co
- franceinfo / AFP, « La reprise de Duralex validée par le tribunal de commerce d’Orléans, 155 des 220 emplois sauvés », 14 octobre 2026 — franceinfo.fr
- Business Times, « Reprise de Duralex : 155 emplois conservés, 64 postes perdus », d’après Orléans Métropole et l’AFP, 16 octobre 2026 — business-times.fr
- Charlotte Méritan, « Duralex sauvée : la marque est reprise par le propriétaire de Tupperware France… », RMC Conso, 15 octobre 2026 — rmc.bfmtv.com
- Labo Maison, sur la reprise de Duralex par Cédric Meston, octobre 2026 — labomaison.com
- Boursorama / AFP, « Duralex : les 7 millions d’euros récoltés auprès de particuliers ne seront pas remboursés », 15 octobre 2026 — boursorama.com
- Journal de l’économie, sur la perte des titres participatifs, octobre 2026 — journaldeleconomie.fr
- Journal du Geek, « Les 10 523 Français qui ont investi 7 millions d’euros dans Duralex… », 16 octobre 2026 — journaldugeek.com
- Banque des Territoires, « Duralex collecte près de 20 millions d’euros d’intentions d’investissement en 48h », novembre 2025 — banquedesterritoires.fr
- Carenews, « La Scop Duralex lance une levée de fonds ouverte au grand public », 2025 — carenews.com ; « La Scop Duralex annonce son placement en redressement judiciaire », juin 2026 — carenews.com
- Bourse Inside, « Duralex : 19 M€ levés pour transformer la verrerie en Scop », novembre 2025 — bourseinside.fr
- FO, « La Scop Duralex, en difficulté financière, cherche un repreneur », juillet 2026 — force-ouvriere.fr
- Position de la CG Scop après le redressement, relayée par stampa-paese.com, juin 2026
- Marina Fabre Soundron, « Ils ont repris leur usine : enquête sur les Scop industrielles », Novethic, février 2026 — grandformat.novethic.fr
- Maïa Courtois, « Scop Duralex : derrière l’incroyable levée de fonds, des défis immenses », Rapports de Force, 7 novembre 2025 — rapportsdeforce.fr
- « Duralex : un an après sa reprise en main par les salariés », CNEWS, 1er août 2025 — cnews.fr
- Directive (UE) 2024/825 du 28 février 2024, dite « EmpCo », applicable depuis le 27 septembre 2026 — eur-lex.europa.eu
- Tribunal judiciaire de Paris, jugement du 23 juin 2026 (RG 21/13092), CLCV contre Société des eaux de Volvic — lemondedudroit.fr
- Duralex SCOP SA, rapport RSE 2024 — duralex.com ; PDF du rapport

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