Compte rendu du Regenerative Circle Écosystème Auvergne-Rhône-Alpes — Lyon & en ligne, 10 juin 2026.

Les acteurs de l’accompagnement régénératif réunis à la Maison de l’Environnement de Lyon. Tout savoir sur le Regenerative Circle Écosystème · l’édition AURA.
Le 10 juin 2026, à la Maison de l’Environnement de Lyon et en visioconférence, Nous Sommes Vivants — avec Genact AURA, Les Collectifs AURA, Mush et la Fédération du Conseil — a réuni les acteurs de l’accompagnement régénératif d’Auvergne-Rhône-Alpes pour une première édition régionale du Regenerative Circle Écosystème. Sur 52 réponses d’inscription (44 personnes), une trentaine de participants étaient présents le jour J — environ quinze en ligne et quinze en présentiel, équipe d’animation comprise —, la présence ayant été réduite par les grèves de train dans la région. Une journée pour faire mycélium entre acteurs, savoir qui fait quoi, tisser des liens mutuellement bénéfiques, et traduire la régénération en projets concrets au service du vivant. Après AURA, la démarche se poursuivra en région PACA, en septembre-octobre.
En bref — les points majeurs à retenir
Une journée pour faire mycélium au sein de l’écosystème lyonnais (et plus largement AURA) de l’accompagnement des entreprises vers la régénération. Ce qu’il faut en retenir :
- Le vrai sujet : la coopération. Le matin l’a fait ressortir d’atelier en atelier, par-delà les offres individuelles ; la vision 2036 en a fait son cœur. Tout le reste de la journée en découle.
- L’échange le plus marquant : la confiance qui se donne. Lancé par Diane Dupré la Tour et retourné par Cyrille Souche — passer d’une confiance « qui se gagne » (méritocratique, fragile) à une confiance « qui se donne » d’emblée, condition de départ de toute coopération dans un monde incertain.
- Cinq enjeux dégagés le matin — rémunérer le facteur humain (le sortir de l’accessoire non facturé), une communauté apprenante en safe space, développer la coopération (duo dirigeant éclairé / animateur, coopétition), changer de niveau de conscience, et articuler le portage du décideur avec l’adhésion des salariés. Quatre ont été travaillés en sous-groupe l’après-midi ; c’est la structure commune (coopérative de moyens, « gros mammouth », partage équitable de la valeur) qui a le plus abouti — le projet le plus structurant.
- Un projet global : la coopération de l’écosystème. C’est le chantier qui chapeaute tout — faire coopérer durablement les acteurs régénératifs d’AURA. Deux incarnations concrètes l’amorcent : la structure commune de moyens (portée par un noyau de quatre personnes) et la question de la rémunération du facteur humain, déjà apparue au national et nourrie d’échanges depuis, dont le portage reste à construire. Les autres projets — communauté apprenante, niveau de conscience — en sont les leviers.
- La suite — qui fait quoi. Nous Sommes Vivants produit ce compte rendu et le mapping régional (axe Lyon — Grenoble — Clermont), mais n’héberge pas les projets : il amorce la dynamique et fait confiance au collectif pour la faire vivre. Le référentiel de rémunération du facteur humain est pressenti pour être porté par le Conseil Regen. Le noyau de la structure commune (Nadège Vettard, Christophe Dumais, Laetitia Thomas, François-Donald Monroe) se réunit le 7 juillet (9h30-13h30, La Mulatière) pour cristalliser le projet — ouvert à toute personne intéressée dès 11h30 (sur inscription auprès de François-Donald Monroe).
La journée du 10 juin 2026 a été animée par l’équipe : Jérémy Dumont (Nous Sommes Vivants, à distance), Fériel Poizat (FP Conseil, Nous Sommes Vivants, en salle), Cyrille Souche (Cdurable, Nous Sommes Vivants), François-Donald Monroe (FDO Coaching, Nous Sommes Vivants), Stéphane Renard (Genact AURA, consultant RSE et prospectiviste) et Massimo Goyet (Les Collectifs AURA). François-Xavier Pasquier a animé l’atelier vision de l’après-midi.
L’intention du Regenerative Circle Écosystème en régions
Organisée par Nous Sommes Vivants en partenariat avec Genact AURA, Les Collectifs AURA, Mush et la Fédération du Conseil, cette première édition régionale s’est tenue le 10 juin 2026, de 9h à 18h, à la Maison de l’Environnement de Lyon et en visioconférence. Elle fait suite aux deux journées nationales de Paris (4 décembre 2025 et 30 janvier 2026) : le principe reste le même, mais le prisme se resserre sur le territoire.
Le choix de Lyon n’est pas un hasard : la ville accueille les Rencontres de l’économie régénérative, déjà tenues l’an dernier et reconduites cette année — un terreau local propice pour ancrer la dynamique régionale.
La journée réunit quatre familles d’acteurs essentielles à la trajectoire régénérative des entreprises : les réseaux de la régénération en région, les consultants et cabinets d’accompagnement, les entreprises engagées dans une trajectoire régénérative, et les fonds à impact qui financent les projets.
L’enjeu central : passer de la feuille de route à la mise en projet. Beaucoup d’entreprises disposent désormais d’une stratégie RSE ou d’une feuille de route de transition ; le verrou n’est plus dans l’intention, mais dans la traduction concrète en projets régénératifs sur le terrain. Cette traduction exige une chaîne de compétences que personne ne porte seul — stratégie, accompagnement humain tête-cœur-corps, ingénierie de filière, financement, retours d’expérience entre pairs — ce qui rend la collaboration entre acteurs indispensable.
En amont, chaque participant était invité à confirmer sa venue (RSVP) et à se positionner sur la chaîne de valeur de l’accompagnement à visée régénérative, via le mapping collaboratif sur Miro.
Le livrable principal est un mapping régional des acteurs de l’accompagnement des entreprises vers la régénération, sur l’axe Lyon — Grenoble — Clermont, structuré à partir de la chaîne de valeur, en triple impact (économique, environnemental, social) et intégrant l’accompagnement humain tête-cœur-corps. Il vise à :
- mieux comprendre les offres d’accompagnement de chacun, pour tisser des liens mutuellement bénéfiques ;
- visualiser l’offre complète, pour la rendre plus accessible aux clients, entreprises et territoires ;
- identifier les acteurs non encore impliqués, pour amplifier l’impact collectif dans les années à venir.
Le cadre est rappelé d’emblée : Nous Sommes Vivants n’a pas vocation à héberger tous ces projets ; l’organisation s’engage à produire le compte rendu et le mapping des acteurs, puis fait confiance au collectif pour faire vivre la dynamique régionale et les groupes de travail. Plusieurs initiatives existent déjà (Regen Ecosystem, Conseil Regen, Genact AURA, Les Collectifs AURA, les Rencontres de l’économie régénérative…) : l’enjeu n’est pas de structurer prématurément le mouvement, mais de faire écosystème — « plus on est divers, plus on est puissant », à condition de réussir à coopérer.
Engagements et prochaines étapes
Au global, la suite se joue à trois échelles : livrer et outiller (ce compte rendu et le mapping AURA), faire vivre la dynamique régionale (groupes de travail issus des projets, rencontres entre pairs), et essaimer territoire par territoire (PACA après AURA). Concrètement :
- Livrables Nous Sommes Vivants. Production de ce compte rendu (avec la formulation de chaque projet jugé prioritaire et la liste des présents) et d’un mapping des acteurs de l’accompagnement vers la régénération en AURA, sur le modèle du mapping national.
- Une dynamique régionale à faire vivre. Une dynamique régénérative régionale se met en place « grâce à vous et pas sans vous ». Personne ne coche seul toutes les cases de l’écosystème régénératif : la diversité et la coopération, sans exclusion, en font la force. Jérémy a souligné une différence sensible avec le national : des participants plus à l’aise avec les concepts, plus engagés, et des projets plus pragmatiques — un vrai potentiel pour que la région entraîne d’autres territoires.
- Prochaines rencontres. Le groupe « structure commune » se revoit sous trois semaines, chez François-Donald Monroe. Des temps informels de reliance (apéros) sont envisagés pour ne pas « se retrouver seul » après la journée. Plusieurs participants ont demandé la liste des présents pour garder le lien.
- Un déploiement territoire par territoire. Après AURA, la démarche se poursuivra en région PACA en septembre-octobre — l’objectif étant que chaque territoire fasse émerger sa propre dynamique régénérative et inspire les autres, en lien avec le niveau national.
La cartographie des acteurs
Sur le modèle du mapping national, cette cartographie situe les acteurs qui se sont positionnés lors de l’atelier 1 sur deux repères croisés : leur place dans la chaîne de valeur de l’accompagnement (six étapes, en colonnes) et leur impact dominant (environnemental, social ou économique, en lignes — repris par la couleur des cercles). Les trois sections du bas récapitulent l’approche humaine dominante Tête · Cœur · Corps. Les positionnements sont indicatifs, à affiner dans le mapping AURA complet (axe Lyon — Grenoble — Clermont).
Lecture : les colonnes reprennent les six étapes de la chaîne de valeur ; les lignes, l’impact dominant. La couleur des cercles redit cet impact ; les trois sections du bas situent l’approche humaine dominante. Positionnements issus de l’atelier 1, à valider et compléter.
Les participantes et participants
La journée s’est tenue en duplex : une partie des participants en ligne (Zoom), une autre en présentiel à Lyon — plusieurs inscrits prévus en salle ayant finalement rejoint à distance à cause des grèves de train. Une diversité de parcours, tous tournés vers l’accompagnement du vivant — humain et non humain. (Le tour de table détaillé a eu lieu en ligne ; en salle, les profils sont indiqués via leur structure.)
En ligne
- Karine Chevrot (Evayâm) — facilitatrice et chercheuse en dynamique de groupe et en connexion profonde à la nature ; accompagnements individuels et collectifs par le coaching, l’intelligence collective, le team building et des expériences immersives dans la nature.
- Karine (connexion à la nature) — ex-réserve naturelle, formée à la connexion profonde à la nature ; accompagnement en synergie de groupe avec l’aide de la nature.
- Carole Bon (Terra Mellifera et L’Abeille qui relie) — écologue, régénération de la biodiversité ; reconnexion à soi par la sagesse des abeilles (jardin et rucher pédagogique, ateliers intelligence collective, teambuilding, Drôme).
- Juliette Bonnamour — issue du design management, indépendante ; améliore la qualité des liens par des techniques de présence au corps.
- Caroline — urbaniste-facilitatrice (Chambéry) ; accompagne organisations et territoires vers des chemins régénératifs, en phase amont et en recherche-action.
- Benoît Saudet — ingénieur, formé à l’animation d’ateliers ; venu découvrir le conseil en régénération (inscrit à Lyon, finalement connecté à distance).
- Oriane Cappella (Maca Consulting) — conseil ; a rejoint la session en cours de matinée.
- Thibault Geenen (UNGUESS, ex-Ferpection) — tests utilisateur, QA, cybersécurité, accessibilité numérique.
- Julia Cantarini (Jimpacte) — accompagnement à l’impact.
- Claudine Besserer (UrEvenBetter) — conseil et accompagnement.
- Félicie Royol (OorZone) — conseil et accompagnement.
- Laetitia Gazagnes (Impuls’Innov) — conseil en stratégie d’innovation durable, autrice.
- Caroline Shuttle (Vivez Votre Essentiel) — accompagnement, naturopathie.
- Caroline Balley-Tardy (Prélude) — accompagnement des transitions, connectée en ligne.
- Emmanuelle Rivereau (en création) — connectée en ligne.
- Gwladys Bénistant et Juliette — connectées en ligne en soutien à la facilitation.
En présentiel à Lyon
Outre l’équipe d’animation (noms confirmés) :
- Denis Mercat (venu via GenAct) — économie de la fonctionnalité, coopération et financement de long terme.
- Laetitia Morere — accompagnement, venue via GenAct.
- Pierre Varinard (Wicelium) — accompagnement et coopération, venu via GenAct.
- Alexandra Mali (OXALIS, via Law-Key) — juriste en droit des sociétés ; copilote la transformation de la coopérative OXALIS.
- Nadège Vettard (Edan Adwise) — conseil, basée vers Valence (AURA).
- Christophe Dumais — indépendant (le matin en ligne, en salle l’après-midi).
- Diane Dupré la Tour (Ce Qui A Du Prix, en création) — fondatrice des Petites Cantines, sur la confiance et le lien.
- Marlène Thévenet (Les Pivoteurs) — accompagnement des bifurcations professionnelles.
- Loanne Havette (Anthesis) — conseil en durabilité.
- Nathalie Janin (Povers, Archipel Kyosei) — assistance maîtrise d’usage, agriculture urbaine, potager vertical.
- Sophie Chleq (Fertil’Transitions) — accompagnement des transitions.
- Laure Gatel (Efficience Verte) — conseil en RSE.
- François-Donald Monroe (FDO Coaching) — accompagnement de la transformation.
- Patrice Travail (OIO Consulting) et Laetitia Thomas (Laetitia Thomas Consulting) — conseil et accompagnement.
Les structures représentées (dont inscrits non présents)
L’ensemble des structures inscrites à la journée, par ordre alphabétique — par structure quand elle est connue, sinon par nom. Les personnes qui s’étaient inscrites sans pouvoir être présentes sont signalées « inscrit·e non présent·e ». L’organisateur et les structures partenaires sont indiqués comme tels.
- Act in — Anne Cécile Tolian (inscrite non présente)
- Anthesis — Loanne Havette
- Archipel Kyosei / Povers — Nathalie Janin
- Benoît Saudet — ingénieur
- Cardabel Impact — Robin Gayrard
- Ce Qui A Du Prix — Diane Dupré la Tour
- CDurable — Cyrille Souche
- Cerf Vert — Max Senange
- Caroline — urbaniste-facilitatrice (Chambéry)
- Christophe Dumais — indépendant
- Corpokarma — Thomas Roulin
- Delphine Rodillon
- Edan Adwise — Nadège Vettard
- Emmanuelle Rivereau (en création)
- Efficience Verte — Laure Gatel
- Elycoop — Anne-Laurence Mougin
- Evayâm / Ma bouteille s’appelle Reviens — Karine Chevrot
- FDO Coaching — François-Donald Monroe (Nous Sommes Vivants)
- Fédération du Conseil (partenaire)
- Fertil’Transitions — Sophie Chleq
- FP Conseil — Fériel Poizat (Nous Sommes Vivants)
- François-Xavier Pasquier — animation de l’atelier vision
- Genact AURA (partenaire) — Stéphane Renard, Denis Mercat, Laetitia Morere
- Gwladys Bénistant — soutien à la facilitation
- Impuls’Innov — Laetitia Gazagnes
- Jimpacte — Julia Cantarini
- Juliette Bonnamour — design management
- Karine — connexion à la nature
- Laetitia Thomas Consulting — Laetitia Thomas
- L’Abeille qui relie — Carole Bon
- Les Collectifs AURA (partenaire) — Massimo Goyet
- Les Pivoteurs — Marlène Thévenet
- Maca Consulting — Oriane Cappella
- Mélibée — Solenn Assathiany (inscrite non présente)
- Mush (partenaire)
- Nathalie Boccas (en création — inscrite non présente)
- Nous Sommes Vivants (organisateur) — Jérémy Dumont
- OIO Consulting — Patrice Travail
- OorZone — Félicie Royol
- OXALIS / Law-Key — Alexandra Mali
- PoPPins — Carinne Fleury
- Prélude — Caroline Balley-Tardy
- PTCE Vivre Les Mureaux — Jean-Marc Semoulin (inscrit non présent)
- Robustia Management — Victoria Gaillard
- The Nature Conservancy — Diego Parra (inscrit non présent)
- TPE Conseil — Mélanie Dejardin
- Transformance — Vanessa Mendez
- UNGUESS — Thibault Geenen
- UrEvenBetter — Claudine Besserer
- Vivez Votre Essentiel — Caroline Shuttle
- We Do Good — Anaïs Bouchet
- Wicelium — Pierre Varinard
Le cadrage : ce que régénération veut dire
Jérémy Dumont rappelle la définition stable portée par Nous Sommes Vivants, articulée autour du livre blanc et du Capacity Score. La régénération, c’est donner aux êtres vivants — dont les humains — les ressources leur permettant d’être en capacité d’atteindre leur plein potentiel dans leur environnement. On régénère un collaborateur, on aide une forêt à se régénérer ; en revanche on restaure une nappe phréatique. Les ressources (eau, air, carbone, azote, pollution plastique) ne sont pas vivantes : on les restaure pour libérer la capacité du vivant, mais la régénération porte sur l’augmentation des capacités du vivant lui-même — non pour être « plus fort », mais pour atteindre son plein potentiel, comme un arbre qui cesse de croître une fois accompli.
La particularité de l’approche tient à une logique de santé commune (One Health) et d’écosystème habité : on ne regarde pas seulement l’habitat de la biodiversité, mais les habitants — êtres vivants humains et non humains — et les relations entre eux. L’écologie est ainsi entendue dans son sens large (nature, social, économique au sein d’un même écosystème), comme enjeu de lien et de relation, au-delà de la réduction fréquente de l’écologie à l’environnement et à la seule transition énergétique.
Les étapes de la trajectoire, telles que posées dans le livre blanc, sont rappelées : limiter et préserver les impacts négatifs, jusqu’à un zéro impact ; restaurer (phase de robustesse) des écosystèmes dégradés vers un état antérieur, surtout pour la pérennité de l’activité ; puis régénérer, lorsque le territoire et ses habitants prospèrent grâce à l’activité économique — pas malgré elle. C’est là un changement de modèle mental autant qu’opérationnel : on quitte une logique de réduction et de responsabilité (faire moins de mal) pour une logique de systèmes vivants — vitalité, relation et contribution. Le Capacity Score vient ensuite révéler où une organisation se situe sur cette trajectoire et quels leviers activer pour progresser.
Le matin — Qui fait quoi et quels enjeux
Atelier 1 — Se positionner sur la chaîne de valeur
Le premier atelier s’appuie sur les six étapes de la chaîne de valeur de l’accompagnement d’une entreprise vers la régénération : prendre conscience du vivant, poser un cap régénératif, élaborer une stratégie, accompagner les projets, communiquer, financer. Chacun se positionne sur l’étape (ou entre les étapes) où se situe son activité, par affinité, en sous-groupes, pour identifier son cœur de compétence (« qui est avant moi, qui est après moi ? ») et les coopérations possibles. Comme à Paris, l’ordre est challengé : la chaîne n’est pas linéaire, il y a des itérations (du Comex aux collaborateurs), et il manque encore des cartes sur les fournisseurs, distributeurs et consommateurs finaux, à ajouter en amont et en aval.
Voici comment les acteurs présents se répartissent sur les six étapes, avec leurs enjeux et leviers (positionnements indicatifs, à affiner dans le mapping AURA). Certains acteurs couvrent plusieurs étapes et apparaissent donc à plusieurs endroits :
- Prendre conscience du vivant. Acteurs : Juliette Bonnamour, Karine (connexion à la nature), Max Senange (Cerf Vert, éducation et reconnexion au vivant), Karine Chevrot (Evayâm) et Carole Bon (L’Abeille qui relie / Terra Mellifera) — ces deux dernières intervenant aussi en accompagnement. Enjeux : éveiller par le corps et le ressenti, créer des espaces sécurisés, donner à chacun le mode d’emploi de son propre fonctionnement (tête / cœur / corps). Leviers : reconnexion à la nature, fresque des imaginaires et des émotions, expériences sensibles en groupe.
- Poser un cap régénératif. Acteurs : aucun participant ne s’est positionné explicitement sur cette étape — un angle peu couvert par l’écosystème AURA réuni ce jour-là, alors qu’il est décisif pour faire le choix de la voie régénérative et le porter au niveau de la direction. Leviers : raison d’être, leadership régénératif (visionnaire + animateur), portage stratégique.
- Élaborer une stratégie. Acteurs : coachs en gouvernance, Alexandra Mali (OXALIS / Law-Key, juriste), Caroline (urbaniste-facilitatrice), Vanessa Mendez (Transformance), Stéphane Renard (Genact AURA, prospective stratégique). Enjeux : chaîne de valeur, cartographie des parties prenantes, modèle d’affaires et gouvernance, feuille de route — l’élément de bascule. Leviers : business model régénératif (cinq ateliers), droit des sociétés coopératives, dynamiques de groupe.
- Accompagner les projets. Acteurs : Karine Chevrot (Evayâm), Carole Bon (L’Abeille qui relie / Terra Mellifera), Diane Dupré la Tour (Ce Qui A Du Prix, confiance et lien), Fériel Poizat (FP Conseil, coopération et facilitation), Caroline (urbaniste-facilitatrice, dimension territoriale), Karine Bien commun, Cyrille Souche (Cdurable), Pierre Varinard (Wicelium), Sophie Chleq (Fertil’Transitions), Marlène Thévenet (Les Pivoteurs), Nathalie Janin (Povers / Archipel Kyosei), François-Donald Monroe (FDO Coaching, accompagnement de la transformation). Enjeux : piloter la « matière vivante » en temps réel, articuler entreprise et territoire, ne pas s’épuiser. Leviers : recherche-action, cap-chemin, terreau fertile (territoire + écosystème).
- Communiquer. Acteurs : Nadège Vettard (Edan Adwise), Laetitia Gazagnes (Impuls’Innov), médias territoriaux évoqués dans la vision. Enjeux : faire connaître la démarche en interne, en externe et jusqu’au consommateur sans tomber dans le « buzz sans action ». Leviers : récits inspirants, rapport extra-financier, médias de territoire.
- Financer les projets. Acteurs : Denis Mercat (économie de la fonctionnalité), Anaïs Bouchet (We Do Good, financement participatif), Robin Gayrard (Cardabel Impact). Enjeux : financer l’usage et le temps long malgré les amortissements courts, valoriser économiquement la coopération. Leviers : fonds à impact, subventions (ADEME), coopération long terme avec politiques et banquiers.
Restitution — présentiel (Lyon)
Trois groupes se sont positionnés sur la chaîne de valeur. L’animatrice a observé que l’identification d’acteurs précis avec qui coopérer restait timide (faute de temps), tandis que collaboration et valeurs ressortaient fortement, dans une logique d’écosystème circulaire plutôt que de chaîne linéaire.
- Groupe 1 — Prendre conscience et poser un cadre. Situé entre « prendre conscience » et « poser un cadre régénératif », avec une particularité : pas d’amont avant eux — c’est à eux d’impulser. Un levier revient dans tous les partages, le tête-corps-cœur mobilisé dans ses trois étages, condition pour embarquer et pour partager (plus que convaincre). Le groupe distingue trois postures : la posture interne (être dans le paquebot et le faire tourner de quelques degrés — patient mais important) ; la posture externe / militante (créer ses propres structures pour inspirer, libéré des conventions des grandes organisations) ; la posture de l’interstice (entre les deux, des lieux de rencontre et de création de liens plus libres).
- Groupe 2 — Stratégie et valeurs. Profils complémentaires : coachs en gouvernance (dynamiques de groupe, répartition du pouvoir), accompagnement « individu et collectif dans un monde mouvant », juriste en droit des sociétés copilotant des transitions. Le groupe se situe juste après la prise de conscience : son rôle est d’accompagner des organisations déjà conscientes vers plus de maturité, de responsabilité et d’opérationnalité de la stratégie — une posture d’abord « tête » (analyse, structure, stratégie). Mais le partage fait vite émerger l’épuisement et les peurs, qui ramènent au « cœur » : pour la rapporteuse, le « collaborateur » essentiel pour ne pas s’épuiser est le Village des Pruniers et l’enseignement de Thich Nhat Hanh — un écosystème individuel et collectif qui soutient activistes et militants pour qu’ils ne brûlent pas.
- Groupe 3 — Accompagner les projets. En deuxième lecture, on distingue les moyens (techniques, humains, organisationnels, financiers) et il devient difficile de se situer dans une version linéaire : c’est une boucle. On sort du projet à KPI clairs pour entrer dans la matière vivante (« ça pousse, ça pousse pas, il y a des saisons ») : pilotage en temps réel, « on tente, on voit comment ça réagit, on adapte », sans s’entêter dans une organisation qui épuise. « Fixer un cap qui est le chemin, et pas tellement l’objectif final. » On est « à la fois partie de la solution et du problème » : on nourrit l’écosystème, on ne le subit pas.
Restitution — distanciel (en ligne)
Deux sous-groupes se sont formés :
- Sous-groupe amont (Juliette, Carole et Karine Chevrot / Evayâm) — part de la prise de conscience et du sens, par conviction qu’on ne peut viser un système régénératif sans l’avoir ressenti « dans ses tripes, dans son corps, dans sa conscience » — autrement dit dans les trois étages tête, cœur et corps à la fois. Cœur de compétence commun : éveiller les consciences par le rapport au corps et créer des espaces sécurisés, chacun entrant par la tête, le cœur ou le corps selon sa typologie, l’enjeu étant de donner à chacun le mode d’emploi de son propre fonctionnement.
- Sous-groupe aval (Karine bien commun, Caroline et Cyrille) — se positionne sur l’accompagnement des projets (business model / financement, dimension territoriale et publique), avec la conviction qu’aucune entreprise ne pousse sur un terreau non fertile.
La restitution commune, portée par Caroline, insiste sur le caractère systémique et fractal : on passe la balle dans les deux sens (territorial ↔ opérationnel, individuel ↔ collectif). Ressources citées : Olivier (safe spaces, ex-Danone), Regenesis et la Théorie U, les cercles de résonance et de solidarité, le travail qui relie (Joanna Macy), le mouvement biophilique, les cercles restauratifs.
Atelier 2 — Les impacts et résultats attendus
Le second atelier porte sur les impacts recherchés et les résultats attendus, selon quatre dimensions : environnementale, sociétale, économique — le triple impact — et tête-cœur-corps, qui qualifie l’accompagnement humain. Il mobilise les outils de Nous Sommes Vivants : business model régénératif en cinq ateliers, fresque du facteur humain, fresque des émotions, fresque des imaginaires.
Restitution — présentiel (Lyon)
Le partage converge vers le tête-cœur-corps comme socle de tout accompagnement régénératif, et vers la difficulté de le faire reconnaître. Quatre points de vigilance sont remontés :
- Le portage stratégique des décideurs — frein quand il manque, parfois un sommet financier qui bloque malgré des salariés convaincus ; à l’inverse, un dirigeant convaincu mais isolé qui ne sait pas embarquer ses équipes.
- La déontologie du safe space en interne — ne pas instrumentaliser, respecter la frontière vie privée / professionnelle, discerner le niveau de potentiel prêt à accueillir ces approches (référence à Regenesis).
- La diffusion plutôt que la conviction forcée — respecter le temps long, « grandir ce n’est pas tirer sur la fleur » ; le village de 20 habitants éteignant son éclairage, devenu festival d’astronomie puis réserve de ciel étoilé.
- Prendre soin de soi pour durer — se relier, créer des îlots de cohérence face à l’écoanxiété et au burnout.
Restitution — distanciel (en ligne)
Les groupes en ligne ont travaillé les leviers de coopération :
- Enseignement – pratique – communauté (dharma / sangha) — on apprend, mais on ne met pas en pratique seul : il faut une communauté et des espaces porteurs d’un rêve collectif.
- Le « gros mammouth » — identifier l’opportunité juteuse et mobiliser les compétences du groupe pour aller la chercher.
- Les semences fertilisantes (les bolas de Rudolf Steiner) — poésie, chant, danse qui passent « sous le radar du cognitif » et recréent du lien.
- Les six portes de la transition (Campus de la Transition) — chacun rassure à sa manière (éthique, science, structure, récit, terrain, alignement intérieur).
- La confiance et l’incertitude — faire des relations un objectif en soi, requalifier l’incertitude en potentiel d’opportunité (robustesse).
- Dépasser la linéarité — « changer de niveau pour basculer progressivement ensemble », faire comme le vivant fait ensemble.
C’est aussi dans cet atelier qu’a émergé l’échange sur la confiance lancé par Diane Dupré la Tour et retourné par Cyrille Souche (« la confiance se donne ») — développé plus bas dans les enseignements du matin.
Les cinq projets dégagés du matin
En croisant les positionnements sur la chaîne de valeur et les opportunités de collaboration, ces deux ateliers font ressortir des enjeux collectifs et freins systémiques partagés, qui se cristallisent en cinq projets à déployer ensemble — travaillés en détail l’après-midi :
- Rémunérer et valoriser le facteur humain (tête-cœur-corps), constitutif d’un projet régénératif et non accessoire — pour qu’il figure dans les devis et soit payé à sa juste valeur.
- Une communauté apprenante dans un safe space — un espace sécurisé où la confiance est posée comme premier apprentissage et clé des suivants.
- Développer la coopération dans les relations — confiance donnée, coconstruction, duo dirigeant éclairé / animateur, et à l’échelle de l’écosystème le passage de la compétition à la coopétition.
- Changer de niveau de conscience pour basculer progressivement ensemble — sans dupliquer l’existant, en gardant chemin faisant un niveau de conscience ouvert et élevé.
- Articuler le portage stratégique du décideur et l’adhésion des salariés — lever le double frein du décideur qui bloque (souvent au sommet financier) malgré des équipes convaincues, et du dirigeant convaincu mais isolé qui ne sait pas embarquer ses équipes, en respectant le timing du vivant et la diffusion plutôt que la conviction forcée.
Ce que le matin nous apprend
Le positionnement sur la chaîne de valeur a moins servi à se ranger dans une case qu’à révéler que l’écosystème est circulaire et fractal : chacun se sent « un peu partout », à la fois partie de la solution et du problème. Il faut toutefois lire ces résultats à la lumière de la composition de la journée : une large majorité de consultants et d’accompagnants, peu d’entreprises et de fonds. L’écosystème est donc surtout regardé du point de vue de l’accompagnement — d’où l’importance, pour la suite, d’élargir aux entreprises engagées et aux financeurs.
Le fil rouge commun, présent dans tous les groupes, est le tête-cœur-corps, encore insuffisamment reconnu et financé. Et le vrai sujet, répété d’atelier en atelier, n’est pas tant l’offre individuelle que la coopération : faute de temps, l’identification d’acteurs précis avec qui collaborer est restée à amorcer — c’est précisément ce que l’après-midi a cherché à concrétiser.
C’est sur ce terrain qu’a eu lieu l’échange le plus marquant du matin, lancé par Diane Dupré la Tour. À la question de savoir comment naît la coopération, Jérémy livre d’abord une lecture répandue : la confiance se gagne, elle se mérite par des preuves accumulées au fil du temps. Cyrille propose alors un retournement, salué comme un moment fort : cette vision méritocratique de la confiance répond surtout à un besoin de conformité et de contrôle, et elle crée — sans le vouloir — de la fragilité, car elle suspend toute relation à des conditions préalables. Dans un monde d’incertitude amplifiée, il est plus robuste de voir la confiance non comme une récompense après coup, mais comme l’acte par lequel tout commence : la confiance se donne. C’est elle qui rend possible de créer du lien dans l’incertitude, à condition de poser et de prendre soin d’un cadre collectif. Pourquoi cet échange compte-t-il autant ? Parce qu’il touche la racine du sujet de la journée : si la coopération est le vrai enjeu de l’écosystème, alors la confiance donnée d’emblée — et non gagnée au compte-gouttes — en est la condition de départ.
L’après-midi — De la vision aux projets
L’après-midi, présentiel et distanciel ont travaillé ensemble dans un même flux, en deux temps : (1) poser une vision commune désirable, animée par François-Xavier Pasquier, puis (2) la traduire en projets concrets — des sous-groupes se répartissant par enjeu pour les travailler avec le Canva des Actants, sous la conduite de Jérémy Dumont et Fériel.
Temps 1 — Poser la vision et ses implications
François-Xavier Pasquier a ouvert par une visualisation guidée : après avoir honoré le passé (les vivants venus avant nous), le présent (la chance d’être réunis) et les autres vivants autour de soi (arbres et équipe compris), chacun a reçu la visite d’un être venu du futur le plus désirable — celui où le plus haut potentiel a émergé — pour lui montrer le fruit du travail accompli ensemble. Le tour de parole « dans ma vision future… » a fait ressortir : une éducation holistique, l’authenticité au-delà du matérialisme, le corps et la présence au centre, le lâcher-prise, des villes où le béton fissuré laisse place aux parcs et fontaines (« oser entreprendre »), la proximité et la mobilité douce, l’écoute de la raison d’être pour décider, des lieux mêlant végétation, pierre et bois où l’on apprend ensemble, des enfants qui plantent et invitent à la patience, l’approche sensible devenue la norme, la connexion à ses vulnérabilités, un institut de formation des chefs de projet régénératif, un monde de beauté, de joie et de reliance, et — dans le chat — un vivant placé au centre de chaque décision.
Chacun a daté sa vision puis l’a fait redescendre à 10 ans pour la dessiner. Quatre visions ont été présentées, puis soumises à un vote progressif. La vision A l’a emporté : une loupe qui zoome sur AURA, un chapiteau de cirque où la communauté régénérative fait la fête (musique, banderoles, oiseaux), chacun avec sa singularité (certains dansent, d’autres font la sieste à l’ombre), une rivière, et le monde « non régénératif » qui regarde avec envie ; en parallèle, des médias territoriaux font émerger d’autres récits, économiques compris. Le poster a été enrichi collectivement : les frontières géopolitiques deviennent des frontières naturelles (bassins versants, montagnes, rivières jusqu’à l’océan) ; un cœur-flamme dans chaque personne et dans l’arbre ; un bord façon planète bleue accueillant les parties prenantes humaines et non humaines (dont des mammifères marins, pour leur intelligence émotionnelle et la création « avec le monde ») ; un grand arbre reliant les mondes en fond ; un ciel étoilé en plein jour pour la vision qui rayonne.

La vision commune dessinée puis enrichie collectivement, animée par François-Xavier Pasquier.
Et concrètement. Un dernier tour a fait atterrir la vision sur des implications très concrètes : trouver un territoire pilote d’expérimentation ; organiser un festival dès l’été (ateliers de sensibilisation et activités manuelles) ; emmener des lycéens en forêt pour se reconnecter au vivant et découvrir la coopération ; créer des groupes d’écoute profonde du vivant ; nourrir les liens du leadership régénératif et l’ancrage territorial ; se redonner rendez-vous pour « mettre les mains dans la terre » et avancer ensemble.
Le film de notre ambition — Auvergne-Rhône-Alpes, 2036
Dix ans plus tard, la loupe s’est posée pour de bon sur la région. Sous le grand chapiteau, nous nous retrouvons régulièrement : on y fait la fête, on y danse, et certains font la sieste à l’ombre des arbres — preuve, dit-on, d’une société qui a appris à respirer. Les frontières que nous traçons ne sont plus des lignes administratives mais des bassins versants, des crêtes et des rivières qui descendent jusqu’à l’océan.
Chacun de nous porte un cœur-flamme, et nous reconnaissons celui de l’autre ; la confiance ne se gagne plus, elle se donne d’emblée, et c’est elle qui rend nos coopérations robustes. Un territoire pilote est devenu vivant : entreprises, élus, écoles et habitants y apprennent ensemble, dans des lieux qui mêlent végétation, pierre et bois. Les médias territoriaux font circuler d’autres récits, économiques compris, et le reste du monde nous regarde avec envie.
Nous avons cessé d’être des indépendants isolés : une structure commune nous relie, partage la valeur de façon juste et porte des projets de long terme. Le facteur humain — le tête-cœur-corps — est enfin reconnu et rémunéré à sa juste place. Au-dessus de nous, un ciel étoilé en plein jour : la vision rayonne, et le territoire prospère grâce à notre activité — pas malgré elle.
Mots-clés et concepts porteurs
Les échanges de la journée ont fait circuler un vocabulaire commun et quelques concepts visionnaires, utiles pour prolonger la réflexion :
Mots-clés : mycélium · écosystème habité · One Health (santé commune) · tête-cœur-corps · triple impact (environnemental, sociétal, économique) · retournement de finalité · terreau fertile · cap-chemin · matière vivante · safe space · îlots de cohérence · capitaux (humain, naturel, financier) · communs.
Concepts porteurs : la confiance qui se donne (et non qui se gagne) ; la robustesse plutôt que la performance (« on est robuste parce qu’on est relié ») ; faire de l’incertitude un potentiel d’opportunité ; un nouveau niveau de coopération pour tenir dans un monde complexe ; le duo dirigeant éclairé / animateur de communauté ; le « gros mammouth » (projet d’ampleur mutualisé) ; la gouvernance des communs ; passer de la compétition à la coopétition ; les frontières naturelles (bassins versants) plutôt que géopolitiques ; le représentant du vivant non humain au sein de la gouvernance (droit de vote, voire de veto).
Temps 2 — Travailler les enjeux en sous-groupes
Une fois la vision posée, le collectif est revenu aux cinq enjeux du matin pour les transformer en projets. La démarche : reformuler chaque enjeu en problème, voter pour répartir les participants en sous-groupes par projet, puis travailler chacun avec le Canva des Actants (formuler le problème, lister les parties prenantes, distinguer actants directs et indirects, identifier une relation mutuellement bénéfique). Faute de temps et d’énergie en fin de journée, quatre projets ont effectivement trouvé un sous-groupe — les deux autres (changer de niveau de conscience ; articuler portage du décideur et adhésion des salariés) n’ont pas été saisis et ont été reliés aux projets voisins. C’est la structure commune qui a le plus abouti, s’imposant comme le projet le plus structurant.
- Rémunérer et valoriser le facteur humain. Le problème : on est payé pour la formation ou la gestion de projet, mais pas pour l’accompagnement humain (coaching, dynamique collective, changement de modèle mental) pourtant indispensable à la réussite. Piste d’actant direct : un syndicat des consultants (type Conseil Regen) établissant des bonnes pratiques de facturation, soutenu par les consultants cotisants et quelques entreprises exemplaires. Structure porteuse pressentie : Conseil Regen (avec Agnès Rambaud et Sophie de Suricats), sachant qu’elle réunit des cabinets et non des consultants individuels — point à travailler. À noter : Conseil Regen a justement engagé un travail sur la mesure d’impact des cabinets de conseil, dont la transformation des comportements — un chantier complémentaire de la valorisation du facteur humain.
- Communauté apprenante dans un safe space, avec des méthodes rassurantes et créatives. Conclusion : la confiance est le premier apprentissage et la clé des suivants — sans confiance, pas d’apprentissage ; se laisser du temps, du repos et de l’espace mental est nécessaire pour s’enrichir.
- Développer la coopération dans les relations (confiance, coconstruction, vision utopique partagée). Problème formulé : « le monde est tellement complexe que seules les organisations ayant développé un nouveau niveau de coopération tiendront dans le temps ». Actant direct : le dirigeant / patron, que l’on souhaite éclairé ; actant indirect : un animateur de communauté (ou un conseil des sages, ou un médiateur porteur de cadre) formant un duo complémentaire — l’un fédère et tranche, l’autre anime l’intelligence collective. Relié à la robustesse (Olivier Hamant) : on est robuste parce qu’on est relié. Un second sous-groupe a posé la même question en macro : passer de la compétition à la coopétition et valoriser économiquement la coopération.
Deux enjeux du matin n’ont pas trouvé de sous-groupe l’après-midi : changer de niveau de conscience (que Jérémy proposait de ne pas dupliquer, le sujet recoupant l’atelier des Trois Horizons et la communauté robustesse d’Olivier Hamant) a été relié à la communauté apprenante, comme un regard à garder ouvert chemin faisant ; et articuler le portage du décideur et l’adhésion des salariés, bien que vivement discuté le matin, n’a pas été repris faute de porteurs disponibles en fin de journée.
Le projet qui a le plus abouti s’est rapidement imposé comme le plus structurant — l’incarnation concrète du cap de coopération :
Structure commune. Le constat de départ : beaucoup sont des indépendants « hommes et femmes orchestres » qui collaborent sur des missions courtes, alors que la transformation régénérative demande du temps long. Piste : une coopérative de moyens qui mutualise trois fonctions — des apporteurs d’affaires (aller chercher les projets), un design pédagogique (concevoir les dispositifs et la recherche-action) et une communauté de facilitateurs (les déployer) — pour viser de gros projets de long terme (« le gros mammouth », de l’ordre de 30 000 € / an) plutôt que des missions isolées. La valeur est partagée équitablement : piste évoquée d’au moins 50 % pour le design pédagogique et la communauté, environ 1 % pour l’apport d’affaires, avec une gouvernance inspirée des communs, élargie à l’économie, et la production de communs réutilisables. À inviter : des apporteurs d’affaires, des juristes du coopératif (Alexandra Mali / OXALIS), des financeurs à impact (We Do Good, fonds), et surtout un grand donneur d’ordre (métropole, gros client, besoin de territoire) comme problème central à adresser — c’est lui qui rend le « gros mammouth » possible. Les quatre porteurs (Nadège Vettard, Christophe Dumais, Laetitia Thomas, François-Donald Monroe) se donnent rendez-vous pour cristalliser ces réflexions, le 7 juillet de 9h30 à 13h30 (déjeuner compris), au 31 quai JJ Rousseau, La Mulatière (chez François-Donald Monroe). Toute personne intéressée est invitée à les rejoindre dès 11h30, en se signalant avant le 5 juillet auprès de François-Donald Monroe.
Ce que l’après-midi nous apprend
Partir d’une vision désirable avant de revenir aux problèmes a permis de relier l’élan collectif — le chapiteau, les cœurs-flammes, le territoire qui prospère — à des projets concrets. Pour chacun, le travail au Canva des Actants dégage une piste de solution et, surtout, les profils à inviter dans les futurs groupes de travail :
- Facteur humain. Piste : un référentiel de bonnes pratiques de facturation de l’accompagnement humain, porté par une instance de type syndicat des consultants. À inviter : le Conseil Regen (Agnès Rambaud, Sophie de Suricats), quelques entreprises clientes exemplaires prêtes à payer le tête-cœur-corps, et des consultants praticiens du facteur humain (fresque des émotions, du facteur humain).
- Communauté apprenante. Piste : un espace sécurisé où la confiance est posée comme premier apprentissage, avec du temps et du repos comme conditions. À inviter : des facilitateurs de safe space et d’intelligence collective, des praticiens de la confiance et du lien (Diane Dupré la Tour / Ce Qui A Du Prix), et un lieu d’accueil pour ancrer la communauté.
- Coopération. Piste : installer dans les organisations le duo dirigeant éclairé / animateur de communauté ; à l’échelle de l’écosystème, passer de la compétition à la coopétition. À inviter : des dirigeants « éclairés » (actants directs), des animateurs de communauté ou conseils des sages, des médiateurs porteurs de cadre, et la communauté robustesse (Olivier Hamant) comme caution.
- Structure commune. Le constat de départ : beaucoup sont des indépendants « hommes et femmes orchestres » qui collaborent sur des missions courtes, alors que la transformation régénérative demande du temps long. Piste : une coopérative de moyens qui mutualise trois fonctions — des apporteurs d’affaires (aller chercher les projets), un design pédagogique (concevoir les dispositifs et la recherche-action) et une communauté de facilitateurs (les déployer) — pour viser de gros projets de long terme (« le gros mammouth », de l’ordre de 30 000 € / an) plutôt que des missions isolées. La valeur est partagée équitablement : piste évoquée d’au moins 50 % pour le design pédagogique et la communauté, environ 1 % pour l’apport d’affaires, avec une gouvernance inspirée des communs, élargie à l’économie, et la production de communs réutilisables. À inviter : des apporteurs d’affaires, des juristes du coopératif (Alexandra Mali / OXALIS), des financeurs à impact (We Do Good, fonds), et surtout un grand donneur d’ordre (métropole, gros client, besoin de territoire) comme problème central à adresser — c’est lui qui rend le « gros mammouth » possible.
- Niveau de conscience. Piste : ne pas réinventer un outil, mais s’appuyer sur l’existant. À inviter : les porteurs des Trois Horizons et la communauté robustesse, en gardant un regard ouvert — ce projet se fondant en partie dans la communauté apprenante.
Les mots de la fin
Le tour de clôture a confirmé une journée nourrissante. Plusieurs éléments sont revenus :
- La puissance du présentiel et de l’intelligence collective : une participante ayant déjà fait l’équivalent en Zoom six mois plus tôt souligne que « ça n’a rien à voir » ; une autre se dit « émerveillée par la puissance de l’intelligence collective » et l’envie d’y travailler « sans relâche ».
- Le bonheur d’un partage inattendu : plusieurs étaient venus rencontrer des personnes qui n’étaient finalement pas là, et ont « trouvé autre chose » — un sujet qui leur tient à cœur, un groupe (le 4) qui « a percuté très vite » malgré le temps limité, et une suite engagée.
- L’aspiration à rencontrer le régénératif en région, sans devoir « toujours aller à Paris », et à trouver « quelque chose de plus pragmatique que d’habitude » — l’une des clés relevées étant d’avoir « commencé par nos singularités pour trouver des problématiques communes », là où d’autres mouvements partent du « top level régénératif ».
- La coopération comme moteur : sortir des cloisonnements, distinguer coopération et collaboration, et l’envie de se retrouver pour des continuités concrètes. Comme l’a résumé un participant : « on est robuste parce qu’on est relié ».
- La gratitude envers l’équipe d’animation — Jérémy en lead, Fériel en salle, Stéphane (plus discret mais déterminant), Cyrille et François-Donald — et l’appréciation de l’atelier vision animé par François-Xavier Pasquier, dont les dessins de visions ont été reçus « comme des œuvres d’art ».
- Des projets déjà engagés : trois ressortent bien avancés — facteur humain, coopération, structure commune —, ce dernier avec un noyau de quatre porteurs qui se revoient sous trois semaines pour cristalliser leur réflexion.
- Un point de vigilance partagé : ne pas dupliquer ce qui existe déjà, et trouver pour chaque projet une structure prête à le porter dans la durée.
« Ce n’est pas la quantité de personnes qui compte. » Moins nombreux que prévu mais plus engagés, ancrés sur un même territoire atteignable, les participants repartaient avec des projets concrets et l’envie de poursuivre — le signe que le mycélium régional avait commencé à se tisser.


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