Marc-André Selosse : régénérer par les interactions entre êtres vivants

Marc-André Selosse — Lauriers de la Régénération 2026

Professeur au Muséum national d’histoire naturelle, biologiste passionné de mycologie et de botanique, vulgarisateur infatigable des sciences du vivant, Marc-André Selosse a accepté de répondre aux questions d’Albane Roussot pour le préprogramme des Lauriers de la Régénération 2026. Une conversation où il déploie sa lecture du vivant — dans le temps et dans l’espace — pour ouvrir une réflexion sur ce que la régénération peut signifier quand on la prend au sérieux du point de vue biologique.

Les 11 et 12 juin 2026, Nous Sommes Vivants réunit à Paris et en visioconférence la 3ᵉ édition des Lauriers de la Régénération, autour d’un dialogue entre régénération et robustesse. Pour préparer ce rendez-vous, Albane Roussot a engagé une série d’entretiens avec des voix singulières du vivant. Celle de Marc-André Selosse y tient une place particulière : il rappelle, avec la précision d’un biologiste qui n’a jamais cessé d’enseigner, à quel point nos pratiques économiques sont contraintes — et inspirées — par ce que la science nous apprend des interactions vivantes.

Transmettre l’outil de production de bien-être et de santé qu’on a reçu

Lorsque Albane Roussot lui demande de se présenter, Marc-André Selosse situe d’emblée son geste de chercheur dans une visée de transmission :

« Je suis professeur du Muséum national d’histoire naturelle. Dès l’enfance, j’ai été un passionné de nature et surtout de mycologie, mais aussi de botanique. Et puis non seulement j’ai fait mes travaux de recherche là-dessus, mais en plus j’ai essayé ces années de vulgariser l’ensemble des travaux — non pas les miens seulement, mais l’ensemble des travaux de recherche qui ont été faits un peu partout et qui permettent finalement de comprendre ce que nous sommes, où nous sommes, d’où nous venons, et surtout ce que nous pouvons être. »

Marc-André Selosse

« C’est-à-dire, poursuit-il, donner des outils basés sur le vivant — les fameuses solutions basées sur la nature — pour finalement faire aussi bien en termes de confort, d’alimentation, de matériaux, mais avec un impact moindre. » Et d’ajouter, dans un mouvement qu’il revendique : « Finalement, moi je suis un humaniste. Être un humaniste, c’est croire aux humains de demain, c’est préparer une terre qui soit vivable pour eux, et on doit absolument transmettre l’outil de production qu’on a reçu, l’outil de production de bien-être, de santé qu’on a reçu. »

Déployer l’humain dans le temps et dans l’espace

À la question d’Albane Roussot sur ce que la régénération vient adresser — « être pleinement vivant ensemble sur cette terre » — Marc-André Selosse répond par une mise en perspective :

« J’aimerais déployer ça dans le temps et dans l’espace. Dans le temps, il faut comprendre d’où l’on vient. Nous avons fleuri dans une diversité d’êtres vivants où il y avait des choses indésirables — des maladies, des parasites — mais aussi tout un tas de choses qui nous ont permis de nous alimenter et d’être ce que nous sommes. Nous sommes adaptés à la nature où nos ancêtres sont apparus. Plus on s’éloigne de ça, plus on court le risque de perdre des optimisations. »

Marc-André Selosse

Il s’arrête sur un exemple qui frappe par sa simplicité : « Il y a des travaux finlandais qui montrent que les enfants, quand ils touchent le sol, il y a des bactéries du sol qui passent sur leur peau, ils n’en meurent pas, mais ça modifie l’équilibre des interleukines qui sont des régulateurs du système immunitaire — en diminuant celles qui provoquent des inflammatoires, et en augmentant celles qui permettent des réactions rapides en cas de maladie. Le système immunitaire fonctionne mieux. Pourquoi ? Parce qu’en fait le système immunitaire a toujours été construit avec des contaminations cutanées, et donc un minimum de contamination est nécessaire. »

Puis vient la vision spatiale : « Déployer l’homme dans l’espace, c’est comprendre tous ces écosystèmes dont on dépend — ceux dont viennent notre coton, nos aliments, comme ce thé que je suis en train de siroter en vous parlant — et puis aussi tous ces écosystèmes internes, nos microbiotes qui construisent notre santé. Quand le microbiote s’abîme, on n’en meurt pas, mais on a plus de risque d’obésité, plus de risque d’Alzheimer, plus de risque de maladie auto-immune, ou de diabète, ou d’allergie. C’est cette vision de se déployer dans le temps et dans l’espace, et là on trouve finalement le vivant comme outil. »

Le vivant, c’est ce qui évolue

Albane Roussot enchaîne sur la question de la définition du vivant. Réponse :

« Le vivant, c’est ce qui évolue. La reproduction, ce n’est pas le propre du vivant — les cristaux se reproduisent quand ils grandissent. Mais la capacité d’évoluer, c’est-à-dire qu’à tout moment ça change, ça accumule à la fois des alliés, des risques pour les espèces qui sont là, ça peut les conduire à s’adapter, mieux aussi à disparaître — l’évolution, c’est la première chose. »

Marc-André Selosse

Cette définition évolutive emporte une conséquence majeure :

« Il faut quand même comprendre que ça n’existe pas, l’équilibre, en biologie. Si on croit l’évolution, ça n’existe pas. À tout moment peut apparaître une espèce qui change le cours des choses. On est contaminés par des mythes qui rôdent dans la pensée collective — l’âge d’or, le paradis perdu — qui de façon tenace ne peuvent pas être remplacés par la vision qu’ont les biologistes des écosystèmes comme des dynamiques, parfois des équilibres dynamiques. C’est comme le vélo, ça peut être stable, mais c’est parce qu’on roule. »

Marc-André Selosse

Albane Roussot prolonge en mettant ce point en résonance avec la pratique de Nous Sommes Vivants sur les gouvernances partagées : travailler des tensions dynamiques plutôt qu’enchaîner « problème — solution, problème — solution » ; visualiser l’idéal et la situation actuelle, et faire vivre la tension entre les deux comme énergie d’action collective.

Cesser de voir l’organisme par ses limites, le voir par ses interactions

L’organisme isolé est une fiction héritée. Marc-André Selosse rappelle la pensée de Claude Bernard, qui voyait les organismes comme des « clôtures opérationnelles », et il en dénoue la limite à partir d’un exemple précis :

« La plupart d’entre nous sont porteurs du staphylocoque doré. Mais ils ont aussi des malassezia, des levures unicellulaires très protéolytiques — c’est elles qui font les pellicules, ou les petits squames qui se défont à la base du nez. En détruisant les protéines, elles détruisent notamment celles qui permettent au staphylocoque doré de faire des groupes qui adhèrent à la peau. Du coup, il s’en va au premier grattage. En plus, les malassezia produisent des acides palmitoléiques qui sont des toxines pour ces staphylocoques. Ce n’est pas de la gentillesse — c’est juste qu’ils sont en concurrence pour la nourriture, l’espace. La clôture biologique, c’est sa contamination qui la rend efficace. »

Marc-André Selosse

D’où sa formule centrale : « Il faut cesser de voir l’organisme comme quelque chose qui se définit par ses limites, et peut-être le définir par ses interactions. » Et de pousser plus loin : « Le microbiote, pour moi humain, c’est 5 à 10 000 espèces différentes qui vivent sur moi, qui interagissent entre elles et qui interagissent avec moi. Si un microbiote, ce n’est pas un écosystème microbien, je veux bien être pendu. Du coup, un écosystème peut permettre de comprendre comment fonctionne un organisme. C’est la poule et l’œuf : faire les deux en même temps. »

Cette grammaire des interactions, Albane Roussot la fait dialoguer avec la posture de Nous Sommes Vivants : partir non pas de l’écosystème pour y dissoudre les acteurs, mais des individus qui constituent un écosystème autour d’une chaîne de valeur, et travailler les relations qu’ils peuvent tisser avec leurs parties prenantes. C’est précisément l’angle de la table ronde du 12 juin au matin sur la triple profitabilité du modèle économique régénératif.

Un imaginaire de la régénération par les interactions

Les exemples que déploie Marc-André Selosse dessinent un imaginaire renouvelé de la régénération. Non pas l’imaginaire d’un retour à un état originel intact — il l’a écarté avec netteté — mais celui d’un vivant qui se tient debout par la densité de ses interactions.

① L’enfant qui touche le sol

Les bactéries du sol passent sur la peau, ne tuent personne, mais rééquilibrent les interleukines : moins d’inflammation, plus de réponse rapide. Ce que cet enfant gagne, ce n’est pas une protection ajoutée — c’est une compétence intérieure activée par le contact. Le sol fait la santé.

② Le microbiote comme écosystème intime

5 à 10 000 espèces qui vivent sur nous, qui interagissent entre elles et avec nous. Notre digestion, notre système immunitaire, nos barrières opérationnelles, les messages envoyés au cerveau — tout transite par cet écosystème. Nous ne sommes pas un organisme avec un écosystème dedans. Nous sommes un écosystème.

③ Staphylocoque doré × malassezia

Huit personnes sur dix sont porteuses — très peu sont malades. Pourquoi ? Parce que les malassezia détruisent les protéines d’adhérence et produisent des toxines pour le staphylocoque. Ce qui nous protège, c’est la diversité des présences sur notre peau, pas leur absence. La clôture fonctionne parce qu’elle est contaminée.

④ La haie, le méteil, le sol non labouré

Une haie : 100 tonnes de carbone par kilomètre stockées, –80 % de circulation de maladies entre parcelles, des pollinisateurs hébergés pour les 30 % d’écosystèmes agricoles qui en dépendent, l’érosion arrêtée. Un méteil (céréale-légumineuse) : +30 % à l’hectare. Un sol non labouré : 0,1 à 10 tonnes de carbone stockées par hectare et par an. Un seul geste active simultanément plusieurs fonctions vitales — parce qu’elles ne sont pas séparables.

Ces quatre vignettes racontent la même chose : la régénération n’est pas un acte qu’on pose sur le vivant. C’est ce que le vivant fait quand on lui rend les interactions qui le rendent possible.

Réseaux de conséquences contre logique « 1 problème, 1 solution »

L’agroécologie offre à Marc-André Selosse le terrain où cette grammaire des interactions devient pratique. Sur l’agriculture non labourée :

« Comme les sols vivent mieux, et que c’est la vie dans les sols qui fait les petits trous qui retiennent l’eau, on a une meilleure drainance. Quand il pleut beaucoup, on peut rentrer dans la parcelle pour faire les opérations agricoles. On a de l’eau qui reste pour l’été. On a aussi un meilleur stockage de carbone — 0,1 à 10 tonnes par hectare et par an. On arrête complètement l’érosion qui avait été augmentée d’un facteur 10 par le labour, et qui redevient normale. On appuie sur un levier — on cesse de labourer — et ça joue sur les aspects climatiques, sur les réserves en eau, sur l’érosion. »

Marc-André Selosse

Et la leçon de méthode tient en une phrase :

« Il faut cesser de penser, comme on l’a beaucoup pensé, « un problème, une solution ». On dit que les plantes ont besoin d’engrais — on met des engrais, paf, il y a du calcium, du phosphore qui passe dans l’eau, prolifération d’algues. Les plantes ont des maladies — on met un pesticide, et il y a des balles perdues dans l’écosystème, les pollinisateurs, la vie des sols, l’agriculteur, le consommateur. Il faut cesser cette logique 1 donne 1 où on est sur des logiques qu’on croit isolées, et travailler le réseau. Demain, c’est gérer des réseaux de conséquences. »

Marc-André Selosse

La loi de la nature au-dessus de la loi des hommes

Marc-André Selosse cite Le Contrat naturel de Michel Serres, qu’il relisait récemment : « La loi des choses de la nature est beaucoup plus forte que la loi des choses des hommes. » Et il l’illustre à sa manière : « Quand on dit aussi que l’homme n’a pas de prédateur, il n’y a rien de plus faux. Un prédateur, ce n’est pas un machin avec des grandes dents. Là, il y a un virus qui traîne, la COVID qui traîne — eh bien c’est un prédateur. »

Il en tire un constat sur la croissance : « Sur tout un tas de choses, on a des limites naturelles qu’on ne peut pas outrepasser. Je fustige l’augmentation du vol aérien de 1 200 % en 50 ans, du fret maritime de 320 % en 50 ans. Parce que c’est ce qui nous amène les espèces introduites — du frelon asiatique à l’ambroisie qui provoque des allergies, la fourmi de feu arrivée dans les Pyrénées, la jussie qui détruit les étangs. Ça nous coûte 38 milliards d’euros par an en Europe. Ça amène aussi les maladies. »

Le retournement de finalité, et le pouvoir d’image de l’entreprise

Albane Roussot propose à Marc-André Selosse la définition que Nous Sommes Vivants donne de la régénération : contribuer au vivant humain comme non humain, tout en assurant la viabilité de l’entreprise — à partir d’une chaîne de valeur, en visant un triple impact positif (environnement, santé et bien-être sociétal, viabilité économique). Marc-André Selosse y entend le sien :

« L’entreprise aujourd’hui a un pouvoir énorme : c’est de véhiculer dans son image et dans la publicité des éléments de pertinence et de créer un imaginaire collectif qui n’existe pas encore. Et c’est vraiment ce qui nous manque. »

Marc-André Selosse

Suit une charge précise contre l’industrie publicitaire : « Chaque Français paie 500 € en moyenne de publicité par an, dispersés dans les prix des produits. Quand on voit une publicité dans la rue ou un sponsor dans un match de foot, quelqu’un va le payer — c’est le consommateur. Le rapport entre les campagnes pour la santé alimentaire et la publicité pour l’alimentation est de 1 à 1 000. Beaucoup de Français sont persuadés qu’il faut manger des céréales au petit-déjeuner et des laitages — c’est la pub de l’industrie céréalière et de l’industrie laitière. Aujourd’hui, on a une machine à tuer les concepts ou peut-être demain à les faire vivre. »

C’est précisément l’enjeu que portent les Lauriers de la Régénération : rendre visibles les démarches qui restent invisibles dans un marché saturé d’images contraires, et armer un imaginaire collectif qui n’existe pas encore.

Apprendre la complexité — et créer des tabous

Sur la transmission, Marc-André Selosse parle sans détour. À la tête de la Fédération Biogéosciences-Écologie, il porte un manifeste pour davantage de SVT au collège et au lycée — où la matière est optionnelle en seconde — et surtout pour davantage d’interdisciplinarité :

« On a beaucoup plus besoin d’interdisciplinarité. J’ai fait partie des concepteurs des programmes, et je n’ai jamais obtenu qu’il y ait des points de programme qui obligent explicitement deux membres de l’équipe pédagogique à travailler ensemble. Il faut comprendre cette navigation dans le complexe — le ni vrai ni faux, le probablement vrai — et la complexité des liens, au moins en termes opérationnels. »

Marc-André Selosse

En fin d’entretien, à la question d’Albane Roussot sur les possibles à ouvrir, il sort par une piste inattendue :

« Il faut créer des tabous. C’est très choquant de voir quelqu’un, et ça ne viendrait à l’idée de personne, de faire pipi en public — alors que ça ne tue personne. Tenir un morceau de plastique, ce n’est pas glamour, mais beaucoup le font, et c’est beaucoup plus dangereux parce que ça peut tuer quelqu’un par les microplastiques que ça dégage. Je veux des tabous qui sont construits, acceptés, parce que les gens voient très bien que c’est débile de faire un truc. »

Marc-André Selosse

Et de citer Rousseau pour conclure sur les possibles : « Les ignorants ne savent mesurer le possible qu’à partir de l’existant. »

Le mot de la fin : la génération aux doubles compétences

Au moment de conclure, Albane Roussot remercie Marc-André Selosse de s’être prêté au jeu de l’inconfort de la mise en dialogue santé-sol-régénération avec le monde économique. La réponse :

« C’est une conversation difficile parce que moi je ne suis pas dans le monde économique, et ça montre bien qu’on attend la génération qui aura des doubles compétences. Et ça ne commencera pas sans avoir de l’interdisciplinarité dans les petites classes. »

Marc-André Selosse

C’est sur cette ligne — interdisciplinarité, navigation dans le complexe, gestion des réseaux de conséquences — que les Lauriers de la Régénération 2026 invitent acteurs économiques, scientifiques et porteurs de démarches contributives à se rencontrer en juin prochain.

10 idées clés à retenir

D’après Marc-André Selosse

1
Déployer l’humain dans le temps et dans l’espace. Comprendre d’où nous venons (les écosystèmes qui nous ont façonnés) et de quoi nous dépendons aujourd’hui (microbiotes internes, écosystèmes externes). Plus on s’éloigne de cette inscription, plus on perd des optimisations.
2
Le vivant, c’est ce qui évolue. Définition élégante et radicale : pas la reproduction (les cristaux se reproduisent), pas la respiration — la capacité d’évoluer. À tout moment, ça change, ça accumule des alliés, des risques, ça conduit à s’adapter ou à disparaître.
3
L’équilibre n’existe pas en biologie. Il n’y a que des dynamiques, parfois des équilibres dynamiques — comme un vélo qui tient debout parce qu’on roule. Le mythe de l’âge d’or et du paradis perdu nous empêche de penser correctement la robustesse.
4
Cesser de voir l’organisme par ses limites, le voir par ses interactions. Claude Bernard a légué une fiction utile mais limitante — les organismes comme « clôtures opérationnelles ». La biologie contemporaine montre que la clôture fonctionne précisément parce qu’elle est contaminée.
5
Le microbiote est un écosystème — 5 à 10 000 espèces. Sur notre peau et dans nos cavités vivent 5 à 10 000 espèces différentes qui interagissent entre elles et avec nous. Notre digestion, notre immunité, les messages envoyés au cerveau transitent par cet écosystème. Nous ne sommes pas un organisme avec un écosystème dedans : nous sommes un écosystème.
6
Le sol fait la santé. Travaux finlandais : les enfants qui touchent le sol voient leurs interleukines rééquilibrées — moins d’inflammation chronique, plus de réponse rapide en cas d’infection. Le système immunitaire a toujours été construit avec un minimum de contamination cutanée.
7
Gérer des réseaux de conséquences, pas « un problème, une solution ». La logique « 1 donne 1 » a produit l’engrais qui pollue l’eau et le pesticide qui touche les pollinisateurs. Demain, c’est gérer le réseau — accepter le complexe, le ni vrai ni faux, le probablement vrai.
8
Un seul geste agronomique, plusieurs fonctions vitales. Une haie : 100 t de carbone/km, –80 % de circulation de maladies, pollinisateurs hébergés, érosion stoppée. Un méteil : +30 % à l’hectare. Le non-labour : 0,1 à 10 t de carbone/ha/an, eau retenue, érosion divisée par 10.
9
« La loi de la nature est au-dessus de la loi des hommes » (Michel Serres). Le patrimoine naturel précède le patrimoine culturel. Le SARS-CoV-2 a rappelé que la nature impose des contraintes plus fortes que nos sociétés. La Cour des comptes (16 septembre 2025) : 1 € investi dans la transition = 3 € économisés à terme.
10
Créer des tabous fondés sur la connaissance du vivant. « Les ignorants ne savent mesurer le possible qu’à partir de l’existant » (Rousseau). Pour ouvrir les possibles, Marc-André Selosse propose de construire collectivement des tabous nouveaux — pas imposés, mais acceptés parce que les gens voient bien qu’un geste est devenu débile. Le pouvoir d’image de l’entreprise y a un rôle décisif.
Bonus aux dirigeants : « On attend la génération qui aura des doubles compétences. Et ça ne commencera pas sans avoir de l’interdisciplinarité dans les petites classes. » L’entreprise contributive a un pouvoir d’image qu’aucune campagne santé ne peut concurrencer aujourd’hui — à elle de l’activer.

Lauriers de la Régénération 2026

11 juin en ligne · 12 juin Syntec Conseil, Paris 9e & en ligne

Deux jours pour rencontrer des produits, des services et des organisations qui contribuent activement à la régénération du vivant — agriculture, alimentation, cosmétique, textile, finance, conseil, tourisme, architecture, numérique, éducation, gouvernance.

Date limite de dépôt de candidature : lundi 1er juin 2026. Évaluation par le jury entre le 2 et le 10 juin, remise des prix le 12 juin.

Découvrez le programme en ligne, déposez votre candidature ou retirez votre billet pour participer aux deux journées.

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Sylvain Boucherand · BL Évolution
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Entretien conduit par Albane Roussot pour Nous Sommes Vivants, en préprogramme des Lauriers de la Régénération 2026.

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