Dans une période de backlash environnemental, LVMH accélère. Le JDD dresse un portrait de la transformation du groupe : 4,3 millions d’hectares régénérés, 72 000 hectares en agriculture régénératrice, 75 % d’énergie renouvelable. Le Capacity Score de Nous Sommes Vivants éclaire ce que ces chiffres révèlent — et ce qui reste à construire.
Une révolution « sans retour en arrière »
Lancé en 2021, le programme LIFE 360 engage les 75 marques du groupe autour de cinq axes : écoconception, mobilisation des fournisseurs, traçabilité, biodiversité et agriculture régénératrice, réduction carbone. Pour Hélène Valade, directrice développement environnement, la démarche n’est pas un étendard vertueux mais une nécessité structurelle : les activités de haute couture, de maroquinerie, de joaillerie et de parfum reposent entièrement sur des ressources naturelles.
« Tous nos produits viennent de la nature. Qu’il s’agisse des pierres en joaillerie, de la vigne pour les vins et spiritueux ou du coton pour la couture. Nous devons rendre à la nature ce qu’on lui emprunte. » Hélène Valade, directrice développement environnement, LVMH
En matière d’écoconception, le groupe affiche 41 % de matières issues du recyclage en 2025, et 500 millions d’euros de chiffre d’affaires générés par les recharges et réparations. Sur le volet énergie, la progression est frappante : de 1 % d’énergie renouvelable en 2003 à 75 % en 2025 — la plupart des sites sont désormais autosuffisants.
72 000 hectares en agriculture régénératrice — le doublement en un an
L’accélération la plus significative concerne les pratiques agricoles. En 2025, le groupe a contribué à régénérer 4,3 millions d’hectares de faune et de flore dans le monde, y compris hors chaîne de valeur directe — notamment via des initiatives de préservation de la forêt primaire en Amazonie. 72 000 hectares des chaînes d’approvisionnement sont désormais conduits en agriculture régénératrice, contre 38 000 en 2024.
Exemple concret : des producteurs de betteraves dans le Nord de la France, réunis en coopérative, fournissent l’alcool utilisé pour les parfums Christian Dior, Louis Vuitton et Givenchy. Pour accompagner la conversion, LVMH rémunère les matières premières à un niveau plus élevé durant les premières années de transition.
Exemple concret au niveau Maison : Louis Vuitton vient de publier sa propre feuille de route « Régénération 2030 », avec un premier objectif 100 % chiffré et daté — la totalité de l’alcool utilisé dans ses parfums proviendra de l’agriculture régénératrice d’ici fin 2026. Pour le cuir et le coton, la Maison cible 5 000 tonnes de cuir et 3 000 tonnes de coton produits en agriculture régénératrice via 150 fermes dans huit pays. Christelle Capdupuy, directrice du développement durable, pose la rupture en termes clairs : « La question n’est plus de limiter l’impact négatif. » Réduction de 30 % de la consommation d’eau d’ici 2030, 95 % d’électricité renouvelable, 600 000 produits réparés par an — les ateliers de réparation couvrent désormais tous les continents.
Ce que le Capacity Score révèle filière par filière
Nous Sommes Vivants a appliqué le Capacity Score à LVMH Groupe à partir des données publiées (DEU 2024, Rapport d’Engagement 2024). Score global : 42 % — N2 solide, avec les fondations d’un N3. L’infrastructure de gouvernance est en place (fonds carbone 25 M€/an, SBT Nature validé, TNFD co-construit). Le levier le plus avancé : la gouvernance (46 %). Le levier le plus en retrait : l’innovation produit (33 %) — les outils existent, l’activation est la prochaine étape.
Le contraste entre les filières est révélateur :
- Vigne : la filière la plus avancée. Programme « Living Soils, Living Together » (Moët Hennessy), certification ROC™ obtenue par Galoupet en janvier 2026 — premier Cru Classé certifié régénératif au monde. Indice de régénération co-construit avec Pour une Agriculture Du Vivant. Niveau N3.
- Cuir : le Regenerative Leather Project de Louis Vuitton, structuré autour de 6 piliers (sol, pâturages, biodiversité, eau, carbone, écosystèmes), entre en agriculture régénératrice via « Régénération 2030 ». Niveau N2→N3.
- Coton : Celine s’approvisionne en coton régénératif auprès de Söktaş en Turquie. Le DEU 2024 mentionne explicitement les « cotons organiques et régénératifs ». Niveau N2→N3.
- Laine : 76 % de laines certifiées (RWS, ZQ) en 2025, objectif 100 % en 2026. Celine × NATIVA mesure le carbone organique des sols et la biodiversité sur ses pâturages fournisseurs — premier signal N3 isolé. Loro Piana, qui concentre 11 milliards d’euros de valorisation, reste la Maison sans programme environnemental nommé. Niveau N2.
Le territoire et ses habitants prospèrent grâce à l’activité économique — pas malgré elle. C’est l’horizon que pose Hélène Valade : « Le dérèglement climatique ne va pas se mettre sur pause. L’intégrer dans nos modèles, c’est à la fois une question de gestion des risques, mais aussi la perspective de nouvelles opportunités. » Pour la laine, les piliers social (living wage éleveurs, conditions des tondeurs) et économique (répartition de valeur dans la chaîne) restent les prochaines capacités à activer.
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Sources : Le JDD, « Environnement : LVMH accélère sa transformation », avril 2026 · Louis Vuitton, « Notre Voyage Engagé — Transition Environnementale », avril 2026 · WWD · DEU LVMH 2024.

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