CAC40 et biodiversité : 32/100 — NSV

CAC40 et biodiversité : 32/100, zéro plan de transition — et 10 000 milliards d’opportunités que le CAC40 n’intègre pas encore
Biodiversité · Reporting · Entreprise régénérative

CAC40 et biodiversité : 32/100, zéro plan de transition — et 10 000 milliards d’opportunités que le CAC40 n’intègre pas encore

Depuis vingt ans, la biodiversité et le social sont présentés aux entreprises comme des dépendances à préserver, des risques à gérer, des coûts à internaliser. La réglementation viendra — et alors on s’adaptera. Ce cadre produit du reporting, pas de la valeur. Les entreprises qui ont fait de la santé des sols, de la rémunération juste et de la biodiversité un levier de création de valeur sur leurs territoires ne s’adaptent pas — elles avancent. C’est qui le Patron progresse de +11,8 % pendant que le marché bio recule. Expanscience tient un positionnement inédit en cosmétique durable avec TULSINITY® — double Lauréat, 68 % au Capacity Score. Patagonia tient ses marges sur 550 fermes ROC. Ces modèles existent dans tous les secteurs — y compris dans l’alimentaire et le luxe, comme Danone et LVMH le montrent à des degrés différents. Pendant ce temps, zéro entreprise du CAC40 n’a de plan de transition nature formalisé — et 10 000 milliards de dollars d’opportunités commerciales sont identifiées d’ici 2030 (IPBES Nexus). Ce que le WWF, osapiens et la Chaire Double Matérialité documentent ensemble : les entreprises reportent ce qu’elles savent déjà mesurer. Ce qui crée de la valeur — biodiversité, eau, sols, social — n’entre pas encore dans les décisions économiques. Pas pour longtemps.

32/100
note moyenne du CAC40 sur la nature (WWF, fév. 2026)
0
entreprise du CAC40 avec un plan de transition nature formalisé
10 000 Mds$
d’opportunités commerciales si actions ambitieuses d’ici 2030 (IPBES Nexus, 2024)

32/100 : la note du CAC40 sur la nature

Publié en février 2026, le baromètre NAT40 du WWF France évalue comment les 40 plus grandes entreprises cotées françaises mesurent leurs impacts sur la biodiversité, la pollution, l’eau et l’économie circulaire. Le verdict est sans appel : note moyenne de 32/100, une seule entreprise (Kering) atteint la moyenne, et surtout — aucune ne dispose d’un plan de transition nature formalisé.

En tête du classement figurent Kering, LVMH, Carrefour, L’Oréal et Hermès. Les grands industriels (Bouygues, Vinci, TotalEnergies, Airbus, ArcelorMittal) se situent en milieu de tableau malgré des impacts considérables. Les banques (BNP, Crédit Agricole, Société Générale) ferment la marche — aux côtés de Thalès et Orange, bons derniers. Le secteur bancaire considère qu’aucun risque lié à la nature n’est matériel pour son modèle d’affaires, alors même que la Banque centrale européenne rappelait en 2024 que 72 % des entreprises européennes dépendent de la nature et de la biodiversité pour leur activité. Deux tiers des entreprises du CAC40 n’ont aucun indicateur biodiversité intégré à la rémunération de leurs dirigeants.

« Ces scores traduisent un décalage persistant entre les discours affichés et la profondeur des transformations engagées. »

— WWF France, baromètre NAT40, février 2026

Lire l’article Novethic : NAT40, le baromètre du CAC40 sur la nature

90 % maintiennent leur reporting — mais la biodiversité sera la première sacrifiée

L’étude Beyond Compliance publiée par osapiens offre un éclairage en apparence rassurant : 90 % des entreprises sorties du périmètre de la CSRD après le paquet Omnibus prévoient de maintenir, voire d’étendre, leurs activités de reporting de durabilité. Mais ce chiffre appelle une question précise : que reporte-t-on exactement ? Les enjeux climat et gouvernance absorbent l’essentiel des efforts. La biodiversité reste marginale : peu d’indicateurs opérationnels, des objectifs rarement alignés sur la science, une couverture de la chaîne d’approvisionnement quasi inexistante. Les entreprises reportent davantage — sur les sujets qu’elles savent déjà mesurer.

Et surtout : un reporting étendu sans objectif sur la santé des sols, l’abondance des espèces, la qualité de l’eau ou la rémunération juste dans la filière, c’est du N2 — ce que la matrice du Capacity Score nomme l’efficience défensive : optimiser les flux pour prolonger le modèle extractif. L’écologie y est traitée comme une assurance — un coût accepté, levier de marque. En N3, l’entreprise comprend ses dépendances : biodiversité ou capital humain selon son secteur. En N4, les trois — environnemental, social, économique — se renforcent mutuellement dans le modèle. La même étude osapiens le dit : 85 % des entreprises anticipent une réduction des ressources internes consacrées au reporting dès lors que la pression réglementaire s’allège. Moins d’obligation = moins de budget. Et la biodiversité — là où les référentiels sont les moins matures, les données les plus difficiles à collecter, les plans d’action les plus embryonnaires — sera la première à être sacrifiée quand les arbitrages budgétaires seront rendus. C’est pourtant ce que BpiFrance identifie comme l’une des grandes tendances RSE de 2026 : « il ne s’agit plus seulement de limiter son impact négatif sur l’environnement, mais de générer un impact positif, notamment en termes de biodiversité. »7 tendances RSE 2026, BpiFrance

Ce que les acteurs financiers ont déjà compris

Si 85 % des entreprises vont couper les budgets dès que la pression baisse, c’est qu’elles ne voient pas encore le reporting complet comme un levier — mais comme un coût. C’est une erreur de cadrage que les acteurs financiers ont déjà corrigée. Carbon4Finance et Iceberg Data Lab cotent déjà le risque biodiversité des portefeuilles d’actifs. Le World Economic Forum classe la perte de biodiversité parmi les quatre premiers risques pour les entreprises à dix ans (Global Risks Report 2025). Swiss Re Institute chiffre la dépendance : plus de 55 % du PIB mondial repose sur la bonne santé de la biodiversité. Ce qui n’est pas mesuré ne sera pas géré — et ne sera pas couvert.

Le rapport IPBES Entreprises et Biodiversité (février 2026, 150 gouvernements) pose le chiffre décisif : en 2023, les flux financiers ayant des impacts négatifs directs sur la nature ont été estimés à 7 300 milliards de dollars — contre 220 milliards pour la conservation. Ratio de 33 contre 1. Le rapport IPBES Nexus (2024) complète le tableau : des actions ambitieuses à court terme pourraient générer 10 000 milliards de dollars d’opportunités commerciales et 395 millions d’emplois d’ici 2030 — et le coût des mesures de préservation doublera en cas d’inaction d’ici dix ans. Moins de 1 % des entreprises mentionnent leurs impacts biodiversité dans leurs rapports environnementaux (IPBES, fév. 2026). L’avance est disponible.

La preuve qualitative existe. Les 25 lauréats des Lauriers de la Régénération 2025 sélectionnés par le jury démontrent que des modèles d’affaires régénératifs sont économiquement viables dans le temps. À l’international, Dr. Bronner’s (2 240 ha convertis, 954 agriculteurs) et Patagonia (550+ fermes ROC) montrent la voie. Ce n’est plus un pari. Ce qui manque encore — et que Nous Sommes Vivants construit en 2026 avec son groupe de travail — c’est la preuve quantitative : le lien direct entre pratiques régénératives et performance financière mesurée. → Lire la note de cadrage

Lire : Tendances RSE 2026 — la régénération pour une continuité économique contributive

Le tunnel carbone — et ce qu’il laisse dans l’ombre

Derrière cet angle mort structurel se cache un phénomène que Nous Sommes Vivants nomme le tunnel carbone : la réduction du reporting de durabilité à la seule mesure des émissions de gaz à effet de serre. Le carbone est devenu l’unité quasi exclusive de la performance environnementale — parce qu’il est normé, auditable, comparable, et qu’il bénéficie d’une infrastructure réglementaire mature (SBTi, scopes 1-2-3, taxonomie verte). Tout le reste — biodiversité, eau, sols, cycles du vivant — reste dans l’angle mort. Pourtant les outils existent : le MSA (Mean Species Abundance), utilisé par le modèle GLOBIO et commercialisé par des acteurs comme Carbon4Finance ou Iceberg Data Lab, permet de quantifier l’impact humain sur la biodiversité en comparant l’abondance des espèces dans un habitat perturbé à celle d’un habitat de référence. Ce qui manque n’est pas la donnée — c’est la décision de l’intégrer.

La Chaire Double Matérialité le confirme empiriquement sur les premiers rapports CSRD : les 16 indicateurs environnementaux que l’ADEME et l’Arcep mesurent pour le numérique, par exemple, ne sont pilotés qu’à hauteur d’un seul — le carbone. Les 15 autres (eau, métaux, écotoxicité, biodiversité) n’ont ni trajectoire publiée ni objectif opérationnel chez la grande majorité des entreprises analysées. Ce n’est pas que les entreprises ignorent ces enjeux — c’est que le tunnel carbone les a rendus invisibles dans la décision. Les entreprises trackent leurs impacts et leurs risques financiers — mais pas ce dont leurs activités dépendent pour continuer : des sols vivants, une eau disponible, des filières stables. La comptabilité écologique N3, c’est mesurer ces dépendances et les intégrer dans les décisions — avant qu’elles deviennent des ruptures d’approvisionnement ou des crises de filière. La comptabilité N4 va plus loin : structurer le modèle économique de sorte que la vitalité des écosystèmes et des territoires soit une conséquence directe de la performance commerciale — pas un à-côté.

Le phénomène est symétrique sur les enjeux sociaux. La Chaire pointe une transparence à deux vitesses : sur l’environnemental, les entreprises détaillent leurs méthodologies, citent leurs outils (TNFD, SBTN, ENCORE, IBAT). Sur les sujets sociaux — conditions des travailleurs dans la chaîne de valeur, santé des communautés, vitalité des territoires — les explications méthodologiques sont rares, les objectifs absents ou formulés sans horizon temporel. Le volet social du reporting CSRD est, structurellement, le plus pauvre de tous.

Ce que les premiers rapports CSRD révèlent

Or le social et le vivant sont interdépendants. La dégradation des sols appauvrit les agriculteurs. La perte de biodiversité fragilise les filières agroalimentaires et les emplois qui en dépendent. La surexposition numérique — que Orange reconnaît elle-même comme son risque le plus élevé dans sa matrice CSRD (santé psychologique des utilisateurs : 3,0/3,0) — est un enjeu de santé collective autant qu’environnemental. Le tunnel carbone ne fragmente pas seulement la mesure environnementale — il fragmente aussi la lecture du vivant au sens large : humains inclus.

L’étude de la Chaire Double Matérialité (février 2026), portant sur 15 grandes entreprises françaises et leurs premiers rapports CSRD, apporte un éclairage précieux — et paradoxal. La biodiversité (norme ESRS E4) est le sujet environnemental le mieux instrumenté : certaines entreprises mobilisent TNFD, SBTN, ENCORE, IBAT, voire des données d’intégrité écologique. C’est le seul levier où quelques organisations amorcent une logique de Restaurer.

Mais l’étude pointe une confusion structurelle : certaines entreprises classent la réduction d’un impact négatif comme un impact positif. Ce glissement sémantique entretient l’illusion d’une trajectoire vers l’entreprise régénérative là où il n’y a que mitigation. Réduire ses émissions, c’est cesser de dégrader un peu moins vite — ce n’est pas contribuer à la vitalité du vivant.

Et surtout : les budgets alloués à la préservation des écosystèmes sont quasi absents des déclarations. La Chaire pose la question que le reporting CSRD évite systématiquement : Que se passe-t-il quand les données d’impact contredisent les résultats économiques à court terme ? Les rapports ne le disent pas.

Lire l’analyse Nous Sommes Vivants : Premiers rapports CSRD — ce que la Chaire Double Matérialité révèle

Livre blanc Nous Sommes Vivants

Ce que la régénération du vivant change pour les décisions d’entreprise — le référentiel complet.

→ Télécharger gratuitement

Ce que le Capacity Score révèle : le cas Orange

C’est précisément ce que mesure le Capacity Score : à quel niveau de trajectoire se situe réellement une organisation, levier par levier — de N1 (Limiter) à N4 (Régénérer). Ce que l’analyse révèle sur les grandes entreprises françaises est cohérent avec ces études : un positionnement N1-N2 sur l’Intelligence écosystémique, avec des actions de réduction des impacts les plus visibles, mais sans logique de contribution à la montée en capacité du vivant.

Le cas d’Orange est particulièrement illustratif — d’autant que le WWF le place bon dernier du NAT40. Nous Sommes Vivants a conduit une analyse externe complète à partir des données publiées (Rapport Annuel Intégré 2024-2025, matrice de double matérialité CSRD, comptes consolidés FY2025). Le résultat :

Capacity Score Orange — scores globaux et levier Intelligence écosystémique
Groupe (consolidé · 26 pays · 127 000 collab.) 53 %  N3 bas
Orange France (grand public · 34 M clients) 53 %  N3 bas
Orange Business (B2B · Cyberdefense · 7,3 Mds€) 59 %  N3 bas
Levier Intelligence écosystémique Groupe 50 % N2  ·  France 46 % N2  ·  Business 58 % N3

Ce que le score révèle en une phrase : Orange sait tenir dans l’adversité avec les personnes — Living Wage certifié pour 127 000 collaborateurs, Orange Money pour 47 millions de clients sous-bancarisés, service universel sur 99 % des communes. C’est un N3 social documenté et solide. Sur les milieux naturels, c’est une autre histoire.

Dans sa propre matrice de double matérialité CSRD, Orange cote la biodiversité (E4) à 2,1/5 en matérialité financière perçue — le score le plus bas de toute la matrice sur 25 items. Non sélectionné en dessous du seuil CSRD, il n’entre dans aucun plan d’action obligatoire. Pourtant Orange participe à 450 000 km de câbles sous-marins, opère des centaines de datacenters, et déploie la 5G dans des zones naturelles. Zéro indicateur opérationnel publié sur la biodiversité, l’eau des datacenters ou la santé des sols traversés par le réseau — sur aucune des trois vues.

Ce n’est pas un problème de valeurs — c’est la logique de la CSRD : en dessous d’un seuil de matérialité perçue, pas d’obligation, donc pas d’objectif. Le Capacity Score révèle précisément ce que la CSRD ne sélectionne pas : les dépendances aux milieux naturels qui conditionnent la résilience de l’infrastructure à 20 ans.

Ce que Nous Sommes Vivants a construit avec Orange

RegenBMC numérique × Orange Innovation · ESG by design · 2024

C’est Orange Innovation qui a sollicité Nous Sommes Vivants pour aller plus loin que l’éco-conception : passer d’une logique de réduction des impacts à une approche en triple impact — environnemental, social, économique. Ensemble, nous avons cartographié la chaîne de valeur du numérique en 45 étapes, calibrée sur les indicateurs CSRD en double matérialité — biodiversité, eau, sols, et pas seulement carbone. Puis formé 8 designers Orange à l’animation de cette démarche en interne.

Le point de départ : 80 % des impacts environnementaux d’un service numérique sont déterminés dès la phase de conception. Le levier n’est pas le reporting — c’est le brief de design. La piste la plus concrète identifiée : une Livebox qui passe en mode dégradé lors des sécheresses — un terminal qui répond aux conditions écologiques du territoire plutôt que de les ignorer. Ce n’est pas un supplément RSE. C’est un retournement de finalité dans la conception du produit : l’ESG by design.

→ Lire le cas client complet : RegenBMC numérique × Orange

Ce que les entreprises régénératives ont que les autres n’ont pas encore

Le reporting de durabilité atteint un plafond tant qu’il reste séparé des décisions économiques. Le rapport RSE et les comptes sont lus par des équipes différentes, à des moments différents — tant que ce fossé existe, la durabilité reste une contrainte à gérer, pas une mécanique de valeur. Ce que Nous Sommes Vivants observe depuis plusieurs années dans son travail avec les entreprises en transition, c’est que la vraie valeur de l’approche régénérative se joue sur trois dimensions concrètes — qui ne figurent pas dans les rapports CSRD actuels.

De la conformité à la contribution. Le premier palier — N2 — c’est le reporting comme outil de conformité et de gestion du risque réputationnel : documenter les impacts, réduire l’empreinte, suivre la réglementation. C’est là que se situe l’essentiel des entreprises. C’est de l’efficience défensive : faire moins de mal, sans changer la logique du modèle. Tennaxia documente un mouvement vers le palier suivant : 67 % des entreprises voient désormais la CSRD comme une opportunité de repenser la résilience de leur business model, et 89 % utilisent déjà leurs données ESG pour répondre aux exigences des banques et investisseurs — c’est le passage N2→N3, la prise de conscience que les enjeux environnementaux conditionnent la continuité économique. Le troisième palier — N3 ancré — c’est intégrer cette compréhension dans le modèle économique lui-même : ancrer le modèle dans des filières vivantes — sols sains, eau disponible, biodiversité, relations de territoire stables. La question n’est plus « quels impacts dois-je réduire ? » mais « de quoi mon activité dépend-elle pour continuer dans 5, 10, 20 ans ? » Et le quatrième palier — N4, contribution symbiotique — c’est là que la santé des sols, la rémunération juste des producteurs, la qualité de l’eau et des écosystèmes entrent dans le prix de vente et le contrat fournisseur. C’est dans le compte de résultat autant que dans le rapport RSE. C’est précisément ce que CQLP a construit : le prix plancher n’est pas une annexe ESRS, il est dans le contrat commercial et dans le prix de vente. C’est pour ça que ça tient — et que ça rapporte.

La préférence des habitants ensuite. Il y a un décalage documenté entre ce que les entreprises mesurent et ce que les consommateurs réclament. 55 % veulent savoir que les producteurs sont justement rémunérés — la CSRD ne le mesure pas (Kantar, 2023). 67 % accordent de l’importance aux bénéfices nutritionnels des produits — 23 % seulement du marketing en parle (OTA, 2025). Quand Origin’Info, Nutri-Score et Planet Score sont affichés simultanément, les marques les plus vertueuses voient leurs intentions d’achat multipliées par près de 20. Et 79 % des Français pensent que les entreprises ne doivent plus chercher la croissance à tout prix — ce n’est plus un positionnement de niche, c’est une bascule d’opinion publique. Les produits qui contribuent à la biodiversité, à la santé des sols et à la santé humaine répondent à ce que les habitants réclament dans leur vie quotidienne : l’alimentation, la santé, le local. → Ce que la CSRD ne mesure pas et ce que les consommateurs réclament · L’écologie sera populaire (ou ne sera pas)

« Ce qui compte pour les habitants — leur sol, leur eau, leur santé, leur territoire — c’est exactement ce que la CSRD ne sélectionne pas et que le Capacity Score révèle. »

— Jérémy Dumont, Nous Sommes Vivants, mars 2026

Le triple impact enfin. L’économie régénérative ne balance pas performance financière et santé des sols, des écosystèmes et des territoires — elle fait de cette vitalité la source de la performance économique. Ce n’est pas un équilibre. C’est une causalité. C’est ce modèle que Nous Sommes Vivants documente avec les Lauriers de la Régénération et dans son livre blanc Ce que la régénération du vivant change pour les décisions d’entreprise : des modèles d’affaires où les trois capitaux — financier, environnemental, sociétal — sont liés structurellement, pas équilibrés au cas par cas. C’est qui le Patron en est l’exemple le plus documenté : le seul N4 du panorama, avec 8 normes ESRS couvertes nativement dans son modèle commercial.

Panorama Capacity Score — où en sont les entreprises françaises et internationales ?

Diagnostics externes Nous Sommes Vivants · données publiques · non validés par les entreprises
C’est qui le Patron ? · Alimentation · SCI · Prix plancher garanti, contrat 5 ans 91 %  N4 · Régénérer
Expanscience · Cosmétique · TULSINITY® · ROC + AB + Fair for Life 68 %  N3
Patagonia · Outdoor · B Corp · 550+ fermes ROC 57 %  N3
Orange · Numérique · Télécom · N3 social, N2 milieux naturels 53 %  N3 bas
LVMH · Luxe · Filière laine 45 %  N2→N3
Michelin · Industrie · Mobilité · Tire as a Service 45 %  N2→N3
Danone · Alimentation · Lait 42 %  N2

Les labels se lisent comme des jalons de trajectoire, pas comme des destinations. Un label ROC certifie l’ensemble de la chaîne — du champ à l’assiette en passant par l’affichage produit — et positionne à N4. Un label AB ou B Corp signale N3. La cartographie complète des labels sur la trajectoire du Capacity Score est en cours de développement. → Labels, scores et étiquettes comme jalons de trajectoire

Ce panorama dit une chose simple : l’écart entre C’est qui le Patron (91 %) et Danone (42 %) n’est pas un écart de valeurs ou de budget RSE. C’est un écart de modèle. L’un a fait du vivant — producteurs, sols, filières — le cœur de son architecture économique. L’autre optimise des flux dans une logique d’efficience défensive. L’écart ne se lit pas dans les rapports de durabilité. Il se lit dans la résilience à dix ans et dans la confiance des consommateurs.

Laurier Modèle Économique Régénératif · C’est qui le Patron ?! × LSDH

Édition 2025 · Alimentaire · Modèle SCIC · N4 · 91 %

Le Laurier Modèle Économique Régénératif ne récompense pas une marque engagée qui a réduit ses impacts. Il reconnaît un modèle qui a transformé la mécanique de son secteur — la façon dont la valeur est créée, distribuée et décidée. Ce que CQLP a changé, c’est le mécanisme lui-même.

Depuis plusieurs décennies, le prix versé aux agriculteurs est fixé en huis clos — industriels et distributeurs d’un côté, producteurs de l’autre, sans ancrage aux coûts réels de production. Résultat visible : entre 2021 et 2024, les ventes de lait bio en GMS ont reculé de 11 %, 30 à 50 % du lait bio collecté a été déclassé, Lactalis a abandonné 50 à 60 fermes. Ce n’était pas une crise du bio — c’était une crise du mécanisme de fixation du prix.

CQLP a remplacé ce mécanisme — pas par la loi, mais par le vote. Le prix est construit depuis les coûts réels du producteur, certifié Bureau Veritas chaque mois, inscrit dans un contrat 5 ans que chaque enseigne s’est engagée à respecter. Pendant que le marché bio GMS perdait 8 % en volume en 2024, C’est qui le Patron ?! progressait de +11,8 % en valeur — n°1 lait et beurre bio hors MDD en France (Bureau Veritas, 2025).

C’est CQLP qui conçoit et porte le système — le mécanisme du vote, le cahier des charges, la gouvernance SCIC. C’est LSDH, son opérateur laitier partenaire, qui produit les preuves terrain sur les 90 élevages : diagnostics CAP2ER, audits Boviwell, accompagnement Start Box. Ensemble, CQLP et LSDH atteignent N4.

« On part du producteur qui nous dit combien il a besoin pour vivre. Puis le transformateur et le distributeur prennent leur marge. Il n’y a pas de négociation puisque chacun y trouve son compte. »
— Sariel, agronome salarié C’est qui le Patron ?! · France Culture, 2024

55 produits et services primés aux Lauriers de la Régénération. Des secteurs différents — alimentation, cosmétique, textile, finance, mobilité — mais la même mécanique : la santé des sols, la rémunération juste dans la filière et la biodiversité sont dans le contrat, dans la conception du produit, dans le modèle de prix — pas seulement dans les indicateurs du rapport. Le rapport documente. Le modèle économique crée la valeur. Le Capacity Score révèle où en est chaque organisation sur cette trajectoire. La question n’est pas si — elle est quand, et sur quel levier commencer.

Les Lauriers de la Régénération · Édition 2026

55 produits et services régénératifs primés · Dispositif apprenant · 11 & 12 juin 2026 · Paris
Duralex · Brandt · Renaissance · 30 nouvelles entreprises

→ Candidater · Découvrir

Où en est votre organisation ?

Le Capacity Score situe votre organisation sur une trajectoire en 4 niveaux (Limiter · Réduire · Restaurer · Régénérer), sur 6 leviers dont l’Intelligence écosystémique. 30 minutes. Gratuit. Résultats immédiats.

→ Faire le diagnostic gratuitement
Sources : WWF France, baromètre NAT40 (fév. 2026) — osapiens, Beyond Compliance (2026) — Tennaxia, 13e édition étude reporting extra-financier (2025) — Chaire Double Matérialité (fév. 2026) — IPBES, Rapport Entreprises et Biodiversité (fév. 2026) — IPBES, Rapport Nexus (2024) — Kantar (2023) — OTA (2025) — Collectif En vérité (sept. 2024) — BpiFrance Big Media, 7 tendances RSE 2026 — Nous Sommes Vivants, Ce que la CSRD ne mesure pas (mars 2026) — Nous Sommes Vivants, L’écologie sera populaire (mars 2026) — Nous Sommes Vivants, Labels, scores et étiquettes comme jalons (mars 2026) — Nous Sommes Vivants, Tendances RSE 2026 — Nous Sommes Vivants, L’économie régénérative ça rapporte (fév. 2026) — World Economic Forum, Global Risks Report 2025 — Swiss Re Institute, BES Index (2020) — Banque centrale européenne (2024) — FEBEA, Guide Biodiversité et Cosmétique (déc. 2025) — Nous Sommes Vivants, Capacity Score Orange (mars 2026)

Laisser un commentaire

En savoir plus sur Nous sommes vivants, le collectif de la transition écologique

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture