Souffrance au travail : préserver la capacité d’agir des équipes

Équipe au travail
Photo Abbie Bernet / Unsplash

Agir sur les conditions de travail

La souffrance au travail se joue dans la place faite à l’humain et dans la cohérence entre ce qu’une entreprise demande et ce qu’elle dit être. Deux récits à lire ensemble : côté équipes, une culture du prendre soin ; côté marque, un imaginaire désirable adossé à des preuves.

La marque employeur régénérative : une culture du prendre soin
Comment construire un récit de marque régénératif

Faire le Capacity Score →Faire appel à nos consultants →

Le burn-out et le désengagement se traitent le plus souvent une fois le dommage constitué : qualifier, reconnaître, indemniser. Une entreprise dispose d’un terrain en amont, sur le pilier social de son activité : remettre ses équipes en capacité d’agir sur leur travail — à condition que ce travail ait un sens à contribuer. C’est là que la souffrance se dénoue plutôt que se répare.

Deux réalités, deux terrains d’action

Une pétition déposée sur le site du Sénat par l’avocate Christelle Mazza demande l’ouverture d’une enquête parlementaire sur la crise du travail à travers le syndrome d’épuisement professionnel. Elle fait suite au rejet de la publication du rapport sénatorial sur la souffrance psychique au travail, issu d’une mission d’information devant laquelle l’avocate avait été auditionnée le 27 mai 2026. Parmi les 39 recommandations de ce rapport figure celle de confier à une conférence d’experts l’élaboration d’une définition harmonisée de l’épuisement professionnel (dépêche AEF info, 24 juillet 2026).

Ce travail organise la reconnaissance, ouvre des droits, sécurise les parcours de ceux qui sont atteints. Il relève du législateur et du juge, et il porte sur des situations constituées.

Le chiffre qui ouvre l’autre terrain

L’engagement des salariés dans le monde est tombé à 20 % en 2025, contre 23 % en 2022 — son plus bas niveau depuis 2020. Le recul vient des managers : leur engagement est passé de 31 % à 22 % sur la même période, quand celui des non-managers restait stable.

Gallup, State of the Global Workplace 2026 — 263 810 répondants dont 141 444 salariés, plus de 140 pays.

Le désengagement se vit avant le dommage, chez des personnes qui tiennent leur poste. Il tient moins à un manque de bien-être qu’à un manque de prise : quand les équipes n’ont plus d’action réelle sur leur travail, et quand ce travail ne fait plus sens à leurs yeux, l’énergie se retire. C’est ce terrain-là qu’une entreprise peut travailler en propre, en amont du dommage.

Remettre les équipes en capacité

La réponse sociale au désengagement tient en peu de mots : redonner aux collaborateurs de la capacité d’agir. La capacité de nommer ce qu’ils vivent, d’agir sur ce qui les freine, de se projeter dans un futur qu’ils désirent. Un collectif qui retrouve cette prise se remobilise ; un collectif qu’on cherche seulement à ménager, non.

Cette réponse a une condition, et elle est décisive. Remettre les équipes en capacité fonctionne quand le travail mérite cette capacité — quand l’activité contribue réellement à quelque chose. Dans une entreprise dont le modèle a du sens, la capacité rendue trouve où s’employer. Développer la lucidité d’équipes engagées dans un travail qu’elles jugent vide accroît le désengagement au lieu de le réduire. La mise en capacité et le sens de l’activité vont ensemble : l’une sans l’autre ne tient pas.

C’est pourquoi ce sujet est social au sens plein. Une entreprise régénérative se juge sur trois profitabilités tenues ensemble — économique, environnementale et sociale. La profitabilité sociale commence à l’intérieur, par les équipes, avant de s’étendre aux producteurs, aux fournisseurs et au territoire. Régénérer les sols en épuisant ses équipes ne fait pas une entreprise triplement profitable : le soin porté aux personnes est le premier maillon, celui sur lequel l’organisation a le plus de prise.

Lauriers de la Régénération — la cohérence en acte

Rendre du temps et de la prise aux équipes

elmy, primée en énergie pour son électricité 100 % verte, travaille en semaine de 4 jours. Lita, primée en finance citoyenne, est passée à 32 heures sur quatre jours sans baisse de rémunération. Ces entreprises peuvent rendre du temps et de la prise à leurs équipes parce que leur activité contribue : le rythme de travail prolonge à l’intérieur la cohérence du modèle porté à l’extérieur. La condition et la réponse tiennent ensemble.

Le Laurier distingue leur offre. La grille du jury regarde aussi si l’entreprise incarne sa régénération dans son organisation, et place la qualité de vie des équipes comme premier impact contributif sur la société.

Trois capacités à développer

Ces capacités se travaillent au niveau du modèle mental : ce que les gens ressentent, ce qui les met en mouvement, ce qu’ils arrivent à se représenter. Là se décide ce qu’un collectif fait vraiment de ce qu’il sait. Elles n’ont d’effet que dans une activité qui contribue : elles rendent aux équipes la prise sur un travail qui la mérite. C’est ce que Jacques Fradin, du GIECO, désigne comme le domaine où la connaissance de notre propre fonctionnement est la plus nécessaire.

Trois ateliers développent ces capacités, chacun sur une situation que les équipes reconnaissent.

Quand chacun prend sur soi et ne le dit plus

La Fresque des Émotions — nommer ce qui se vit

Quand l’expression des émotions est contrainte, un écart se creuse entre le ressenti réel et les comportements affichés. La colère non dite s’étiole en cynisme et en oppositions passives ; la peur et la tristesse produisent une sur-adaptation permanente, un évitement des sujets sensibles, une perte d’initiative.

L’atelier développe l’intelligence émotionnelle à trois échelles — individuelle, d’équipe, au fil d’un projet — et crée de la sécurité psychologique. Il déplace le rôle du manager, du contrôleur de tâches vers le facilitateur de dynamique humaine. Format 3 h.

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Quand tout est expliqué et rien ne change

La Fresque du Facteur Humain — passer de ce que l’on sait à ce que l’on fait

Ce n’est pas parce que les gens sont convaincus que le changement s’opère — même avec un plan clair, des ressources, aucun obstacle technique. L’atelier explore les onze facteurs qui influencent les comportements à notre insu — émotions, biais cognitifs, habitudes, appartenance sociale — et les rend actionnables.

Il produit une cartographie des freins, un plan d’action collectif et des engagements individuels écrits. Reconnue par l’ADEME et la Direction interministérielle de la transformation publique. Format 3 h.

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Quand le futur ne se dessine plus

La Fresque des Imaginaires — se projeter dans un futur désirable

L’Obsoco documente une panne du désir d’avenir : un manque d’idéaux, un déficit d’objectifs collectifs. En entreprise, cela se ressent comme une impuissance face à l’ampleur des crises, qui gagne les équipes et éteint l’initiative.

L’atelier explore les quatre relations humain-nature identifiées par l’IPBES et permet de se projeter dans des futurs désirables. Les imaginaires travaillés deviennent une mission d’entreprise et des pistes d’innovation. Reconnue par l’ADEME et l’OFB.

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Ces trois capacités forment ensemble une culture du prendre soin — de soi, des autres, de la nature — qui traverse le modèle économique, la gouvernance et le geste professionnel de chacun. Comment cette culture se construit, et ce qu’elle rend vérifiable →

Situer la capacité, et suivre ses progrès

Le Capacity Score est un auto-diagnostic. Chaque personne qui le remplit décrit son organisation telle qu’elle la vit, et obtient un score sur six leviers de capacité ainsi qu’un profil de leadership face au vivant — Garde-fou, Optimisateur, Architecte ou Jardinier.

Trois de ces leviers portent l’expérience de travail : le leadership, soit le cap et la façon dont il traverse l’opérationnel ; la gouvernance, soit la prise que chacun a sur les décisions ; et les dynamiques humaines, soit la place faite à l’humain et la capacité des collectifs à coopérer. Le levier limitant indique par où commencer : une organisation dont le frein est du côté des dynamiques humaines a un travail de culture à mener ; celle qui le trouve en gouvernance sait que la prise sur les décisions est à ouvrir en premier.

Le dispositif

Le Capacity Score passé aux équipes situe la configuration. Ce sont les salariés qui décrivent leur organisation. La lecture se construit depuis l’intérieur du travail, et le levier limitant se nomme.

Les fresques développent les capacités. Quand le frein se situe du côté des dynamiques humaines, les trois ateliers agissent sur le modèle mental du collectif.

Repassé chaque année, le diagnostic rend le progrès visible. Les mêmes six leviers, les mêmes équipes : quels leviers se sont ouverts, lequel tient désormais le rôle de limitant.

La lecture appartient à ceux qui font le travail. Demander à ses équipes où elles situent leur organisation, puis leur restituer le résultat, ouvre déjà la prise sur les décisions — et pose le fil qui relie ces restitutions d’une année sur l’autre.

Par où commencer

  1. Faire passer le Capacity Score à un premier cercle. Comité de direction, équipe RSE, managers. Gratuit, 30 minutes. Une configuration sur six leviers et un levier limitant nommé.
  2. Élargir aux équipes. La lecture collective mesure l’écart entre ce que la direction perçoit et ce que le travail produit au quotidien.
  3. Restituer le résultat. Nommer son point de départ et son levier limitant en interne installe une confiance durable. La lucidité est un actif.
  4. Développer la capacité que le diagnostic désigne. Une fresque sur la situation la plus tendue si le frein est dans les dynamiques humaines ; le travail de gouvernance ou de modèle si le frein est ailleurs.
  5. Repasser le diagnostic l’année suivante. L’écart entre les deux configurations donne à lire ce que le travail a déplacé.

L’engagement est une conséquence

L’attention portée aux personnes atteintes reste nécessaire, et le travail parlementaire en cours la servira. Une entreprise dispose en parallèle d’un terrain qui lui appartient : remettre ses équipes en capacité d’agir, dans une activité qui a du sens à contribuer.

L’engagement suit ce mouvement plutôt qu’il ne se pilote. Il se rétablit là où les équipes gagnent en prise sur un travail qui compte ; il se dérobe là où on cherche à le décréter. Le premier cercle de la profitabilité sociale, ce sont les collaborateurs — et c’est par eux que commence une entreprise qui régénère vraiment.

Où en sont vos équipes en capacité d’agir ?

Le Capacity Score situe vos six leviers et nomme celui qui débloque la trajectoire.

Diagnostic complet · 30 min →Version flash · 10 min →

Pour déployer le dispositif dans votre organisation : faire appel à nos consultants →

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