4 pistes d’innovation écologiques au contact du vivant avec la fresque des imaginaires de l’écologie

Les changements de comportements vers la sobriété stagnent alors que les enjeux se font pressants. Et si la réponse passait par un nouveau mode de vie désirable, adopté avec plaisir ? C’est un enjeu de représentations sociales — donc d’imaginaires. La Fresque des Imaginaires en fait un levier d’innovation pour les marques et les territoires.

Qu’est-ce qu’un imaginaire ?

Longtemps opposé au « réel » et relégué au chimérique, l’imaginaire a été reconsidéré au XXe siècle comme un système dynamique organisateur d’images qui prennent sens dans la relation au monde (Valentina Grassi). Pour Gilbert Durand, toute raison s’élabore à partir de ce terreau : « l’imaginaire désigne l’ensemble des images, langagières et visuelles, sous-tendues par des croyances intimes et des valeurs qui permettent une relation au monde ».

La culture est chargée d’imaginaires : chacun est un univers de sens, fruit de l’interprétation de ce qui est. L’imaginaire a une dimension performative — ses contenus influencent les modes de vie et favorisent l’adoption de nouveaux comportements, jusque dans nos choix de consommation au quotidien. Agir sur l’imaginaire, c’est donc agir à la racine des comportements.

Se projeter dans un futur responsable et désirable

L’ambition de la Fresque des Imaginaires est de redonner leur place aux imaginaires écologiques utopiques, à côté des imaginaires dystopiques surexploités dans les productions culturelles et les communications de la transition. Nous œuvrons ainsi pour une écologie populaire, là où l’écologie de la contrainte est perçue par certains comme une punition.

Les propositions de sobriété et de décroissance ne riment pas toujours avec plaisir, convivialité, lien au territoire. Quand l’écologie ne se concrétise pas de façon désirable dans le quotidien, elle échoue à mobiliser le plus grand nombre. Ce que demandent les consommateurs et les habitants, ce sont des alternatives écologiques accessibles, qui répondent à leurs besoins essentiels. En élargissant le réservoir des imaginaires mobilisés par les entreprises, les collectivités et les associations, on ouvre de nouvelles perspectives d’innovation et on fait émerger ces alternatives, à la fois responsables et désirables.

Quatre relations à la nature, quatre pistes d’innovation

La relation de l’humain à la nature structure nos représentations du réel, et donc nos modes de vie. En fonction de ces relations, l’IPBES a déterminé quatre systèmes de valeurs — quatre imaginaires. Chacun ouvre une piste d’innovation distincte pour une marque, un produit ou un service :

Vivre de la nature — anthropocentrisme. La nature est une ressource au service du confort et de la capacité d’agir. Piste : la sobriété — concevoir des offres qui limitent les besoins et optimisent l’existant (réduire les matières, les emballages, l’énergie d’un produit). Exemple : Levi’s Water<Less, qui réduit l’eau et le carbone de fabrication.

Vivre dans la nature — biocentrisme. Toute vie mérite une considération morale ; les humains protègent les autres êtres vivants. Piste : l’alternative — proposer d’autres façons de consommer, moins matérialistes et plus qualitatives (durabilité, réparabilité, offres bio ou végétales). Exemple : Loom, qui conçoit des vêtements robustes et invite à acheter moins.

Vivre avec la nature — écocentrisme. Au sein de l’écosystème Terre, tous les êtres vivants interagissent autour des ressources vitales. Piste : l’adaptation — rendre les produits et filières plus robustes en bouclant les flux (économie circulaire, réemploi, biomimétisme). Exemple : 1083, le jean recyclable et réemployable « infini ».

Vivre connecté à la nature — multicentrisme. La nature se régénère dans une trame de relations entre humains, non-humains et ressources vitales. Piste : la régénération — des modèles qui renforcent la capacité du vivant (des produits dont la culture restaure les sols et rémunère justement le producteur). Exemple : Bonneterre, lauréat des Lauriers de la Régénération, qui allie biodiversité, santé des sols et juste rémunération des agriculteurs.

Ces quatre pistes ne s’excluent pas : elles forment une trajectoire d’innovation, de la sobriété jusqu’à la régénération, qui est l’aboutissement le plus ambitieux. Découvrir les quatre pistes d’innovation au contact du vivant.

Un même secteur peut se décliner sur les quatre pistes. En alimentation, par exemple : réduire les emballages d’un produit industriel (sobriété), basculer vers une gamme bio ou végétale (alternative), organiser circuits courts et anti-gaspillage (adaptation), ou concevoir des produits dont la culture restaure les sols et rémunère justement le producteur (régénération) — comme Omie, qui accompagne ses producteurs vers l’agriculture régénérative, ou Expanscience, dont le sourcing régénère des milliers d’hectares. Autant de marques distinguées parmi les Lauriers de la Régénération.

L’imaginaire multicentrique — aussi appelé pluricentrique, parce que chacun y intègre le point de vue des autres dans la recherche d’un intérêt mutuel — est celui de la régénération : prendre soin de soi, des autres et de la nature, sans exclusion. Comme l’écrit Baptiste Morizot, « c’est en prenant conscience du vivant que l’humain se rend capable de saisir le « tissu » du vivant dans ses interdépendances […] ce sont elles qu’il faut défendre, et dont il faut prendre soin ».

De l’imaginaire au produit : concevoir des offres régénératives

Ouvrir l’imaginaire avec la Fresque est le point de départ ; la conception suit. Une offre régénérative vise à augmenter les capacités de l’utilisateur — sa santé, son lien social, son autonomie — tout en restant économiquement viable à court et long terme, et en s’assurant que l’acte de production régénère le vivant du territoire au lieu de l’épuiser. La valeur créée est alors redistribuée équitablement entre toutes les parties prenantes, y compris la nature.

C’est précisément le rôle du Business Model Canvas de l’entreprise régénérative : un canvas et une série d’ateliers qui prolongent la Fresque pour faire évoluer un modèle économique, identifier des pistes de transformation des produits et services, et clarifier la contribution de l’activité en triple impact — économique, environnemental et social. La Fresque ouvre les possibles ; le RegenBMC les transforme en offres.

Un atelier pour se projeter dans le futur de sa marque

La Fresque des Imaginaires est un atelier pédagogique, réflexif et créatif, conçu pour les entreprises et les marques. Il est thématique pour s’adapter aux enjeux de chacun — « habiter », « manger », « s’habiller en 2050 » — avec des planches d’inspiration sur mesure et l’intervention d’artistes et de designers.

Son intérêt : en partant des quatre relations humain-nature, il permet à une équipe de se projeter collectivement dans le futur de sa marque, de ses produits et de ses services, sans tomber dans l’éco-anxiété. À la clé : cohésion d’équipe, pistes d’innovation produit et redéfinition de la raison d’être. Le déroulé complet et les modalités sont détaillés sur la page de la Fresque des Imaginaires.

L’atelier a déjà été déployé dans des organisations de premier plan — la Convention des Entreprises pour le Climat, pour co-construire une vision régénérative à l’échelle d’une coalition de dirigeants, ou La Poste. Autant d’études de cas qui montrent comment la Fresque ouvre concrètement de nouvelles perspectives.

Innover avec la Fresque des Imaginaires

Projetez votre équipe, votre marque ou votre territoire dans un futur désirable — et faites-en naître des produits et services.

Découvrir la Fresque →

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