Que proposent les programmes de la présidentielle 2027 pour adapter la France, par des transformations en profondeur sur le plan social et environnemental, et qu’en tirent les entreprises ? En 2026, l’été a montré l’urgence de s’adapter, avec les feux et la sécheresse ; l’automne a ouvert une crise sociale, avec les émeutes du 17 octobre sur fond d’inflation. Les deux chocs appellent la même réponse : une transformation profonde, sociale et environnementale à la fois, que les Français demandent. Les sondages annoncent un duel Le Pen-Mélenchon au deuxième tour.
Nous avons lu au Capacity Score huit prises de parole de la rentrée : Raphaël Glucksmann, La France insoumise, le Parti socialiste, les Écologistes et le Rassemblement national pour les partis, le MEDEF et Impact France pour les entreprises, le plan du Shift Project en repère. Ces lectures ont été faites avant les primaires de la gauche, à l’exception de celles de Raphaël Glucksmann, menée après la primaire du 11 octobre qui l’a désigné, et du programme de Marine Le Pen, lu le 20 octobre sur les textes qui le préparent. Le Capacity Score évalue la capacité à tenir des trajectoires RSE, innovation et business, et identifie les leviers d’action prioritaires.
Cette page répond à trois questions : que proposent les huit, qui paie et comment, et que peut faire une entreprise dès maintenant.
Le cadre, et ce qu’il faut retenir
Protéger se paie à chaque choc ; changer la façon de produire, d’acheter et de partager la valeur rapporte, et des entreprises le font déjà.
Le cadre. Huit prises de parole lues au Capacity Score, sur quatre niveaux. Limiter et réduire protègent du choc, et se repaient au choc suivant. Restaurer fait tenir, en réparant les écosystèmes dont l’activité dépend. Régénérer fait prospérer : l’activité augmente la capacité du vivant, et le territoire et ses habitants prospèrent avec elle.
Ce qu’il faut retenir.
1. Les programmes de la gauche écologiste atteignent le niveau restaurer : Glucksmann, La France insoumise, le Parti socialiste et les Écologistes, de 55 à 63 %, comme Impact France ; celui de Marine Le Pen est estimé à 31 %, au niveau réduire.
2. Tous en parlent comme d’une protection, mais pas de la même : un abri immédiat au RN, dont les mesures agissent tout de suite, une réparation sur le temps long à gauche.
3. Tous financent par l’impôt, la règle ou l’aide, quand l’État a de moins en moins de moyens, et il manque partout une offre dont la vente finance l’adaptation.
4. Transformer rapporte au pays ; pour que le gain revienne à ceux qui investissent, la filière partage le coût et le gain : c’est l’économie de la mutualité.
5. Une entreprise peut prendre dès maintenant quatre décisions : un prix co-décidé, une gouvernance ouverte, un co-investissement avec sa filière, une offre dont la vente finance l’adaptation du territoire. C’est qui le Patron ?!, Laines Paysannes ou Feve le font déjà.
6. L’État peut l’accélérer en rendant la contribution lisible sur l’emballage et en y faisant suivre les aides et la commande publique.
Au final, l’économie régénérative ajoute aux programmes une transformation aussi concrète qu’un abri, qui ne prescrit rien aux gens et se finance sans nouvel impôt. Pour une entreprise, c’est la meilleure assurance politique.
Les huit prises de parole lues au Capacity Score : cinq atteignent le niveau restaurer, trois le niveau réduire.
| La prise de parole | Estimation | Niveau | Ce qu’elle propose d’abord |
|---|---|---|---|
| Glucksmann · Place publique | 55 % | restaurer | restaurer les forêts, les eaux et le revenu de ceux qui produisent |
| Mélenchon · La France insoumise | 57 % | restaurer | protéger les écosystèmes de ce qui les détruit |
| Parti socialiste | 58 % | restaurer | réparer par la loi et par le budget |
| Les Écologistes | 63 % | restaurer | l’interdépendance entre les humains et le vivant |
| Impact France · Universités d’Été | 60 % | restaurer | les écosystèmes et les filières dont l’activité dépend |
| Marine Le Pen · Rassemblement national | 31 % | réduire | protéger et transmettre un patrimoine |
| MEDEF · La REF | 30 % | réduire | protéger l’entreprise et ses salariés |
| Le plan du Shift · repère | 25 % | réduire | sortir des énergies fossiles |
De quelle analyse il s’agit
Les textes lus. Les quatre partis sur leur programme : « L’Avenir en commun » édition 2025, le programme des Écologistes de juillet 2026, le Projet socialiste du 21 avril 2026, l’Acte 1 de Place publique de juin 2025 avec les engagements de campagne de Raphaël Glucksmann. Les deux mouvements d’entreprises sur le programme de leur université d’été. Le Shift Project sur son plan d’avril, en repère. Ces textes ont été écrits avant l’été : ce que l’été change est leur exposition.
Trois types d’objets. Quatre programmes, deux ordres du jour d’université d’été et un plan se comparent mal entre eux. C’est le niveau atteint qui porte l’information, plus que l’écart entre deux estimations.
Ce que lit le Capacity Score. Trente-huit questions, six leviers, quatre réponses par question, une par niveau. Appliqué à un texte public, il donne une estimation de ce que ce texte rend possible, plutôt que de ce qu’une organisation fait. Chaque lecture est détaillée dans l’article qui lui est consacré, et la méthode dans la foire aux questions du Capacity Score.
Le duel annoncé, et la droite
Le sondage Elabe du 17 octobre donne Marine Le Pen gagnante de chaque second tour testé : 69 % contre 31 % face à Jean-Luc Mélenchon, 53,5 % contre 46,5 % face à Raphaël Glucksmann, 52,5 % contre 47,5 % face à Édouard Philippe. Mélenchon-Le Pen au deuxième tour montre ce que chaque victoire changerait pour les entreprises. Le programme de Marine Le Pen, lu au Capacity Score sur les textes qui le préparent, est estimé à 31 %, au bas du niveau réduire ; ses réponses à l’été relèvent du niveau limiter, comme le montre notre lecture de la réponse du RN. Notre lecture du programme d’Édouard Philippe le situe en haut du niveau réduire. Le libéralisme autoritaire et la trumpisation de la France lit la recomposition de la droite.
La rentrée politique de l’écologie
lu dans cette synthèse · lu à part, hors de cette synthèse
Lues au Capacity Score
Le programme insoumis au Capacity ScoreLe programme des ÉcologistesLe projet du Parti socialisteRaphaël Glucksmann et Place publiqueMarine Le Pen et le Rassemblement nationalLe plan du Shift ProjectLa comparaison Mélenchon-Tondelier
Éclairages de la rentrée
À qui les Français font-ils confiance pour l’écologie après l’été 2026 ?Mélenchon-Le Pen au deuxième tourMélenchon, quelle écologie ? Son discours de rentréeLe libéralisme autoritaire : la trumpisation de la FranceÉdouard Philippe et l’adaptation climatiqueLe travaillisme écologique de François RuffinLe pape Léon XIV est-il écolo ?
Les événements de la rentrée pour les entreprises
La REF 2026 · MEDEFUniversités d’Été de l’Économie de DemainClimate Week NYC 2026Natexpo 2026Produrable 2026SIAL Paris 2026Forum Biodiversité & Économie 2026Journées de l’Économie Autrement 2026 · Alternatives Économiques
Ce que nous portons
L’écologie populaireL’enjeu politique de la trajectoire des entreprisesLes 4 imaginaires de l’écologieLe livre blanc de la régénérationL’adaptation régénérative, sa définitionLes tendances RSE 2027La croissance à impactL’écologie, entre radicalité et trajectoires viablesL’économie de la mutualitéQui finance la régénération en FranceLa Cour des comptes : une transition rentable, sous-financée
La demande que nous portons
« Made in France » dit où le produit a été fini, pas ce que sa fabrication fait vivre : le revenu du producteur, la vie du sol, le métier maintenu sur le territoire. Notre manifeste veut faire passer d’« assemblé ici » à « fait grandir le vivant ici », pour que les territoires prospèrent avec les activités les plus engagées dans l’adaptation de la France. Il demande que la contribution se lise sur l’emballage, et que l’État fixe comment elle se compte, qui la vérifie et ce que vaut chaque niveau atteint dans la commande publique et dans les aides. Il s’appuie sur cinq labels qui l’attestent déjà : Regenerative Organic Certified, Demeter, Nature & Progrès, Bio Équitable en France, Biopartenaire. L’État fixe la règle ; le poids commercial vient des marques et des acheteurs. Lancé le 12 juin 2026 aux Lauriers de la Régénération, il a été remis aux ministères de l’Agriculture, de l’Industrie et du Commerce.
« Made in France » dit où le produit a été fini, pas ce que sa fabrication fait vivre : le revenu du producteur, la vie du sol, le métier maintenu sur le territoire. Notre manifeste demande que la contribution se lise sur l’emballage, et que l’État fixe comment elle se compte, qui la vérifie et ce que vaut chaque niveau atteint dans la commande publique et dans les aides. Il s’appuie sur les labels qui l’attestent déjà : Regenerative Organic Certified, Demeter, Nature & Progrès, Bio Équitable en France, Biopartenaire. Lancé le 12 juin 2026 aux Lauriers de la Régénération, il a été remis aux ministères de l’Agriculture, de l’Industrie et du Commerce.
Au sommaire
1. Deux chocs en 2026 : ce qu’ils coûtent aux Français et aux entreprises
2. Programmes 2027 : où se situent les partis et les patronats sur l’adaptation climatique ?
3. Comparatif des programmes 2027 : ce qu’ils proposent, et comment ils le racontent
4. Deux discours de protection : un abri immédiat au RN, une réparation sur le temps long à gauche
5. Ce que l’économie régénérative ajoute aux programmes de la gauche écologiste
6. Protéger après le choc ou transformer avant : deux façons de payer l’adaptation
7. Que peut faire l’État ? Rendre la contribution lisible et faire suivre l’argent public
8. Que peut faire une entreprise dès maintenant ? Quatre décisions, et des entreprises qui les ont prises
Conclusion : rendre la transformation aussi lisible qu’un abri
Le Parti de la Tomate : quelle tomate voulons-nous ?
Questions fréquentes sur les programmes 2027 et l’adaptation climatique
1. Deux chocs en 2026 : ce qu’ils coûtent aux Français et aux entreprises
Le premier choc est climatique. Près de 100 000 hectares ont brûlé cet été en France, un record depuis vingt ans de mesures satellitaires. France Assureurs compte 25 000 sinistres et près de 500 millions d’euros, contre 80 millions pour les feux de 2022. En Gironde, 14 500 entreprises ont été évacuées et plus de 130 000 salariés empêchés de travailler.
La sécheresse a donné la plus faible récolte de maïs depuis quarante-cinq ans. La FNSEA estime les pertes agricoles autour de dix milliards d’euros. L’État a engagé plus d’un milliard d’euros d’aides, dont 520 millions d’indemnisation de solidarité nationale.
Le second choc est social. En marge de la mobilisation du 17 octobre contre la vie chère, les émeutes ont coûté au commerce plusieurs centaines de millions d’euros en une seule journée, selon la Fédération du commerce et de la distribution. En septembre, l’inflation atteignait 3,1 % sur un an, avec le gazole à +44,1 % et les tomates et courgettes à +35,8 %, selon l’Insee.
Les Français relient ces chocs à leur quotidien. Pendant les canicules, 64 % ont eu peur pour la santé de leurs proches, selon Ipsos. Deux sur trois se disent plus inquiets qu’avant face au réchauffement, selon Destin Commun. 82 % tiennent l’adaptation pour un enjeu majeur, et 79 % craignent qu’elle passe au second plan une fois l’été passé, selon Verian.
Ce qui les inquiète d’abord, c’est l’état de ce qui les entoure. Ils sont plus inquiets qu’avant pour les forêts et les incendies (85 %), la qualité de vie des régions (83 %), l’eau et les logements (82 %), le monde animal et végétal (81 %), contre 58 % pour l’électricité, selon Verian pour Adapt. 68 % craignent que des régions ou des villes deviennent inhabitables, selon Verian. 45 % refusent de choisir entre lutter contre le réchauffement et s’y adapter, selon Destin Commun. Leurs trois priorités pour le prochain gouvernement sont l’eau (50 %), les incendies (44 %) et les hôpitaux (37 %), devant l’agriculture (32 %) et la forêt (30 %), selon Verian pour Adapt.
L’adaptation devient un enjeu de vote. 80 % en font une priorité du prochain président, selon Verian pour Adapt, et six sur dix feront des propositions des candidats sur le climat un critère important de leur vote, selon Destin Commun. La question de la rentrée a changé : en 2025, le débat portait sur la conditionnalité des aides aux entreprises ; en 2026, il porte sur le financement de l’adaptation.
Ils attendent une transformation profonde : huit sur dix veulent réformer en profondeur ou transformer la société, selon l’enquête électorale Ipsos bva pour Le Monde. Ils font d’abord confiance aux acteurs proches : les hôpitaux à 79 %, les entreprises à 62 %, les maires à 60 %, quand les partis tombent à 15 %, selon le CEVIPOF. Notre lecture de ce que vivent les Français détaille la pompe, le caddie et la chaleur.
Les entreprises paient aussi, et financent mal leur adaptation. Sur cent seize diagnostics Capacity Score menés au bout, un répondant sur deux se situe au niveau restaurer. Mais deux sur trois ne financent pas la trajectoire qu’ils déclarent : elle est prélevée sur les marges sans modèle, ou subie comme une charge, selon notre baromètre. Le passage suivant se joue sur le budget pluriannuel et le co-investissement.
Les entreprises qui avancent le font par choix. L’Omnibus fait passer le périmètre obligatoire de la CSRD de cinquante mille à dix mille entreprises. Les grands groupes y lisent d’abord ce que l’environnement fait à leur activité. Les entreprises sorties du périmètre qui poursuivent le font parce que leurs clients et leurs financeurs le demandent, et parce que leur activité en dépend : un arrêté de sécheresse qui arrête une usine trois jours coûte du chiffre d’affaires. Ces volontaires sont le point d’appui le plus solide de la rentrée, alors même que la Délégation sénatoriale à la prospective réserve la transition aux coopératives, associations et mutuelles de l’économie sociale et solidaire.
L’État a de moins en moins de moyens pour encaisser. Le budget 2027 limite à 0,4 % la hausse des crédits des ministères hors défense, environ quatre fois moins que l’inflation attendue : c’est une baisse en valeur réelle. Les intérêts de la dette sont devenus le premier poste de dépense de l’État, et les taux longs ont atteint 4,4 %, un plus haut depuis 2008, comme le rappelle notre article Mélenchon-Le Pen. L’écologie, à +1,5 milliard d’euros, fait partie des rares politiques préservées.
Les demandes de la rentrée réduisent encore cette marge. Le MEDEF demande l’effort aux comptes publics : une année blanche pour les prestations sociales, moins de fonctionnaires, le gel du point d’indice ; pour les entreprises, la fin de la surtaxe sur les bénéfices et la baisse des impôts de production. La FNSEA demande un plan de plusieurs milliards. Le contre-budget 2027 du RN baisse la TVA sur l’énergie pour 12,2 milliards d’euros et transforme le Fonds vert en un fonds de lutte contre les risques climatiques. Alléger une fiscalité et indemniser un sinistre financent l’année en cours ; ce qui rendrait le prochain été moins lourd reste à financer, et la question de la justice fiscale revient à chaque exercice depuis trois ans. Les Français, eux, acceptent la dépense : 74 % jugent que l’adaptation justifie d’importantes dépenses publiques, selon Verian. Ils acceptent aussi la norme quand elle porte sur le bâti : 42 % citent d’abord l’obligation d’équiper les logements contre la chaleur, devant les aides (29 %).
Deux échéances se rapprochent, et elles dépendent de la même chose. Le budget, voté à l’Assemblée le 17 novembre, arbitrera qui paie ce que l’adaptation coûte. La présidentielle du printemps 2027 décidera de ce que l’État attendra des entreprises pendant cinq ans. Les deux dépendent de la croissance, que produisent les entreprises par leur activité.
2. Programmes 2027 : où se situent les partis et les patronats sur l’adaptation climatique ?
Le Capacity Score distingue quatre niveaux de réponse : limiter, réduire, restaurer, régénérer. Le tableau dit, pour chacun, ce qui change pour l’environnement, pour les personnes et pour une entreprise, et qui s’y situe.
| Le niveau | Pour l’environnement | Pour les personnes | Pour une entreprise | Qui s’y situe |
|---|---|---|---|---|
| 1 · Limiter se mettre à l’abri | Se conformer à la règle, ou l’alléger | Climatiser, indemniser, baisser un prix pour l’année | Sécuriser son approvisionnement | Les réponses du RN à l’été : climatiser, baisser les prix |
| 2 · Réduire encaisser le choc | Émettre moins de carbone, prélever moins d’eau | Protéger les personnes exposées, à la chaleur comme au travail | Réduire ses impacts, alléger ses charges | Le programme de Marine Le Pen 31 %, MEDEF 30 %, plan du Shift 25 % ; Édouard Philippe, hors de cette synthèse |
| 3 · Restaurer tenir | Réparer les forêts, l’eau et les sols dont l’activité dépend | Réparer les trajectoires : insertion, emploi maintenu, usure au travail prévenue | Signer des contrats longs avec ses fournisseurs et partager le risque | Glucksmann 55 %, La France insoumise 57 %, Parti socialiste 58 %, Impact France 60 %, Écologistes 63 % |
| 4 · Régénérer prospérer avec son territoire | Les sols, l’eau et la biodiversité progressent au-delà des besoins de la production | Santé, épanouissement au travail et juste rémunération tout au long de la chaîne de valeur | Vendre une offre qui finance tout cela, et en tirer sa rentabilité | Aucune des huit ; des entreprises, comme C’est qui le Patron ?! ou ETIC, située à 76 % |
Les deux premiers niveaux protègent du choc ; les deux suivants s’y adaptent. Climatiser une école protège cet été et se repaie l’été suivant. Au quatrième niveau, l’activité augmente la capacité du vivant à prospérer, pour que le territoire et ses habitants prospèrent avec elle, et elle avec eux. Nous appelons cela l’adaptation régénérative.
Restaurer suppose trois conditions. Savoir de quoi l’activité dépend : quels sols, quelle eau, quelle main-d’œuvre. Agir sur l’état des écosystèmes qui la portent, plutôt que sur ses seuls flux. En tenir compte quand on arbitre, y compris quand la donnée d’impact contredit le résultat de l’exercice. Restaurer un écosystème et concevoir une activité qui le fait prospérer sont deux actions différentes, pas deux degrés d’un même effort.
Chaque passage s’ouvre par un levier. De limiter à réduire, le leadership : tant que le cap vise la conformité, les autres leviers restent sans direction. De réduire à restaurer, l’intelligence écosystémique : on ne restaure que ce qu’on observe. De restaurer à régénérer, l’innovation produit : l’offre porte la contribution, et le territoire et ses habitants vont mieux du fait de l’activité.
L’arbre le montre simplement. Planté pour l’ombre, il protège de la chaleur. Planté et conduit pour tenir le sol et l’eau, essences mêlées et âges échelonnés, il fait tenir les étés suivants : c’est la robustesse au sens d’Olivier Hamant, faite de redondance, de lenteur et de diversité. Et quand la filière qui vend son bois rémunère ces pratiques, la forêt et ceux qui en vivent prospèrent ensemble. Même pratique, trois raisons, et c’est la raison qui situe.
L’enjeu social et l’enjeu environnemental se rejoignent à chaque niveau. À la pompe, la France paie sa dépendance au pétrole. Dans le caddie, elle paie une agriculture exposée aux canicules. Ce sont les ménages les plus modestes qui paient le plus, selon l’Insee, et 55 % des Français estiment que ce sont les populations les plus en difficulté qui subissent davantage les conséquences du changement climatique, les personnes âgées venant en premier pour 61 % d’entre eux, selon l’enquête publiée par la Fondation Jean-Jaurès. Une réponse tient au choc suivant quand elle traite les deux enjeux à la fois. C’est ce que nous appelons l’écologie populaire : la santé au travail se lit au même titre que l’eau et les sols.
Chaque programme traite d’abord ce qu’il protège. Les quatre programmes de gauche traitent l’environnement pour lui-même, avec des mesures qui agissent sur son état, et trois d’entre eux le social aussi ; Impact France et le MEDEF traitent d’abord le social, et le MEDEF mieux que l’environnement. Le pilier économique plafonne partout : on encadre des prix, on plafonne des marges, on allège une charge, et le modèle qui produit la valeur reste hors de l’objet.
Les quatre programmes de gauche portent la réparation. Ils engagent la restauration des forêts, de l’eau et des sols : soixante mille kilomètres de haies chez les Écologistes, un quart de la forêt en libre évolution chez La France insoumise, un plan de résilience des forêts chez Raphaël Glucksmann. Depuis le 11 octobre, il est le candidat commun du Parti socialiste et de Place publique ; les deux textes restent lus séparément.
Leur point faible est le même : ce qui sera produit. Leur levier le plus fort est la gouvernance, à 72 % chez trois d’entre eux : ils disent qui décide. Leur levier le plus faible est l’innovation produit, entre 39 % et 44 %. C’est aussi le point faible d’Impact France, à 50 %. Or ce levier fait passer de restaurer à régénérer, et il se décide dans les entreprises. La gouvernance se légifère : un siège, un seuil, un droit de vote. La conception d’une offre se fait dans une entreprise, avec ceux dont elle dépend.
Le profil des quatre programmes, levier par levier :
| Le levier | Glucksmann | LFI | PS | Écologistes | Ce qui ouvrirait le niveau suivant |
|---|---|---|---|---|---|
| Estimation globale | 55 % | 57 % | 58 % | 63 % | |
| Leadership personnel | 52 % | 52 % | 57 % | 62 % | que le cap se formule en contribution aux écosystèmes plutôt qu’en règle à faire respecter |
| Intelligence écosystémique | 50 % | 61 % | 50 % | 67 % | que la donnée d’impact remonte jusqu’à la conception de ce qui se produit |
| Chaîne de valeur localisée | 67 % | 61 % | 67 % | 67 % | des engagements réciproques dans la durée : préfinancement, co-investissement, partage des gains |
| Innovation produit | 44 % | 44 % | 39 % | 44 % | que la conception parte d’un territoire et de ses habitants |
| Dynamiques humaines | 61 % | 50 % | 61 % | 67 % | que le soin s’étende à ceux qui produisent, au-delà des salariés |
| Gouvernance et financement | 56 % | 72 % | 72 % | 72 % | que le partage de la valeur se décide en même temps que la voix |
La même lacune se lit côté entreprises. 69 % des entreprises du SBF 120 ont un objectif climat validé, contre 45 % un an plus tôt, et peu ont développé une offre conçue pour contribuer, selon le baromètre CSRD 2026 de BL Évolution.
Le détail par levier, programme par programme, se lit dans le programme de Glucksmann, le programme insoumis, le projet socialiste, le programme des Écologistes, La REF et les Universités d’Été de l’Économie de Demain. Les relations au vivant de la gauche se lisent dans la comparaison Mélenchon-Tondelier.
3. Comparatif des programmes 2027 : ce qu’ils proposent, et comment ils le racontent
Le tableau met côte à côte, pour chaque prise de parole, ce qu’elle propose, son niveau, son discours, et ce qu’elle demande aux entreprises.
| La prise de parole | Les mesures phares pour l’adaptation | Niveau | Le discours : la menace désignée, et ce qu’il met à l’abri | Ce que cela demande aux entreprises |
|---|---|---|---|---|
| Les Écologistes | Un plan national d’adaptation de sept milliards d’euros par an d’ici 2032, soixante mille kilomètres de haies, une sécurité sociale écologique, un droit à des protections solaires aux fenêtres | restaurer · 63 % | Le dérèglement et ses effets sur les vivants ; les écosystèmes et ceux qui en dépendent | Intégrer une trajectoire à +4 °C dans leurs investissements |
| Parti socialiste | La restauration des forêts, des milieux aquatiques et des sols ; l’agroécologie généralisée en quinze ans | restaurer · 58 % | L’extrême droite et la captation du pouvoir ; les trajectoires humaines abîmées | Des administrateurs salariés à parité au-delà de mille salariés ; un euro de participation pour un euro de dividende |
| La France insoumise | Dix-sept mesures pour la forêt, dont un quart en libre évolution ; l’eau comme bien commun ; 700 000 logements rénovés par an | restaurer · 57 % | La prédation des écosystèmes et des humains ; les écosystèmes et les populations | Des aides conditionnées, un indice de durabilité bloquant, des salariés au tiers des instances de décision |
| Glucksmann · Place publique | Un plan national de résilience des forêts, des Parlements de l’eau, un revenu de transition écologique | restaurer · 55 % | Les dépendances stratégiques ; la puissance du pays et le pouvoir de vivre | Des prix planchers, le devoir de vigilance, des salariés au conseil dès cent salariés |
| Impact France | La contractualisation, le partage du risque, le financement de l’amont des filières | restaurer · 60 % | Les dépendances, les fractures et les instabilités ; les filières et les trajectoires | Une TVA modulée selon la qualité des produits, des bonus-malus écologiques, une épargne fléchée |
| MEDEF · La REF | L’adaptation travaillée avec l’ADEME, Bpifrance et l’OFB ; la baisse de la fiscalité et des charges | réduire · 30 % | La concurrence déloyale et la contrainte réglementaire ; l’entreprise et ses salariés | Un cadre allégé : moins de normes, moins d’impôts de production |
| Le plan du Shift · repère | Vingt chantiers, six secteurs, une trajectoire de décarbonation chiffrée jusqu’en 2050 | réduire · 25 % | La dépendance aux énergies fossiles ; l’appareil productif français | Une trajectoire de décarbonation, secteur par secteur |
| Marine Le Pen · RN | Un plan de climatisation de 40 milliards d’euros sur dix ans, la TVA à 5,5 % sur l’énergie et les carburants, la priorité aux acteurs locaux ; un contre-budget 2027 qui transforme le Fonds vert en fonds de lutte contre les risques climatiques ; un fonds souverain présenté comme « le moyen de la transition écologique » | réduire · 31 % | La chaleur, le pétrole, l’immigration, l’Europe, les élites ; les personnes, chez elles | Moins de normes, une énergie moins taxée, une commande publique qui privilégie l’origine |
Entre leurs mesures et leur discours, chaque prise de parole garde un écart.
Les Écologistes racontent leur projet par ce qu’il fait gagner. Leur plateforme parle des bénéfices du bien vivre : une sécurité sociale écologique, un droit à des protections solaires aux fenêtres, avec une baisse de loyer à défaut. C’est le récit le plus proche de ce que les Français soutiennent. Ce qui a de la valeur y est l’écosystème et sa continuité, humains compris : c’est l’écocentrisme. L’entreprise y est une force à border, que l’avant-propos voudrait partie prenante.
La France insoumise répare, et raconte ce qu’il faudra abandonner. Son programme protège les écosystèmes de ce qui les détruit ; le discours de Jean-Luc Mélenchon présente un monde de liens par les renoncements qu’il demande, comme le montre la comparaison Mélenchon-Tondelier. Ce qui a de la valeur y est l’entité à défendre, l’espèce, le fleuve, la forêt, et la protection passe par l’interdiction : c’est le biocentrisme. L’entreprise y est un outil à orienter par la règle, la propriété et la citoyenneté.
Le Parti socialiste répare les écosystèmes, et expose surtout la réparation des vies. Sur les vingt et une sessions de réparation de son université d’été, dix-huit portent sur des vies ou sur la manière de décider, et trois sur l’état de l’environnement. L’entreprise y est un lieu de décision partagée, à mobiliser et à réguler. Son intelligence écosystémique reste à 50 % : le programme pilote une réduction, quand les Écologistes et La France insoumise proposent des indicateurs du vivant substitués au PIB. Sans compteur de ce que l’activité fait gagner, la contribution reste invisible dans les comptes.
Raphaël Glucksmann restaure, et parle de puissance. L’Acte 1 présente l’écologie comme « la seule voie pour mettre fin à nos dépendances stratégiques ». À l’usine Renault de Cléon, il présente une politique industrielle qui relie souveraineté, emploi et sortie du pétrole. L’entreprise y reçoit un cadre : ce qu’elle tient, engage et vend, fixé par la règle, l’aide et les conditions de vente.
Impact France parle de filières et de trajectoires à reconstruire, et propose de récompenser ce qui contribue. Le mouvement réunit plus de trente mille entrepreneurs, sous la coprésidence de Julia Faure et Pascal Demurger. C’est le seul patronat qui demande au marché de payer ce que la production fait vivre. Ses adhérents vont souvent plus loin que sa journée : l’une de ses coprésidentes dirige une marque qui publie ses coûts de production et refuse les soldes.
Le MEDEF parle de courage, celui de tenir. La REF a mis à l’ordre du jour soixante-sept sessions et 218 intervenants. Elle demande d’alléger le cadre de l’entreprise, et laisse l’état des écosystèmes hors de l’arbitrage. Un moment sort du lot : la plénière « Produire ou périr », où l’idée d’un label « made in Europe » pour la commande publique pose enfin la question de l’offre, et s’arrête à l’origine. Un made in France régénératif porte sur ce que la fabrication fait vivre.
Le RN est le seul dont les mesures et le discours disent la même chose : un abri, tout de suite. C’est ce qui le rend lisible.
Ce qui rapproche les prises de parole avance malgré ce qui les éloigne. La conditionnalité des aides est écrite dans trois programmes, en partie chez Glucksmann, et portée depuis 2021 par un mouvement d’entreprises. L’ouverture de la décision est le point fort des quatre programmes de gauche. L’affichage sur le produit est écrit chez quatre d’entre elles, et le RN y ajoute l’origine et le mode de production par QR code. Ce qui les éloigne est la relation au vivant : elle produit la même loi sur l’eau et deux projets de société différents. Chacun vient à la question du financement par son terrain : la fiscalité, la norme et la commande publique à gauche, le marché chez Impact France, l’allègement au MEDEF, une trajectoire chiffrée au Shift, un fonds souverain au RN.
Les finalistes devant les entreprises. Le 27 août à La REF, sept candidats ont répondu pendant deux heures trente à cinq chefs d’entreprise, dont Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon. Jean-Luc Mélenchon y a porté la conditionnalité en une phrase : « plus d’aides sans contreparties ». Marine Tondelier y a redit que « l’écologie est la condition de la liberté », et proposé une fiscalité différenciée selon l’engagement dans la transition. Notre lecture de La REF détaille ce que chacun y a dit.
4. Deux discours de protection : un abri immédiat au RN, une réparation sur le temps long à gauche
Les réponses du RN se comprennent tout de suite. Elles tiennent en quelques mesures : un plan de climatisation de 40 milliards d’euros, la TVA ramenée à 5,5 % sur l’énergie et les carburants, la priorité aux acteurs locaux. Son programme protège aussi les personnes : départ à 60 ans pour ceux qui ont commencé avant 20 ans, allocation aux adultes handicapés au-dessus du seuil de pauvreté, prix minimum aux agriculteurs. Elles protègent dès cette année, et ses mesures disent la même chose que son discours. Sur les carburants, elle est la candidate qui inspire le plus confiance, à 44 %, selon Odoxa. Au deuxième tour, elle l’emporte face à chacun de ses adversaires, selon Elabe.
Les Français demandent pourtant une transformation, y compris les proches du RN. 26 % veulent transformer radicalement la société et 54 % la réformer en profondeur, contre 16 % et 43 % en 2023. La transformation radicale est souhaitée par 38 % des ouvriers et 43 % des proches du RN, selon l’enquête électorale Ipsos bva pour Le Monde.
| La gauche écologiste | Le Rassemblement national | |
|---|---|---|
| Le risque désigné | Intérieur autant qu’extérieur : nos façons de produire, de consommer et de décider | Extérieur : la chaleur, le prix du pétrole, l’immigration, l’Europe, les élites |
| Le programme | S’adapter en réparant : haies, forêts, sols et cours d’eau, sécurité sociale écologique, prix planchers | Mettre à l’abri : climatiser, baisser les prix, protéger les retraites et le revenu des producteurs, alléger la règle, donner la priorité aux Français |
| Le discours | Protéger, en retrait du programme : mettre à l’abri, sécuriser, défendre | Protéger, en accord avec le programme : un abri contre une menace venue d’ailleurs |
| Ce que cela demande | Des efforts sur le temps long, pour des bénéfices qui viennent plus tard | Rien à changer : un climatiseur, une baisse de prix, une priorité, tout de suite |
| Ce que cela produit | Un discours de protection qui dit ce qui va se perdre ; le récit de ce qui se gagne, amorcé par les Écologistes, reste à porter | Un récit cohérent, qui porte tout de suite ; la réparation des écosystèmes reste le pas d’après |
Trois traits distinguent cette réponse. Le risque qu’il désigne vient du dehors, et s’en mettre à l’abri ne demande de rien changer. Ses réponses agissent tout de suite, quand 76 % des Français disaient en 2025 vivre pour aujourd’hui parce que l’avenir est incertain, selon Ipsos Global Trends. Et la norme, outil principal des programmes de gauche, est ce que l’opinion supporte le moins.
Les deux camps parlent de souveraineté, chacun à sa façon. Pour le RN, c’est un périmètre qui dit qui a droit : la priorité nationale. Pour la gauche, c’est une capacité à reprendre la main sur ce dont on dépend.
La gauche porte la transformation, et la raconte comme une protection. Ses programmes réparent les forêts, l’eau et les sols, et demandent de changer les façons de produire. Son discours parle de protection, celle des personnes : une sécurité sociale écologique, la retraite et les salaires protégés. 63 % des Français estiment qu’aucun parti ne porte une offre convaincante sur les conséquences du réchauffement, selon Destin Commun. Notre lecture de la rentrée détaille la réponse du RN, et Mélenchon-Le Pen au deuxième tour ce que chaque victoire changerait pour les entreprises.
Ce que les Français refusent, et ce qu’ils soutiennent. Les trois seules propositions écologiques rejetées sont trois renoncements : les quotas carbone, les protéines végétales, la baisse des rémunérations. « Moins d’objets, plus de qualité » réunit en revanche 73 % des proches des écologistes et 40 % des Français très à droite, et l’entraide résiste à 76 % quand le revenu universel passe de 48 % à 34 % d’adhésion, selon l’Observatoire des perspectives utopiques de l’ObSoCo. 83 % des Français estiment que les gens consomment trop, et 28 % le disent d’eux-mêmes, selon l’ADEME. 64 % trouvent que les autorités leur disent trop quoi faire en matière d’environnement, selon le CEVIPOF, quand 89 % veulent des îlots de verdure en ville, selon l’ObSoCo. Une transformation se raconte donc par ce qu’elle fait gagner : la santé, l’origine, la qualité, le cadre de vie.
L’été a montré que ce récit trouve à qui parler. Pour 91 % des Français, l’élan de solidarité suscité par les incendies a montré que la population sait s’entraider quand une situation grave l’exige. L’envie d’agir s’est renforcée chez un Français sur deux, le sentiment d’impuissance chez deux sur trois. Un récit de ce qui se gagne ensemble s’adresse aux premiers, et donne aux seconds un moyen d’agir.
Ce discours bute pourtant sur sa limite. La protection garde la décision du côté de celui qui protège : le producteur payé au prix plancher reçoit le cahier des charges tel qu’il est fixé. Elle parle de ce qui va se perdre, quand un récit de contribution parle de ce qui va se gagner ensemble. Et un risque venu du dehors se traite à plusieurs. La Gironde l’a montré cet été : les entreprises évacuées produisaient en France, avec leurs salariés, et c’est le territoire qui a cédé, à l’intérieur du périmètre protégé. La question devient alors celle de la section suivante : rendre la transformation aussi lisible que la protection, et dire qui la paie.
Le détail se lit dans notre lecture du discours de protection et la réponse du RN à l’été 2026.
5. Ce que l’économie régénérative ajoute aux programmes de la gauche écologiste
Les programmes de la gauche écologiste répondent à l’été 2026 mieux que tous les autres. Ils atteignent le niveau restaurer, entre 55 et 63 %. Ils réparent les forêts, l’eau, les sols et les haies, ouvrent la décision, conditionnent les aides, encadrent les prix et prévoient l’affichage sur le produit.
Trois leviers restent à ouvrir dans ces programmes, liés entre eux.
Ce qui sera produit. L’innovation produit est leur levier le plus faible, entre 39 et 44 %. La transformation y est décrite par des règles et des aides, jamais par des produits que l’on achète.
Un financement qui ne dépend pas du budget. Tout passe par l’impôt, l’emprunt, la règle ou l’aide, et se revote chaque année. Les crédits hors défense baissent en valeur réelle, la dette est devenue le premier poste de dépense, et 84 % des Français veulent la réduire, selon Ipsos bva : chaque mesure qui coûte devient un point d’attaque.
Un récit de ce qui se gagne. Ils racontent la transformation comme une protection, celle des personnes. Les Écologistes parlent des bénéfices du bien vivre.
L’économie régénérative ouvre ces trois leviers.
Elle rend la transformation aussi concrète qu’un abri. Une offre régénérative agit tout de suite, dans le caddie : une brique de lait, une tomate, une électricité française, avec le même usage. Elle répond à des Français qui vivent pour aujourd’hui, sans leur demander de renoncer à quoi que ce soit.
Elle ne prescrit rien aux personnes. Les Français trouvent que les autorités leur disent trop quoi faire, et les seules mesures qu’ils rejettent sont des renoncements. Rendre le produit lisible laisse chacun choisir : la règle porte sur l’étiquette, pas sur la vie des gens.
Elle se finance sans nouvel impôt. La vente et le partage du risque dans la filière paient la transformation, et un bonus-malus est neutre pour les finances publiques. Dans un budget contraint, c’est une transformation qui ne coûte pas à l’État ce qu’il n’a plus.
Elle répond à ce que les Français regardent. Pour connaître l’origine d’un produit, les Français citent d’abord le soutien aux producteurs locaux (59 %) et la qualité (57 %), loin devant le carbone (29 %) : rendre lisible ce que la production locale fait vivre répond à cette attente, dans tous les électorats.
Elle s’appuie sur ceux à qui les Français font confiance. Les entreprises recueillent 62 % de confiance, les partis 15 %. Les entreprises qui font déjà vivre leur territoire, comme C’est qui le Patron ?!, Laines Paysannes ou Feve, sont des preuves que ces programmes peuvent montrer. La conditionnalité devient une récompense, l’argent public allant à ceux qui font vivre la France, plutôt qu’une sanction.
Elle relie les programmes. La conditionnalité, l’affichage et la valorisation avancent ensemble dans les programmes de gauche, malgré leur désaccord sur la relation au vivant.
Ce qui reste à démontrer. Ces arguments reposent sur des enquêtes d’opinion et sur des entreprises qui réussissent. Leur effet reste à mesurer : aucun programme ne porte encore ce terrain.
6. Protéger après le choc ou transformer avant : deux façons de payer l’adaptation
Il existe deux façons de payer l’adaptation. Le tableau les compare sur cinq questions.
| Protéger | Transformer | |
|---|---|---|
| Qui paie | Tout le monde : les assurés par leurs primes, les contribuables par l’impôt, les entreprises sur leurs marges | Ceux qui investissent dans la filière : le producteur, l’entreprise, le consommateur, la puissance publique |
| Quand | Après chaque choc | Avant le choc |
| Comment | Indemnisation, aide, baisse de taxe, crédit | Contrat long, prix co-décidé, co-investissement, puis la vente du produit |
| Ce que cela rapporte | La perte de l’année est compensée | Pour le pays, un effet économique net positif en cinq ans ; pour les entreprises engagées, un gain sur l’environnement, les personnes et l’économie |
| Combien de temps cela tient | Jusqu’au prochain choc ; le budget se revote chaque année | La durée du contrat : cinq ans chez C’est qui le Patron ?!, de trois à quinze ans avec le label Agri-Éthique |
Les huit prises de parole financent toutes l’adaptation par l’impôt, la règle ou l’aide. Le RN baisse les prix par la fiscalité, prélève sur les grands groupes et prévoit un fonds souverain ; la gauche finance par l’impôt, l’emprunt et la règle ; le MEDEF demande d’alléger la charge, et Impact France que la fiscalité récompense ce qui contribue. Le détail de qui paie, ménage par ménage et camp par camp, est dans l’article sur les Français entre résignation et colère.
La gauche dispose pour cela d’instruments publics : un fonds de sécurité climatique mutualisé, une fiscalité carbone progressive, un livret d’épargne pour la transition locale, une caisse qui reprend les dettes de conversion, une garantie universelle d’assurance climatique.
Programme par programme, chacun finance déjà une partie de la transformation :
| Le programme | Ce qu’il finance déjà | Qui paie | Ce qui manque |
|---|---|---|---|
| Les Écologistes | Un plan national d’adaptation de sept milliards d’euros par an d’ici 2032 ; des haies payées par des paiements pour services environnementaux, attestées par le Label Haie, quand 23 571 km de haies disparaissent chaque année pour 3 000 plantés | La puissance publique, par redéploiement de 15 % des aides | L’acheteur, qui paierait ces pratiques parce qu’elles se lisent sur le produit |
| La France insoumise | Une caisse qui reprend les dettes de conversion des fermes ; des scieries et des coopératives rétablies | L’État | La durée des engagements entre les maillons de la chaîne de valeur, et le partage des gains |
| Parti socialiste | Dans la pêche : produits locaux à l’école, marques et labels, transformation locale, statut coopératif | La commande publique et la filière | Ce que le label attesterait, et le même mécanisme hors de la pêche |
| Glucksmann · Place publique | Des prix planchers ; un revenu de transition écologique et le paiement des services écologiques | La règle pour le prix, l’aide pour les pratiques | Un prix payé par l’acheteur pour les pratiques au champ |
Chacun écrit une partie du mécanisme. Partout, il manque le même acteur : l’acheteur, qui paierait ce que la production fait vivre parce qu’il peut le lire.
Le bois le montre. Un bois conduit en futaie irrégulière sur quarante ans coûte plus cher à produire, et rien n’oblige l’acheteur à le payer plus. Notre dossier sur l’arbre ne trouve aucun produit français dont la vente fasse vivre le massif dont il sort, quand le lait, l’huile, le thé et le champagne ont franchi ce pas. Sans ce lien, la séquence est connue : on fait du mécénat, puis ça brûle, puis on lance un appel aux dons. La laine le montre autrement : la matière existe en France, et elle part au rebut faute d’une filière pour la valoriser.
Le prix va là où la loi s’arrête. La forêt privée compte 3,5 millions de propriétaires, qui possèdent en moyenne moins de quatre hectares, et 36 % seulement des forêts privées ont un document de gestion. Un prix versé pour des pratiques atteint un propriétaire de deux hectares, là où une règle nationale a plus de mal.
Transformer rapporte au pays. Selon la Cour des comptes, la transition produit un effet économique net positif en cinq ans, et la prévention des risques naturels rapporte jusqu’à dix fois ce qu’elle coûte. Mais 69 des 82 milliards d’euros attendus d’ici 2030 reposent sur les ménages et les entreprises, et certains investissements rapportent à la société sans rapporter à ceux qui les financent, comme le relève notre lecture du rapport. Celui qui investit n’est pas celui qui encaisse.
La réponse est de partager le coût et le gain dans la filière. Le producteur, l’entreprise, le consommateur et la puissance publique investissent chacun dans une même offre, et chacun en tire un gain. Les engagements sont écrits : la durée du contrat, le financement de la période de conversion, les outils de transformation, la répartition de la valeur. C’est l’économie de la mutualité, le moteur de l’économie régénérative. Elle place le capital naturel et le capital humain au même rang que le capital financier, dans le même bilan, alors que les normes comptables interdisent aujourd’hui d’inscrire à l’actif le capital naturel qu’on crée.
Prélever sur la marge ne suffit pas. Le dividende écologique de la MAIF affecte dix pour cent du résultat net à des projets d’intérêt général, le Dividende Sociétal du Crédit Mutuel Alliance Fédérale quinze pour cent. C’est une part sans la voix : la décision se prend au sommet, sans ceux qu’elle finance, et le premier exercice tendu la remet en cause. Tant que la contribution se prélève sur la marge, la marge peut la reprendre.
Ce financement existe déjà. Les lauréats des Lauriers de la Régénération se financent d’abord par leurs propriétaires et leurs clients, puis par les fonds à impact pour grandir, l’argent public servant d’amorce, selon notre cartographie de ceux qui financent la régénération. Ils montrent que contribuer est triplement profitable : pour l’environnement, pour les personnes et pour l’entreprise. Notre note de cadrage en pose la chaîne, des pratiques régénératives à la prospérité d’un territoire, et notre recherche-action la chiffre.
7. Que peut faire l’État ? Rendre la contribution lisible et faire suivre l’argent public
En rayon, deux yaourts français se présentent au même prix, sous le même drapeau. L’un vient d’un élevage où le lait est payé au-dessus du coût de production, sur des prairies qui abritent des abeilles et retiennent l’eau. L’autre vient d’une filière qui comprime ses éleveurs et épuise ses sols. L’étiquette dit la même chose des deux.
Le débat sur le made in France pose trois questions, et la troisième reste sans réponse. Où c’est produit : 87 % des Français jugent la souveraineté importante, selon Ipsos bva pour Entreprises & Médias. À quel prix : 51 % acceptent de payer plus pour du made in France, 43 % le refusent. Ce que la production fait vivre : les sols, l’eau, la biodiversité, les producteurs, les emplois. « Made in France » atteste seulement que la dernière transformation a eu lieu en France.
Les repères actuels ne disent pas ce que la production fait vivre. Un cahier des charges prescrit des pratiques. Un label atteste qu’un seuil est franchi, sans dire jusqu’où l’on va. Le calcul européen de l’affichage environnemental compte ce qu’un produit prélève, sans catégorie pour la biodiversité ni pour le revenu du producteur. Il divise l’impact par le rendement, si bien que les pratiques les plus soigneuses sortent les plus mal notées : un gigot de mouton élevé à l’herbe en France compte 5 010 points, un poulet en batterie importé 778, et plus le score est élevé, plus le bilan est mauvais.
La lisibilité fait vendre. Quand l’origine, la qualité nutritionnelle et l’impact s’affichent ensemble, les intentions d’achat des marques les plus vertueuses sont multipliées par près de vingt, selon le collectif En Vérité. Pour connaître l’origine d’un produit alimentaire, les Français citent d’abord le soutien aux producteurs locaux (59 %), puis la qualité (57 %), loin devant l’empreinte carbone (29 %), selon En Vérité et Appinio. Sur l’affichage environnemental, 51 % placent la biodiversité en tête, devant le climat (43 %), et 64 % se disent prêts à changer de marque de cosmétiques ou de compléments alimentaires selon le score affiché, selon Verian pour le Green Impact Index.
Notre demande tient en deux lignes. Le manifeste du made in France contributif les a remises le 12 juin 2026 aux ministères de l’Agriculture, de l’Industrie et du Commerce. Sur le produit : que la contribution se lise sur l’emballage, c’est-à-dire la rémunération de celui qui produit, la biodiversité, l’emploi maintenu sur le territoire, la qualité réelle du produit. Du côté de l’État : qu’il fixe comment elle se compte, qui la vérifie, et ce que vaut chaque niveau atteint dans la commande publique et dans les aides.
Le manifeste en tire quatre demandes, chacune adressée à ceux qui peuvent la décider :
| La demande | Ce qu’elle change | Qui décide |
|---|---|---|
| 1. Rendre obligatoires les scores gradués | Nutri-Score sur tous les produits alimentaires, Planet Score en rayon, Clear Fashion et Cyclescore dans leurs secteurs. Tout le monde est sur la même ligne, et chaque producteur voit ce qui lui reste à franchir. Tant que l’affichage reste facultatif, la marque qui n’affiche rien garde le bénéfice du doute. | Le législateur, le ministère de la Santé |
| 2. Faire connaître les labels qui attestent une contribution | Cinq labels atteignent le niveau régénératif : Regenerative Organic Certified, Demeter, Nature & Progrès, Bio Équitable en France, Biopartenaire. Une marque affiche ce que le consommateur reconnaît : tant qu’ils restent confidentiels, les porter coûte sans rapporter. | L’État et ses opérateurs, le ministère de l’Agriculture |
| 3. Compter ce que la production rend | Ajouter au calcul européen l’état des sols et de la biodiversité, le revenu payé au producteur et l’emploi tenu sur le territoire. Là où le calcul ne sait pas compter, reconnaître les certifications de pratiques comme preuve. | Bruxelles : la révision du PEF et les actes délégués du passeport numérique |
| 4. Faire suivre l’argent public | Que la contribution du produit compte dans les dispositifs de l’ADEME, de Bpifrance, des agences de l’eau et des chambres consulaires, dans les aides votées en loi de finances, et dans la commande publique, à commencer par la restauration scolaire et hospitalière. | Bercy, les opérateurs publics, les acheteurs publics |
Un principe les porte : faire compter ce qui est déjà mesuré et certifié. Les scores notent, les labels sont vérifiés chaque année par un tiers : la preuve existe, sans couche administrative de plus. Les entreprises engagées récupèrent la valeur de ce qu’elles font, et les autres voient un cap plutôt qu’une sanction.
Les partis ont déjà écrit l’affichage. Le Parti socialiste porte le Nutri-Score obligatoire, un Score santé et des labels made in France renforcés ; les Écologistes, un scoring environnemental ; Glucksmann, un score carbone obligatoire ; Impact France, les scores gradués, qu’il emploie surtout pour attester un impact évité. Il manque à tous le critère qui dit ce que la fabrication fait vivre. Notre lecture de cent cinquante labels et scores sur onze secteurs les situe un à un, et montre que des assemblages comme le « quadruple A » (bio, Nutri-Score, Planet Score et Origin’Info) s’en approchent déjà.
L’urgence se situe à Bruxelles. Chaque acte délégué du passeport numérique fixe pour des années la liste des informations qu’un produit portera : les batteries le 18 février 2027, le textile fin 2027, puis l’acier, le mobilier et les pneumatiques. Un indicateur absent de l’acte de son secteur ne s’affichera pas avant sa révision : c’est au moment de l’écriture qu’il faut peser. La ligne de référence, la vérification et la valeur de chaque niveau dans la commande publique relèvent, elles, de la loi française.
Récompenser peut se faire à coût nul. La loi sur la fast fashion pénalise, par un malus par article : elle écarte le pire, sans faire vendre ceux qui produisent autrement. 77 % des Français jugent acceptable de taxer davantage les produits fabriqués à l’étranger, comme ceux de la fast fashion. Un bonus-malus rend au mieux-disant ce qu’il prélève au moins-disant : le collectif En Vérité l’a écrit pour l’alimentaire, neutre pour les finances publiques. Dans un budget contraint, c’est un levier qui ne coûte rien à l’État.
L’État a déjà les outils, et ils attendent le même critère. Trois programmes de gauche veulent conditionner les 211 milliards d’euros d’aides publiques aux entreprises. Impact France propose une TVA modulée selon la qualité des produits. Les plans d’urgence offrent un troisième levier : orienter une partie du milliard engagé après la sécheresse vers les filières qui partagent le risque, c’est payer une fois pour ne plus payer à chaque choc. Une large part des aides finance aujourd’hui des diagnostics, des études et des investissements ciblés : elle amortit la conjoncture. Se demander ce qu’une aide permet de renforcer fait passer d’une logique de guichet à une logique de capacité.
Une première règle va dans ce sens. L’amendement adopté par le Sénat le 3 juillet 2026, rédigé par les consommateurs de C’est qui le Patron ?!, oblige à publier le prix payé au producteur dès qu’un emballage met en avant sa juste rémunération.
La demande reste à porter auprès de onze autres destinataires. Après les ministères de l’Agriculture, de l’Industrie et du Commerce, le manifeste vise le législateur, le ministère de la Transition écologique et l’ADEME, la représentation française à Bruxelles, les ministères de la Santé et de l’Économie, les opérateurs publics, l’Office français de la biodiversité, le Conseil économique, social et environnemental, les organisations d’entreprises, les fonds à impact, les marques et les PME. Le manifeste détaille ce que chacun peut décider, et la tribune en apporte la démonstration.
8. Que peut faire une entreprise dès maintenant ? Quatre décisions, et des entreprises qui les ont prises
Quatre décisions relèvent de l’entreprise, quelle que soit la majorité.
| La décision | Ce qu’elle change | Une entreprise qui l’a prise |
|---|---|---|
| Un prix co-décidé avec les producteurs | Le producteur peut changer ses pratiques, parce que son revenu tient | C’est qui le Patron ?! : 0,59 euro le litre pour l’éleveur, fixé par le vote de 7 365 consommateurs, sur un contrat de cinq ans, non renégociable chaque année et certifié chaque mois par Bureau Veritas |
| Une gouvernance ouverte à ceux dont elle dépend | Ceux qui produisent décident avec l’entreprise | Laines Paysannes : trente éleveurs votent chaque année le prix de leur laine, avec un minimum de 1,20 euro le kilo |
| Un co-investissement avec la filière | Le coût de la transformation est partagé, et le gain aussi | Feve : 4 050 épargnants achètent des fermes, louées avec option d’achat à ceux qui les cultivent ; COVALO : 71 acteurs et 589 agriculteurs coopèrent sur une filière |
| Une offre dont la vente finance l’adaptation du territoire | La contribution devient un revenu, qui grandit avec les ventes | ETIC : ses bénéfices sont réinvestis dans ses tiers-lieux et leur quartier ; située à 76 % au Capacity Score |
Ces décisions rapportent. C’est qui le Patron ?! fait vivre quatre-vingt-dix élevages. Les prairies de ses éleveurs comptent 30 % d’espèces en plus par parcelle, et ses ventes ont progressé de 11,8 % en 2024, à 126 millions d’euros, quand le bio en grande surface reculait. Près de cent produits primés aux Lauriers de la Régénération montrent le même mécanisme dans des secteurs différents.
Un seul mécanisme, trois résultats. Une eau protégée à la source et un revenu paysan sont le même fait, lu comme un gain environnemental et comme un gain social. Le producteur payé change ses pratiques, la terre tient, l’eau reste, et l’entreprise en tire sa marge. C’est ce que désigne le triple impact sur un territoire.
Est-ce plus cher pour le consommateur ? Deux faits y répondent. Sur un panier de dix produits, le bio le plus accessible revient environ 3 euros moins cher que les marques phares de la grande distribution, selon une étude pour la Maison de la Bio, dont Circuits Bio discute la méthode. En un an, la tomate grappe bio a pris 11 %, contre 31 % en conventionnel, selon Familles Rurales.
Par où commencer. Ces quatre décisions correspondent à trois leviers du Capacity Score : la chaîne de valeur localisée, la gouvernance et le financement, l’innovation produit. Le Capacity Score dit lequel retient votre entreprise. Nos cinq ateliers du business model régénératif les mettent en place avec votre chaîne de valeur, jusqu’à l’atterrissage comptable.
La régénération est une bascule de nature
Elle fait passer d’une logique de réduction des impacts, portée par la RSE, à une logique de contribution, portée par le modèle économique, et qui se constate dans les chiffres sur les trois piliers d’impact. Il s’agit de concevoir des offres dont la vente fait prospérer le territoire et ceux qui l’habitent, de sorte que la rentabilité vienne de là. L’adaptation cesse alors d’être une dépense à répartir : elle se finance par une croissance à impact. C’est ce qui permet d’en parler par ce qu’elle apporte plutôt que par ce qu’elle impose, et de réunir le pays autour de cet enjeu.
Conclusion : rendre la transformation aussi lisible qu’un abri
L’été et l’automne 2026 ont posé la même question : qui paie quand le choc arrive ? La réponse d’aujourd’hui, l’impôt, l’aide et l’indemnisation, se repaie à chaque choc, avec un État qui a de moins en moins de moyens. Le budget voté le 17 novembre et la présidentielle du printemps 2027 diront qui porte cette facture.
La gauche écologiste a écrit ce qui fait tenir le pays : des forêts, de l’eau et des sols réparés. Il lui reste à le rendre aussi lisible qu’un abri. Ce passage se joue moins dans un programme de plus que dans ce qui se vend : quand l’achat d’un produit fait vivre un producteur, un sol et un territoire, et que l’étiquette le dit, la transformation devient aussi concrète qu’un climatiseur.
Les entreprises peuvent agir avant le deuxième tour. Celles qui partagent le coût et le gain avec leur filière y gagnent déjà, et c’est leur meilleure assurance politique.
Nous posons donc deux questions. Aux candidats, celle du Parti de la Tomate : quelle tomate votre programme rend-il possible ? Aux entreprises : que fait vivre ce que vous vendez ? Le Capacity Score aide à y répondre.
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Le Parti de la Tomate : quelle tomate voulons-nous ?
Les deux chocs de 2026 se rejoignent dans une tomate. Les canicules ont fait chuter les récoltes, et en septembre, les tomates et les courgettes avaient pris 35,8 % en un an, selon l’Insee. En juin, la tomate grappe bio avait pris 11 %, contre 31 % en conventionnel, selon Familles Rurales.
Les quatre niveaux s’y lisent simplement. Limiter, c’est sécuriser son origine. Réduire, c’est la vendre moins cher en caisse. Restaurer, c’est reconstruire avec les producteurs un sol qui retient l’eau et un contrat qui partage le risque. Régénérer, c’est une tomate plus nourrissante, dont la vente fait progresser le revenu de celui qui la cultive, et dont l’emballage dit ce qu’il finance.
Le Parti de la Tomate pose une seule question à chaque candidat : quelle tomate son programme rend-il possible ? L’article sur la tomate, enjeu de 2027 en donne le prix, la santé, l’origine et le sol vivant, et Mélenchon-Le Pen au deuxième tour compare la tomate de chacun des deux finalistes.
Questions fréquentes sur les programmes 2027 et l’adaptation climatique
Quel candidat a le programme écologique le plus complet pour 2027 ?
Lus au Capacity Score, les quatre programmes de gauche atteignent le niveau restaurer : les Écologistes à 63 %, le Parti socialiste à 58 %, La France insoumise à 57 %, Raphaël Glucksmann à 55 %. Le programme du Rassemblement national, lu sur les textes qui le préparent, est estimé à 31 %, au bas du niveau réduire ; ses réponses à l’été relèvent du niveau limiter.
Que proposent les partis pour l’adaptation au changement climatique ?
La gauche répare les forêts, l’eau et les sols : soixante mille kilomètres de haies et sept milliards d’euros par an chez les Écologistes, un quart de la forêt en libre évolution chez La France insoumise, un plan de résilience des forêts chez Raphaël Glucksmann. Le Rassemblement national propose un plan de climatisation de 40 milliards d’euros et une TVA ramenée à 5,5 % sur l’énergie.
Qui paie l’adaptation climatique en France ?
Aujourd’hui, l’impôt, l’aide et l’assurance, après chaque choc : plus d’un milliard d’euros d’aides après la sécheresse de 2026, près de 500 millions d’euros de sinistres pour les feux. Selon la Cour des comptes, 69 des 82 milliards d’euros attendus d’ici 2030 reposent sur les ménages et les entreprises : partager le coût et le gain dans la filière permet que le gain revienne à ceux qui investissent.
Que changerait l’élection de 2027 pour les entreprises ?
Une victoire de Marine Le Pen allégerait les normes, les impôts de production et la taxe sur l’énergie, et récompenserait l’origine dans la commande publique ; une victoire de la gauche conditionnerait les 211 milliards d’euros d’aides publiques et ouvrirait les instances de décision aux salariés. Dans les deux cas, un prix co-décidé, une gouvernance ouverte, un co-investissement avec la filière et une offre qui finance l’adaptation tiennent quelle que soit la majorité.
Les sept textes estimés au Capacity Score
→ L’Acte 1 de Place publique, juin 2025, et les engagements de campagne · Raphaël Glucksmann, lu depuis la primaire du 11 octobre
→ L’Avenir en commun, édition 2025 · La France insoumise
→ Le Projet socialiste, version du 21 avril 2026 · Parti socialiste
→ « Pour une prospérité écologique », juillet 2026 · Les Écologistes
→ Le programme de La REF 2026 · MEDEF
→ Le programme des Universités d’Été de l’Économie de Demain · Impact France
→ « Réussir la transition dans l’incertitude », avril 2026 · The Shift Project, en repère
Lus en éclairage, hors estimation : le programme du CamPuS de Blois (Parti socialiste), le discours de rentrée de Marine Tondelier du 21 août et celui de Jean-Luc Mélenchon du 23 août 2026.
Sources
Les chocs de 2026. France Assureurs, premier bilan des incendies de l’été 2026, 28 août 2026 · bilan satellitaire des surfaces brûlées, été 2026 · CCI Bordeaux Gironde, bilan des incendies de juillet 2026 · gouvernement et ministère de l’Agriculture, plan d’aides après la sécheresse 2026, et franceinfo · Fédération du commerce et de la distribution, bilan du 17 octobre 2026, via TF1 Info · Insee, indices des prix à la consommation, septembre 2026.
Ce que pensent les Français. Ipsos bva – CESI, enquête sur les canicules et incendies de l’été 2026 · Destin Commun, « Été brûlant », août 2026 · Verian pour Adapt, « Fortes chaleurs et adaptation », 8-10 septembre 2026 · Ipsos bva – Cesi pour Le Monde, le CEVIPOF, la Fondation Jean-Jaurès et l’Institut Montaigne, Enquête électorale française 2026, vague 3 · enquête publiée par la Fondation Jean-Jaurès sur les Français et le changement climatique · Ipsos bva, enquête sur les priorités budgétaires des Français, 2026 · CEVIPOF, Baromètre de la confiance politique, janvier 2026, et enquête sur le rapport aux autorités publiques · ObSoCo, Observatoire des usages et représentations des territoires, et Observatoire des perspectives utopiques, 4e vague · ADEME, baromètre de la sobriété · Ipsos Global Trends 2025 · Odoxa, septembre 2026 · Elabe pour BFMTV et La Tribune Dimanche, 17 octobre 2026.
L’État, les partis et les patronats. Projet de loi de finances pour 2027 · Cour des comptes, « La transition écologique », rapport public thématique, 7 octobre 2026 · rapport sénatorial sur les aides publiques aux entreprises, 211 Md€ par an · Délégation sénatoriale à la prospective, « L’évolution des valeurs dans le champ économique à l’horizon 2050 », octobre 2025 · Rassemblement national, plan de climatisation, contre-budgets 2026 et 2027 · Nous Sommes Vivants, le programme de Marine Le Pen au Capacity Score, 20 octobre 2026 · MEDEF, consultation « Cap sur 2027 » avec OpinionWay.
Les entreprises et l’affichage. BL Évolution, baromètre CSRD 2026, cent rapports du SBF 120 · MAIF et Crédit Mutuel Alliance Fédérale, dividende écologique et Dividende Sociétal · C’est qui le Patron ?!, chiffres 2026, et amendement adopté par le Sénat le 3 juillet 2026 · Retail and Detail pour la Maison de la Bio, et Circuits Bio · Familles Rurales, relevé des prix de juin 2026 · En Vérité × Appinio, enquêtes de septembre 2023 et de 2026 · Verian pour le Green Impact Index, septembre 2025, via Bio Linéaires · Ipsos bva pour Entreprises & Médias, septembre 2026 · affichage environnemental : loi Climat et Résilience, décret du 6 septembre 2025.
Nous Sommes Vivants. Manifeste du made in France contributif, juin 2026, mis à jour le 9 octobre 2026 · Mélenchon-Le Pen au deuxième tour, octobre 2026 · baromètre Capacity Score · cartographie des financeurs des Lauriers de la Régénération · modélisation de la filière laine · article sur la tomate, enjeu de 2027 · livre blanc.
Capacity Score® : sept lectures de textes publics conduites par Nous Sommes Vivants entre le 21 août et le 12 octobre 2026. Estimation sur documents publics. Les analyses et les niveaux attribués engagent Nous Sommes Vivants.


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