One Health : des mesures de réduction vers la régénération

Santé environnementale et régénération — One Health Sommet de Lyon 2026

Régénération & santé — One Health · Sommet de Lyon, 7 avril 2026

Le sommet One Health de Lyon vient de se clore sans mesure emblématique ni ligne directrice. Le concept s’impose. Mais les engagements restent dans la logique de réduction de la nocivité — moins de polluants, moins de résistances, moins de risques. Nécessaire. Pas suffisant. La régénération pose une question différente.

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Qu’est-ce que la régénération pour une entreprise ?

La RSE pose la bonne question en termes insuffisants : comment réduire les impacts négatifs de l’activité sur les écosystèmes et les territoires ? La régénération change la question — et donc change ce qu’on mesure, ce qu’on pilote, ce qu’on considère comme une performance.

Le cadre NSV part d’un constat : l’entreprise n’est pas externe au territoire qu’elle traverse. Elle en fait partie. Elle opère dans des écosystèmes habités — des systèmes où activité économique, populations humaines, sols, eau, espèces et liens sociaux sont interdépendants. Elle ne « gère » pas ces milieux depuis l’extérieur. Elle y contribue ou elle les appauvrit. La régénération, c’est un triple impact contributif — économique, environnemental, social — sur ces territoires habités.

Une entreprise peut atteindre tous ses objectifs RSE et continuer à appauvrir les conditions de vie dont elle dépend. Un opérateur télécom dont les data centers épuisent la ressource eau locale. Une marque cosmétique dont les intrants se retrouvent dans les nappes phréatiques. Un industriel dont les procédés dégradent la qualité de l’air d’un bassin de vie. Les indicateurs RSE ne révèlent pas cela — parce qu’on ne leur a jamais demandé.

Livre blanc — Ce que la régénération veut dire pour une entreprise

Une entreprise régénérative va au-delà de la RSE : elle augmente activement la capacité des écosystèmes et des territoires à prospérer, au lieu de simplement réduire ses impacts négatifs. Son modèle économique renforce les sols, la santé biologique des habitats naturels, les liens sociaux, l’économie locale.

La question discriminante : est-ce que le territoire prospère avec mon activité économique ?

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One Health : un diagnostic juste, des mesures de réduction

One Health pose un diagnostic que la régénération partage entièrement : la santé humaine, la santé animale et la santé des écosystèmes sont indissociables. 60 % des maladies infectieuses émergentes proviennent d’animaux. L’effondrement des habitats naturels ouvre des voies aux agents pathogènes. La pollution chimique a dépassé la 5e limite planétaire.

Mais les mesures que One Health et le CESE proposent restent, presque sans exception, dans une logique de réduction de la nocivité : moins de polluants, moins de résidus, moins de résistances aux antibiotiques, moins d’expositions, moins de maladies vectorielles. C’est du N2 — nécessaire, urgent, mais fondamentalement différent d’une logique qui vise à augmenter activement les capacités des écosystèmes.

On parle de réduire les PFAS — pas de restaurer les zones humides qui filtrent naturellement. On parle de limiter les pesticides — pas de développer les pratiques agronomiques qui rendent les sols biologiquement actifs. On parle de contrôler les risques — pas de reconstruire les conditions qui les éliminent structurellement.

Une exception mérite d’être signalée : la proposition n°3, Green Data for Health — croiser données environnementales et données de santé des populations à l’échelle nationale. C’est la seule mesure qui s’approche d’une logique contributive : documenter ce qui se passe dans les milieux, pas seulement ce qu’on y émet. Les entreprises régénératives au niveau N4 font précisément cela — elles mesurent la qualité de l’eau captée sur leur territoire, la présence de populations indicatrices, la teneur en matière organique des sols — et documentent l’évolution de ces indicateurs sous l’effet de leurs pratiques. Ce que le CESE demande à l’échelle des politiques publiques, les organisations engagées dans une trajectoire N4 l’anticipent déjà dans leur pilotage opérationnel.

« L’être humain est un être vivant et sa santé prend naissance dans son lien étroit avec le reste du Vivant. L’effondrement de la biodiversité annule les capacités d’adaptation. »
— CESE, Déclaration One Health, mars 2026

Le CESE dit quelque chose de juste. Mais entre reconnaître l’interdépendance des systèmes vivants et proposer des mesures qui augmentent activement leurs capacités, il y a un écart. Cet écart, c’est précisément l’espace que la régénération des entreprises occupe.

Ce que le sommet n’a pas su donner

Le sommet s’est clôturé sans mesure emblématique ni ligne directrice. Selon Le Monde, les engagements sont nombreux mais juxtaposés, sans architecture commune. Des ONG ont dénoncé l’incohérence d’un sommet sur la santé mondiale alors que la France réduit ses financements dans ce domaine.

Mais le problème est plus profond que l’organisation. Le sommet a échoué à produire une ligne directrice parce qu’il reste dans un paradigme que les entreprises connaissent bien : l’écologie comme contrainte à intégrer au mieux. Principe de précaution, réduction des expositions, gestion des risques. Les activités économiques sont perçues comme les grands méchants, la nature comme la victime à protéger. Tant qu’on reste dans cette logique, on ne produit que du N2 — et on ne trouve pas de ligne directrice parce qu’on cherche à limiter les dégâts, pas à construire quelque chose.

Nous Sommes Vivants pose l’hypothèse inverse : le modèle régénératif est triplement profitable — financièrement, environnementalement, socialement. Et commence à en construire la preuve. C’est qui le Patron réalise +12 % de ventes bio dans un marché bio en baisse — parce que son modèle économique est natif du contributif. Expanscience affiche une croissance de CA simultanée à −3 % d’empreinte carbone — décorrélation que la RSE classique ne produit pas.

Le verrou n’est pas technique. Il est mental : personne ne mesure encore si un produit régénératif génère plus de marge qu’un produit standard. La preuve économique est le chantier ouvert. C’est ce que le groupe de réflexion Business Models Régénératifs de Nous Sommes Vivants construit — parce que c’est là que se joue la vraie ligne directrice que le sommet de Lyon n’a pas su formuler.

De la RSE à la régénération : les indicateurs qui changent quand le modèle bascule

Le Capacity Score filière laine française relie éleveurs, tondeurs, transformateurs et marques sur un territoire — et révèle comment chaque pratique impacte simultanément la santé des sols, la qualité de l’eau, l’économie rurale, les conditions de travail et la santé humaine via les résidus. 4 piliers, 22 familles d’indicateurs, 93 KPIs, cartographiés sur 8 normes ESRS sur 10 — pas pour cocher des cases, mais pour révéler quelles pratiques contribuent activement aux territoires habités par cette filière.

PilierFamilles d’indicateursESRS
Environnement
7 familles
GES · Qualité de l’air · Ressource eau · Matière organique des sols · Santé biologique des habitats naturels et populations indicatrices · Conditions de vie et d’expression naturelle des animaux (5 libertés) · Paysages & bocagesE1 · E2 · E3 · E4 · E5 · S2
Social
5 familles
Rémunération juste · Conditions de tonte · Égalité femmes-hommes · Formation & transmission · Capacité à s’épanouir & charge mentaleS1 · S2
Économique
5 familles
Prix de la laine · Diversification des revenus · Autonomie alimentaire · Durée de vie du produit · Éco-conception & recyclabilitéE5 · G1
Filière & territoire
5 familles
Traçabilité · Circuits courts · Gouvernance de filière · Économie rurale · Santé (résidus & chimie)S3 · G1

Ce tableau n’est pas un reporting de conformité. C’est une carte des interdépendances — chaque famille d’indicateurs correspond à un système que les pratiques de la filière peuvent appauvrir ou régénérer. Et ces systèmes communiquent entre eux.

Une pratique, six à huit systèmes impactés simultanément

C’est ce que le livre blanc NSV appelle le triple impact contributif — économique, environnemental, social — sur un territoire habité. Pas une liste de cases cochées en parallèle, mais un réseau d’interdépendances activé par une seule pratique bien conçue. Sur ce territoire habité par les éleveurs, les sols, les troupeaux, les transformateurs et les consommateurs locaux, voici ce qu’une seule décision agronomique produit :

Pâturage tournant dynamique → séquestration carbone · infiltration de l’eau · santé biologique des sols · conditions de vie animale · qualité du produit · économie rurale · habitats naturels · paysages

Suppression des pesticides de synthèse → santé humaine (résidus) · santé des sols · populations indicatrices · qualité de l’eau · positionnement de filière · résilience

Circuits courts alimentaires → empreinte transport · lien producteur-territoire · prix juste · sécurité alimentaire locale · emploi rural · confiance consommateur

Une pratique bien conçue ne réduit pas un impact — elle en active six à huit simultanément, dans une direction contributive. C’est exactement ce que One Health devrait demander aux politiques publiques et aux entreprises. Le sommet de Lyon a posé le diagnostic. La régénération propose la thérapeutique.

Progresser : c’est le rôle du Capacity Score

Le Capacity Score révèle la trajectoire d’une organisation sur 4 niveaux. Les mesures One Health du sommet de Lyon se situent entre N1 et N2. Les pratiques régénératives que Nous Sommes Vivants documente — dans l’alimentation, la cosmétique, le textile, l’industrie, le numérique, le tourisme — atteignent N3 et N4.

NiveauÉtapeCe que ça signifieLogique
N1LimiterConformité légale, reporting CSRD, sécuriser le minimumLe garde-fou
N2RéduireOptimiser l’existant, limiter les impacts négatifs, gérer les risques — là où se situent les mesures One HealthL’optimisateur
N3RestaurerRéparer les écosystèmes dont dépend l’activité, sécuriser la continuité dans un monde instableL’architecte
N4RégénérerAgir sur les capacités des territoires pour générer de la valeur mutuellement bénéfique. Plus on vend, plus les écosystèmes gagnent en capacitéLe jardinier

Le Capacity Score révèle votre configuration réelle sur 6 leviers — Leadership, Intelligence écosystémique, Chaîne de valeur, Innovation, Dynamiques humaines, Gouvernance & financement. C’est l’écart entre leviers qui compte : votre capacité effective se lit au levier le plus faible, et c’est lui qui détermine votre trajectoire réelle.

Le livre blanc pose les fondements. Le Capacity Score révèle où vous en êtes et quelles pratiques activer pour progresser. Les Lauriers de la Régénération distinguent les entreprises qui ont déjà basculé.

Faire le Capacity Score → Lire le livre blanc → Lauriers 2026 →

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