Parti socialiste, lecture d’un programme public — à situer parmi nos sept lectures de la rentrée.
Le Projet socialiste, lu dans son ensemble au Capacity Score, est estimé à 58 %, au niveau Restaurer. Ses mesures portent sur les écosystèmes dotés de droits devant un juge, sur les trajectoires humaines traitées en neuf chapitres, sur le revenu de ceux qui produisent. Le texte lu est le Projet socialiste, six parties et vingt chapitres, adopté en juin ; le programme du CamPuS de Blois l’éclaire sans entrer dans l’estimation. Nous le comparons, entre autres, aux programmes des Écologistes, de La France insoumise et de Raphaël Glucksmann.
Pour les entreprises, le programme demande de réduire les impacts et propose de le payer par l’aide publique. Ce dont part la conception reste à écrire, et l’innovation, à 39 %, ouvre le passage suivant. Pour aller plus loin, nous faisons au Parti socialiste quatre demandes pour un made in France contributif : des scores gradués, des labels qui attestent une contribution, des indicateurs sur le produit, de l’argent public qui suit la contribution. Il finance la transition de la France pour s’adapter aux enjeux environnementaux et sociaux, avec un modèle économique viable. Le Parti de la Tomate pose une seule question à chaque candidat : quelle tomate son programme rend-il possible ? L’article sur la tomate, enjeu de 2027 en détaille la preuve.
La rentrée politique de l’écologie
Adaptation climatique : notre analyse des partis et des entreprises, sont-ils prêts ? →Le programme des ÉcologistesLe programme de MélenchonLe programme de GlucksmannLa comparaison Mélenchon-Tondelier : mesure contre mesureLe pape Léon XIV est-il écolo ?Le programme d’Édouard PhilippeFrançois Ruffin, le travaillisme écologiqueFaut-il débrancher Jancovici ?
Ce que les Français ressentent après cet été, entre résignation et colère, et à qui ils font confiance, se lit dans notre lecture croisée de l’étude Parlons Climat sur l’été 2026 et de l’enquête électorale Ipsos bva / Le Monde.
À qui les Français font-ils confiance pour l’écologie après l’été 2026 ?
Les événements de la rentrée pour les entreprises
La REF 2026 · MEDEFUniversités d’Été de l’Économie de DemainClimate Week NYC 2026Natexpo 2026Produrable 2026SIAL Paris 2026Forum Biodiversité & Économie 2026Journées de l’Économie Autrement 2026 · Alternatives Économiques
Ce que nous portons
L’écologie populaireL’enjeu politique de la régénérationLe livre blanc de la régénérationLes tendances RSE 2027Les 4 imaginaires de l’écologieLes Lauriers de la Régénération
La demande que nous portons
« Made in France » dit où le produit a été fini, pas ce que sa fabrication fait vivre : le revenu du producteur, la vie du sol, le métier maintenu sur le territoire. Notre manifeste demande de le rendre lisible en rayon, pour passer d’« assemblé ici » à « fait grandir le vivant ici », au service de territoires qui prospèrent avec les activités économiques les plus engagées dans l’adaptation de la France. L’État peut y contribuer en reconnaissant les labels qui l’attestent déjà — Regenerative Organic Certified, Demeter, Bio Équitable en France — dans la commande publique et dans les aides ; le poids commercial vient des marques et des acheteurs. Lancé le 12 juin 2026 aux Lauriers de la Régénération, il a été remis aux ministères de l’Agriculture, de l’Industrie et du Commerce.
Lire le manifeste du made in France contributifFinance régénérative : financer l’adaptationLa définition de l’adaptation régénérativeLes cent produits qui le démontrentLa recherche-action triple profitabilitéLa chaîne de valeur régénérative
L’été 2026 a été le plus chaud jamais mesuré en France, et les incendies de juillet ont parcouru 42 000 hectares en Gironde et dans les Landes. France Assureurs a chiffré la facture à près de 500 millions d’euros pour 25 000 sinistres, dont plus de 1 800 pertes d’exploitation évaluées à 30 millions — survenues, dans la très grande majorité des cas, sans dégât matériel direct pour les entreprises. La question du coût de l’adaptation s’en trouve rouverte. Payer les digues, les forêts qui brûlent, les récoltes perdues, les logements à rénover, les métiers qui se transmettent, les soins qui s’alourdissent : chaque projet politique de cette rentrée propose une réponse, et toutes passent par l’impôt, la norme ou l’aide. Aucune ne passe par ce qui se vend.
Un projet politique fixe le cadre dans lequel les entreprises produisent : ce qu’on leur impose, ce qu’on leur finance, les conditions dans lesquelles elles vendent. Il décide donc, indirectement, de ce qu’elles peuvent concevoir — et c’est à ce titre qu’un diagnostic d’entreprise s’y applique.
Trois questions se posent alors au Projet socialiste : que demande-t-il aux entreprises, que leur rend-il possible, et jusqu’où peut-il conduire un pays pris entre des écosystèmes qui se dégradent et un pouvoir de vivre qui recule ?
Le moment s’y prête. Le parti a adopté son Projet en juin, lancé la désignation « Choisir 2027 » fin août, et tenu son université d’été trois jours plus tard — Olivier Faure la fermant sur un discours d’unité, sans s’être déclaré, et sur ce constat : « cet été, la France a brûlé sous nos yeux ». Ce qu’il écrit aujourd’hui est ce qu’un candidat socialiste portera devant les électeurs, et ce qu’une majorité socialiste imposerait aux entreprises.
Le Projet socialiste compte six parties, vingt chapitres et quelque cinquante-cinq mille mots. Adopté en juin 2026 après un tour de France, des auditions et une plateforme de contributions citoyennes, il est publié sur projet-socialiste.fr. C’est le texte sur lequel le candidat désigné se présentera, et c’est lui que le Capacity Score estime — dans la version transmise aux fédérations en avril 2026, celle que nous avons lue.
Le CamPuS de Blois — leur université d’été — a eu lieu les 28 et 29 août. Quarante-cinq sessions thématiques réparties à parts égales entre trois parcours — Réparer, Émanciper, Transmettre —, neuf débats mouvants, vingt-cinq formations militantes et un Campus des Jeunes Socialistes. Sur les cent six créneaux du programme, soixante-six portent un sujet. Le thème donne son titre aux deux journées : Choisir le monde qui vient. L’université d’été se lit à part : elle dit ce que le parti met à l’ordre du jour, et elle ne reçoit pas d’estimation.
Programme complet du CamPuS sur parti-socialiste.fr.
Jusqu’où le Parti socialiste est-il écologiste ? Son programme, lu dans son ensemble au Capacity Score, est estimé à 58 %, au niveau de la restauration. Ses mesures permettent de restaurer l’environnement dégradé autant que les trajectoires humaines : restauration des forêts, des milieux aquatiques et des sols, droits juridiques accordés à la nature, prix planchers fondés sur les coûts de production réels, paiements pour services environnementaux généralisés. Ces mesures agissent sur l’état d’un écosystème dégradé, et c’est ce qui les situe à la restauration.
Il l’est au niveau de la restauration, et la régénération est le pas suivant. Réparer contribue déjà : c’est un acte positif exercé sur un état dégradé, et le programme le conduit sur les deux versants à la fois. Sur l’environnement, il agit sur l’état des écosystèmes et pas seulement sur les pressions. Sur le social, il porte neuf chapitres — santé mentale, usure au travail, pauvreté héritée, école, logement. Sur l’économique, il encadre les prix, plafonne les marges et porte la codétermination jusqu’à la parité. Régénérer demande autre chose : que l’activité elle-même fasse prospérer le territoire et ceux qui l’habitent. Ce qu’il finance, il le finance par la dépense publique — un financement qui se renégocie à chaque budget.
On attend du Parti socialiste qu’il taxe et qu’il redistribue. Ce programme écrit aussi autre chose : le prix plancher, le Nutri-Score obligatoire et la conditionnalité des aides existent déjà, chacun dans son chapitre — un prix, un affichage, une règle. Aucun ne cite les autres, et aucune analyse n’oriente ce que ces mesures encadrent : zéro occurrence de cycle de vie, d’ACV ou d’écoconception dans les vingt chapitres du programme.
Deux produits fabriqués en France ne font pas vivre la même chose. Le made in France contributif désigne celui dont la fabrication rémunère un producteur, régénère un sol et maintient un métier — près de cent produits français le démontrent déjà. C’est ainsi qu’une entreprise s’adapte sans y perdre : la contribution au territoire devient la source de sa marge plutôt qu’une charge à financer. Et c’est là que la souveraineté devient réelle — des sols qui produisent, des filières qui tiennent, des métiers qui se transmettent — plutôt qu’un périmètre à défendre.
Cette lecture s’inscrit dans la série des universités d’été et des discours de rentrée analysés par Nous Sommes Vivants. Le programme des Écologistes et le discours de Marine Tondelier le 21 août, celui de Jean-Luc Mélenchon le 23, avec les programmes qui les portent, l’ont ouverte ; La REF du MEDEF les 26 et 27, les Universités d’Été de l’Économie de Demain le 28. Le CamPuS ferme la semaine. Les trois projets de gauche de la rentrée ont été lus au même Capacity Score et au même format, ce qui les rend comparables levier par levier, comme le montre le tableau plus loin ; l’Acte 1 de Glucksmann avec Place publique s’y ajoute.
Le résultat au Capacity Score
58 % · Restaurer
Ses mesures régulent fortement les conditions de production et restaurent les vies abîmées ; la conception responsable de l’offre n’entre pas dans le champ, et son financement ne passe jamais par la vente.
Leadership 57 %
Intelligence écosystémique 50 %
Chaîne de valeur 67 %
Innovation 39 % — le verrou
Dynamiques humaines 61 %
Gouvernance 72 %
Le prochain passage — de la réparation de l’environnement et des vies à une contribution portée par ce qui se produit et se vend.
Le contexte, l’enjeu, et la méthode
Le contexte. Fin août est la saison des universités d’été. Les Écologistes tiennent les leurs à Grenoble le 21, La France insoumise ses AMFIS dans la Drôme le 23, le patronat suit avec La REF les 26 et 27 et les Universités d’Été de l’Économie de Demain le 28. Le CamPuS de Blois ferme la semaine, trois jours après que le Conseil national a lancé la désignation « Choisir 2027 ».
L’enjeu. Après un été de canicules et d’incendies, la question posée à chaque projet politique est celle de l’adaptation : donne-t-il au pays les moyens de tenir avec des écosystèmes qui se dérèglent, et jusqu’où peut-il le conduire ? Elle porte sur le social et sur l’économique autant que sur l’environnement : le pouvoir de vivre qui recule, et qui paie l’adaptation. Une dernière question traverse la lecture : jusqu’où un projet politique peut-il transformer les règles sans transformer la finalité économique des organisations qui les mettent en œuvre ?
La méthode. Le Capacity Score évalue votre capacité à tenir vos trajectoires RSE, innovation et business, et identifie vos leviers d’action prioritaires. En auto-évaluation, les décideurs répondent eux-mêmes aux trente-huit questions ; ici, nous conduisons une lecture externe sur documents publics. Ce que le score situe est la capacité à tenir la trajectoire, levier par levier : un levier faiblement représenté n’est pas un défaut, c’est ce qui limite le passage au niveau suivant. Le questionnaire se lit sur six leviers — leadership, intelligence écosystémique, chaîne de valeur, innovation, dynamiques humaines, gouvernance — et chaque question propose quatre réponses, une par niveau : limiter, réduire, restaurer, régénérer.
Ce que nous mesurons n’est pas l’engagement écologique du parti, mais ce que son programme imposerait ou permettrait aux entreprises. Les scores qui suivent — 57 % sur le leadership, 50 % sur l’intelligence écosystémique — ne notent donc ni la sincérité des militants, ni l’ambition affichée : ils estiment ce que le programme engage. Nous prenons les propositions telles qu’elles sont écrites, et ce que le parti fait par ailleurs, comme ce qui serait effectivement appliqué, sortent du champ.
L’estimation porte sur le Projet socialiste, et sur lui seul, comme pour les trois autres programmes de gauche lus. Le programme du CamPuS de Blois dit ce que le parti met à l’ordre du jour devant ses militants ; il éclaire la lecture sans y entrer, et l’écart entre les deux textes se traite comme un constat d’analyse.
Un programme politique fixe le cadre dans lequel les entreprises produisent, et c’est à ce titre que le Capacity Score s’y applique. Il porte sur l’environnement, le social et l’économique, et sur le territoire qui les intègre ; pour les entreprises, il dit ce qu’on leur impose, ce qu’on leur finance, les conditions dans lesquelles elles vendent. La question devient : qu’est-ce que ce programme exige des entreprises, qu’est-ce qu’il leur rend possible, et qu’est-ce qu’il leur permet de concevoir ? Ce sont les questions qui situent, pas le vocabulaire employé — « réparer » est le mot des socialistes, « restaurer » est le nôtre. Le score situe ainsi la capacité du projet à engager une trajectoire de transformation — un diagnostic de capacité, pas un jugement sur son ambition écologique.
Ce qui s’estime ici, c’est le programme lu dans son ensemble : ce qu’il engage sur l’environnement, le social et l’économique, et, pour les entreprises, ce qu’il leur impose, ce qu’il leur finance, les conditions dans lesquelles elles vendent. Un levier faiblement représenté désigne ce qui limite le passage au niveau suivant : il dit où porter l’effort. On ne monte pas d’un niveau, on débloque un levier pour progresser sur une trajectoire RSE et économique. La méthode en détail dans la foire aux questions du Capacity Score.
Au sommaire
Partie I · Ce que le Projet socialiste engage — sur les quatre niveaux, les trois piliers d’impact territorialisés, et les six leviers de capacité.
1. Projet socialiste 2027 : 58 % au Capacity Score, niveau restaurer
2. La gouvernance à 72 % et la chaîne de valeur à 67 % portent le score socialiste ; l’innovation, à 39 %, ouvre le passage suivant
3. Environnement, social, économique, filière : ce que le PS engage sur chaque pilier
4. Focus sectoriel PS : la mer est protégée et l’agriculture garantie par le prix ; la pratique reste à payer
Partie II · Depuis quel récit, et parmi qui — l’imaginaire du programme, ce qu’il demande aux siens, et sa place dans la rentrée.
5. Le portrait du militant socialiste dessiné par le CamPuS de Blois 2026
6. L’imaginaire écologique des socialistes : entre protéger les Français et réparer les liens
7. Rentrée politique 2026 : le PS parmi les sept programmes lus
8. Réduire les impacts, payé par l’aide publique : ce que les sept proposent aux entreprises
Partie III · Financer la transition : ce que nous proposons — ce que le programme prépare, ce que la vente peut y ajouter, et nos quatre demandes.
9. Écologie populaire du PS : rendre accessible sans rendre préférable
10. Nutri-Score et Score santé : la mesure qui entre dans la composition du produit
11. Pêche et agriculture régénératives : ce qu’une pratique tenue ajoute à ce que le programme protège
12. Produits contributifs : ce que le programme du PS rendrait finançable
13. Nos quatre demandes au Parti socialiste pour un made in France contributif qui finance la transition de la France : des scores, des labels, des indicateurs, de l’argent public
Partie I · Ce que le Projet socialiste engage
1 · Projet socialiste 2027 : 58 % au Capacity Score, niveau restaurer
La trajectoire, ses quatre niveaux et ses trois bascules
| Niveau | Ce que l’activité y vise |
|---|---|
| N1 · Limiter | Sécuriser un périmètre, se conformer, se protéger d’une menace extérieure |
| N2 · Réduire | Alléger un flux, amortir un choc, protéger les personnes exposées |
| N3 · Restaurer | Réparer un écosystème dégradé, gérer des interdépendances, arbitrer entre usages |
| N4 · Régénérer | L’activité fait prospérer le territoire et ses habitants, et la rentabilité vient de là — à deux conditions : avoir d’abord réduit ses impacts négatifs, et répondre à un besoin réel |
Les trois bascules de la trajectoire vers la régénération
Première bascule — de limiter à réduire. On passe de la gestion de ses propres risques à la protection d’un vivant extérieur et des personnes exposées. Le levier moteur est le leadership.
Deuxième bascule — de réduire à restaurer. L’état du vivant devient l’objet de la décision : on répare un cycle, on arbitre entre des usages. Le levier moteur est l’intelligence écosystémique — on restaure ce qu’on observe.
Troisième bascule — de restaurer à régénérer. Réparer un système abîmé le rend résistant aux chocs ; régénérer inscrit l’activité dans des relations mutuellement bénéfiques avec le vivant d’un territoire. Le levier moteur est l’innovation, et le test tient en une question : la conception responsable de l’offre entre-t-elle dans la contribution au vivant ?
L’écologie tient ici ensemble le vivant et les conditions humaines — les humains en font partie : c’est pourquoi la santé au travail et la sécurité psychologique s’estiment au même titre que l’eau et les sols.
Le Capacity Score se lit sur l’écart entre les leviers avant d’être un résultat. Un score global situe une capacité sans l’expliquer ; les six leviers désignent le point d’appui et l’endroit où porter l’effort. Le levier le plus faiblement représenté d’un profil est le verrou, celui qui ouvre le niveau suivant est le levier de bascule.
Deux de ces bascules sont acquises pour ce programme, et une seule est devant lui. L’analyse qui suit se lit contre ces deux acquis et contre la troisième, la seule ouverte.
Le Projet socialiste est estimé à 58 % au Capacity Score, au niveau de la restauration. Cette première section porte sur lui.
Ce qui situe le Projet au niveau de la restauration
Restaurer, c’est agir sur l’état de ce qui est déjà dégradé, et le Projet socialiste le fait sur les trois piliers d’impact et sur le territoire qui les intègre.
Sur l’environnement, il engage la restauration écologique des forêts, des milieux aquatiques et des sols, l’agroécologie généralisée en quinze ans et 25 % de surfaces biologiques. Sur le social, la santé mentale traitée comme un combat, la prévention de l’usure au travail et l’accès à une alimentation de qualité posé comme un droit fondamental. Sur l’économique, les prix minimums garantis sur les coûts de production réels, les marges de l’agro-industrie encadrées et la codétermination à parité. Sur la filière et le territoire, les projets collectifs intégrés de la production à la commercialisation, les interprofessions et les coopératives renforcées, et l’ancrage territorial de la production alimentaire.
Les trois piliers et le territoire avancent en parallèle, sans qu’un mécanisme les fasse produire ensemble. La section suivante les prend un à un, dans le Projet comme à l’université d’été.
Le Projet distingue lui-même les deux niveaux, et c’est notre propre partage entre réduire et restaurer, écrit dans le sommaire d’un programme. « Réparer la nature » d’un côté : ces mesures agissent sur l’état d’un écosystème dégradé. « Préserver la nature » de l’autre — zéro artificialisation nette, droits juridiques accordés à la nature : celles-là empêchent une dégradation supplémentaire sans réparer ce qui l’est déjà, et c’est le niveau de la réduction. Ce que le programme atteint tient au premier ensemble.
Un mécanisme budgétaire tient l’ensemble, et il est propre à ce programme. Les lettres de plafond écologique fixent à chaque ministère des objectifs environnementaux et climatiques contraignants, sur le modèle des lettres de plafond budgétaires que Bercy adresse chaque été. Elles conditionnent les arbitrages budgétaires à leur respect et engagent la responsabilité des ministères.
La capacité de porter un plan d’adaptation, et sa limite
Ce niveau donne la capacité de porter un plan d’adaptation qui se déploie. Trois conditions le rendent possible, et le Projet socialiste les réunit : savoir de quoi l’activité dépend — quel bassin versant, quels sols, quelle main-d’œuvre ; agir sur les écosystèmes qui la portent plutôt que sur ses seuls flux ; en tenir compte quand on arbitre, y compris lorsque la donnée d’impact contredit le résultat de l’exercice.
Cette capacité fixe aussi la limite du plan. Un plan qui répare se finance par l’impôt, l’emprunt ou la règle : chaque euro qu’il engage se rediscute à la loi de finances suivante. Le Projet socialiste y répond par la fiscalité carbone progressive, l’emprunt européen, un fonds de sécurité climatique et un livret d’épargne pour la transition locale — quatre financements publics, dont aucun ne fait dépendre une part de cette réparation de ce qui se vend.
Une quatrième ambition ouvrirait la suite, et elle reste à écrire dans le programme comme dans l’université d’été. Régénérer désigne autre chose que réparer : une activité dont le fonctionnement fait que le territoire et ses habitants se portent mieux, et dont la rentabilité vient de là. Ni les soixante-six sessions de l’université d’été, ni les vingt chapitres du programme ne s’y situent.
2 · La gouvernance à 72 % et la chaîne de valeur à 67 % portent le score socialiste ; l’innovation, à 39 %, ouvre le passage suivant
L’estimation retient, pour chaque levier, la position que le Projet socialiste documente sur ses questions propres. Gouvernance 72 %, chaîne de valeur 67 %, dynamiques humaines 61 %, leadership 57 %, intelligence écosystémique 50 %, innovation 39 %. Les trois premiers répondent aux enjeux de leur levier ; les trois derniers n’y répondent pas encore, et c’est ce qui bloque le passage au niveau suivant.
Trente-trois points séparent le levier le plus haut du plus bas. Trois des six ne répondent pas encore aux enjeux de leur levier.
L’innovation est ici le verrou et le levier de bascule à la fois : c’est par la conception responsable de l’offre que la contribution devient une source de valeur. Le passage au niveau suivant se joue donc à un seul endroit.
Trois questions relèvent déjà de la régénération, sur trois leviers différents. Ce qui échappe au contrôle, sur le leadership, par la santé environnementale chiffrée. La croyance qui guide l’action, sur les dynamiques humaines, par un seul et même corps vivant. L’ouverture de la décision, sur la gouvernance, par la codétermination à parité. Trois appuis sur lesquels la bascule se construirait.
Le Parti socialiste répare — sur l’environnement comme sur les vies — et il ouvre la décision d’entreprise jusqu’au partage de la valeur.
| Leadership · 57 % | Une contribution écologique posée comme moteur de viabilité économique, et non comme une dépendance à réduire. |
| Intelligence écosystémique · 50 % | Des indicateurs de richesse alternatifs au produit intérieur brut, et une donnée d’impact qui conduise à reconcevoir une offre. |
| Chaîne de valeur · 67 % | Un mécanisme où le volume vendu finance ce que l’amont entretient, au lieu que le service environnemental se paie à côté du produit. |
| Innovation · 39 % | D’où part la conception d’une offre, et un affichage qui dise ce que la fabrication fait vivre plutôt qu’un risque à éviter. |
| Dynamiques humaines · 61 % | Des résultats tangibles portés au récit, qui nourrissent une énergie contributive plutôt qu’un constat d’impuissance. |
| Gouvernance · 72 % | Une voix délibérative donnée aux représentants du vivant, au-delà d’un droit qu’on fait valoir devant un juge. |
L’innovation ouvre le niveau suivant ; les cinq autres prolongent ce que le programme fait déjà.
Ce qui répond aux enjeux du levier : la gouvernance, la chaîne de valeur, les dynamiques humaines
Gouvernance — 72 %. C’est le point haut du profil, et il l’atteint par deux voies distinctes. La décision stratégique s’ouvre à parité : les administrateurs salariés portés à la moitié des membres et des droits de vote au conseil d’administration au-delà de mille salariés. Et la gouvernance des fonds associe les partenaires sociaux et le maillage associatif, quand les aires marines protégées visant trente pour cent des mers sont gérées localement autour des Régions, toutes parties prenantes incluses.
La seconde fixe le partage lui-même. Un euro de dividende versé égale au moins un euro de participation ou d’intéressement, et les écarts de rémunération sont plafonnés de un à vingt dans une même entreprise. La règle est simple et s’impose : elle ne se contente pas d’ouvrir la table où l’on décide, elle fixe la part. C’est la différence entre donner une voix et donner une part.
La limite de ce partage est son périmètre. Le partage y porte sur la valeur produite dans l’entreprise, et il se joue entre actionnaires et salariés. La valeur créée avec les fournisseurs, dans une filière et sur un territoire, reste à organiser : ni la durée des engagements entre maillons, ni le préfinancement, ni la participation aux outils de première transformation, ni la répartition des gains créés ensemble. C’est ce qui distingue le partage d’un résultat de la mutualisation d’un risque et d’un gain entre maillons.
Ce qui tient le levier sous le dernier niveau est la voix du vivant. Le programme octroie des droits juridiques à la nature et aux cours d’eau, crée un parquet environnemental et une autorité indépendante dotée d’un droit de visite inopinée. Le vivant y est défendu devant un juge ; il ne siège pas dans l’instance qui décide.
L’ouverture de la décision aux salariés va jusqu’à la parité dans les conseils ; reste à créer un siège pour le vivant.
Chaîne de valeur — 67 %. Elle tient d’un bout à l’autre. À l’amont, le pouvoir de négociation des producteurs, les interprofessions, les projets collectifs intégrés de la production à la commercialisation, les aides de la PAC plafonnées à cent mille euros et ciblées sur l’emploi plutôt que sur la surface, la grande loi foncière. Sur la transformation, les conditions de travail dans les abattoirs et la pêche. À l’aval, l’accès à une alimentation de qualité posé comme un droit fondamental, avec TVA réduite sur les produits de base et allocation alimentation pour les précaires. Le revenu s’y travaille aussi par la règle : prix planchers européens relevés, réciprocité des normes, refus des accords de libre-échange sans réciprocité, régulation des marchés et stocks stratégiques.
Les paiements pour services environnementaux y sont généralisés, avec l’objectif européen de 25 % de surfaces biologiques. Ils rémunèrent une pratique tenue au champ, par la puissance publique et à côté du produit : c’est ce qui situe le levier à la restauration et pas au-delà.
Le revenu est sécurisé par la règle ; reste à écrire un mécanisme où le volume vendu finance ce que l’amont entretient.
Dynamiques humaines — 61 %. La croyance qui guide l’action est posée au cran le plus haut, et dans les termes mêmes du questionnaire : le programme écrit que nous formons avec la nature un seul et même corps vivant, et que protéger le vivant protège l’être humain. Le frein identifié est le décalage entre la volonté et la capacité d’agir — la fracture sociale qui fragilise la capacité à agir pour l’écologie, les discours moralisateurs subis sans pouvoir en assumer le coût. Le suivi social est riche : santé mentale traitée comme un combat, prévention de l’usure, temps libre posé comme une richesse politique, et un chapitre entier sur le droit au beau, au calme et au vert qui documente les effets d’un environnement sensible sur les violences intrafamiliales, l’absentéisme scolaire et la durée de convalescence.
L’université d’été renseigne ce levier plus qu’aucun autre, et de deux manières. Par ce qu’elle met à l’ordre du jour : Pourquoi les faits ne suffisent-ils plus ? occupe un amphithéâtre entier, La présidentielle, et si on arrêtait tout ? pose la même question chez les Jeunes Socialistes. Par la composition de ses tables ensuite : syndicalistes, chercheurs, responsables associatifs et élus d’autres partis de gauche y siègent aux mêmes tables que les responsables socialistes, et la controverse y est assise plutôt qu’à la porte.
L’interdépendance est reconnue ; ce qui la rendrait mobilisatrice, ce sont des résultats tangibles portés au récit.
Ce qui n’y répond pas encore : le leadership, l’intelligence écosystémique, l’innovation
Leadership — 57 %. Le programme relie la contamination des écosystèmes aux conditions de la vie économique, et il le chiffre : quarante mille décès prématurés par an dus à la pollution de l’air, plus de cent milliards d’euros de coût sanitaire annuel pour la seule pollution de l’air, cent cinquante milliards à l’échelle européenne pour les perturbateurs endocriniens, jusqu’à vingt pour cent des dépenses de l’Assurance maladie imputables aux pathologies environnementales. La formule du chapitre sur le bien-être animal en donne le principe : en protégeant le vivant, nous protégerons l’être humain. C’est ce qui porte la question des facteurs hors contrôle au dernier niveau. La priorité annoncée, elle, organise la réduction des impacts, et la contribution visée reste formulée en dépendances réduites plutôt qu’en capacités créées.
Ce levier monterait si le cap se formulait en contribution au territoire plutôt qu’en dépendances à réduire.
Intelligence écosystémique — 50 %. Le levier est au seuil de la restauration, et c’est un résultat contre-intuitif : les outils de mesure y sont nombreux. Diagnostics de vulnérabilité par filière et par territoire et observatoires locaux de la biodiversité pour l’environnement ; cartographie nationale des zones contaminées et registre national des cancers pour la santé des personnes ; bilan pollution obligatoire pour les entreprises.
Les trois piliers sont donc observés, et rien ne les fait se lire ensemble. Ce que ces données servent à décider reste la réduction : la lettre de plafond écologique fixe des objectifs environnementaux contraignants et conditionne les arbitrages budgétaires. Les indicateurs alternatifs au produit intérieur brut et la question comptable restent à ouvrir — ce sont eux qui feraient dialoguer l’état d’un écosystème, la santé des personnes et le résultat d’une activité.
Les outils d’observation sont en place ; la valeur se crée là où cette observation reconçoit une offre.
L’innovation, dans le Capacity Score, ne se mesure pas au nombre de produits nouveaux ni au degré de technologie qu’ils embarquent. Elle se mesure à ce qui décide de l’offre : d’où part sa conception, quelle analyse l’oriente, ce que son étiquette atteste, comment se répartit le gain de sa vente. Un produit entièrement nouveau conçu depuis un impact à réduire reste au même niveau ; un produit existant reconçu depuis un écosystème change de niveau. C’est pourquoi ce levier commande le passage de la restauration à la régénération.
Un programme peut donc porter beaucoup d’innovations et situer bas sur ce levier. Le Projet socialiste en porte : recyclage, réparation, low-tech, substitution énergétique, technologies stratégiques définies à partir des limites planétaires. Toutes visent à retirer un impact ; aucune ne demande ce que la fabrication pourrait faire vivre.
Innovation — 39 % · le verrou. Ce que le programme met sur ce levier relève de la réduction : sobriété, substitution énergétique, circularité. La conception d’une offre reste le terrain à ouvrir — de quoi elle part, et quelle analyse l’oriente.
Le programme porte en revanche l’information produit : Score santé sur l’alimentaire, l’habillement et les matériaux de construction, labels Made in France renforcés sur l’origine et les conditions de production, Nutri-Score obligatoire, étiquetage des perturbateurs endocriniens et des PFAS. La conditionnalité des aides publiques à des engagements vérifiés, avec remboursement en cas de délocalisation, y figure aussi.
Trois questions du levier, et ce que le Projet socialiste y répond
| La question posée | Ce que le programme documente | Le niveau retenu |
|---|---|---|
| D’où part la conception d’une offre ? | D’un risque sanitaire à réduire : objectifs de réduction des sucres ajoutés, du sel et du gras dans les recettes | Réduire |
| Quelle analyse l’oriente ? | Aucune n’est posée : « cycle de vie », « ACV » et « éco-conception » sont absents des vingt chapitres | Limiter |
| Que l’affichage atteste-t-il ? | Un risque et une origine : Score santé, Nutri-Score obligatoire, labels Made in France renforcés | Réduire |
L’estimation retient, pour chaque question, la position que le Projet socialiste documente.
L’information et l’interdiction sont écrites ; ce dont part l’offre reste à écrire.
Les trois questions reçoivent la même réponse, et c’est ce qui tient le levier à 39 %. Le programme agit sur la composition d’un produit, il rend son affichage obligatoire, il conditionne l’aide qui le finance — toujours depuis un risque à réduire. Ce qu’il ne demande jamais, c’est ce que la fabrication pourrait faire vivre : un sol, un métier, un revenu.
Les six leviers dessinent le profil d’un parti de gouvernement. Ce qu’il maîtrise est bien représenté : la gouvernance d’entreprise ouverte jusqu’à la parité, la chaîne de valeur tenue par le prix et la marge, les vies réparées. Ce qui le retient est faiblement représenté : un cap formulé en dépendances à réduire, une observation qui ne relie pas les trois piliers, et une conception qui part d’un risque sanitaire.
3 · Environnement, social, économique, filière : ce que le PS engage sur chaque pilier
Cette section lit le Projet socialiste seul. Ce qu’expose le CamPuS de Blois se lit dans la comparaison de la rentrée, plus loin.
Le triple impact territorialisé se lit sur trois piliers d’impact — l’environnement, le social, l’économique — que la filière et le territoire relient. Un écosystème, ici, désigne un système vivant — un sol, un bassin versant, une forêt, un stock de poissons. Un territoire désigne un lieu habité, avec ses exploitations, ses ateliers, ses habitants et les métiers qui s’y exercent. La question posée au territoire est de savoir si ceux qui l’habitent, humains et non humains, prospèrent grâce à l’activité. C’est le fondement du Capacity Score : la régénération suppose que les trois piliers progressent ensemble, sur un territoire donné, et qu’aucun ne se gagne au détriment d’un autre. Une filière qui restaure des sols en appauvrissant ses producteurs reste au troisième niveau ; l’inverse aussi.
Ce que le programme engage, pilier par pilier
| Le pilier | Dans le programme | Le niveau | Ce qui le situe |
|---|---|---|---|
| Environnement | 3 chapitres — sécurité écologique, agriculture durable, écologie populaire | restauration | le programme agit sur l’état des écosystèmes, pas seulement sur les pressions |
| Social | 9 chapitres — travail, coût de la vie, santé, bien vieillir, enfance, formation, handicap, patriarcat, recréer du commun | restauration | neuf chapitres sur vingt : il restaure des trajectoires abîmées |
| Économique | 3 chapitres — réindustrialisation, souveraineté européenne, progrès technique | au seuil | la redistribution porte sur une valeur déjà créée ; le modèle qui la produit reste hors du champ |
| Filière et territoire | traité à l’intérieur des chapitres 14 et 15, sans chapitre propre | entre les deux | coopératives, interprofessions, loi foncière ; ce qui se décide entre les maillons reste ouvert |
| Hors piliers | 5 chapitres — justice, cohésion nationale, République, coopération, sécurité internationale | — | — |
Le social est le pilier le mieux doté du programme, par le nombre autant que par le détail. Neuf chapitres sur vingt lui reviennent — travail, coût de la vie, santé, bien vieillir, enfance, formation, handicap, patriarcat, recréer du commun. Un chapitre entier porte sur le droit au beau, au calme et au vert, et l’accès à une alimentation de qualité y devient un droit fondamental. Ce que les humains y gagnent est nommé avec précision, et le registre est celui de la réparation d’une trajectoire abîmée.
L’environnement porte l’ambition la plus haute du programme. Trois chapitres lui reviennent — l’agriculture et le revenu paysan, l’écologie populaire, la sécurité écologique — et il y pose la restauration écologique des forêts, des milieux aquatiques et des sols, les droits juridiques accordés à la nature et aux cours d’eau, la protection de l’eau par bassin versant, l’agroécologie généralisée en quinze ans et le bien-être animal.
Sur l’économique, il agit par la règle, la fiscalité et le lieu d’implantation : made in Europe, réindustrialisation, encadrement des marges, produire ici et corriger la concurrence. Le programme écrit pose les prix minimums garantis sur les coûts de production réels, l’encadrement des marges de l’agro-industrie et de la grande distribution, le partage de la valeur en entreprise, la codétermination et le doublement de l’économie sociale et solidaire. Les conditions de production sont réglées ; ce qui se conçoit reste ouvert.
La filière et le territoire relient les trois piliers, et ils posent la question que chacun ne pose pas seul : le territoire et ceux qui l’habitent prospèrent-ils grâce à l’activité ? Une filière tient en effet ensemble l’état d’un écosystème et la vie de ceux qui y travaillent. Une eau protégée à la source suppose des pratiques agricoles, donc un revenu qui les rende tenables ; un bassin versant géré suppose des usagers qui décident ensemble ; une exploitation qui se transmet suppose un foncier accessible et un métier vivable.
Ce que le Projet a à dire aux entreprises
Le Projet socialiste parle aux entreprises sur trois registres. La contrainte, avec le bilan pollution obligatoire et l’encadrement des marges ; le soutien, avec la loi de programmation de la réindustrialisation et le plan d’un million d’actifs formés ; la gouvernance, avec la codétermination à parité et un euro de dividende versé qui égale au moins un euro pour les salariés. La Partie II revient sur cette dernière règle, qui fixe le partage de la valeur au lieu de le laisser à la négociation.
Ce discours n’a pas encore été tenu devant les entreprises, et le calendrier l’explique. Le Parti socialiste avait lancé sa désignation « Choisir 2027 » trois jours avant le grand oral du MEDEF, et Olivier Faure a clos Blois sans s’être déclaré : il n’avait pas de candidat à envoyer. Le panorama de la rentrée, plus loin, revient sur cette conversation qui n’a pas eu lieu.
Ce que le programme ne fait pas produire ensemble
Les trois piliers et le territoire avancent en parallèle, et la puissance publique les finance tous — elle paie le soin, régule les intrants, répartit la dette.
Ce que gagne un pêcheur qui respecte un stock n’est relié à aucun des quatre. La ressource se reconstitue, mais son revenu n’en dépend pas ; l’aide qu’il touche ne récompense pas ces pratiques ; et l’acheteur qui bénéficie d’une ressource préservée ne le paie pas pour cela. Chaque pilier progresse de son côté, sans que l’un finance ce que l’autre exige.
Le bloc alimentaire aurait pu les faire tenir ensemble, puisqu’un même produit porte les trois. Les pratiques au champ, le revenu du producteur, la qualité de ce qui arrive en rayon : le programme les traite dans trois sous-parties distinctes du même chapitre.
Ce qui relierait vraiment les trois piliers et le territoire serait un produit dont la vente paie ce que sa fabrication protège.
La section suivante prend deux filières pour voir ce que ces piliers donnent en pratique : la mer, à laquelle le chapitre 14 consacre une partie entière, et l’agriculture, qui en occupe une autre.
4 · Focus sectoriel PS : la mer est protégée et l’agriculture garantie par le prix ; la pratique reste à payer
Cette section porte sur le chapitre 14 du Projet socialiste, qui traite l’agriculture et consacre une de ses quatre parties à la pêche.
La mer, l’écosystème que les autres projets laissent de côté
Le titre de cette partie pose déjà le partage : protéger la mer et son économie. Les Écologistes tiennent la haie et la forêt, La France insoumise le bassin versant ; c’est ici qu’il faut chercher ce que ce programme fait d’un écosystème.
L’état de la filière, tel que le programme l’établit
Le diagnostic du programme porte autant sur les hommes que sur la ressource. Deuxième domaine maritime mondial, 20 000 kilomètres de littoral, 12 463 marins pour trois à quatre emplois à terre par emploi embarqué, une petite pêche qui perd 14,5 % de ses emplois en cinq ans, des navires de plus de trente ans. Et le chiffre qui situe le problème économique : plus de 70 % des produits de la mer consommés en Europe viennent de pays tiers, souvent hors des standards européens. Le pêcheur français applique des pratiques plus exigeantes que ses concurrents, et rien en rayon ne le distingue.
30 % des mers, dont 10 % en protection forte
L’objectif est chiffré, gradué, et sa gouvernance est nommée. Les aires marines protégées visent 30 % des mers, dont 10 % en protection forte, avec une gestion locale autour des Régions et une gouvernance incluant toutes les parties prenantes. La distinction entre protection et protection forte est ce qui rend l’objectif applicable : la première classe une surface, la seconde encadre ce qu’on y fait.
Le seuil de 30 % est en réalité franchi, et c’est ce qui déplace l’enjeu. Le ministère de la Transition écologique relève que 30,50 % des eaux marines françaises étaient couvertes par le réseau d’aires marines protégées en 2022, contre 22,31 % en 2018. Le réseau compte 564 sites, dont 234 relèvent de Natura 2000 — plus de la moitié des aires en nombre, une faible part en surface.
Ce que le programme demande porte donc sur les 10 % de protection forte et sur la gouvernance, pas sur la surface. En mer, Natura 2000 fonctionne par évaluation des incidences : chaque activité présente dans un site est examinée, et des mesures sont adoptées lorsqu’elle porte atteinte à l’intégrité des habitats ou des espèces protégés. C’est à cet endroit que se décide ce qu’on autorise.
L’instance que le programme appelle existe déjà, et ce qu’il propose est d’en changer la présidence. Chaque site Natura 2000 est doté d’un comité de pilotage où siègent les collectivités, l’État, les associations et les pêcheurs, et qui valide les orientations de gestion. Il est présidé par l’autorité préfectorale. Demander une gestion locale autour des Régions revient à déplacer cette présidence, comme le programme insoumis le demande pour les comités de bassin. Le déplacement change qui arbitre, sans changer ce qui est arbitré : le comité examine des incidences — ce qu’une activité peut faire dans un site, pas ce que sa production apporte à l’écosystème.
Un second volet, européen, complète ces mesures nationales. Le programme propose un « Pacte Bleu » européen pour la protection des océans et le développement durable des activités en mer, avec de véritables aires marines protégées à l’échelle de l’Europe et l’orientation des subventions publiques vers la transition du secteur.
La transition de la flotte tient dans une formule du programme : pêcher mieux sans pêcher plus. Renouvellement et décarbonation des navires, engins sélectifs à faible impact sur les fonds, recherche halieutique publique, et refus de l’aquaculture nourrie par des farines issues des zones économiques exclusives de pays en développement.
Le programme prévoit déjà les marques, les labels et le débouché
C’est le passage le plus avancé du Projet sur ce que la vente peut financer, et il concerne la mer. Le chapitre 14 demande de promouvoir et protéger juridiquement les productions de pêche locales par quatre moyens réunis : la consommation locale dans les établissements scolaires, des marques et des labels, le soutien aux entreprises locales de transformation et de commercialisation, et le renfort du statut coopératif.
Ce sont les quatre maillons d’une chaîne de valeur mutuellement bénéfique, et ils y sont tous les quatre. Un acheteur qui s’engage, une preuve que le produit porte, un outil de transformation qui tient sur le territoire, une forme juridique qui répartit ce qui est gagné. Chacun n’a d’intérêt à tenir sa part que si les autres tiennent la leur — c’est ce qui distingue une chaîne mutuellement bénéfique d’une suite de fournisseurs.
| Le niveau | En mer | Ce qui le finance |
|---|---|---|
| Limiter | Sécuriser l’accès à la ressource, indemniser l’arrêt | L’aide de crise |
| Réduire | Renouveler et décarboner la flotte, généraliser les engins sélectifs à faible impact sur les fonds | La subvention à l’équipement |
| Restaurer | 30 % d’aires marines protégées dont 10 % en protection forte, gestion locale autour des Régions | Le budget public |
| Régénérer | Un produit de la mer dont le prix rémunère les pratiques du pêcheur et tient compte de l’état du stock | Chaque vente |
L’agriculture, le revenu d’abord et les pratiques ensuite
Le programme pose le revenu comme condition de tout le reste, et il l’écrit ainsi. Sans prix rémunérateurs, écrit le chapitre 14, il ne pourra y avoir de transition écologique, d’installation de nouveaux agriculteurs ni de souveraineté. Le diagnostic est chiffré : les agriculteurs travaillent quinze heures de plus par semaine que la moyenne, 16 % vivent sous le seuil de pauvreté, 314 000 exploitations ont disparu depuis 2000, et les 10 % les plus aisés gagnent quatre fois et demie ce que gagnent les 10 % les plus modestes.
Sur le bio, le programme pose lui-même le bon diagnostic. L’agriculture biologique ne représente que 10 % des surfaces agricoles en France, écrit le chapitre 14, et elle peine à se développer « faute de débouchés stables ». Le passage au bio ou à l’agroécologie y est décrit comme « trop souvent vécu comme un risque supplémentaire, plutôt qu’une perspective souhaitable ».
La cause est nommée, et le remède proposé n’y répond pas. Ce que le programme met en face est le retour des aides au maintien de l’agriculture biologique et la généralisation des paiements pour services environnementaux, pour atteindre l’objectif européen de 25 % de surfaces. Or un débouché stable, c’est un acheteur qui s’engage sur des volumes et une durée — pas une aide qui se revote. Le programme identifie le manque et le traite par le seul levier dont il dispose.
Cinq sujets, et l’ordre dans lequel le programme les tient
| Le sujet | Ce que le programme engage |
|---|---|
| Le revenu | Prix minimums garantis fondés sur les coûts de production réels, marges de l’agro-industrie et de la grande distribution encadrées, prix planchers européens relevés |
| Le foncier | Grande loi foncière, pouvoirs des SAFER renforcés, portage des prêts pour les nouveaux installés, droit de préemption des communes sur les forêts privées en voie d’abandon |
| Les pratiques | Trajectoire de 25 % de surfaces biologiques, paiements pour services environnementaux généralisés, glyphosate interdit, captages d’eau potable traités en priorité nationale |
| Le collectif | Pouvoir de négociation des producteurs renforcé par les interprofessions, les coopératives et les CUMA, aides de la PAC plafonnées à cent mille euros et ciblées sur l’emploi |
| La frontière | Réciprocité des normes, refus de l’accord UE-Mercosur, interdiction des produits cultivés avec des pesticides interdits en Europe, stocks stratégiques alimentaires |
Ce que le programme en tire tient en quatre moyens. La transition ne se décrète pas, écrit-il : elle exige un accompagnement, la structuration des filières, la valorisation des services environnementaux et la sécurisation des revenus.
Ce que les paiements pour services environnementaux rémunèrent, et par qui
Ils rémunèrent des pratiques tenues au champ, et c’est un progrès sur la seule règle de prix. Le programme les généralise avec le retour des aides au maintien de l’agriculture biologique et l’objectif européen de 25 % de surfaces. Ils sont payés par la puissance publique, à côté du produit : si l’aide s’arrête, les pratiques s’arrêtent.
Le débouché, lui, est traité par l’accès plutôt que par la préférence. Circuits courts, AMAP, coopérations locales et réseaux de proximité y figurent pour mieux rémunérer les producteurs et garantir l’accès à une alimentation de qualité. Ce que le produit vendu rapporte à celui qui applique ces pratiques reste hors du texte.
La frontière comme réponse à la concurrence
Le chapitre consacre une partie entière au juste échange, et il en fait un pilier de la souveraineté alimentaire. Réciprocité effective des normes sociales, sanitaires et environnementales ; charge de la preuve inversée, les pays exportateurs devant démontrer que leurs produits respectent nos règles ; refus de l’accord UE-Mercosur ; interdiction en France des produits cultivés avec des pesticides interdits en Europe.
C’est une réponse de cadre, et elle laisse ouverte la question du rayon. Une norme à la frontière égalise les conditions de production ; elle ne dit pas au consommateur lequel des deux produits conformes a fait vivre un sol. Les labels Made in France renforcés, que le même chapitre étend à l’origine, aux circuits de transformation et aux conditions de production, sont l’endroit où cette distinction pourrait s’écrire.
| Le niveau | Au champ | Ce qui le finance |
|---|---|---|
| Limiter | Se conformer aux seuils d’intrants et de pollution | Le contrôle et la sanction |
| Réduire | Baisser les engrais et pesticides de synthèse, alléger la pression sur l’eau | La norme et l’aide à la conversion |
| Restaurer | Rotations allongées, couverts permanents, haies replantées, sol qui reprend en matière organique | L’aide publique et le paiement pour services environnementaux |
| Régénérer | Des pratiques qui font gagner le sol et le revenu ensemble, attestées et rémunérées par l’acheteur | Chaque vente |
Partie II · Depuis quel récit, et parmi qui
5 · Le portrait du militant socialiste dessiné par le CamPuS de Blois 2026
Ce portrait se lit sur les sessions de Blois et sur le Projet : il dit ce que le parti met devant les siens, pas ce que le Projet engage.
Celui qui vient à Blois choisit, le vendredi à 11h30, entre douze sessions simultanées. Ce qu’il retient de ces choix dessine un militant, et six traits le composent.
Ce qu’il voit et ce à quoi il renonce
Le danger vient de l’extérieur, et le militant socialiste exprime un besoin de protection contre lui. Sept sessions traitent les guerres, les empires et le droit international ; six travaillent la résistance à l’extrême-droite et la reconquête électorale ; trois désignent une captation du pouvoir économique et médiatique. Ce qui échappe à son contrôle, il sait le décrire, là où le dirigeant lu deux jours plus tôt à Roland-Garros le traite en contrainte subie. Le programme écrit tient la même position, et il la chiffre.
Il sait renoncer, et il renonce sur l’activité économique. Le programme le chiffre : remplacer en quinze ans les engrais et pesticides chimiques, bannir les PFAS et les TFA, interdire les méga-bassines, étendre la liste des perturbateurs endocriniens interdits à cinquante molécules d’ici 2030. À Blois, les mêmes sujets reviennent — les intrants agricoles mis en cause dans « Sciences, vérité et lobbies », une activité extractive en mer soumise à l’état de la ressource, un parc bâti posé comme à reconstruire. Les mesures portent ici sur des substances et des ouvrages, pas sur un modèle de production.
Ce qu’il répare, et par quels moyens
Il répare ce qu’il voit, et il voit des vies. Treize sessions atteignent la réparation dans le seul pilier social — le bloc le plus construit des deux journées : la santé mentale posée comme la grande question sociale du siècle, l’usure au travail, la pauvreté qui se transmet d’une génération à l’autre, l’école qui sépare, le logement comme verrou social, et peut-on encore vivre dignement de son travail, avec François Ruffin.
Il répare par la loi, et par elle seule. Le programme finance la transition par la fiscalité carbone progressive, l’emprunt européen, un fonds de sécurité climatique et un livret d’épargne pour la transition locale — quatre financements publics. À Blois, la dette et le budget européen sont bien à l’ordre du jour, mais pas comme des leviers de financement : à qui profite la dette interroge un rapport de force, le grand procès du capitalisme conteste une répartition. Ce qui financerait la réparation n’est pas encore un sujet.
Il sait ce qu’il demande à l’État pour les gens, et ce qu’il impose aux usines. L’emploi, le lieu d’implantation, la norme : réindustrialiser la France et le made in Europe sécurisent un périmètre productif contre la concurrence — la première session fait même entrer la propriété coopérative, avec Fatima Bellaredj de la Confédération générale des Scop, là où l’intitulé ne portait que la relocalisation. Ce qui sort de ces usines, en revanche, n’est pas encore un sujet : ce que le produit fait au sol, à l’eau, au métier de celui qui l’a fabriqué. Aucune session ne porte sur ce que le produit fait vivre.
Le militant socialiste de l’été 2026 a construit une capacité de soin réelle, et il commence à regarder l’environnement. Son action s’arrête là où commencent l’atelier, le champ et le rayon. La régénération ne lui est pas hostile : elle relève d’une façon de décider qu’il n’a pas encore ouverte.
6 · L’imaginaire écologique des socialistes : entre protéger les Français et réparer les liens
Un imaginaire n’est pas qu’une façon de raconter : c’est une relation au vivant, qui commande ce qui a de la valeur, qui commande à son tour l’action — que cette action soit dite dans un récit ou posée dans une mesure concrète. C’est pourquoi Blois et le programme écrit se lisent ici selon les mêmes questions.
Ce que Blois expose, pilier par pilier
Blois communique ; le programme engage. Voici ce que Blois communique réellement, pilier par pilier, avant de le comparer au programme — pour remonter à l’imaginaire qui explique sa genèse.
L’environnement — 45 %, entre réduire et restaurer. Au premier niveau, deux sessions sécurisent un périmètre productif : « Continuer à nourrir les Français·es » pose la souveraineté alimentaire comme une capacité à préserver, sans que l’état des sols entre dans la question, et la crise agricole y est traitée comme une menace économique sur une filière, pas comme un dérèglement du territoire qui la porte. Au deuxième, cinq sessions allègent un flux ou protègent d’une exposition — le bloc dominant du pilier. « Sommes-nous prêts pour un monde à +4 °C ? », avec Dominique Voynet, installe la sécurité environnementale face aux canicules, aux inondations et aux feux : on se prépare à encaisser. « Peut-on combiner économie bleue et protection des océans ? », avec François Houllier, PDG de l’Ifremer, arbitre entre une activité extractive et une ressource — le plateau va plus loin que l’intitulé, puisque Houllier apporte l’état des océans. « Sciences, vérité et lobbies », avec Rémi Luglia, président de la Société nationale de protection de la nature, met les nouveaux OGM, l’acétamipride et le chlordécone sous l’angle du combat informationnel, quand le sujet réel est des écosystèmes dégradés par des intrants. Les filières d’énergies renouvelables posent une substitution, et l’accès au beau, au calme et au vert traite le cadre de vie comme un bien à distribuer. Au troisième, trois sessions font de l’état du vivant l’objet : la reconstruction des villes face au dérèglement, qui accepte que le bâti existant soit à refaire ; le rapport aux animaux, qui étend le cercle des êtres qui comptent ; et une session qui interroge la relation elle-même. Au quatrième, rien — le constat le plus net du pilier : la santé des sols, les cycles de l’eau et la biodiversité occupent des pages entières du programme écrit — restauration des forêts, des milieux aquatiques et des sols, solutions fondées sur la nature, interdiction des méga-bassines — et n’apparaissent dans aucun titre de session à Blois.
Le social — 60 %, restauration. Au premier niveau, les offensives anti-LGBTQI+, le racisme et l’antisémitisme sont traités comme des attaques à repousser. Au deuxième, les discriminations et l’immigration protègent des personnes exposées, sans que leur trajectoire devienne l’objet d’une mesure. Au troisième, treize sessions réparent une trajectoire abîmée — le bloc le plus abouti des deux journées : la santé mentale posée comme la grande question sociale du siècle, la prévention en santé publique, le travail nuit-il à la santé, la pauvreté qui se transmet d’une génération à l’autre, peut-on encore vivre dignement de son travail (avec François Ruffin), l’école inégalitaire et la séparation scolaire, le logement comme verrou social, les lieux d’exercice des médecins, la transition démographique, le sport et la culture comme ce qui fait société. Au quatrième, rien : le travail y reste un rapport à encadrer et à rémunérer, jamais une activité dont la conduite ferait grandir ceux qui l’exercent.
L’économique — 38 %, réduction. Au premier niveau, le bloc le plus lourd du pilier, sept sessions sécurisent un périmètre contre une concurrence : à qui profite la dette, les milliardaires ont-ils pris le pouvoir, un média possédé par un milliardaire peut-il être libre, face à la logique du marché (avec Cyrielle Chatelain), réindustrialiser la France vraiment ! — dont le plateau fait entrer la propriété coopérative avec Fatima Bellaredj, directrice générale de la Confédération générale des Scop, quand l’intitulé ne porte que la relocalisation —, et le made in Europe va-t-il sauver nos industries et nos emplois, avec Patrick Martin du MEDEF et Marylise Léon de la CFDT. Au deuxième, deux sessions contestent une répartition : le grand procès du capitalisme chez les Jeunes Socialistes, et ce que dit le budget européen. Au troisième, rien : les dix sessions économiques traitent la répartition d’une richesse déjà produite ou la localisation de la production, aucune ne touche à la façon dont cette richesse se produit. Au quatrième, rien — et l’écart avec le programme écrit est ici le plus large de tous les piliers : les prix planchers fondés sur les coûts de production réels, l’encadrement des marges de l’agro-industrie, la codétermination à parité, l’euro de dividende qui égale un euro pour les salariés — rien de tout cela n’est à l’ordre du jour de Blois.
La filière et le territoire — 40 %, entre réduire et restaurer. Au premier niveau, le made in Europe et la réindustrialisation réimplantent un périmètre, où le territoire est un lieu de production à ramener. Au deuxième, la métropolisation contre les villes moyennes ralentit une perte, sans que le territoire devienne l’objet d’une réparation. Au troisième, la décision se partage : la décentralisation, le référendum et la participation, la co-production d’une politique de sécurité, et « Acteurs locaux : dialoguer avec les forces vives du territoire », l’une des rares sessions où l’entreprise est traitée comme une partie à une relation. Au quatrième, rien : le territoire y est une échelle de gouvernement — un périmètre où l’on décide, un niveau où l’on répartit. Sa prospérité comme résultat de l’activité économique n’est l’objet d’aucune session, et ce qui se décide entre les maillons d’une chaîne non plus.
Le registre de Blois : protéger, sauf sur le social
Le récit qui se dégage des universités d’été semble traiter son sujet comme quelque chose qu’il faut défendre, sécuriser ou réimplanter à l’intérieur d’une limite tracée — une production agricole française, une industrie française, un territoire donné — plutôt que comme quelque chose qu’il faut réparer dans son état, comme le fait le pilier social avec les « trajectoires abîmées ». Ce récit de protection est en décalage avec le programme, et ce décalage s’explique par la prudence politique : le PS n’a pas pris le risque d’afficher, à Blois, l’ambition que porte déjà le programme écrit. Les quatre relations à la nature situent ce récit au biocentrisme : les océans, les animaux, les espaces protégés le sont chacun pour leur valeur propre, entité par entité, jamais comme un système dont l’équilibre se joue ensemble. C’est le même réflexe que le portrait du militant a déjà nommé : le danger vient de l’extérieur, et on s’en protège — la logique même du récit identitaire-sécuritaire, pas celle de l’éco-solidaire.
La quatrième vague de l’Observatoire des perspectives utopiques établit ce qui est le mieux accepté dans l’opinion, et ce que cela traduit des attentes des Français. Le récit éco-solidaire — plus écosystémique, fait de liens et d’interdépendances, à parité avec l’identitaire-sécuritaire — est le seul des trois à correspondre au niveau de la restauration. Les quatre relations à la nature situent ce récit à l’écocentrisme, où c’est l’écosystème et sa continuité qui ont valeur — le même registre que celui des Écologistes. Il n’est pas le plus choisi, il est le mieux accepté : la meilleure note moyenne des trois, et le moins de détracteurs, vingt-cinq pour cent de soutien pour neuf pour cent d’opposition. C’est ce registre-là que rejoint le programme, pas Blois.
Le programme rejoint déjà ce terrain : la justice sociale reliée aux conditions de vie, l’accès au beau, au calme et au vert, la décentralisation, la participation, le soin comme politique publique. Ce sont les mêmes liens d’interdépendance qui font l’atout majeur du récit éco-solidaire, et qui touchent à une organisation de la société plus équitable. Si le récit de Blois portait la même ambition que le programme, le PS disposerait d’une force mobilisatrice. C’est le seul des trois récits que la Fresque des Imaginaires situe à la restauration.
Ce que ce registre peut mobiliser, et où il bute
L’ObSoCo, déjà convoquée pour situer le récit de Blois, donne un second signal : il touche la loi et le budget, par lesquels le programme répare. La redistribution décroche : le revenu universel passe de quarante-huit à trente-quatre pour cent d’adhésion, l’augmentation des minima sociaux de cinquante-deux à quarante. L’entraide, elle, résiste — soixante-seize pour cent, en recul de quatre points seulement depuis 2019.
On continue de s’entraider près de chez soi, et l’on cesse de redistribuer vers ceux qu’on ne voit pas : le cercle du soin se resserre sur les proches. Pour un parti qui répare par la loi et par le budget, c’est le mouvement social le plus contraire qui soit.
La proximité, elle, tient. Et c’est par elle que le cercle peut se rouvrir, à condition que ceux de l’amont cessent d’être des inconnus. Un cahier des charges co-décidé, un contrat pluriannuel, une participation aux outils de première transformation : ce sont des engagements de proximité autant que d’économie. Le programme en a la porte d’entrée avec le dialogue des forces vives du territoire ; la conséquence économique en est le pas suivant.
Un troisième signal explique pourquoi la voie normative se heurte à un mur. L’enquête du Cevipof établit que soixante-quatre pour cent des Français estiment que les autorités publiques disent trop ce qu’on doit faire en matière d’environnement — la proportion la plus élevée des pays enquêtés, devant la santé. Et l’ObSoCo mesure que les trois seules propositions écologiques qui basculent en négatif sont trois renoncements : les quotas carbone, les protéines végétales, la baisse des rémunérations. Trois pertes annoncées avant tout gain.
Une partie du rejet porte moins sur la finalité écologique que sur la forme prescriptive de certaines mesures. Le mot nature arrive en tête des termes testés avec soixante-huit pour cent de supporters, et une proposition comme « moins de consommation d’objets, plus de qualité » réunit soixante-treize pour cent chez les proches des écologistes et quarante pour cent chez les Français situés très à droite. L’adhésion existe des deux côtés, et elle se trouve sur le terrain des modes de vie plutôt que sur celui de la règle.
C’est le point où Blois a une carte à jouer, sur ses trois ambitions. Réparer, émanciper, transmettre relèvent du mode de vie avant de relever de la loi. C’est le socle sur lequel une écologie populaire se construit — non pas une politique environnementale de plus, mais ce que la production fait vivre là où les gens habitent.
Ce que ces enquêtes disent tient en une phrase : le refus porte sur la charge, pas sur la finalité. Le revenu universel décroche de quarante-huit à trente-quatre pour cent d’adhésion, les minima sociaux de cinquante-deux à quarante, quand l’entraide résiste à soixante-seize. Ce n’est pas la solidarité qui recule, c’est sa forme budgétaire — et c’est précisément la voie que ce programme emprunte pour financer ce qu’il répare.
La question devient alors celle du partage de la charge : qui paie, à quel moment, et pour quel gain. Ce programme répond par l’impôt et par le budget, ce qui répartit après coup et engage un financement instable. Un prix qui incorpore la contribution la répartit au moment de l’échange, entre le producteur qui applique ces pratiques, l’entreprise qui les vend et l’acheteur qui la choisit.
C’est pourquoi le levier qui débloque le niveau suivant est l’innovation produit, à 39 % ici. Tant que la contribution se paie sur la marge ou se rattrape par une aide, elle reste une charge à répartir. Incorporée dans l’offre, elle devient un revenu qui croît avec le volume vendu — et le Nutri-Score reformulé prouve que ce programme sait agir sur une composition.
7 · Rentrée politique 2026 : le PS parmi les sept programmes lus
Côté partis : quatre programmes de gauche au même niveau
Cette section compare les sept prises de parole de la rentrée : le Projet socialiste, le programme des Écologistes, « L’Avenir en commun » de La France insoumise, l’Acte 1 de Glucksmann avec Place publique, le programme de La REF du MEDEF, celui des Universités d’Été de l’Économie de Demain d’Impact France, et le plan du Shift Project. Les scores cités portent sur le texte de référence de chaque auteur.
Le Parti socialiste se situe au même niveau que les trois autres programmes de gauche lus et que le programme d’Impact France : celui de la restauration. Le programme de La REF travaille la réduction des impacts. Ce que ce projet ajoute aux autres tient à la codétermination à parité et à l’information produit — les administrateurs salariés à la moitié des sièges au-delà de mille salariés, le Nutri-Score obligatoire et le Score santé sur trois familles de produits. Ce qui lui reste à ouvrir est ce que ses données servent à décider.
La souveraineté est le mot commun des sept prises de parole, et il ne désigne pas la même chose. Chez les uns, un périmètre à défendre — produire ici, dépendre moins. Chez les autres, une capacité à reprendre la main sur ce dont on dépend. Le CamPuS emploie les deux acceptions sans les distinguer : le made in Europe et la réindustrialisation relèvent de la première, le dialogue avec les forces vives du territoire de la seconde.
Les quatre programmes de gauche, levier par levier
| Levier | Les Écologistes | La France insoumise | Parti socialiste | Glucksmann avec Place publique |
|---|---|---|---|---|
| Leadership | 62 % | 52 % | 57 % | 52 % |
| Intelligence écosystémique | 67 % | 61 % | 50 % | 50 % |
| Chaîne de valeur | 67 % | 61 % | 67 % | 67 % |
| Innovation | 44 % | 44 % | 39 % | 44 % |
| Dynamiques humaines | 67 % | 50 % | 61 % | 61 % |
| Gouvernance | 72 % | 72 % | 72 % | 56 % |
| Estimation globale | 63 % | 57 % | 58 % | 55 % |
Les trois premières lectures portent sur le texte de référence de chaque parti — le Projet socialiste adopté en juin, « Pour une prospérité écologique » de juillet 2026 pour les Écologistes, « L’Avenir en commun » dans son édition 2025 pour La France insoumise ; la quatrième porte sur l’Acte 1 de Place publique, une vision.
Le résultat qui compte est celui que les trois partagent. Trois programmes construits séparément, par trois partis différents, sur trois traditions distinctes, butent au même endroit et à peu près au même degré : d’où part la conception d’une offre. Le Projet socialiste n’a aucune occurrence d’ACV ni d’éco-conception dans ses vingt chapitres. Le programme insoumis rend l’écoconception obligatoire et l’indice de durabilité bloquant sous un certain seuil à la mise sur le marché ; les Écologistes vont plus loin encore — démontabilité, réparabilité, taux de matières recyclées, fiscalité sur le cycle de vie, écoconception des services numériques. Aucun des trois, cependant, ne franchit le pas vers une conception qui contribue plutôt qu’elle ne réduit. Ce terrain reste donc à conquérir par les trois, à des degrés très inégaux.
Côté patronal : deux universités d’été, deux positions
La REF du MEDEF, les 26 et 27 août, travaille la réduction des impacts et est estimée à 30 %. L’innovation y ouvre le profil à 39 %, à égalité avec la chaîne de valeur et les dynamiques humaines ; le leadership le ferme à 14 %. On y sait ce qu’on vend, et le cap reste à poser — l’inverse exact du profil des projets de gauche.
Les Universités d’Été de l’Économie de Demain, le 28 août, atteignent la restauration à 60 %. Impact France y porte un bonus-malus qui agit sur le prix par la fiscalité, et l’écart avec le MEDEF se lit sur le leadership : 67 % contre 14 %.
Le plan du Shift Project, publié en avril 2026, est estimé à 25 %, au bas du niveau de la réduction des impacts. Il ne cherche pas à installer une relation au vivant : c’est un plan d’atténuation, en repère sur le carbone, et il sert ici de repère plutôt que de sixième position à comparer terme à terme.
Le grand oral du 27 août : les deux mondes dans la même pièce
Sept candidats à la présidentielle ont répondu aux questions de cinq chefs d’entreprise, à la clôture de La REF. Gabriel Attal, Raphaël Glucksmann, Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon, Édouard Philippe, Bruno Retailleau et Marine Tondelier. C’est le seul moment de la semaine où ceux qui légifèrent et ceux qui produisent se sont trouvés face à face.
Les cinq priorités remises aux candidats portent toutes sur le cadre : baisse de la fiscalité et des charges pour 83 % d’entre eux, réindustrialisation 81 %, simplification des normes 75 %, réduction de la dette 75 %, stabilité des règles fiscales et sociales 74 %. Aucune ne concerne ce que l’entreprise produit — et les projets de gauche répondent sur le même terrain, par l’inverse. Le débat s’enferme ainsi dans une seule alternative : alléger le cadre ou l’étendre. Ni l’un ni l’autre ne dit ce que coûtera l’adaptation du pays.
Un seul des sept le chiffre. Le programme des Écologistes y consacre un chapitre entier — sept milliards d’euros par an d’ici 2032 pour le plan national d’adaptation, une caisse nationale de sécurité climatique, des secteurs nommés du bâtiment au réseau ferroviaire. C’est l’ordre de grandeur auquel les autres ne répondent pas, et il est entièrement public.
Ce qui sépare vraiment les sept est la réponse à une seule question : qui paie l’adaptation. Le MEDEF demande d’alléger les charges, Impact France propose que le marché récompense ce qui contribue par un bonus-malus, les projets de gauche financent par l’impôt et la dépense publique. Trois réponses, et aucune ne fait dépendre une part de ce financement de ce qui se vend.
C’est ce que le grand oral rend visible, et personne ne l’y a formulé. Les partis légifèrent, orientent les aides et sécurisent des revenus par la loi ; les mouvements d’entreprises conçoivent des produits et les vendent. Chacun tient un bout de la chaîne, et le mécanisme qui les relierait — une contribution incorporée dans l’offre et payée par la vente — n’appartient à personne.
Le partage de la charge est donc la question que les sept ont en commun, et l’innovation produit celle qui la résout. Alléger le cadre déplace la charge sur la puissance publique ; l’étendre la déplace sur celui qui produit ; l’aide la déplace sur le budget. Aucune de ces trois réponses ne la répartit entre ceux qui reçoivent le gain — et c’est ce que fait un prix qui incorpore la contribution. C’est aussi pourquoi l’innovation ferme les profils des quatre projets de gauche et d’Impact France : c’est le levier qui débloque le passage à la régénération. Le Projet socialiste tient d’ailleurs la seule règle de partage de la série — un euro de dividende, un euro pour les salariés —, et elle porte sur une valeur déjà produite. La rentrée politique de l’écologie 2026 réunit les sept lectures et les compare levier par levier.
Où en êtes-vous sur la trajectoire de la régénération ?
Les mêmes trente-huit questions qui ont servi à lire ce programme éclairent votre activité : sa position sur les quatre niveaux, son profil sur les six leviers, et celui qui limite sa progression. Il ne mesure pas une performance et ne classe pas. Trente minutes, gratuit, résultats immédiats.
8 · Réduire les impacts, payé par l’aide publique : ce que les sept proposent aux entreprises
Les sept demandent tous la même chose aux entreprises, et proposent de le payer de la même façon.
Quatre briques existent déjà dans ces programmes, et rien ne les relie. Le prix, qui sécurise un revenu au producteur. L’affichage, qui informe l’acheteur. La conditionnalité, qui subordonne une aide à des engagements. La conception, que la norme encadre. Prises séparément, chacune agit ; articulées autour de ce que le produit fait vivre, elles formeraient un modèle économique — un mécanisme qui crée de la valeur, et pas seulement une source de financement. C’est cette articulation qui manque, et c’est ce que la suite examine.
Les quatre traits communs
Ce qui est demandé aux entreprises relève de la réduction. Le Projet socialiste leur demande d’alléger un flux ; il encadre un prix, plafonne une marge, interdit une substance — comme les six autres. C’est le deuxième niveau de la trajectoire, tenu avec sérieux. La valeur y reste produite comme avant, et l’écologie s’y ajoute comme une contrainte à absorber.
L’innovation produit y vise la réduction des impacts. Durer plus longtemps, peser moins, se réparer, contenir moins de substances : la conception part de ce qu’il faut retirer. Ni le Projet socialiste ni les six autres textes ne demandent d’où elle pourrait partir autrement — le potentiel d’un écosystème et de ceux qui en vivent.
Le financement passe par l’aide publique. Fiscalité carbone, emprunt européen, fonds de sécurité climatique, livret d’épargne pour la transition locale : quatre financements, et la vente n’y entre pour rien.
Ce choix expose la transition à ce que l’État peut porter, et la contrainte est connue. Chaque euro engagé dépend du budget voté, mis en concurrence avec la santé, l’école ou la défense, dans un contexte déjà sous tension. Une majorité qui change, une charge de la dette qui monte, une conjoncture qui se retourne, et l’aide au maintien du bio disparaît — c’est précisément ce que le programme constate quand il écrit que le bio manque de débouchés stables.
Un revenu tiré du produit ne dépend d’aucun de ces aléas. Il croît avec le volume vendu, il ne se revote pas, et il engage l’acheteur plutôt que le contribuable. C’est la seule source qui tienne sur les quarante ans d’une futaie ou les trois ans d’une conversion — des durées qu’aucune loi de finances ne couvre.
Le social et l’environnemental du produit sont écrits séparément. D’un côté un revenu, une condition de travail, un droit d’accès ; de l’autre un impact évité, une norme respectée. Rien ne demande au produit de faire gagner l’écosystème et ceux qui en vivent d’un même mouvement.
Notre article « Finance régénérative : financer l’adaptation » traite cette question pour l’adaptation.
Reste à savoir si cette limite tient par choix ou par obstacle. Les deux sections suivantes le vérifient sur le Projet socialiste : sait-il déjà faire autrement, et qu’est-ce qui l’en empêche ?
Partie III · Financer la transition : ce que nous proposons
9 · Écologie populaire du PS : rendre accessible sans rendre préférable
Le programme traite la demande comme une inégalité à corriger, et pas comme un levier. C’est le second constat de cette lecture, après celui du financement — et il ouvre la même possibilité.
Réparer par la loi, ou par ce qui se vend
Le programme répare par la loi et par le budget. On prévient par la santé publique, on redistribue par la fiscalité, on encadre par la norme, on répartit par la décentralisation. C’est le métier d’un parti de gouvernement, et cela produit une limite mécanique : ce que l’État répare, il doit le financer, et ce financement reste soumis aux arbitrages budgétaires de chaque exercice.
Une seconde voie de réparation passe par ce qui se vend, et c’est celle que nous documentons. Elle forme une boucle où chaque maillon dépend du suivant : le juste prix payé par l’acheteur permet à l’entreprise de s’engager sur plusieurs années ; cet engagement permet au producteur d’allonger ses rotations, de planter des haies, de renoncer à un intrant ; et ces pratiques sont précisément ce que l’étiquette atteste, donc ce qui justifie le prix payé. La boucle se ferme à la vente, et elle finance sa propre continuité.
Le programme équipe deux extrémités de cette boucle, et ne les relie pas. Il garantit un prix au producteur par les prix minimums fondés sur les coûts réels ; il rend le produit accessible à l’acheteur par la TVA réduite et la tarification sociale. Mais le prix garanti ne dépend pas des pratiques tenues, et l’accès ne dépend pas de ce que le produit fait vivre : les deux bouts existent, l’interdépendance entre eux reste à écrire.
Un diagnostic que nous partageons
Le Projet socialiste part de la demande, et il le dit dans son titre de chapitre : l’écologie sera populaire, ou ne sera pas. Populaire s’y entend dans les deux sens — une écologie désirée parce qu’elle améliore la vie, et une écologie accessible à toutes et tous. Le diagnostic est juste et il est rare : la fracture sociale a fragilisé la capacité à agir pour l’écologie, et toute une part des Français subit des discours moralisateurs sans pouvoir assumer le coût d’un changement de véhicule, d’une rénovation ou de vêtements biosourcés.
C’est le diagnostic que nous portons sous le nom d’écologie populaire. Le mot y porte les deux mêmes sens : un ancrage social, une écologie qui parle à ceux que le discours écologiste habituel tient à distance ; et une capacité d’adhésion, une écologie qui devient majoritaire parce qu’elle traite de ce qui compte — se nourrir, se soigner, éduquer ses enfants.
Ce que le programme en tire relève de l’accessibilité. Tarification sociale des cantines jusqu’à la gratuité, généralisation des titres-restaurant, allocation alimentation pour les précaires, leasing social de véhicules électriques, prime climat sans avance de trésorerie, prix accessibles garantis sur la mode éthique. Chaque mesure baisse le prix ou avance l’argent pour que le produit reste à portée : la demande y est traitée comme une inégalité à corriger, et c’est cohérent avec les moyens dont le parti dispose.
Ce que nous en tirons, et qui va plus loin
Notre lecture de l’écologie populaire va plus loin que l’accessibilité, et son critère tient en une phrase : le territoire va mieux grâce à mon activité. Ce n’est ni « je prélève moins », ni « je répare ce que j’ai abîmé », mais « j’ajoute à la vitalité du vivant autour de moi ».
L’écologie populaire en est le visage citoyen, un mode de vie ; l’économie régénérative le visage entreprise, un modèle d’affaires. Le programme équipe le citoyen — accès, prix, information — et laisse l’entreprise sans le moyen de faire valoir ce qu’elle contribue.
Le parti dispose d’un précédent sur ce terrain, et il vient de sa propre histoire. Le CamPuS 2023 consacrait une session à « Mieux partager le pouvoir, mieux partager la valeur avec les salarié·es », avec la Confédération générale des Scop, et une autre — « Manger bien, le nouveau luxe ? » — réunissait une agricultrice de la Confédération paysanne et le pionnier du mouvement locavore. La question du partage de la valeur dans une filière a déjà été à l’ordre du jour de cette université d’été. Elle en est absente en 2026, alors que Fatima Bellaredj y siège toujours.
10 · Nutri-Score et Score santé : la mesure qui entre dans la composition du produit
Le programme sait déjà demander ce qu’un produit doit contenir, et cette mesure est unique dans les sept textes lus. Le Nutri-Score y est rendu obligatoire sur l’ensemble des produits alimentaires et sur leur publicité, et le programme impose aux industriels des objectifs de réduction progressive des sucres ajoutés, du sel et du gras dans leurs recettes. La loi entre dans la formule du produit.
Rendre le Nutri-Score obligatoire n’est pas une mesure anodine, et l’industrie le combat depuis dix ans. Tant que l’affichage reste volontaire, un fabricant l’appose sur ses produits bien notés et le retire des autres, ce qui vide l’outil de sa fonction comparative. L’obligation supprime cette latitude, et c’est ce qui explique la résistance de plusieurs grands groupes.
Une objection est plus solide que les autres : le score note pour cent grammes. Cette unité pénalise l’huile d’olive, les fromages traditionnels ou le miel, dont la portion consommée n’a rien à voir avec cent grammes — c’est le fondement de l’opposition des filières sous appellation.
La contradiction se voit en rayon : un soda light reformulé obtient un B quand un fromage brut obtient un D. Le Nutri-Score répond à une question de santé publique — comment raisonner les quantités et la fréquence — et il y répond bien. La polémique naît quand on lui demande de trancher ce qui n’est pas sa question : ni l’ultra-transformation, ni les pratiques agricoles n’y entrent. Notre dossier sur le fromage démonte ce mécanisme sur trois disputes successives — le Comté, le Nutri-Score appliqué aux produits de terroir, le Planet-Score appliqué à la viande.
Aucun score ne suffit seul : l’addition en donne quatre
La réponse ne tient donc pas dans un meilleur score, mais dans l’addition de plusieurs. L’appellation dit d’où vient le produit et comment il est fait, le Planet-Score dit son impact environnemental, le Nutri-Score dit son profil nutritionnel. Aucun ne remplace les autres, et c’est leur articulation qui donne une garantie.
Un critère manque à cette addition, et il est mesurable : le degré de transformation. L’indice NOVA le classe en quatre groupes, du produit brut à l’ultra-transformé, et il n’est porté par aucun affichage réglementaire. C’est pourtant lui qui sépare le soda light du fromage brut — deux produits que le seul profil nutritionnel range à l’envers de ce que le consommateur attend. L’ajouter à l’affichage obligatoire que le programme propose ne demanderait aucun outil nouveau.
Deux familles d’outils agissent sur le produit, et ce programme mise sur la seconde. Le bonus-malus agit sur le prix par la fiscalité, et il n’y tient qu’une place réduite — un bonus pour les matières recyclées. L’affichage, lui, couvre le Score santé sur trois familles de produits, l’étiquetage des perturbateurs endocriniens et des PFAS, et les labels Made in France renforcés.
L’affichage n’atteste pourtant pas les pratiques agricoles ni les conditions de production. Il dit ce que le produit contient, son origine et ses circuits de transformation ; il ne dit pas ce que sa fabrication a fait vivre.
Quatre repères combinés y parviennent pourtant, et ils existent déjà tous les quatre. Le bio pour les pratiques au champ, le Nutri-Score A pour la qualité nutritionnelle, le Planet-Score A pour l’impact environnemental, Origin’Info pour l’origine des ingrédients. Pris séparément, chacun s’arrête à la réduction ; réunis sur un même produit, ils atteignent le niveau de la régénération — c’est ce que notre lecture des labels comme jalons appelle le quadruple A.
L’effet de cette combinaison est mesuré. Le collectif En Vérité a testé l’affichage simultané d’Origin’Info, du Nutri-Score et du Planet-Score : les intentions d’achat des marques les plus vertueuses sont multipliées par près de vingt. Sans affichage, la marque en place profite du bénéfice du doute ; dès que l’information devient visible et comparable, l’effort réel est récompensé.
Pourquoi le levier de l’innovation reste à 39 %
Cette mesure établit que la puissance publique peut agir sur la composition d’un produit, et que le programme sait le demander. Le levier de l’innovation à 39 % ne vient donc pas d’un refus d’intervenir sur le produit : il vient de ce dont l’intervention part. La recette est reformulée pour réduire un risque sanitaire, et le résultat est un produit moins nocif — pas un produit qui fait prospérer un territoire et ceux qui y vivent.
Appliquée à ce que la fabrication fait vivre, la même mécanique changerait de niveau. Des objectifs progressifs portant sur la part du prix revenant au producteur, sur la vie biologique des sols, sur le métier maintenu — écrits comme le sont ceux du sucre et du sel — feraient de la contribution une exigence de recette. Le programme a l’outil et il a l’habitude de s’en servir ; il lui reste à l’appliquer à un autre objet.
Ce n’est pas un oubli du programme. La gouvernance se légifère — un siège, un seuil, un droit de vote —, quand la conception d’une offre ne se légifère pas : elle se fait dans une entreprise, avec ceux dont elle dépend, produit par produit. Ce que le levier de l’innovation désigne n’est donc pas une lacune du texte, c’est la part du travail qui revient à ceux qui produisent.
Deux propositions moins commentées touchent la conception de plus près qu’il n’y paraît. Le plan d’un million d’actifs formés agit sur ceux qui conçoivent, et l’économie circulaire érigée en priorité industrielle oriente ce vers quoi ils conçoivent.
Chaque brique fonctionne seule, et aucune ne relie les autres
Les quatre briques posées en ouverture de cette partie se retrouvent ici, chacune séparée des autres. Le prix plancher rémunère un coût de production, pas des pratiques. Le Score santé et le Nutri-Score attestent une composition, pas des pratiques. Les labels Made in France attestent une origine, jamais l’état de l’écosystème dont le produit sort.
Le label bio est le seul du lot à porter sur des pratiques — une rotation, un intrant écarté, une parcelle menée autrement pendant trois ans. Il dit encore ce que ces pratiques évitent, sans dire ce qu’elles font vivre : le revenu versé au producteur, la surface de haies entretenue, le sol dont la matière organique s’élève. C’est ce que notre dossier sur l’alimentation régénérative établit du sol à la santé, et que le passage du bio au régénératif déplie maillon par maillon.
Chaque maillon fonctionne donc seul, et c’est ce que le levier de l’innovation enregistre. Un agriculteur peut être correctement payé sans que rien de ses pratiques n’arrive jusqu’au rayon ; un acheteur peut comparer deux produits sans savoir lequel a fait vivre un sol. Ce qui manque au programme n’est ni un prix, ni une norme, ni une étiquette : c’est ce qui les tient ensemble.
Un produit fait déjà tenir la chaîne, par le mécanisme même que le programme institue dans l’entreprise. C’est qui le Patron ?!, que nous situons à 91 %, construit le prix de sa brique sur le revenu du producteur, avec un cahier des charges voté par les consommateurs et un contrat de cinq ans. Le prix y rémunère des pratiques, l’étiquette les porte, et le vote fixe la répartition. Le programme institue le partage entre actionnaires et salariés ; ce cas l’institue entre l’acheteur et le producteur — et le dossier alimentation régénérative en donne d’autres formes.
Les labels Made in France renforcés sont l’endroit où ce pas est le plus court. Le programme les étend déjà à l’origine, aux circuits de transformation et aux conditions de production. Ces trois mentions décrivent où le produit a été fait et dans quelles conditions ; deux autres diraient ce que sa fabrication rémunère et ce qu’elle régénère. L’ajout ne demande aucun outil nouveau : des marques françaises portent déjà ces mentions, et les labels qui les certifient existent.
Agir sur la composition et décider d’où part la conception sont deux exercices distincts. Le premier corrige ce qu’un produit contient, le second choisit ce qu’il fait vivre. Le programme sait faire le premier ; le second reste entier.
11 · Pêche et agriculture régénératives : ce qu’une pratique tenue ajoute à ce que le programme protège
Sur la pêche et sur l’agriculture, le programme tient la règle et l’aide ; une activité régénérative y ajouterait une conduite que la vente rémunère. Chacune des deux filières a déjà des pratiques et des modèles qui tiennent, détaillés ci-dessous.
Ce qu’une pêche régénérative ajoute à une pêche durable
Le programme vise une pêche durable, et le niveau suivant porte un autre nom. Didier Gascuel l’appelle la pêchécologie et en fixe 32 critères — économie circulaire, bien-être animal, lien au territoire, rémunération, respect des avis scientifiques. Le principe est celui d’une cueillette qui maximise l’utilité économique et sociale de chaque poisson que la nature fournit durablement, plutôt qu’un prélèvement encadré.
La culture multitrophique en donne la version productive, et le revenu suit. Algues et moules sur la même zone — les premières absorbent les excès de nutriments, les secondes filtrent l’eau —, sans aliment ni engrais ni pesticide, suspendues sans contact avec le fond. L’exploitation vend plusieurs récoltes issues du même espace et y ajoute la valorisation intégrale. La production améliore la qualité de l’eau au lieu de la dégrader, et c’est de là que vient le revenu. Le Paysan Marin accompagne des fermes marines sur ce modèle, et ARPROE régénère des récifs d’huîtres plates avec les marins-pêcheurs de Houat-Hoëdic, qui siègent au comité scientifique local. Notre lecture de la pêche régénérative en détaille les pratiques et les conditions.
Le programme ouvre d’ailleurs cette voie sans la nommer. Écarter l’élevage carnivore nourri par la pêche minotière, comme il le fait, laisse la place au multitrophique, qui ne consomme aucune ressource marine : la proposition suivante s’écrit dans le prolongement de celle qui existe.
Ce que le label attesterait reste à écrire. Le programme prévoit des marques et des labels sans dire ce qu’ils prouvent : l’engin utilisé, l’état du stock, le port d’attache, la part du prix revenant au marin. Une fois cela écrit, le consommateur distingue en rayon des pratiques que rien ne signale aujourd’hui — et les 70 % d’importations cessent d’être une concurrence invisible.
Cette chaîne ne se retrouve complète nulle part ailleurs dans le Projet, et elle l’est ici sur un secteur que le programme qualifie lui-même de modeste. Les sections qui suivent montrent ce qu’il en est sur les autres filières.
L’agriculture régénérative : quand les pratiques deviennent le moteur du revenu
Robert Rodale en formulait le principe dès 1983 : accroître la base de production biologique des terres à des niveaux de productivité croissants. Trois pratiques agronomiques le servent — couverts végétaux permanents, allongement des rotations, réduction du travail du sol. Restaurer répare un état ; régénérer promeut la capacité d’auto-renouvellement d’un système vivant. Le programme oriente les pratiques ; l’agriculture régénérative en fait le moteur du revenu.
Une seule pratique bien choisie agit sur six terrains à la fois, et c’est ce qui change l’équation économique. Le pâturage tournant dynamique améliore les sols, l’eau, le climat, le bien-être animal, la qualité du produit et l’économie rurale — sans coût supplémentaire pour l’éleveur. Notre analyse de l’agriculture régénérative documente cette généalogie, des savoirs ancestraux au business model régénératif.
Trois mécanismes rémunèrent ces services, et deux passent par le marché. Les paiements pour services environnementaux les payent sur mesures vérifiées, par l’aide publique : c’est celui que le programme généralise. L’insetting permet à une entreprise de les financer dans sa propre chaîne de valeur, plutôt que sur un marché carbone externe. Et la structuration de filière crée de la valeur par elle-même — collecte mutualisée, tri qualitatif, traçabilité, contrat pluriannuel.
Sur une brique de lait demi-écrémé, la part de l’éleveur a baissé de 4 % entre 2001 et 2022. Celle des entreprises agroalimentaires a augmenté de 64 % sur la même période, celle de la distribution de 188 %. Un prix plancher relève le plancher ; il ne redistribue pas cette pente.
Nos analyses sectorielles montrent où se situe chaque filière et ce que la bascule y demande. L’alimentation régénérative suit la chaîne du sol à la santé et recense les produits qui la démontrent en rayon ; le passage du bio au régénératif déplie ce qui manque du champ au produit ; la modélisation de la filière laine chiffre ce qu’une filière structurée change — d’un cours export à un contrat pluriannuel documenté, le prix éleveur est multiplié par vingt sans subvention, dans une modélisation à visée prospective ; les enjeux du textile régénératif tiennent la même chaîne sur la fibre.
12 · Produits contributifs : ce que le programme du PS rendrait finançable
Passer à la régénération demande de changer trois choses : d’où part la conception, ce qui crée la valeur, et comment cette valeur se partage. Une entreprise ne change pas ce qu’elle conçoit parce qu’on le lui demande : elle le change quand ce qu’elle vend finance ce que cette conception coûte. Tant que la contribution se paie sur la marge, se déduit de l’impôt ou se rattrape par une aide, elle reste une charge que la marge peut reprendre.
Le partage décide de la durée. Un gain capté par l’aval ne finance rien en amont : le producteur qui tient les pratiques n’a aucune raison de les tenir l’année suivante. Réparti entre les maillons — par un prix construit ensemble, un engagement de durée, une part des gains obtenus — il devient ce qui rend la boucle reproductible.
Les quatre décisions qui font un produit
Un produit se conçoit puis se vend, et quatre décisions le déterminent : d’où part sa conception, quelle analyse l’oriente, ce que son étiquette atteste, comment se répartit le gain de sa vente. Le Projet socialiste agit sur la composition, rend l’affichage obligatoire et conditionne l’aide ; la répartition du gain entre maillons reste hors du texte.
L’échelle de la conception commence là où le programme s’arrête : sobriété, éco-conception avec l’analyse de cycle de vie du produit sur seize critères, éco-socio-conception avec l’analyse étendue au social selon l’ISO 14075, puis design régénératif avec une analyse de cycle de vie contributive. Le Score santé appliqué à l’habillement et aux matériaux touche déjà au social du produit ; les vingt chapitres ne posent aucune analyse de cycle de vie.
Ce qu’est un produit régénératif en triple impact
Un produit régénératif combine deux mouvements qui s’ajoutent. Réduire les impacts d’abord — moins de plastique, moins de sucre, une durée de vie allongée : c’est ce que le programme demande. Augmenter ensuite les capacités du vivant, sur deux indicateurs que l’analyse de cycle de vie classique ignore : la biodiversité et la santé humaine. Notre décryptage des produits primés détaille ce que ce second mouvement demande à la conception.
Ces deux indicateurs déplacent le regard là où les enjeux se jouent. L’ACV traditionnelle désigne le fabricant comme l’étape aux plus gros impacts, et l’attention se porte sur l’emballage. La biodiversité renvoie aux fournisseurs d’ingrédients — les champs, les sols, les filières amont ; la santé humaine renvoie à l’usager final. Ce sont eux qui disent si un produit régénère le vivant ou se contente de polluer un peu moins.
Un produit régénératif en triple impact territorialisé se reconnaît sur les trois piliers d’impact et sur le territoire, et le programme en équipe deux. Sur l’environnement, des pratiques qui enrichissent le sol dont l’ingrédient sort — le bio y conduit sans y suffire, puisqu’il dit ce que la culture évite plus que ce qu’elle apporte. Sur le social, une composition qui fait du bien à celui qui consomme, ce que le Nutri-Score mesure déjà, et un producteur qui vit de son travail, par un prix et un contrat qui tiennent dans la durée. Sur l’économique, une contribution qui est une source de revenu pour l’entreprise et non une charge : sa rentabilité vient de là. Sur la filière et le territoire, un métier, un savoir-faire et des outils de transformation qui se maintiennent là où le produit est fait.
Trois mécanismes font que ce produit s’autofinance par la vente. Le premier est la prime de qualité : quand la preuve est claire, l’acheteur accepte un juste prix, et ce supplément finance directement les pratiques amont plutôt qu’une rente. Le deuxième est la baisse du risque : une entreprise qui s’approvisionne sur des sols régénérés encaisse mieux les sécheresses et la volatilité des cours — l’investissement amont est un investissement de productivité. Le troisième est l’insetting : au lieu d’acheter des crédits carbone externes, l’entreprise réinvestit une part de sa marge dans sa propre chaîne de valeur, où la valeur circule en boucle.
Trois pièces font tenir les trois piliers et le territoire ensemble, et elles sont solidaires. La conception, qui part de l’écosystème plutôt que d’un impact à réduire — orientée par une analyse de cycle de vie contributive, qui compte ce que la fabrication apporte au lieu de ce qu’elle évite. L’affichage, qui rend la contribution lisible — sans quoi elle ne se paie pas, et les labels Made in France renforcés peuvent le porter. Et la répartition, qui décide de ce que chaque maillon reçoit de ce qui est payé. Retirez-en une et l’ensemble retombe : une conception exigeante sans affichage reste un surcoût, un affichage sans répartition enrichit l’aval, une répartition sans débouché n’a rien à répartir.
Un produit qui le fait déjà : le beurre hydratant de Davines
Le calendula de ce beurre hydratant n’est pas « issu de pratiques durables » : il est cultivé par Davines dans son centre de recherche de Parme, fondé avec le Rodale Institute. La parcelle est certifiée Regenerative Organic Certified, un référentiel audité par un tiers qui couvre en un seul cahier des charges la santé des sols, le bien-être animal et l’équité de rémunération des producteurs. Le produit a été primé aux Lauriers de la Régénération 2026.
Les trois piliers et le territoire y sont mesurés, et c’est ce qui distingue ce cas d’une promesse. Sur l’environnement, les relevés de la ferme montrent un microbiome plus riche et une population de vers de terre sans commune mesure avec une parcelle conventionnelle. Sur le social, le pilier de la certification garantit l’équité de rémunération, et chaque édition finance le Rodale Institute à hauteur de cinquante mille euros par an pour former aux pratiques régénératives. Sur l’économique, Davines a réalisé environ 295 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2024, en croissance de 12 % et entièrement organique — c’est cette solidité qui finance la recherche et la montée en puissance des filières certifiées.
Davines ne prétend pas que toute sa gamme est régénérative : l’entreprise lance chaque année un produit-manifeste plus exigeant, au rythme de la terre — le temps de cultiver, récolter et certifier — plutôt qu’à celui du marketing. C’est la réponse à l’objection la plus fréquente, « est-ce que ça se vend ? ». Notre décryptage des produits primés en détaille les marqueurs.
Rien dans ce cas ne demande une loi. Un référentiel qui existe, une parcelle suivie, un prix qui rémunère la certification, un produit qui se vend. C’est le terrain que la rentrée laisse entier, et il n’appartient à personne — la comparaison des sept programmes de la rentrée établit ce résultat sur les sept prises de parole.
Ce que ce déplacement demande à une entreprise
Ce déplacement est un travail, et il se conduit avec les maillons de la filière. Cartographier les dépendances d’une activité, réunir les maillons de sa chaîne de valeur, construire un prix avec eux, chiffrer ce que chacun y gagne : nos cinq ateliers du business model régénératif le conduisent, de l’analyse de la chaîne actuelle à l’atterrissage comptable en triple capitaux. Il ne demande ni majorité, ni consensus, ni alternance — il se décide dans une entreprise, avec ceux dont elle dépend, produit par produit.
La demande que le programme traite par l’accès porte aussi une préférence, et c’est cette part-là qu’il n’utilise pas.
Ce que les Français attendent d’un produit contributif
Les producteurs locaux et la qualité arrivent en tête, le carbone loin derrière. Dans les labels lus comme des jalons, cinquante-neuf pour cent des personnes interrogées placent les producteurs locaux en tête de leurs attentes et cinquante-sept pour cent la qualité, quand le carbone en réunit vingt-neuf. L’origine et la qualité sont donc des arguments de préférence ; le carbone n’en est pas un.
Une seconde enquête porte sur ce que les marques en disent. Sur les attentes que nous avons mesurées, la juste rémunération pèse cinquante-cinq pour cent d’importance et reste quasi absente des discours ; le climat, lui, est saturé. Surinvestir le carbone revient à se fondre dans le bruit, activer la juste rémunération revient à occuper un silence. C’est un espace politique autant que commercial, et il correspond mot pour mot à ce que le Projet socialiste met au centre — ce que le consommateur regarde en rayon déplie les quatre moteurs qui l’organisent, et le baromètre de la sobriété montre que le premier levier de changement cité par les Français est une offre accessible, pas une injonction.
Ce que le Parti socialiste laisse ouvert, les sept prises de parole de la rentrée le laissent ouvert avec lui — et c’est ce que démontrent les produits que nous distinguons. C’est qui le Patron ?!, primée aux Lauriers de la Régénération, le démontre en chiffres : 126 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2024, en progression de 11,8 %, quand le marché du bio en grande surface recule de 5 %. Près de cent produits français primés depuis 2024 dans vingt et un secteurs conjuguent croissance économique et impacts positifs.
13 · Nos quatre demandes au Parti socialiste pour un made in France contributif qui finance la transition de la France : des scores, des labels, des indicateurs, de l’argent public
« Made in France » dit où le produit a été fini, pas ce que sa fabrication fait vivre : le revenu du producteur, la vie du sol, le métier maintenu sur le territoire. Notre manifeste du made in France contributif demande de le rendre lisible en rayon, pour passer d’« assemblé ici » à « fait grandir le vivant ici ». L’État peut y contribuer en reconnaissant les labels qui l’attestent déjà — Regenerative Organic Certified, Demeter, Bio Équitable en France — dans la commande publique et dans les aides ; le poids commercial vient des marques et des acheteurs. Lancé le 12 juin 2026 aux Lauriers de la Régénération, il a été remis aux ministères de l’Agriculture, de l’Industrie et du Commerce.
Le made in France contributif est la régénération rendue lisible sur le produit. Régénérer, c’est tisser des relations mutuellement bénéfiques entre les êtres vivants d’un territoire — la vie dans les sols, les populations animales et végétales, les communautés humaines — de sorte que chaque être vivant renforce par son activité propre la capacité des autres à poursuivre leur propre évolution. L’économie régénérative en est le modèle économique : une entreprise rentable dont le modèle augmente la capacité du vivant à prospérer dans les territoires dont elle dépend, parce que le produit en vente est issu de pratiques régénératives. Nos quatre demandes en font la traduction publique, pour financer la transition de la France.
Les quatre demandes en découlent, et partent chacune de ce que le programme écrit déjà.
1 · Rendre obligatoires les scores gradués. Le programme rend le Nutri-Score obligatoire et crée un Score santé sur l’alimentaire, l’habillement et les matériaux de construction. Il manque un score qui note aussi la biodiversité, les pesticides et le bien-être animal, comme le Planet Score : le Nutri-Score et le Score santé disent un profil nutritionnel et un risque, une échelle de A à E montrerait à chaque producteur ce qui lui reste à franchir, et l’obligation met toutes les marques sur la même ligne.
2 · Faire connaître les labels qui attestent une contribution. Le programme renforce les labels Made in France sur l’origine et les conditions de production. Cinq labels portent déjà ensemble l’environnement, le social, l’économique et le territoire : Regenerative Organic Certified, Demeter, Nature & Progrès, Bio Équitable en France et Biopartenaire. Les faire connaître est un travail public : des campagnes qui disent ce que chacun atteste, et leur place dans l’affichage et dans les achats publics.
3 · Compter ce que la production rend. Le programme laisse ouverts les indicateurs de richesse alternatifs au produit intérieur brut et la question comptable. Il manque des indicateurs sur le produit : l’état des sols et de la biodiversité, le revenu réellement payé au producteur et l’emploi tenu sur le territoire. La demande se décide à Bruxelles, dans la révision du PEF et dans les actes délégués du passeport numérique, qui fixent pour des années les champs affichés par secteur ; un parti de gouvernement peut la porter dans cette négociation.
4 · Faire suivre l’argent public à la contribution du produit. Le programme conditionne les aides publiques à des engagements vérifiés, avec remboursement en cas de délocalisation. Il manque un critère de contribution, avec une preuve qu’un agent public puisse vérifier : les labels de la deuxième demande la fournissent déjà. Trois circuits le portent : les opérateurs publics, les aides décidées en loi de finances et la commande publique. Brancher la conditionnalité des aides sur un gain mesuré en triple impact fait passer les 211 milliards d’euros d’aides publiques aux entreprises de la logique de guichet à la logique capacitaire : ne plus se demander si une aide existe, mais ce qu’elle permet de renforcer.
Chaque demande part de ce que le programme écrit, et ajoute une clause. C’est ce qui la rend inscriptible. Ce qui manque au débat est une preuve de terrain : chiffrer le delta entre une filière régénérative et une filière conventionnelle, maillon par maillon. C’est le travail que nous conduisons avec le groupe économie régénérative en triples impacts localisés, et une campagne présidentielle est un bon moment pour le rendre public.
Contraindre ce qui dégrade, soutenir ce qui contribue : l’État sait faire les deux, il le fait déjà pour la culture
Financer la transition par la vente demande plus d’État, pas moins — mais un État qui fait autre chose. Un produit contributif ne se vend à son juste prix qu’à deux conditions : que le pollueur cesse d’être avantagé, et que l’acheteur puisse distinguer les deux en rayon. Ni l’une ni l’autre ne se décide dans une entreprise.
Contraindre ce qui dégrade et soutenir ce qui contribue sont deux actions, et les partis n’en maîtrisent qu’une. Une croissance dont les impacts négatifs finissent payés par le contribuable doit être encadrée — c’est ce que le programme fait, et il le fait bien. Une croissance qui fait prospérer un territoire demande l’inverse : la soutenir, la rendre visible, lui donner un avantage de marché.
Nous parlons ici d’une croissance en valeur et en impacts positifs, et il faut le dire avant d’aller plus loin. Non pas vendre plus de la même chose, mais que chaque unité vendue laisse un écosystème et un territoire en meilleur état — la valeur créée et la contribution croissant ensemble, sur le même produit.
Cette formulation n’est pas majoritaire, y compris chez ceux qui portent le modèle régénératif. La prémisse est partagée : l’impact positif net se compte par unité de produit ou de service vendue. La conclusion qu’on en tire habituellement est inverse de la nôtre — limiter la croissance, s’ancrer localement, sortir des objectifs de progression annuelle. Nous tenons que la contribution devient une source de revenu, et donc qu’elle croît avec le volume vendu.
C’est là que la gauche est mal à l’aise, et cela se comprend. Soutenir une croissance suppose d’admettre que le marché puisse produire du bien commun, ce qui heurte une tradition politique construite sur sa correction. D’où le réflexe : on encadre, on redistribue, on rend accessible — trois actions que le Projet socialiste maîtrise.
La puissance publique sait pourtant faire l’autre action, et elle le fait déjà sur la culture. Le livre, le spectacle vivant et le cinéma bénéficient d’une taxe sur la valeur ajoutée à taux réduit, parce que ces biens sont reconnus comme des biens communs qu’il faut rendre abordables et faire circuler. Personne n’y voit une compromission avec le marché : c’est un avantage de prix accordé à ce qui bénéficie à tous.
Le crédit d’impôt cinéma va plus loin encore, et il est conditionné à ce que le tournage laisse sur le territoire. Une production ne l’obtient qu’en tournant en France, en y dépensant, en y employant des techniciens et des prestataires — l’avantage fiscal est adossé aux retombées locales, et il se rembourse si elles n’ont pas lieu. C’est exactement l’architecture que nous demandons pour les aides aux entreprises : un avantage conditionné à ce que l’activité fait vivre là où elle s’exerce.
Un produit qui régénère un sol et maintient un métier relève de la même logique. Le précédent existe, il fonctionne, et il n’a jamais été tenu pour une entorse aux principes.
Les deux fonctions que le programme porte à moitié
Le programme porte déjà ces deux fonctions, et à moitié seulement. Sur la première, l’encadrement des marges, la fiscalité carbone et l’interdiction des perturbateurs endocriniens renchérissent les pratiques extractives.
La seconde consiste à rendre la contribution vérifiable, et l’opacité y est aujourd’hui payante. Une entreprise qui ne dit rien de ses pratiques ne risque rien, quand celle qui les documente s’expose à la comparaison et en assume le coût : quatre-vingt-quatre pour cent des briques de lait alléguant une juste rémunération ne donnent aucune indication sur sa nature, et cela ne leur coûte rien. L’avantage va à qui n’expose pas.
Reconnaître les labels qui attestent une contribution renverse cette prime. C’est ce que l’amendement du Sénat vient de faire pour la rémunération : une allégation ne vaut plus que si un élément vérifiable la porte. La même règle appliquée à l’état du sol, au métier maintenu, au revenu versé ferait de la transparence un avantage plutôt qu’une charge.
Nos quatre demandes portent sur cette seconde fonction.
Un critère à la conditionnalité des aides
La conditionnalité des aides est écrite en entier dans le programme — engagements vérifiés, remboursement exigé en cas de délocalisation. Ce qui lui manque est le critère : démontrer que le territoire va mieux parce que l’entreprise existe.
En l’état, l’aide récompense la conformité et non la contribution. Une entreprise qui régénère un sol et une qui se contente de tenir les seuils accèdent aux mêmes financements, aux mêmes conditions. Le remboursement sanctionne le manquement ; rien ne distingue celui qui fait mieux.
Ce critère existe déjà sous forme de labels, et il suffirait de les y intégrer. Regenerative Organic Certified, Demeter, Bio Équitable en France attestent de bonnes pratiques et de leur rémunération, pas seulement d’un impact évité. Les reconnaître comme condition d’accès aux aides publiques donne au critère un contenu vérifiable, sans créer d’outil nouveau — et leur ouvre par là un débouché que le marché seul ne leur a pas donné.
Ce que l’affichage doit attester : la contribution, pas seulement le contenu
L’affichage est écrit dans le programme — Score santé, Nutri-Score obligatoire, labels Made in France renforcés. Ce qui lui manque est son objet : dire ce que la fabrication rémunère, régénère et maintient, plutôt que le risque qu’elle évite.
Un amendement citoyen vient d’ouvrir cette voie, et il a été adopté par le Sénat le 3 juillet 2026. Il interdit d’alléguer une juste rémunération des agriculteurs sur un emballage ou dans une publicité sans rendre accessible le prix payé au producteur. À titre expérimental jusqu’en avril 2028, sur les filières laitières, bovines et avicoles. Le texte a été écrit par les consommateurs de C’est qui le Patron, repris au mot près à l’Assemblée, supprimé en commission au Sénat, puis rétabli par neuf sénateurs de tous bords.
Les chiffres qui l’ont emporté disent l’écart entre l’allégation et la preuve. Quarante-trois pour cent des agriculteurs perçoivent un revenu inférieur au SMIC. Soixante-quinze pour cent des Français estiment manquer d’information sur la part du prix reversée aux producteurs. Et le chiffre cité plus haut — quatre briques sur cinq alléguant une juste rémunération sans en donner la moindre indication — mesure ce que l’absence de règle autorise.
Adosser chaque allégation au label qui l’atteste ferait le tri sans créer d’outil. « Juste rémunération » renverrait au prix payé au producteur, « respectueux des sols » au socle bio, « régénératif » à une certification comme le Regenerative Organic. Aujourd’hui les allégations circulent librement, les labels prouvent sans être lus, et rien ne relie les deux.
Le précédent vaut démonstration. L’affichage du prix payé au producteur est entré dans la loi sans aide publique, porté par les quinze millions de consommateurs de cette même marque, dont les ventes solidaires atteignent 135 millions d’euros par an. Ce que cet amendement fait pour la rémunération, la même articulation le ferait pour l’état de l’écosystème.
C’est la demande que porte notre manifeste, appliquée à l’origine. Le manifeste du made in France contributif demande que la mention d’origine porte ce que la fabrication rémunère, régénère et maintient sur le territoire, et pas seulement le lieu où il a été fini.
L’enjeu de la rentrée a changé en un an. À la rentrée 2025, le débat portait sur la conditionnalité des aides aux entreprises et sur la juste répartition de l’effort fiscal. Il porte aujourd’hui sur le financement de l’adaptation : comment payer ce qui permettra au pays d’encaisser les étés qui viennent, sans que les entreprises y perdent leurs objectifs économiques. Une contribution payée par l’impôt reste une dépense ; une contribution portée par le produit devient un revenu — et c’est la seule réponse qui ne dépend pas d’un vote chaque année.
Ce qu’il faut retenir
Le Projet socialiste, lu dans son ensemble au Capacity Score, est estimé à 58 %, au niveau de la restauration, comme les programmes des Écologistes (63 %), de La France insoumise (57 %) et de Raphaël Glucksmann (55 %). La gouvernance est à 72 %, la chaîne de valeur à 67 %, et l’innovation, à 39 %, est le levier à débloquer dans les quatre programmes.
Le programme atteint la restauration sur l’environnement autant que sur les vies : des droits juridiques accordés à la nature et aux cours d’eau, intégrés à la Charte de l’environnement, avec le crime d’écocide et un parquet dédié ; des prix minimums garantis fondés sur les coûts de production réels ; des paiements pour services environnementaux généralisés ; des lettres de plafond écologique contraignantes pour chaque ministère. Les trois piliers d’impact — environnement, social, économique — et le territoire qui les intègre sont tous traités, et la puissance publique les finance tous.
Le Projet socialiste parle abondamment aux entreprises, de trois façons. La contrainte : bilan pollution obligatoire, registre public des émissions, devoir de vigilance rétabli, encadrement des marges. Le soutien : loi de programmation de la réindustrialisation, économie circulaire, plan d’un million d’actifs formés en dix ans. La gouvernance : codétermination avec la moitié d’administrateurs salariés, écarts de rémunération plafonnés de un à vingt, doublement de l’économie sociale et solidaire, et un euro de dividende versé égale au moins un euro pour les salariés.
Ce partage s’exerce dans l’entreprise, et il peut s’étendre au-delà : ce qui se crée avec un fournisseur, dans une filière, sur un territoire — durée des engagements, préfinancement, participation aux outils de première transformation, répartition des gains obtenus ensemble — est le prochain terrain commun aux programmes de gauche, au même endroit que l’innovation.
L’affichage et la conditionnalité sont écrits ; la conception est leur prochain terrain. L’affichage produit couvre le Nutri-Score obligatoire, le Score santé et les labels Made in France renforcés (origine, circuits de transformation, conditions de production). La conditionnalité des aides publiques est écrite en entier, avec remboursement exigé en cas de délocalisation. Ces repères attestent une composition et une origine ; ils peuvent attester ce que la fabrication fait vivre. La transition se finance par l’impôt, la fiscalité carbone, l’emprunt et un fonds de sécurité climatique ; elle peut aussi se financer par ce qui se vend, et c’est la ligne qui sépare le troisième niveau du quatrième.
Nos quatre demandes pour un made in France contributif financent la transition de la France à partir de ce que le programme écrit : des scores gradués à côté du Nutri-Score et du Score santé, des labels qui attestent une contribution, des indicateurs sur le produit, et un critère de contribution dans la conditionnalité des aides. Un produit dont la fabrication rémunère un producteur, régénère un sol et maintient un métier sur le territoire, et dont la vente finance ces pratiques : les produits primés dans vingt et un secteurs le démontrent.
Le programme contient ses propositions les plus avancées au-delà de ce que le CamPuS de Blois a exposé : les droits de la nature, les prix planchers fondés sur les coûts réels, les plafonds écologiques contraignants. Les trois ambitions de l’événement — réparer, émanciper, transmettre — disent bien le niveau atteint. Réparer par la loi et faire prospérer par ce qui se produit sont deux actions : la première se décide au Parlement et se finance par l’impôt, la seconde se décide dans une entreprise, produit par produit. Cette lecture s’actualisera : le discours de clôture d’Olivier Faure viendra s’ajouter aux textes lus.
Les sept prises de parole de la rentrée, côte à côte
Cinq des sept lectures atteignent la restauration ; La REF et le plan du Shift travaillent la réduction des impacts.
| La prise de parole | Estimation | Niveau | Ce qui la situe |
|---|---|---|---|
| Le plan du Shift | 25 % | réduction des impacts | en repère sur l’atténuation |
| La REF · MEDEF | 30 % | réduction des impacts | protéger l’entreprise et ses salariés |
| Glucksmann · Place publique | 55 % | restauration | restaurer les forêts, les eaux et le revenu de ceux qui produisent |
| Mélenchon · LFI | 57 % | restauration | les écosystèmes protégés de leurs usagers |
| Parti socialiste | 58 % | restauration | réparer par la loi et par le budget |
| Impact France · UED | 60 % | restauration | les écosystèmes dont l’activité dépend |
| Les Écologistes | 63 % | restauration | l’interdépendance reconnue |
Estimation sur documents publics. Chaque lecture porte sur un objet distinct — un programme de parti, un programme d’événement, un plan sectoriel d’atténuation. Un point d’écart entre deux lectures ne veut rien dire : chacune porte une incertitude de l’ordre de deux points. La lecture du plan du Shift et du récit qui le porte est publiée dans Faut-il débrancher Jancovici ?
« Avec un made in France régénératif, le territoire et ses habitants prospèrent grâce à l’activité économique — pas malgré elle. »
Jérémy Dumont, Nous Sommes Vivants
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Sources : discours de clôture d’Olivier Faure, CamPuS de Blois, 29 août 2026, rapporté par Le Figaro · France Assureurs, premier bilan des incendies de l’été, 28 août 2026 · le Projet socialiste, six parties et vingt chapitres, version transmise aux fédérations en avril 2026, adopté en juin et publié sur projet-socialiste.fr — c’est le texte estimé · programme du CamPuS de Blois 2026 et plateaux par session, parti-socialiste.fr, consultés le 29 août 2026 · page de présentation de l’édition, parti-socialiste.fr, 13 juillet 2026 · ministère de la Transition écologique et SDES, aires marines protégées et chiffres clés de la mer et du littoral ; milieumarinfrance.fr, Natura 2000 en mer · Didier Gascuel, la pêchécologie · Le Paysan Marin et ARPROE, cités dans notre lecture de la pêche régénérative · chapitre 14 « Une agriculture durable et un revenu digne pour tous les paysans », partie « Une pêche durable : protéger la mer et son économie », projet-socialiste.fr · programme du CamPuS 2023, fédération PS des Hauts-de-Seine · fonctions des intervenants vérifiées sur les sites de la SNPN, de l’Ifremer, de la CFDT et de la Confédération générale des Scop · L’ObSoCo, Observatoire des perspectives utopiques, vague 4 · Cevipof, baromètre de la confiance politique · Nous Sommes Vivants : de l’agriculture régénérative au business model régénératif, livre blanc, Capacity Score, FAQ du Capacity Score, analyses La REF 2026, Universités d’Été de l’Économie de Demain, discours de rentrée de Marine Tondelier et de Jean-Luc Mélenchon, plan du Shift Project, C’est qui le Patron ?!, lecture des labels comme jalons, ce que le consommateur regarde vraiment, sobriété et régénération, écologie et catégories sociales, du bio au régénératif, Lauriers de la Régénération, manifeste du made in France contributif.
Davines, beurre hydratant WE STAND/for regeneration, ferme régénérative de Parme et Rodale Institute, lauréat 2026. En Vérité, test d’affichage intégral, 1 000 répondants, septembre 2024 · lecture des labels et scores comme jalons de trajectoire, NSV · C’est qui le Patron ?!, communiqué du 3 juillet 2026 sur l’amendement solidaire adopté au Sénat · peut-on encore produire et manger du fromage bon pour la santé, NSV · Capacity Score® — lecture d’un programme public conduite par Nous Sommes Vivants, 29 août 2026. Les analyses et les niveaux attribués engagent Nous Sommes Vivants.

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