
Photo : Sehajpal Singh, Unsplash.
Nous posons d’abord cette thèse, puis notre lecture, appuyée sur l’Observatoire des perspectives utopiques de l’ObSoCo. Les Français demandent les trois piliers d’impact et un territoire qui prospère ; le Made in France contributif les réunit dans une même activité régénérative. Une offre commerciale rend ce chemin accessible, et toute la chaîne de valeur le co-investit dans l’intérêt commun : il devient crédible par ses preuves, et désirable par ce qu’on y gagne. Nos ateliers permettent ensuite de s’en saisir.
En vidéo · Le Coin du Feu
Comment faire évoluer son entreprise sans mettre en danger son activité ?
Jérémy Dumont en conversation avec Laura Bokobza, sparring partner de dirigeants : parler d’écologie aux entreprises en pleine crise climatique, et après les tensions sociales du 17 octobre. Transformation, arbitrages, décisions difficiles : les questions que les entrepreneurs doivent vraiment se poser.
Ce que nous portons
L’écologie populaireL’enjeu politique de la trajectoire des entreprises vers la régénérationLes 4 imaginaires de l’écologieLe livre blanc de la régénérationL’adaptation régénérativeLes tendances RSE 2027Les Lauriers de la Régénération→ 68 % des Français jugent la transition inévitable, 21 % croient à sa réussite d’ici 2050 : la nécessité est acquise, la crédibilité reste à construire.
→ Trois mots pour parler d’écologie rassemblent : progrès, nature et convivialité, connotés positivement par 75 à 82 % des Français, comme autonomie et indépendance. « Souveraineté » porte la connotation négative la plus forte (24 %).
→ Les Français demandent les trois piliers d’impact et un territoire qui prospère, un par un ; parmi les bénéfices attendus de la souveraineté, la protection de l’environnement arrive en dernier (10 %).
→ Notre proposition pour parler d’écologie : faire converger ces demandes dans une même activité, avec un Made in France contributif construit par toute la chaîne de valeur autour de la table.
I · Ce que dit Parlons Climat : la transition écologique devient l’évolution « normale »
Autonomie, souveraineté · Vélo, panneaux solaires, rénovation · France idéale de 2050 · Pouvoir d’achat, santé, PFAS · Santé, indépendance, pouvoir d’achat · Électrification · Mine de lithium · Pétrole, pesticides, autonomie alimentaire · Quatre pistes pour parler d’écologie aux Français
II · Notre lecture : de l’écologie populaire au Made in France contributif
Les mots pour parler d’écologie · Écologie populaire · Triple impact localisé · Made in France contributif · Une offre commerciale qui tisse des liens mutuellement bénéfiques · Qui paie, pourquoi, comment
III · Nos ateliers pour parler d’écologie et passer à l’action
Le business model régénératif · La Fresque des Imaginaires · Les Regenerative Circles
Ce que dit Parlons Climat : la transition écologique devient l’évolution « normale »
Pour Parlons Climat, la transition écologique est passée d’une proposition de rupture à l’évolution « normale » de la société, et le chantier porte désormais sur la crédibilité du chemin. Publiée en septembre 2026, la note « La transition écologique à l’âge des preuves — De la nécessité à la crédibilité » a pour auteure et analyste principale Amélie Deloffre. Elle s’appuie sur quatre groupes de discussion de quatre heures, menés avec l’institut Verian du 21 avril au 6 mai 2026 à Dijon, Valence et Nîmes, auprès de quatre familles de valeurs de la segmentation de Destin Commun — Attentistes, Stabilisateurs, Laissés pour compte, Identitaires —, et sur un sondage représentatif de 5 000 personnes réalisé du 31 août au 14 septembre 2026. Les groupes se sont tenus pendant la guerre en Iran et le blocage du détroit d’Ormuz, quelques mois après les scandales du cadmium et des PFAS, avant les canicules de mai à septembre 2026. L’histoire visuelle « La loi de l’évolution écologique » en présente les grandes lignes. Elle s’ouvre sur une pente que gravissent trois silhouettes : un humain accroupi, un archer, puis une figure debout qui tient une jeune pousse, dotée d’une queue terminée par une prise électrique. La transition y prend la forme d’une étape de l’évolution humaine.
Autonomie, souveraineté : les Français veulent reprendre la main
Le point de départ est un désir partagé. Dans son étude « Les Français face aux enjeux de souveraineté » (octobre 2026, 5 000 personnes), Parlons Climat montre que la souveraineté s’impose, face aux dépendances révélées par les crises, comme une préoccupation largement partagée. Les Français attendent un nouvel équilibre plus qu’une autonomie totale : 64 % jugent souhaitable de renforcer l’autonomie dans les secteurs essentiels tout en continuant à échanger avec le reste du monde ; 28 % préféreraient produire un maximum en France et réduire fortement les échanges, et ce scénario tombe à 20 % quand il s’agit de désigner le plus réaliste.
Les bénéfices attendus sont d’abord stratégiques et économiques : réduire la dépendance à d’autres pays, notamment les États-Unis, la Russie et la Chine (61 %), préserver la capacité de la France à décider librement (36 %), créer des emplois et soutenir l’économie (28 %), garantir les approvisionnements essentiels en cas de crise (28 %), préserver le pouvoir d’achat (21 %). Protéger l’environnement et lutter contre le changement climatique en recueille 10 %.

Les bénéfices attendus de la souveraineté : la dépendance réduite d’abord, l’environnement en dernier. Visuel : Parlons Climat.
Vélo, panneaux solaires, rénovation : la transition entre dans le quotidien
Ce désir de reprendre la main se lit dans le quotidien, et la note de septembre part d’un phénomène de normalisation. Six Français sur dix connaissent dans leur entourage au moins une personne végétarienne, équipée d’une voiture électrique, qui se déplace à vélo au quotidien, a installé des panneaux solaires ou rénové son logement. À l’échelle collective, 8 % seulement estiment que les responsables politiques en font déjà trop pour l’environnement. Et c’est dans leur ville que les Français voient la transition à l’œuvre depuis vingt ans : pistes cyclables, végétalisation, voitures moins présentes, éoliennes, panneaux solaires, tri, éclairage public réduit. La transition a bel et bien commencé : elle produit des preuves de son existence, et parfois de son efficacité, un levier que la note juge encore sous-exploité.
France idéale de 2050 : le monopole de l’évolution des modes de vie
Le document vérifie ce constat sur l’avenir. Invités à décrire la France idéale de 2050, les participants retirent ce qui va mal, ajoutent ce qui leur manque — des médecins, de la reconnaissance au travail, de la sécurité — puis décrivent un mode de vie d’une grande homogénéité : transports en commun, énergie verte, voitures moins polluantes, moins de dépendance aux fossiles, logements moins énergivores, protection de l’environnement, végétalisation, alimentation sans pesticides, sans OGM et sans PFAS, moins d’emballages. L’avion reste le principal point de dissensus. Parlons Climat en conclut que la transition détient une forme de monopole de l’évolution des modes de vie : elle est la seule proposition disponible sur la manière de se nourrir, d’habiter et de se déplacer.
Parlons Climat interroge alors cette homogénéité : y voit-on de la transition écologique, ou une illusion d’optique ? La note reprend neuf mesures municipales — énergies renouvelables, repas sains et locaux à la cantine, transports en commun, rénovation des logements et bâtiments publics, taxation des importations hors Union européenne — et les classe, à partir de données Ifop pour le Réseau Action Climat (2025) et de ses propres données, selon le bénéfice que les Français y voient en premier. Ce bénéfice se répartit entre la souveraineté, le pouvoir d’achat, la qualité du cadre de vie et la santé ; l’environnement arrive en tête pour deux mesures sur neuf. Pour une partie de la population, la transition se confond ainsi avec l’amélioration de la société, voire avec le sens de l’Histoire : un participant de la famille des Identitaires la décrit comme « une évolution continue ».
Pouvoir d’achat, santé, PFAS : une adhésion tacite qui croît avec les crises
Les crises à répétition renforcent cette lecture. PFAS, cadmium, prix du gaz et de l’essence, manque d’eau, canicules, méga-feux : les fragilités du système touchent désormais les Français dans leur santé, leur logement et leur budget. 68 % jugent la transition inévitable, qu’on le veuille ou non, et 21 % la considèrent comme une erreur. Elle s’impose, écrit Parlons Climat, moins par conviction écologique que parce que le monde actuel est devenu intenable. Le soutien à la transition relève ainsi d’une acceptation rationnelle plus que d’une mobilisation pour le climat : il naît du constat d’échecs répétés et de préoccupations concrètes pour soi et ses proches — l’eau potable, une alimentation saine, une énergie disponible et accessible, la vivabilité de son territoire et de son logement, la santé de ses enfants.
Le document prolonge ici le rapport sur le pivot majoritaire, qui décrivait le plateau de l’engagement conscient : une adhésion tacite vient s’y superposer, et elle croît avec les crises.

L’engagement conscient plafonne, l’adhésion tacite monte avec les crises. Visuel : Parlons Climat.
Santé, indépendance, pouvoir d’achat : l’écologie passe aux conditions de vie
Elliot Lepers, fondateur de conflit.studio, éclaire ce mouvement pour Parlons Climat dans « L’écologie est-elle encore une cause ? » (juillet 2026). Il part de la critique la plus répandue : l’écologie serait abstraite, lointaine, éloignée du quotidien. Cette critique a longtemps tenu sur une double distance — celle du sujet, perçu comme éloigné des urgences immédiates, et celle de ses émetteurs, représentés comme une classe aisée qui pourrait se permettre une cause lointaine.
Ses entretiens, menés d’octobre 2025 à mars 2026 dans huit pays — Royaume-Uni, Allemagne, Espagne, Italie, Pologne, Inde, Brésil, États-Unis —, décrivent un répertoire mondial d’une grande homogénéité. Le « bobo » français a ses homologues : la Lastenradfahrerin allemande, la conductrice de vélo-cargo ; l’ecolojeta espagnol ; l’alfacinha brésilienne, la petite laitue. Le stéréotype oppose chaque fois un mauvais écologiste, idéologue et extérieur, à un bon défenseur de l’environnement, rural, populaire, enraciné dans le territoire qu’il protège.
En 2026, écrit-il, l’écologie passe du côté du concret. Trois canicules, de mai à juillet, ont touché les corps, les infrastructures et les services publics. Le blocage du détroit d’Ormuz fait de la baisse du pétrole et du gaz un enjeu d’indépendance ; le cadmium, les PFAS et les pesticides en font un enjeu de santé publique. 63 % des Français se disent très inquiets de la pollution de l’eau potable, 60 % de celle de l’alimentation, et trois sur quatre estiment que prendre soin de l’environnement, c’est prendre soin de notre santé. Électrifier les véhicules, réduire les pesticides, isoler les logements : est-ce de l’écologie, ou de la santé, de l’autonomie, du pouvoir d’achat ? « Les deux », répond-il.
La phase post-matérialiste se referme : l’écologie entre dans les préoccupations du quotidien, et ses voix les plus légitimes sont celles qui en vivent les conséquences — les victimes de catastrophes, les scientifiques, les élus locaux, les agriculteurs. L’écologie change de camp, de la posture morale vers les conditions de vie. Chaque crise, conclut Elliot Lepers, offre l’occasion de « cumuler les systèmes de valeurs plutôt que de les mettre en compétition ».
Électrification : quand toutes les raisons vont dans le même sens
La sortie des énergies fossiles donne à ce « les deux » son exemple le plus net. L’environnement, la souveraineté et le pouvoir d’achat y vont dans le même sens, et la souveraineté accélère alors la transition : Parlons Climat résume l’accord en un « deal » — changer, mais pas trop vite. 53 % des Français jugent l’électrification bonne pour le pays, 11 % mauvaise.
Mine de lithium : quand il faut choisir entre souveraineté, emploi et environnement
Les raisons peuvent aussi se contredire. La souveraineté entre en tension avec la transition quand un projet de réindustrialisation soulève la question de ses impacts environnementaux, et la mise en œuvre devient alors une affaire d’arbitrages. Le cas d’une mine de lithium dans l’Allier se construit argument après argument — la dépendance à la Chine, les atteintes à l’environnement ici et dans d’autres pays, les emplois dans des territoires délaissés, la consommation d’eau, la nationalité de l’entreprise, la construction d’une filière complète jusqu’au recyclage. Sept enjeux s’y croisent : souveraineté, transition énergétique, environnement, emplois, morale et éthique, santé, industrie. Un participant de la famille des Stabilisateurs le résume : il faut se demander « à quel prix », et à partir de quand la souveraineté devient contre-productive. Le document parle du « temps des grands renoncements ».
Pétrole, pesticides, autonomie alimentaire : la nécessité acquise, la réussite en doute
Parlons Climat résume ce moment par un paradoxe : le sens de l’Histoire paraît évident, et sa réalisation paraît impossible. L’image place l’archer sur une falaise, la figure à la pousse sur l’autre, et le vide entre les deux. Le chemin semble long, incertain, dépourvu d’étapes claires, et confié à des responsables politiques avec lesquels la confiance est rompue. Trois exemples chiffrent l’écart, sur l’énergie et l’agriculture, deux des trois sujets les plus mûrs dans l’opinion avec l’industrie. 56 % des Français voient le pétrole comme une énergie du passé (Verian pour l’Institut Veblen, 2026), et 36 % pensent que le pétrole et le gaz auront presque disparu en France en 2075. 84 % jugent souhaitable de réduire de moitié le recours aux pesticides, et 33 % pensent que la majorité des aliments sera produite sans pesticides de synthèse en 2075. L’autonomie alimentaire fait l’unanimité comme objectif — 63 % développeraient en priorité les productions que la France importe, 8 % celles qu’elle exporte —, et la trajectoire pour y parvenir est jugée peu crédible. Le constat d’ensemble tient en deux chiffres : 68 % jugent la transition inévitable, 21 % pensent que la France l’aura réussie d’ici 2050.

Nécessaire, mais jugé impossible : le paradoxe de la crédibilité. Visuel : Parlons Climat.
Le but perçu, aller vers du mieux, suscite une forme d’espoir ; le chemin nourrit l’inquiétude. Les étapes restent peu lisibles, les transformations paraissent considérables, leur coût demeure difficile à appréhender, et la défiance envers les responsables politiques fragilise l’adhésion. Les citoyens expriment alors une demande de participation et de transparence plus qu’une demande de solutions simples : comprendre les arbitrages, prendre part aux discussions, s’appuyer sur des acteurs jugés compétents et intègres — scientifiques, experts, professionnels de terrain. Ils attendent aussi des discours encourageants et des modèles pour s’inspirer.
Quatre pistes pour parler d’écologie aux Français
La note en tire quatre pistes pour les acteurs de la transition et de la communication : élargir le regard, en dépassant le prisme environnemental pour éclairer la complexité des transformations ; recréer de la confiance, en rendant visibles les arbitrages et les incertitudes ; soutenir la capacité d’agir et d’y croire, en rendant visibles les progrès et les futurs possibles ; créer du dialogue, en favorisant la culture de l’échange pour éviter le rejet. L’histoire visuelle précise cette dernière piste : reconnaître les désaccords légitimes et poser un diagnostic commun avant de débattre des solutions. Le rôle de la communication change avec elles : il s’agit désormais d’accompagner une société confrontée à une question très concrète, celle de savoir comment changer.
Notre lecture : de l’écologie populaire au Made in France contributif
Les mots pour parler d’écologie : progrès, nature, convivialité
Notre lecture part des mots. Parlons Climat a mesuré la connotation de treize termes auprès de 5 013 Français, dans « Les Français parlent climat 2026 » : en moyenne, 65 % les jugent positifs. Sept dépassent 70 %, et 60 % dans tous les électorats : autonomie et convivialité (82 %), nature (81 %), indépendance et progrès (75 %), protection (74 %), démocratie (71 %). Environnement suit à 67 %. Écologie (56 %), changement (55 %) et transition (42 %), les mots les plus employés, se placent dans le bas du classement. Souveraineté réunit 45 % d’opinions positives et la connotation négative la plus forte, 24 %, devant écologie et passé, à 17 % chacun.

Les mots qui désignent la transition écologique et leur connotation. Visuel : Parlons Climat.
Les phrases testées confirment ce partage. « Protéger l’environnement, c’est protéger notre santé » recueille 75 % d’adhésion nette ; « la transition renforce le lien social », 5 %. « Protéger la nature » réunit 83 % de ceux qui donnent la priorité à l’environnement et 53 % des autres, quand « réduire les émissions de carbone » passe de 77 % à 38 %. La nature rassemble au-delà de ceux que le climat mobilise.
L’ObSoCo décrit le même mouvement dans le temps : « nature » progresse de 2,8 à 3,2 depuis 2019, « progrès » de 1,8 à 2,1, et « écologie » recule de 2,1 à 1,7. Le progrès qui monte est celui de la technique, de l’individu et du confort ; l’écologie, qui réclame en plus une dimension sociale et environnementale, reste associée à ce qui contraint.
Ce progrès porte une promesse que la classe moyenne voit se rompre. 41 % des Français s’attendent à voir leur niveau de vie baisser dans l’année, selon l’Ipsos Cost of Living Monitor ; 8 % seulement sont optimistes pour le pays, selon Ipsos Global Trends, qui parle de « lostalgia », le deuil de l’avenir qu’on s’attendait à avoir. La promesse reste pourtant partagée : 75 % des personnes interrogées dans 38 pays pensent que chaque génération devrait vivre mieux que la précédente. Le mot « progrès » rassemble parce qu’il nomme cette promesse, et notre lecture du déclassement de la classe moyenne montre comment l’économie régénérative peut la rouvrir.
Le recul du mot ouvre un chantier de mesure. Entre 2022 et 2025, l’ObSoCo enregistre un recul de la préoccupation environnementale, de 76 % à 65 %, et une progression de la lecture des alertes comme une manipulation de l’opinion, de 12 % à 19 % — le backlash écologique que nous avons lu avec Corinne Lepage. Les crises renforcent-elles l’adhésion à la transition tout en usant le mot et l’inquiétude ? Les terrains diffèrent, 2025 pour l’ObSoCo, 2026 pour Parlons Climat, et la question appelle une mesure croisée.
L’idée de souveraineté rassemble, le mot divise. 66 % des Français estiment que le pays a cédé une part trop importante de son autonomie (ObSoCo), et 64 % veulent la renforcer dans les secteurs essentiels tout en continuant à échanger, contre 28 % pour le repli (Parlons Climat). La dépendance se paie au quotidien : 86 % des Français attribuent la vie chère aux guerres et à leurs conséquences, et la confiance se déplace vers le proche — 70 % des personnes interrogées par Ipsos Global Trends préfèrent acheter les produits de leur pays. L’idée se dit dans deux langues : à gauche le circuit court, le paysan, le juste prix, les communs ; à droite la souveraineté alimentaire, le produire français, le terroir. Le mot qui réunit les deux bords est autonomie.
Autonomie et progrès mènent à la régénération par une notion commune, la capacité. L’autonomie est la capacité de décider et de produire : 36 % citent la capacité de décider librement parmi les bénéfices qu’ils attendent de la souveraineté. Philippe Moati, qui commente l’Observatoire de l’ObSoCo, tire de ses propres données une priorité en un mot : encapaciter. C’est aussi la piste la plus directe de Parlons Climat, soutenir la capacité d’agir et d’y croire.
La régénération étend cette capacité au vivant — celle d’un sol, d’une filière, d’un territoire et des gens qui en vivent — et rend au progrès sa dimension sociale et environnementale. Ipsos Global Trends le résume : les progrès se vivent seul, les reculs se vivent ensemble. Le territoire est l’endroit où les progrès redeviennent collectifs, et le Made in France en est la traduction la plus directe : produire en France, puis contribuer à la France et à ses habitants.
Écologie populaire : partir de ce que les Français désirent déjà
Parler d’écologie aux Français, c’est partir de ce qu’ils y gagnent. Cette adhésion par les bénéfices rejoint ce que nous appelons l’écologie populaire : un mode de vie à la fois responsable et désirable, ancré dans le quotidien et dans les domaines qui comptent pour les Français — l’alimentation, l’éducation, les services publics. L’ObSoCo en donne la mesure : 91 % placent l’hôpital en tête des dépenses publiques, et le « consommer mieux » se définit d’abord par la qualité et la santé (38 %), puis par la durabilité des produits (30 %).
Triple impact localisé : ce que les Français demandent, pilier par pilier
Le triple impact localisé du Made in France contributif permet de trier ce que les Français demandent : trois piliers d’impact — environnemental, social, économique — et leur atterrissage dans un territoire qui prospère.
Pilier environnemental
Un climat préservé, des sols vivants, une biodiversité renforcée
→ la sortie des énergies fossiles
→ la réduction des pesticides, souhaitable pour 84 %
→ la végétalisation et la protection de l’environnement
Pilier social
La santé, la qualité de vie et le lien
→ une eau potable et une alimentation saines : 63 % et 60 % de très inquiets
→ trois sur quatre : prendre soin de l’environnement, c’est prendre soin de notre santé
→ des logements moins énergivores, des transports en commun
→ 76 % préfèrent l’entraide à la concurrence
Pilier économique
Le pouvoir d’achat, l’emploi et l’autonomie
→ des produits sains à prix coûtant
→ l’isolation qui allège la facture
→ des emplois dans les territoires délaissés
→ une dépendance réduite, premier bénéfice attendu à 61 %
Atterrissage
Un territoire qui prospère
→ l’autonomie alimentaire : 63 % développeraient d’abord ce que la France importe
→ la décision locale
→ une réindustrialisation attentive à l’emploi comme à l’eau
Chaque mesure leur parle par un pilier à la fois : le bénéfice premier se répartit entre souveraineté, pouvoir d’achat, cadre de vie et santé, et l’environnement arrive en tête pour deux mesures sur neuf. La sortie des fossiles les réunit dans une même décision, ce qu’Elliot Lepers appelle cumuler les systèmes de valeurs. C’est le terreau de l’économie régénérative, qui fait converger les trois piliers dans une même activité, sur un territoire. Elle répond ainsi à la première piste de la note, élargir le regard au-delà du prisme environnemental.
Made in France contributif : contribuer à la France et à ses habitants
Le même attachement au local traverse les projets de société. L’ObSoCo place la société éco-solidaire et la société identitaire-sécuritaire à parité, à 45 % chacune des Français qui expriment une préférence, la société techno-libérale recueillant 10 %. Les pratiques communes se retrouvent des deux côtés : chez ceux qui préfèrent l’identitaire-sécuritaire, « moins de consommation d’objets, plus de qualité » réunit 36 % de supporters, et la décision politique locale 41 %. Il s’y dit dans trois langues. L’éco-solidaire l’énonce par l’équilibre, la sobriété, le local et l’entraide : environnement et social vont ensemble, c’est une écologie. L’identitaire-sécuritaire l’énonce par le terroir, le patrimoine et la souveraineté alimentaire : on protège un territoire et une production, c’est un environnementalisme — la figure du « bon défenseur de l’environnement » décrite par Elliot Lepers, rurale et enracinée. Le techno-libéral l’énonce par l’efficacité et l’innovation, c’est un solutionnisme. Le triple impact localisé les distingue par le pilier social : l’écologie tient ensemble l’environnement, les personnes et l’économie d’un territoire. Le Made in France contributif en propose une quatrième lecture, celle de ce que la production fait vivre.
Le Made in France donne à cet attachement un nom que tous comprennent. « Fabriqué en France » désigne un lieu : il se comprend sans effort, c’est sa force et sa limite. Le manifeste du Made in France contributif, lancé par Nous Sommes Vivants le 12 juin 2026 lors des Lauriers de la Régénération et remis aux ministères de l’Agriculture, de l’Industrie et du Commerce, va plus loin : contribuer à la France et à ses habitants, dont la biodiversité. Il désigne un produit fabriqué et consommé en France dont la production contribue activement au vivant sur trois piliers — environnemental (climat préservé, sols vivants, biodiversité renforcée), social (santé, qualité de vie), économique (emploi durable et ancré, juste rémunération tout au long des chaînes de valeur) —, avec un atterrissage dans un territoire qui prospère. C’est le triple impact régénératif, que nous avons longtemps appelé triple impact contributif.
Les habitants y comprennent les humains et les non-humains : la biodiversité fait partie des habitants d’un territoire. Avec un Made in France contributif, « le territoire et ses habitants prospèrent grâce à l’activité économique — pas malgré elle ».
À origine égale, deux produits contribuent différemment.
Champagne
Origine garantie : une bouteille dont la fabrication française est garantie
Contribution : Telmont, certifié Regenerative Organic : sols régénérés et biodiversité dans les vignes
Énergie
Origine garantie : un fournisseur d’« électricité française »
Contribution : elmy : électricité renouvelable et française, société à mission, bénéfices réinvestis dans la production locale
Textile
Origine garantie : une marque relocalisée
Contribution : Picture Organic : coton biologique certifié GOTS, filière tracée du champ au vêtement
Tourisme
Origine garantie : un hébergement en France
Contribution : l’Éco-Domaine La Fontaine, dont les douze mares rechargent la nappe
Dans l’industrie, Duralex en donne une version : une SCOP, un financement citoyen, des produits faits pour durer. D’autres cas jalonnent la renaissance industrielle du Made in France régénératif.
Le Made in France contributif porte l’autonomie que veulent 64 % des Français : renforcer les secteurs essentiels tout en continuant à échanger. Il vise ce que la production fait vivre ici, sur les sujets où l’opinion est la plus mûre — l’agriculture, l’énergie, l’industrie.
Il répond aussi à la demande de pouvoir d’achat, à condition de faire converger l’accessible et le contributif. C’est qui le Patron ?! le montre, avec un prix construit à partir des coûts des éleveurs et un prix en rayon comparable à celui du lait non bio ; La Fourche aussi, avec une sélection bio environ 20 % moins chère que le marché pour ses adhérents. Le manifeste demande de rendre la contribution visible sur le produit, pour que le consommateur, l’État et les territoires choisissent le Made in France qu’ils financent.
Un point reste à mesurer. Le classement des mots de Parlons Climat en compte treize, et « Made in France » n’y figure pas. Rassemble-t-il comme « autonomie », ou divise-t-il comme « souveraineté » ? La question appelle une mesure dédiée.
Une offre commerciale qui tisse des liens mutuellement bénéfiques
Une entreprise parle d’écologie d’abord par ce qu’elle vend : l’économie régénérative se traduit dans l’offre commerciale. C’est là qu’elle devient accessible : dans l’enquête Ipsos menée pour Nous Sommes Vivants en 2021, les alternatives de consommation écologiques accessibles à tous figurent parmi les principaux leviers de changement durable (34 %), après la connaissance des enjeux (43 %) et le sens des responsabilités (40 %).
Une offre change les comportements là où l’injonction plafonne. L’ObSoCo mesure ce que coûte un récit qui commence par le renoncement. La société éco-solidaire est la moins rejetée des trois, avec 9 % de détracteurs, et elle réunit un quart de supporters. Ses trois propositions notées en négatif touchent des contraintes de consommation individuelle : les quotas carbone (−0,4), les protéines végétales (−0,2), la réduction du temps de travail avec baisse des rémunérations (−0,1). 51 % des Français veulent consommer mieux, 32 % acceptent de consommer moins : la sobriété plafonne, la régénération monte. Ces renoncements du quotidien relèvent d’un autre ordre que les arbitrages collectifs décrits par Parlons Climat.
Selon la représentation qu’on se fait de la nature, on perçoit une crise des ressources, qui appelle à limiter, ou une crise de lien, qui appelle à tisser des liens mutuellement bénéfiques. La première produit des récits de ce qu’on va perdre, la seconde des récits de ce qu’on va tous gagner. Une offre régénérative tisse ces liens : chacun y renforce la capacité des autres — l’éleveur, le transformateur, le distributeur, le consommateur, les sols et la biodiversité du territoire. Ce lien se prouve par l’expérience : « la transition renforce le lien social » recueille 5 % d’adhésion nette, quand « convivialité » est connotée positivement par 82 %. Une offre le rend tangible, comme le vote d’un cahier des charges chez C’est qui le Patron ?!. Les Français formulent leurs attentes dans cette langue : des économies, de la qualité, du temps, de la santé, de la maîtrise.
Secteur par secteur, l’offre transforme les comportements sans demander de renoncer : acheter un lait dont on a voté le cahier des charges, choisir une électricité produite près de chez soi, s’habiller d’un coton tracé du champ au vêtement, séjourner dans un lieu qui recharge sa nappe.
La crédibilité appelle des preuves, et c’est le titre même de la note de Parlons Climat, qui juge sous-exploitées celles que la transition produit déjà. Les Français attendent des modèles pour s’inspirer et des professionnels de terrain en qui croire ; les agriculteurs et les élus locaux figurent parmi les voix qu’Elliot Lepers juge les plus légitimes. Des produits et services régénératifs français, primés aux Lauriers de la Régénération, montrent que le chemin aboutit déjà. C’est qui le Patron ?!, lauréat Modèle économique régénératif en 2025, en donne la mesure : le prix porte les piliers économique et social, le cahier des charges et les pratiques du transformateur LSDH le pilier environnemental, et la démarche a réalisé 126 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2024. Telmont, elmy, Picture Organic, l’Éco-Domaine La Fontaine et Duralex en donnent d’autres versions, de l’agriculture à l’énergie et à l’industrie.
Qui paie, pourquoi, comment : co-investir dans l’intérêt commun
Une offre régénérative se construit à plusieurs. Elle dit ce que la transition fait gagner ; il reste à dire qui la finance, qui décide, de quoi, comment et au profit de qui. C’est un levier à part, que notre livre blanc nomme la gouvernance de l’activité : qui décide, au service de quoi. Les relations justes entre ceux qui font et ceux qui consomment, que vise le manifeste du Made in France contributif, s’y jouent. Les Français demandent à y prendre part. La note de Parlons Climat relève un coût difficile à appréhender et une demande de participation et de transparence : comprendre les arbitrages, prendre part aux discussions, s’appuyer sur des acteurs compétents et intègres. Chez les actifs occupant un emploi, la forme d’organisation économique idéale la plus citée par l’ObSoCo, à 30 %, est l’entreprise dont la stratégie est définie conjointement par les actionnaires, les salariés, les pouvoirs publics et les représentants des consommateurs.
La réponse régénérative tient en trois objets à garder distincts. Le résultat, c’est la régénération en triple impact. Le modèle économique dit d’où vient la rentabilité. Le financement dit qui porte la trajectoire. L’économie de la mutualité les relie. Formalisée par Bruno Roche avec l’Economics of Mutuality, elle fonde la relation sur des liens mutuels plutôt que sur des rapports de pouvoir : l’avantage de chaque partie est maximisé pour un surplus mutuel maximal. On co-investit et on partage équitablement les gains, en jouant sur la durée, le préfinancement, les outils de transformation, la répartition de la valeur et une triple comptabilité. C’est qui le Patron ?! en donne la version la plus lisible : le prix est demandé par les éleveurs à partir de leurs coûts, validé par les sociétaires, et chacun sait ce qu’il paie et pourquoi.
Les arbitrages trouvent là leur place. Dans la feuille de route qu’une organisation construit après son diagnostic, le renoncement explicite vient avec l’arbitrage économique et la modification de la gouvernance ou de l’offre. Les renoncements imposés au quotidien plafonnent l’adhésion ; les arbitrages assumés autour d’une table, en regard de ce que chacun y gagne, construisent la crédibilité. C’est ce que fait le business model régénératif, fondé sur l’économie de la mutualité : l’entreprise n’agit plus seule, elle devient l’un des acteurs d’une coalition réunie autour d’un produit ou d’un service, dans une chaîne de valeur où la valeur se partage, avec ses fournisseurs, ses clients et les acteurs de son territoire, qui décident ensemble de ce qu’ils co-investissent et de la manière dont ils partagent les gains.
Ce chemin compte quatre niveaux — limiter, réduire, restaurer, régénérer —, ceux du Capacity Score, qui évalue votre capacité à tenir vos trajectoires RSE, innovation et business et identifie les leviers prioritaires.
Nos ateliers pour parler d’écologie et passer à l’action
Trois ateliers répondent aux pistes de Parlons Climat : concevoir l’offre avec toute sa chaîne de valeur, faire dialoguer les imaginaires, coopérer à l’échelle d’une filière.
Le business model régénératif : la chaîne de valeur autour de la table
La piste « soutenir la capacité d’agir et d’y croire » demande de rendre les progrès visibles, et « recréer de la confiance » de rendre les arbitrages lisibles. Le business model régénératif déroule cinq ateliers avec la coalition réunie autour d’un produit ou d’un service. Le premier analyse la chaîne de valeur actuelle, ses zones de dégradation et les services socio-écosystémiques à rendre. Le deuxième redessine la chaîne future en triple impact, avec les partenaires à mobiliser à dix ans. Le troisième co-conçoit avec toutes les parties prenantes la proposition de valeur régénérative. Le quatrième planifie la transition en trois horizons, coûts et gains compris. Le cinquième boucle sur les liens tissés : il les traduit en triple comptabilité — co-investissements, gains collectifs en triple impact, engagements mutuels lissés dans le temps — et fonde ainsi le nouveau modèle économique de chacun et celui de la coalition. Chaque acteur y intègre, par ses cahiers des charges, les services qu’il doit rendre, dans une gouvernance partagée. L’atelier se découvre en session découverte et s’apprend en formation.
Le cas du lithium montre ce que l’atelier met sur la table. Les participants interrogés par Parlons Climat conditionnent déjà leur accord à une entreprise française, à une filière complète de l’amont à l’aval et à une usine de recyclage : des conditions de souveraineté et de circularité. Le premier atelier cartographie cette chaîne, de la ressource extraite au service vendu ; la question régénérative porte alors sur ce que chaque maillon fait vivre sur son territoire, ses sols, son eau et ses habitants.
Cas client · Orange
Concevoir des services numériques régénératifs
Orange reconditionne sept fois sa LiveBox, ce qui atténue l’impact de chaque boîtier, dont son besoin en minerais rares : la circularité que les participants demandent pour le lithium, appliquée à un service du quotidien. Le business model régénératif part de là pour aller plus loin. Sa version découverte a été adaptée pour Orange aux services délivrés par la LiveBox. Ses designers ont été formés à la méthode, pour poser une innovation à impact en lien avec la CSRD : c’est l’ESG by design.
La Fresque des Imaginaires : reconnaître les désaccords légitimes
La quatrième piste de Parlons Climat, créer du dialogue, demande de reconnaître les désaccords légitimes. La Fresque des Imaginaires y répond : elle rend visibles les quatre relations à la nature — vivre de, dans, avec ou connecté à la nature —, et chacun y repère celle qui gouverne ses choix et celles qui guident les autres. Chaque participant, seul et en équipe, compose ensuite par des collages sa vision d’un mode de vie en 2050 : habiter, manger, s’habiller. L’atelier s’utilise en entreprise, pour une marque ou une offre, et en concertation, pour un projet de territoire. Reconnu par l’ADEME et l’Office français de la biodiversité, il a été mené avec La Poste, l’OFB, la CEC Normandie et Biomim’Expo.
Vivre l’atelier en session découvertePoser votre vision en atelier sur mesure
Les Regenerative Circles : passer du cas à la filière et au territoire
Le doute mesuré par Parlons Climat porte sur l’échelle du pays, et le passage du cas au territoire se travaille par filière. Les Regenerative Circles réunissent tous les acteurs d’une filière, concurrents compris, pour régler ensemble ce qui dépasse chaque entreprise. Chaque preuve devient alors un point d’appui pour toute une chaîne de valeur. L’autonomie alimentaire en donne l’exemple : un objectif unanime, une trajectoire jugée peu crédible, qui se construit filière agricole par filière agricole, sur un territoire.
Transformer une offre et sa chaîne de valeur pour réduire les pressions sur le vivant, créer une valeur économique durable et engager les acteurs qui rendent cette transformation possible.
Se situer. Le Capacity Score évalue votre capacité à tenir vos trajectoires RSE, innovation et business et identifie les leviers prioritaires.
Transformer. Le business model régénératif réunit votre coalition autour d’un produit ; la Fresque des Imaginaires, la Fresque des Émotions et la Fresque du Facteur Humain embarquent les équipes.
Coopérer. Les Regenerative Circles font coopérer toute une filière, concurrents compris.
Faire mon Capacity ScoreVivre un atelier en session découverte
Questions fréquentes : parler d’écologie aux Français
Comment parler d’écologie aux Français ?
Par les pratiques, par ce qu’elles apportent au quotidien et par les mots qui rassemblent : progrès, nature, convivialité. Les Français adoptent les usages de la transition et prennent leurs distances avec le mot « écologie », qui recule de 2,1 à 1,7 dans l’Observatoire de l’ObSoCo. Ils y adhèrent par la santé, le pouvoir d’achat, la souveraineté et le cadre de vie. 51 % veulent consommer mieux, 32 % acceptent de consommer moins : le récit qui porte est celui de ce qu’on gagne, appuyé sur des preuves que le chemin aboutit.
Les Français soutiennent-ils la transition écologique ?
Oui, pour sa nécessité : 68 % la jugent inévitable, qu’on le veuille ou non, et 21 % la considèrent comme une erreur (Parlons Climat, 2026). Six Français sur dix connaissent dans leur entourage une personne qui pratique au moins un usage de la transition, du vélo au quotidien à la rénovation de son logement.
Pourquoi les Français doutent-ils de sa réussite ?
Le chemin leur paraît long, incertain et peu lisible, son coût difficile à appréhender, et la défiance envers les responsables politiques fragilise l’adhésion. 21 % pensent que la France aura réussi sa transition d’ici 2050, 36 % que le pétrole et le gaz auront presque disparu en France en 2075, 33 % que la majorité des aliments sera produite sans pesticides de synthèse à la même date.
La souveraineté sert-elle la transition écologique ?
Les deux à la fois, selon Parlons Climat. Elle l’accélère quand les raisons vont dans le même sens : 53 % des Français jugent l’électrification bonne pour le pays, 11 % mauvaise. Elle entre en tension avec elle quand un projet industriel soulève la question de ses impacts environnementaux. Les Français en attendent d’abord moins de dépendance (61 %) ; la protection de l’environnement arrive à 10 %.
Quels mots utiliser pour parler d’écologie ?
Ceux qui rassemblent, et qui dépassent 60 % de connotation positive dans tous les électorats : autonomie et convivialité (82 %), nature (81 %), indépendance et progrès (75 %), protection (74 %), démocratie (71 %). Écologie (56 %), changement (55 %) et transition (42 %) se placent dans le bas du classement, et souveraineté réunit 24 % d’opinions négatives (Parlons Climat, Les Français parlent climat 2026). L’idée de souveraineté rassemble, le mot divise : autonomie la porte aux deux bords.
Que peuvent faire les entreprises ?
Concevoir une offre commerciale qui rend la transition accessible, la co-investir avec toute leur chaîne de valeur, apporter des preuves que le chemin aboutit à l’échelle d’une filière et d’un territoire, et raconter leur activité par ce qu’elle fait gagner aux écosystèmes, aux personnes et à l’économie. C’est le sens de l’entreprise régénérative et du Made in France contributif : une même activité y produit ensemble ces trois bénéfices, dans un territoire qui prospère.
→ Les imaginaires de l’écologie : ce que révèle l’enquête ObSoCo 2026
→ Jancovici est-il écologiste ? Le plan du Shift Project et le pivot majoritaire de Parlons Climat
→ Vers l’écologie populaire : les nouveaux imaginaires pour rendre l’écologie désirable
→ À qui les Français font-ils confiance pour l’écologie après l’été 2026 ?
→ Transition écologique : ce qui change dans les comportements des Français depuis cinq ans
→ Backlash écologique : sortir du discrédit par l’écologie populaire, avec Corinne Lepage
→ Communiquer l’imaginaire désirable d’une marque régénérative
→ L’économie de la mutualité, fondement du modèle économique régénératif
→ La rentrée politique de l’écologie 2026
→ Le manifeste du Made in France contributif : le consommateur choisit
→ Le livre blanc : ce que régénération veut dire pour une entreprise
Sources : Parlons Climat, « La loi de l’évolution écologique », histoire visuelle d’Amélie Deloffre, et note « La transition écologique à l’âge des preuves — De la nécessité à la crédibilité » (septembre 2026 ; auteure et analyste principale Amélie Deloffre ; co-analystes Lucas Francou Damesin, Eddy Vautrin-Dumaine et Guillaume Caline), « Les Français parlent climat 2026 » (5 013 répondants), « Les Français face aux enjeux de souveraineté — Perceptions, opinions et articulation avec la transition écologique » (octobre 2026, 5 000 personnes) ; données citées par Parlons Climat : Ifop pour le Réseau Action Climat (2025), Verian Group pour l’Institut Veblen (2026) · Elliot Lepers pour Parlons Climat, « L’écologie est-elle encore une cause ? » (juillet 2026), entretiens d’octobre 2025 à mars 2026 dans huit pays · Ipsos, Cost of Living Monitor (Global Advisor, 33 pays, août-septembre 2026) et Global Trends, 10e édition (38 pays, mai-juin 2026), cités dans notre lecture du déclassement de la classe moyenne · L’ObSoCo, Observatoire des perspectives utopiques, vague 4, terrain du 26 mars au 8 avril 2025, 4 000 personnes · Enquête Ipsos pour Nous Sommes Vivants, 2021.

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