Forum Biodiversité & Économie 2026 : jusqu’où l’OFB engage les entreprises ?

Forum Biodiversité & Économie 2026, organisé par l'OFB les 3 et 4 novembre à la Cité des sciences et de l'industrie
Forum Biodiversité & Économie 2026, 6e édition, les 3 et 4 novembre à la Cité des sciences et de l’industrie.

Jusqu’où les entreprises peuvent-elles aller pour la biodiversité ? Avec le Forum Biodiversité & Économie 2026, jusqu’à restaurer les habitats du vivant, des sols aux milieux humides, et les liens qui font vivre un territoire et ses métiers. La régénération, qui fait prospérer le territoire et ses habitants avec l’activité, en est l’étape suivante.

Son programme fait passer les entreprises de l’engagement au plan d’action : soixante sessions, des outils pour mesurer, structurer, mobiliser et coopérer, et des portes d’entrée vers Entreprises engagées pour la nature, du Diag Biodiversité à ACT Biodiversité et à la certification AFAQ.

Au Capacity Score, l’estimation est de 60 % : le niveau de la restauration. La plupart des sessions portent sur la réduction des pressions, et une quinzaine sur la restauration des sols, des milieux humides et des liens avec les territoires. Les capacités que le programme propose aux entreprises relèvent de la restauration : suivre l’état des écosystèmes, coopérer avec le territoire.

Le leadership, à 54 %, est le levier qui retient : la priorité reste le passage de l’engagement au plan d’action, et la difficulté à mobiliser les dirigeants y est posée comme une question.

Le passage à la régénération s’ouvre par l’innovation produit et le modèle économique qui la porte, concevoir des activités depuis le potentiel d’un territoire, et tient par une gouvernance et un financement partagés avec ceux qui l’habitent. Deux textes du programme nomment déjà la régénération ; relier la santé des personnes à la biodiversité en est le prochain chantier.

Nous proposons aux entreprises de se situer au Capacity Score, de concevoir avec le Business Model Régénératif, puis de présenter aux Lauriers de la Régénération 2027 ce qu’elles restaurent et régénèrent ; aux partenaires du forum, un Regenerative Circle Écosystème ; à l’OFB, un parcours qui relie la santé des personnes et la biodiversité pour l’édition 2028.

Les rendez-vous de la rentrée 2026

Entreprises et biodiversité

Ce que nous portons

La demande que nous portons

« Made in France » dit où le produit a été fini. Le manifeste demande qu’il dise aussi ce qu’il fait vivre : le revenu du producteur, des sols plus vivants, un métier maintenu sur le territoire. Des labels l’attestent déjà, sur la nature comme sur le social : Demeter et Regenerative Organic Certified pour la régénération des sols, Bio Équitable en France pour un prix fixé par les producteurs sur leurs coûts. L’économie sociale et solidaire y ajoute la gouvernance partagée et le financement en commun. L’État peut reconnaître ces labels dans la commande publique et la conditionnalité des aides.

Le manifeste a été lancé le 12 juin 2026 aux Lauriers de la Régénération et remis aux ministères de l’Agriculture, de l’Industrie et du Commerce.

Les rendez-vous de la rentrée 2026. Depuis la fin août, nous lisons au même Capacity Score les rendez-vous où se retrouvent les entreprises : quatre niveaux, six leviers. La REF du MEDEF s’estime à 30 %, Climate Week NYC à 47 %, Produrable à 48 %, les Universités d’Été de l’Économie de Demain à 60 %, les Journées de l’économie autrement, rendez-vous de l’économie sociale et solidaire, à 62 %. Le Forum Biodiversité & Économie prolonge cette série avec un autre organisateur, un opérateur public, et un autre objet, la biodiversité. Nous lisons son programme de la même façon, comme ce que l’OFB et ses partenaires proposent aux entreprises : l’estimation est de 60 %, et les capacités qu’il leur propose d’activer se situent au niveau de la restauration, comme celles des Universités d’Été ; la section 4 en donne le détail.

Limiter
Réduire
Restaurer
Régénérer
Journées de l’économie autrement · 62 % — restaurer, au centre du niveau
Forum Biodiversité & Économie · 60 % — restaurer, au centre du niveau
Impact France · UED · 60 % — restaurer, au centre du niveau
Produrable 2026 · 48 % — réduire, en haut du niveau
Climate Week NYC · 47 % — réduire, en haut du niveau
La REF · MEDEF · 30 % — réduire, en bas du niveau

Les rendez-vous d’entreprises de la rentrée 2026 au Capacity Score : estimations sur les programmes publiés. Les pointillés marquent les seuils des niveaux, à 25, 50 et 75 %. Les rendez-vous au niveau de la restauration en vert clair, le Forum Biodiversité & Économie souligné en jaune.

Qui, et quoi. Les 3 et 4 novembre, à la Cité des sciences et de l’industrie, l’Office français de la biodiversité tient la sixième édition du Forum Biodiversité & Économie, dans le cadre de LIFE Biodiv’France, avec quinze partenaires. Au programme : deux plénières, une soirée immersive autour du documentaire « Le Chant des forêts », plus de soixante rendez-vous répartis en sept parcours et un parcours Outre-mer, deux autres temps en soirée et huit animations au stand de l’OFB.

La thèse de l’organisateur. La plénière d’ouverture pose une thèse forte : quand la biodiversité s’effondre, l’économie vacille ; quand la biodiversité renaît, l’économie prospère. L’ambition affichée de l’édition est de transformer les enseignements du rapport de l’IPBES sur les entreprises et la biodiversité en actions concrètes, et son programme va de l’engagement au plan d’action, jusqu’à la restauration. La thèse relie deux piliers, la biodiversité et l’économie ; le troisième, ce sont les personnes qui vivent des écosystèmes, leur santé et leurs revenus.

Qui nous sommes. Nous Sommes Vivants est une association et un collectif de consultants qui accompagnent les dirigeants, de la conformité à la régénération. Nous portons des outils, le Capacity Score, le Business Model Régénératif et nos Fresques, des formations certifiées et un réseau, réuni aux Lauriers de la Régénération. C’est avec le Capacity Score que nous lisons les programmes des rendez-vous d’entreprises de la rentrée.

Notre position. La restauration est un aboutissement stratégique en soi : elle remet en état ce dont l’activité dépend, avec ceux qui en dépendent aussi. La régénération est une bascule de nature : le modèle économique augmente la capacité du vivant à prospérer, pour que le territoire et ses habitants prospèrent avec l’activité, et l’activité avec eux. Comme le pose notre livre blanc, elle porte sur les écosystèmes habités dont l’activité dépend — sols, biodiversité, humains, liens sociaux, économie locale — et fait progresser ensemble la biodiversité, la santé et l’équité, dans une logique One Health. Notre définition tient en une phrase : donner aux êtres vivants, humains compris, les ressources qui leur permettent d’atteindre leur plein potentiel dans leur environnement. Le forum en porte des signes, du génie écologique aux filières ultramarines. Le passage s’ouvre par l’innovation produit et tient par une gouvernance et un financement partagés avec les territoires ; la santé des personnes, à relier à la biodiversité, en est le prochain chantier.

Nos propositions. Aux entreprises du forum, faire leur Capacity Score pour savoir où elles en sont et quel levier travailler, concevoir avec le Business Model Régénératif des activités depuis le potentiel de leur territoire, puis présenter aux Lauriers de la Régénération 2027 ce qu’elles restaurent et ce qu’elles régénèrent ; l’OFB en est partenaire, avec Entreprises engagées pour la nature. Aux associations et aux réseaux qui accompagnent déjà la restauration, un Regenerative Circle Écosystème, dont la première session est gratuite. À l’OFB, un parcours qui relie la santé des personnes et la biodiversité pour l’édition 2028. Le détail figure en section 7.

Au sommaire

Ce que les 3 et 4 novembre mettent sur la table

1. Entreprises et biodiversité : le forum de l’OFB, de l’engagement à l’action

2. Qui parle au forum : l’OFB et ses partenaires, la recherche, les entreprises qui témoignent

3. Le programme en triple impact territorial : la réduction pour la plupart des sessions, la restauration là où un écosystème ou un territoire est en jeu

4. Le Forum Biodiversité & Économie au Capacity Score : 60 %, au niveau de la restauration

5. Levier par levier : le programme emmène les entreprises jusqu’à la restauration, le leadership retient

↳ Notre sélection : vingt-cinq sessions, de l’entrée dans la démarche à la restauration comme activité

Notre analyse, et ce que nous proposons

6. Notre analyse : le passage à la régénération s’ouvre par l’innovation produit et tient par une gouvernance et un financement partagés avec les territoires

7. Après le forum, ce que nous proposons : aux entreprises, aux partenaires du forum, à l’OFB

Partie I · Ce que les 3 et 4 novembre mettent sur la table

1. Entreprises et biodiversité : le forum de l’OFB, de l’engagement à l’action

Un forum tous les deux ans, avec quinze partenaires

Le Forum Biodiversité & Économie réunit les entreprises « actrices du changement pour la biodiversité », selon l’accroche de cette sixième édition. Organisé tous les deux ans depuis 2016, aujourd’hui par l’OFB, il a tenu sa cinquième édition en novembre 2024, déjà à la Cité des sciences ; celle de 2022 avait réuni 725 participants autour de 64 ateliers. L’ambition de 2026 est de transformer collectivement les enseignements du dernier rapport de l’IPBES sur les entreprises et la biodiversité en actions concrètes. Le forum se tient dans le cadre de LIFE Biodiv’France, cofinancé par l’Union européenne, avec quinze partenaires : l’ADEME, Bpifrance, CDC Biodiversité, la Convention des Entreprises pour le Climat, Entreprises pour l’Environnement, la Fondation pour la recherche sur la biodiversité, Humanité et Biodiversité, les Parcs naturels régionaux de France, Noé, l’Institut de la finance durable, la LPO, Orée, Respect Ocean, le Comité français de l’UICN et le WWF. Ils réunissent des associations de protection de la nature, des financeurs et des réseaux d’entreprises.

Le cadre public : ce que l’État et l’Union européenne attendent des entreprises

La Stratégie nationale biodiversité 2030. Présentée en 2023, la stratégie nationale prend le relais du Plan biodiversité de 2018. Ses quatre axes vont de la réduction des pressions à la restauration de la biodiversité dégradée, et ses engagements chiffrés, de 30 % d’écosystèmes dégradés restaurés d’ici 2030 à l’arrêt, d’ici 2050, de l’extinction des espèces due aux activités humaines. LIFE Biodiv’France, coordonné par l’OFB, la met en œuvre et déploie Entreprises engagées pour la nature, qui vise 5 000 entreprises d’ici 2030 ; les ateliers marqués #lifebiodivfrance au programme du forum en sont des actions.

La mesure 31, que le programme reprend presque terme à terme. Elle accompagne les entreprises en cinq actions : les rapports de durabilité, Entreprises engagées pour la nature, des outils publics d’accompagnement, les initiatives collectives, les freins et les leviers par filière. Chacune a ses sessions au forum.

Le règlement européen et le cadre mondial. Entré en vigueur en 2024, le règlement sur la restauration de la nature en fait une obligation : la France finalisera en 2027 son plan « Agir pour restaurer la nature ». Moins d’une politique nationale de restauration sur dix en aborde les conséquences sanitaires ou sociales, relèvent Biodiversa+ et la Fondation pour la recherche sur la biodiversité. Le cadre mondial de Kunming-Montréal demande aux entreprises, par l’intermédiaire des États, de publier leurs risques, leurs dépendances et leurs incidences ; la COP 17 d’Erevan, du 18 au 30 octobre 2026, en fait la première revue mondiale, dont le forum tirera les enseignements en soirée.

Notre lecture. Lus a posteriori au Capacity Score, ces textes déplacent leur centre de gravité de la réduction des pressions vers la restauration, et le forum emmène les entreprises là où ces textes les conduisent. Notre page sur la stratégie biodiversité en entreprise détaille ce cadre, ses chiffres et ses outils.

Deux journées, sept parcours et un parcours Outre-mer

Le programme tient en deux journées, rythmées par deux plénières, l’ouverture et la clôture, « Faire collectif pour le vivant », et par une soirée immersive autour du documentaire « Le Chant des forêts – Une immersion au cœur du vivant ». Soixante sessions s’y répartissent en sept parcours — comprendre pour agir, mesurer et piloter, accélérer la transition des chaînes de valeur, coopérer dans les territoires, mobiliser en interne et communiquer, financer la biodiversité, restaurer le vivant — et un parcours Outre-mer, entre conférences, ateliers participatifs, retours d’expérience et forum ouvert. S’y ajoutent deux autres temps en soirée, l’un consacré à un réseau d’accompagnateurs d’entreprises, l’autre aux enseignements de la COP 17, huit animations au stand de l’OFB et, pour la première fois, un temps réservé aux bureaux d’études et aux cabinets de conseil.

Les plénières vont de la perte de biodiversité comme risque aux alliances pour agir

La plénière d’ouverture donne le ton. Ouverte par Mathieu Lefèvre, ministre délégué chargé de la Transition écologique, et animée par Sandy Arzur, elle commence par une keynote de Philippe Grandcolas (CNRS) sur la perte de biodiversité comme risque systémique et sur le rôle que les entreprises peuvent jouer pour inverser la tendance, dans la continuité des messages clés du rapport de l’IPBES. Luthando Dziba pour l’IPBES et Sylvianne Villaudière pour la Société d’Encouragement pour l’Industrie Nationale y interviennent aussi. Tarik Chekchak, de l’Institut des futurs souhaitables, fait ensuite plonger la salle dans un scénario à horizon 2050, pour explorer les conséquences des choix d’aujourd’hui et la capacité de chacun à agir dès maintenant.

La plénière de clôture, « Faire collectif pour le vivant », referme le forum sur l’action collective. Animée elle aussi par Sandy Arzur, elle s’ouvre sur un temps sensible avec La Cour des Contes, puis fait voter la salle sur les actions les plus structurantes pour accélérer la prise en compte de la biodiversité dans les stratégies économiques. Eva Sadoun (LITA) et Fabrice Bonnifet (C3D) croisent ensuite leurs regards sur les conditions du passage à l’action et les leviers concrets de transformation, avant une conclusion tournée vers les alliances à construire et les engagements à venir.

Au stand, des animations complètes ; dans les ateliers, la restauration ouverte aux entreprises qui débutent

Au 8 octobre, les huit animations du stand de l’OFB affichent complet. Elles présentent des méthodes, des certifications et des accompagnements — la certification AFAQ Biodiversité, SBTN, act4nature international, ACT Biodiversité, le Diag Biodiversité, le Lab Transition du WWF et de l’OFB, les accompagnements régionaux des TPE et PME — et le bilan des premiers engagements d’Entreprises engagées pour la nature. L’atelier sur les collectifs multi-acteurs pour renaturer un territoire est lui aussi complet.

Le programme indique aussi, pour chaque atelier, le public visé : les entreprises qui font leur première démarche, ou celles dont la démarche est avancée. Sur les cinquante ateliers dont le site du forum indique le public, vingt-quatre s’adressent aux premières, vingt-six aux secondes. La répartition montre où se trouve la porte d’entrée. Restaurer le vivant et coopérer dans les territoires s’ouvrent largement aux entreprises qui débutent : trois ateliers sur cinq pour la restauration, cinq sur sept pour la coopération. Mesurer et piloter s’adresse surtout aux entreprises avancées, avec six ateliers sur huit.

Mis bout à bout, ces outils, ces parcours et ces publics dessinent le portrait de l’entreprise engagée selon le programme : une organisation qui connaît ses impacts, agit selon un plan et en rend compte.

L’entreprise engagée que dessine le programme du forum

  1. Elle connaît ses impacts et ses dépendances. Elle a conduit une analyse de matérialité sur toute sa chaîne de valeur : avec le Diag Biodiversité si c’est une PME ou une ETI, selon les normes NF X32-001 et ISO 17298 si elle vise la certification AFAQ Biodiversité.
  2. Elle a un plan d’action. Identifier ses risques et ses opportunités, prioriser ses enjeux, structurer un plan d’action : c’est le parcours que décrit l’atelier sur Entreprises engagées pour la nature. Pour une grande entreprise, ACT Biodiversité évalue la crédibilité, la maturité et la performance de cette stratégie ; SBTN aide à en fixer les objectifs.
  3. Elle suit ses engagements dans le temps et en rend compte, jusque dans ses rapports de durabilité, comme le demande la mesure 31 de la stratégie nationale. Avec ACT, la reconnaissance se gagne par un score et se garde par une progression.
  4. Elle mobilise en interne, ses équipes et ses dirigeants : un parcours entier du forum y est consacré, du dialogue social à la mobilisation des dirigeants.
  5. Elle s’inscrit dans un collectif : le programme Entreprises engagées pour la nature, qui vise 5 000 entreprises d’ici 2030, en lien avec act4nature international et le Lab Transition du WWF et de l’OFB.

Ce portrait est celui de l’engagement par l’organisation : il structure la réduction des pressions. La restauration commence quand l’entreprise agit sur un écosystème, avec ceux qui l’habitent et qui en vivent ; la section 4 dit où le programme l’y emmène.

2. Qui parle au forum : l’OFB et ses partenaires, la recherche, les entreprises qui témoignent

Deux scènes. Aux plénières, l’OFB invite un ministre, la recherche, l’IPBES et des réseaux de dirigeants. Dans les ateliers, portés par l’OFB et ses partenaires, la force du forum tient au mélange : des entreprises y témoignent aux côtés des associations qui agissent avec elles — EDF et Suez avec la LPO, la Banque Populaire Auvergne-Rhône-Alpes avec la SNPN et Flamingo, Carbone 4 et Agoterra avec le Comité français de l’UICN et Noé. Les cartes ci-dessous présentent les intervenants des plénières et d’une vingtaine de sessions dont nous avons lu la fiche, avec le sujet de leur session : en vert, les acteurs publics et la recherche ; en jaune, la société civile et les entreprises ; en gris, les temps où le public prend la parole.

Acteurs publics et recherche

Mathieu Lefèvre — ministre délégué, ouverture

OFB — Lucy Passy, Charline Boulaire, Emmanuel Delannoy, Lise Madec · Entreprises engagées pour la nature, SBTN et ACT Biodiversité, modèles économiques, transition agroécologique

DGE — Sandrine Berthet, Hélène Machart · filières prioritaires

ADEME — Anatole Metais Grollier · SBTN et ACT Biodiversité

Régions Nouvelle-Aquitaine et Auvergne-Rhône-Alpes — Olivier Brousseau, Alexis Morrier · financement de la biodiversité

Agences régionales de la biodiversité — La Réunion, Îles de Guadeloupe · filières ultramarines, restauration écologique

CNRS — Philippe Grandcolas, ouverture

IPBES — Luthando Dziba, ouverture

Université de Lausanne, FSSD, AgroParisTech — Timothée Parrique, Caroline Gervais, Clément Feger · modèles économiques

Chaire Génie Civil Écologique — Hélène Leriche · génie écologique

Institut des futurs souhaitables — Tarik Chekchak, ouverture

Associations et réseaux

Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) — Cédric Marteau · restauration de la nature

SNPN et Flamingo — Cléa Blanchard, Alizée Ruel · milieux humides

Entreprises pour l’Environnement — les sols

Noé — Lisa Kamal · certificats biodiversité, alimentation et biodiversité

UPGE — Yannick Autret · génie écologique

Etre et avoir, Les Augures, COAL — le vivant comme projet de territoire

WWF France — Fanny Rouxelin · certificats biodiversité, Lab Transition

ESS France OM — ESS et biodiversité en Outre-mer

Comité français de l’UICN — Pierre Reaud · achats de matières premières, certificats biodiversité

FEBEA et Envol Environnement — Edouard Champaud, Thomas Michel · chaînes d’approvisionnement

COSMED et Minéraux Industriels de France — Mathilde Guyader, Sandra Rimey · filières prioritaires

MEDEF et 1% for the Planet — Mona Rivet, Stéphanie Lumbers, Antoine Leguin · financement de la biodiversité

Peupl’en Harmonie — Amanda Barbosa Costa · filières ultramarines

Vivae, CJD, France Villes et Territoires Durables — Christine Rodwell, Mathilde Durie, Sébastien Maire · la voix du vivant

C3D et Société d’Encouragement pour l’Industrie Nationale — Fabrice Bonnifet, clôture ; Sylvianne Villaudière, ouverture

Entreprises

AXA France — Camille Bockel · Entreprises engagées pour la nature

EDF et Suez — Claire Varret, Lucile Richomme · restauration de la nature

Banque Populaire Auvergne-Rhône-Alpes — Remy Puech · milieux humides

Egis, ETEN Aquitaine, Sinteo, ID Verde — Blandine Goussebayle, Gwénaëlle Maisonneuve, Geoffrey Jouanneau, Marc Doublier · génie écologique

La Phocéenne de Cosmétique et LVMH Recherche — Sophie Dartois, Lorène Gourguillon · chaînes d’approvisionnement

Carbone 4 — Flore Bastelica · certificats biodiversité

Decathlon et Séché Environnement — Marie Morgan Grebent, Alexis Breton · SBTN et ACT Biodiversité

Qualitropic — Vladislav Kyulavski · filières ultramarines

Mob-ion et Vivoices — Christian Bruère, Niels de Fraguier · modèles économiques, la voix du vivant

LITA — Eva Sadoun, clôture

Coopérative Carbone — transition agroécologique

Le public prend la parole

Forum ouvert — des échanges que les participants construisent en direct

Session prospective — une plongée collective dans un scénario à horizon 2050, à l’ouverture

Vote de la salle — les actions les plus structurantes, à la clôture

Ateliers participatifs — dans les sept parcours et le parcours Outre-mer

Bureaux d’études et cabinets de conseil — un temps qui leur est réservé, pour la première fois

Soirée — un réseau d’accompagnateurs d’entreprises

Ce que montre la programmation. L’OFB y est la voix la plus présente : il porte ou copilote huit des sessions dont nous avons lu la fiche, d’Entreprises engagées pour la nature aux modèles économiques et aux filières ultramarines. Les sessions consacrées à la restauration donnent la parole sur le vivant à la recherche et aux associations, comme la Ligue pour la protection des oiseaux ou la SNPN, et à la profession du génie écologique, avec l’UPGE ; des entreprises y témoignent à leurs côtés. Les sessions consacrées à la réduction des pressions sont portées par des fédérations, des réseaux d’entreprises et des acteurs publics, comme le MEDEF, la FEBEA, la DGE ou l’ADEME, qui y présentent des méthodes. Les agriculteurs et les habitants qui vivent des sols et de l’eau interviennent dans deux sessions : la transition agroécologique et les filières ultramarines. Ce constat porte sur la vingtaine de fiches que nous avons lues.

3. Le programme en triple impact territorial : la réduction pour la plupart des sessions, la restauration là où un écosystème ou un territoire est en jeu

Lues sur les trois piliers du triple impact territorial, les soixante sessions se répartissent d’abord par pilier principal : 25 sur l’environnement, 18 sur le social, 17 sur l’économie. Le territoire est l’endroit où ces trois piliers se rejoignent.

Environnement : le programme outille d’abord la réduction des pressions, et propose de restaurer là où un écosystème précis est en jeu. Sur vingt-cinq sessions, dix-huit aident les entreprises à mesurer leurs impacts, à bâtir un plan d’action et à revoir leurs achats ; une prépare la mise en conformité au règlement européen contre la déforestation. Six portent sur la restauration, et toutes sont ancrées dans un lieu : le foncier des entreprises, les sols, les milieux humides, un territoire renaturé, des fermes, des chantiers de génie écologique. La restauration commence quand l’entreprise agit sur un écosystème, au-delà de ses indicateurs.

Social : la mobilisation interne domine, et la restauration passe par les liens avec un territoire et ceux qui l’habitent. Sur dix-huit sessions, treize visent les salariés et les dirigeants : les embarquer, trouver les mots, communiquer. Cinq portent sur la restauration des liens : le vivant comme projet de territoire, l’économie sociale et solidaire en Outre-mer, en atelier et en documentaire, la coopération entre collectivités et entreprises, l’habitabilité des territoires. Le social atteint la restauration quand il sort de l’entreprise pour travailler avec ceux qui habitent le territoire. Dans la table de lecture ci-dessous, ces liens relèvent de la restauration du territoire, avec la gouvernance partagée et les coopératives ; la restauration sociale au sens strict, les revenus, la formation, l’égalité et la santé des personnes, est le prochain chantier de mesure.

Économie : le programme parle d’abord de financement et de mesure, et la restauration s’ouvre quand l’activité elle-même la porte. Sur dix-sept sessions, treize relèvent de la réduction : compenser une perte ailleurs, acheter des crédits, mobiliser des aides et la finance, compter et mesurer autrement ce que la biodiversité représente pour l’entreprise. Quatre portent sur la restauration : des certificats volontaires et additionnels, la restauration devenue chaîne de valeur, des filières ultramarines, des modèles économiques qui financent les communs. C’est sur ce pilier que se pose la question de qui finance la restauration, et de comment l’activité en vit.

Pilier d’impactSessionsLimiterRéduireRestaurerRégénérer
Environnement2511860
Social1801350
Économie1701340
Total60144150

Les soixante sessions des deux journées, hors plénières, soirées et animations du stand, chacune située sous son pilier principal et au niveau de ce qu’elle met en avant. Notre lecture du programme et des fiches publiés par l’OFB.

Lire les niveaux en triple impact territorial. La frontière entre réduire et restaurer est celle qui sépare la soutenabilité faible de la soutenabilité forte : en soutenabilité faible, les capitaux naturel, humain et économique sont traités comme interchangeables, et une perte sur l’un peut se compenser par un gain sur un autre ; en soutenabilité forte, ils sont complémentaires, et chacun est restauré pour lui-même. Chaque pilier a son niveau, et le territoire est l’endroit où ils se rejoignent. Avant la régénération, un ou deux piliers avancent ; à la régénération, les trois avancent ensemble et le territoire prospère avec eux.

PilierLimiterRéduireRestaurerRégénérer
EnvironnementConformité, éviter les pires dommagesMoins d’intrants et d’émissions, certification, bio en agricultureÉcosystèmes restaurés : sols, eau, habitatsBiodiversité et intégrité écologique en progression dans la durée
SocialDroit du travail, conventions de l’OITConditions et salaires décentsÉcart au salaire vital comblé, formation, égalité, santé protégéeSalaire vital versé, santé et autonomie des personnes concernées
ÉconomiePrix de marché, survieMeilleur prix, plusieurs revenusPrix juste, plusieurs sources de revenus, paiements pour services environnementauxUn modèle économique régénératif qui se finance lui-même
Territoire et chaîne de valeurTraçabilité minimaleCircuits courts, labelsGouvernance partagée, coopérativesUn territoire qui prospère, un patrimoine vivant

La lecture des niveaux par pilier, telle que Nous Sommes Vivants l’applique aux programmes de la rentrée. Le social se lit sur les revenus, la formation, l’égalité et la santé des personnes, salariés comme habitants du territoire.

Territoire : là où les trois piliers se rejoignent. Deux parcours lui sont consacrés : Coopérer dans les territoires, et l’Outre-mer. Les entreprises y travaillent avec les agences régionales de la biodiversité. C’est là que la restauration devient une activité. En Guadeloupe, elle crée un métier et une chaîne de valeur. En Guyane, une filière fait vivre les habitants des villages. En Outre-mer, l’économie sociale et solidaire et la biodiversité ouvrent des chantiers communs. La section 6 relève les signes de régénération qui s’y dessinent.

Ce que dit la répartition. Quarante-quatre sessions se situent à la réduction, quinze à la restauration : le programme parle d’abord des méthodes qui structurent la démarche. L’estimation au Capacity Score dit vers où il oriente les entreprises : la restauration, que portent un parcours entier, les plénières et une partie des partenaires. L’écart entre les deux est lui-même un constat : le volume des sessions outille la réduction, et les capacités que le programme met à portée des entreprises, le suivi des écosystèmes et la coopération avec le territoire, relèvent de la restauration. Le forum ouvre une porte vers la restauration depuis un socle de réduction ; la section 4 en donne le détail.

Repère — Protéger évite des pertes, restaurer fait vivre un territoire

Réserves naturelles de France a fait évaluer par Vertigo Lab, avec la DREAL Nouvelle-Aquitaine, ce que onze réserves de la région apportent à leur territoire. Au Pinail, les biens et services rendus sont estimés à 430 000 € par an, soit une valeur ajoutée de 150 % au regard du budget de gestion. Ce calcul dit ce que la protection évite de perdre : il relève de la réduction. Une restauration devenue activité se mesure autrement, en métiers et en revenus, comme dans la restauration écologique en Guadeloupe. La triple profitabilité va plus loin : l’activité fait progresser ensemble les écosystèmes, les personnes et l’économie, et le territoire en prospère.

4. Le Forum Biodiversité & Économie au Capacity Score : 60 %, au niveau de la restauration

Forum Biodiversité & Économie 2026 lu au Capacity Score : 60 %, le niveau de la restauration, avec le détail des six leviers
Le Forum Biodiversité & Économie 2026 au Capacity Score : 60 %, le niveau de la restauration, et ce qui ouvre le passage à la régénération.

Ce que veut dire se situer à la restauration. Restaurer, c’est remettre en état ce dont l’activité dépend — les sols, l’eau, les habitats, les liens avec un territoire — avec ceux qui en dépendent aussi, pour sécuriser sa continuité. C’est un aboutissement stratégique en soi, en soutenabilité forte : chaque capital, naturel, humain et économique, est restauré pour lui-même. À ce niveau, les entreprises vont au-delà de la réduction de leurs pressions, jusqu’à agir sur les écosystèmes et les liens dont elles dépendent.

De quelle analyse il s’agit. Le Capacity Score évalue la capacité d’une organisation à tenir ses trajectoires RSE, innovation et business, sur quatre niveaux et six leviers. Chacun le remplit d’ordinaire pour son organisation, telle qu’il la vit ; nous l’appliquons ici en lecture experte au programme publié par l’OFB. L’analyse situe les capacités, individuelles et collectives, que le programme propose aux entreprises d’activer, à distinguer de ce que pratiquent les organisations présentes : un état de capacité, qui peut évoluer. La méthode est détaillée dans la FAQ du Capacity Score.

Ce que le niveau de la restauration recouvre dans le programme

Une quinzaine de sessions portent sur la restauration : ce sont elles qui montrent ce que ce niveau veut dire dans le programme. Elles touchent deux choses : la nature, et les liens avec un territoire. La posture qu’elles appellent est celle de l’Architecte.

Restaurer la nature. Avec la Ligue pour la protection des oiseaux (Cédric Marteau), EDF (Claire Varret) et Suez (Lucile Richomme), un atelier doit montrer comment une entreprise restaure son propre foncier ou soutient des projets. La SNPN et Flamingo (Cléa Blanchard, Alizée Ruel), avec la Banque Populaire Auvergne-Rhône-Alpes (Remy Puech), présentent le financement de la restauration de milieux humides. Le Comité français de l’UICN (Pierre Reaud) présente des certificats volontaires et additionnels : ceux du MNHN et de Carbone 4 (Flore Bastelica), de Noé et Agoterra (Lisa Kamal), et les Crédits du Vivant du WWF France (Fanny Rouxelin). Entreprises pour l’Environnement réunit des démarches de restauration de milieux naturels et de réhabilitation de sites dégradés. Noé, I Care et l’OFB cherchent comment rendre visibles les pratiques agricoles favorables à la biodiversité.

Restaurer les liens avec un territoire. Etre et avoir, Les Augures et COAL font du vivant un projet de territoire, avec les acteurs culturels. Peupl’en Harmonie (Amanda Barbosa Costa) et Qualitropic (Vladislav Kyulavski) structurent des filières ultramarines à partir des savoir-faire locaux, avec l’OFB et l’Agence régionale de la biodiversité de La Réunion. Les entreprises de l’économie sociale et solidaire ouvrent des chantiers communs avec la biodiversité, avec ESS France OM et l’OFB. Emmanuel Delannoy (OFB) réunit Timothée Parrique, Caroline Gervais, Clément Feger et Christian Bruère sur les communs et le partage de la valeur. S’y ajoutent un territoire renaturé en collectif et la coopération entre collectivités et entreprises.

Ce qui reste à la réduction. Compenser une perte ailleurs, acheter des crédits, préserver un écosystème, renforcer la résilience d’une activité : ces démarches protègent l’entreprise. L’agriculture régénératrice portée par de grands groupes pour le carbone du Scope 3 en fait partie. Viser un gain net, une restauration au-delà de ce qui a été détruit et suivie dans le temps, les porterait à la restauration.

Ce qui ouvre la régénération. La régénération change la finalité de l’activité : le modèle économique augmente la capacité du vivant à prospérer, pour que le territoire et ses habitants prospèrent avec l’activité. La posture qu’elle appelle est celle du Jardinier. Quatre sujets du programme en portent les signes : le génie écologique, qui fait de la restauration une offre, avec l’UPGE et la Chaire Génie Civil Écologique ; la restauration devenue chaîne de valeur en Guadeloupe ; les solutions fondées sur la nature quand elles font progresser ensemble la biodiversité et le bien-être des habitants ; la voix du vivant dans la gouvernance, avec Vivae, le CJD, Vivoices et France Villes et Territoires Durables. La section 6 en détaille la portée.

Les noms cités illustrent ce que le programme met en avant : notre lecture situe des sujets de sessions, et laisse entière l’appréciation des organisations qui les portent.

5. Levier par levier : le programme emmène les entreprises jusqu’à la restauration, le leadership retient

Nous avons appliqué le Capacity Score au programme du forum. Derrière le programme, il y a l’OFB et ses partenaires, et les entreprises auxquelles il s’adresse : ce que nous estimons, ce sont les capacités, individuelles et collectives, qu’il leur propose d’activer. Pour chacun des six leviers, voici où elles se situent, et ce qui les ferait avancer.

Le profil est régulier : les six leviers atteignent la restauration. Neuf points séparent les trois leviers les plus avancés, à 63 %, du leadership personnel, à 54 %. Le programme parle surtout de réduction, avec quarante-quatre sessions consacrées aux méthodes, et l’ensemble oriente les entreprises vers la restauration. Trois leviers la portent, à 63 % : l’intelligence écosystémique, par le suivi de l’état des écosystèmes ; les dynamiques humaines, par une croyance dominante, restaurer ce qui est dégradé, et des équipes qui coopèrent avec le territoire ; la gouvernance, ouverte aux collectivités et aux acteurs du territoire. Dans ce dernier levier, la gouvernance atteint la restauration ; le financement, encore fondé sur la compensation et les aides, reste à construire, et le passage en dépend. Le leadership, à 54 %, est le levier qui retient, sur le passage de l’engagement au plan d’action.

Ce qui ouvre le niveau suivant. Le passage à la régénération s’ouvre par l’innovation produit, à 58 % : concevoir des activités depuis le potentiel d’un territoire, pour que ses écosystèmes, ses habitants et son économie prospèrent ensemble. Il tient par une gouvernance et un financement partagés avec ceux qui l’habitent, et par la santé des personnes reliée à la biodiversité. Voici chaque levier, un par un.

Leadership personnel, 54 % : le cap reste le plan d’action

Ce levier regarde le cap que se donne la direction. La plénière d’ouverture pose la perte de biodiversité comme un risque systémique pour l’activité, et le programme met la priorité sur le passage à l’action : construire un premier plan, découvrir le Diag Biodiversité, rejoindre Entreprises engagées pour la nature. Dans l’atelier consacré à ce programme, animé par Lucy Passy (OFB), Camille Bockel (AXA France) et Charline Boulaire (OFB) doivent raconter comment une entreprise s’engage : repérer ses risques et ses opportunités, prioriser, structurer un plan, suivre ses engagements.

Deux ateliers montent jusqu’à la direction. L’un met les entreprises à « l’épreuve du NAT40 », l’indice du WWF France sur les plans de transition nature du CAC 40, dont la moyenne est de 32/100 ; l’autre demande pourquoi il est si difficile de mobiliser les dirigeants sur la biodiversité. La stratégie y reste un plan à suivre : c’est le levier qui retient.

Pour avancer, la direction ferait de la contribution au vivant, humain et non humain, une condition de viabilité de l’activité. La thèse de l’ouverture, qui lie la renaissance de la biodiversité à la prospérité de l’économie, et le scénario à horizon 2050 en donnent l’élan.

Intelligence écosystémique, 63 % : un point fort

Ce levier regarde ce que l’entreprise mesure, et ce qu’elle en fait. Les entreprises y trouvent de quoi mesurer loin : de la biodiversité dans l’analyse de cycle de vie jusqu’à l’état des sols, de l’eau et des zones humides. L’ADEME et l’OFB présentent les méthodes SBTN et ACT Biodiversité, avec les retours d’expérience de Decathlon et de Séché Environnement, et un atelier construit un langage commun entre nature et finance. Le regard porte de la chaîne de valeur jusqu’aux territoires.

Ces données servent d’abord à réduire les pressions. Pour avancer, elles serviraient à renforcer le vivant : les espèces, leurs habitats, et les personnes qui en vivent, dont la santé et les revenus sont le prochain chantier de mesure. L’atelier « Peut-on sauver la biodiversité sans changer de comptabilité ? » et la comptabilité écosystème-centrée présentée en conférence ouvrent cette voie.

Chaîne de valeur localisée, 58 % : des achats sécurisés, des filières qui s’organisent

Ce levier regarde ce qui compte dans les achats et dans la relation aux fournisseurs. Un parcours entier y est consacré : matières agricoles et végétales, bois, aluminium, matériaux de construction, alimentation, mise en conformité au règlement européen contre la déforestation. Les achats y restent guidés par la conformité et la sécurité des approvisionnements ; le Comité français de l’UICN et les entreprises d’act4nature international y partagent leurs retours sur l’engagement des fournisseurs.

Le levier avance à l’échelle des filières. Avec la DGE (Sandrine Berthet, Hélène Machart), COSMED (Mathilde Guyader) et Minéraux Industriels de France (Sandra Rimey), un atelier réunit les quatre filières prioritaires, l’agroalimentaire, le tourisme, la construction et la cosmétique, qui peuvent fixer un cap à leur secteur. En Outre-mer, des filières et des métiers de la restauration s’ancrent dans leur territoire. Pour avancer, l’entreprise choisirait ses fournisseurs pour leur capacité à régénérer les écosystèmes et les communautés dont ils vivent, s’engagerait avec eux dans la durée et partagerait la valeur.

Innovation produit, 58 % : le levier qui ouvre la régénération

Ce levier regarde comment l’entreprise conçoit ce qu’elle vend, de la sobriété au design régénératif, et ce que ses produits apportent au vivant, humain et non humain. Le programme ouvre des pistes : s’inspirer des écosystèmes pour produire, les sols comme levier d’adaptation, la biodiversité dans l’analyse de cycle de vie, les futurs de la supply chain. L’affichage y est surtout abordé sous l’angle de la crédibilité, avec un atelier sur le greenwashing et un autre sur la façon de faire connaître ses actions ; l’atelier sur l’alimentation va plus loin, en rendant visibles les bénéfices des pratiques agricoles.

La conception de produits qui renforcent le vivant est faiblement représentée, et c’est elle qui ouvre la régénération. Le génie écologique et la restauration en Guadeloupe font déjà de la restauration une offre ; les filières ultramarines et l’alimentation conçoivent l’offre depuis un territoire. La suite est de relier la santé des sols à celle des personnes qui s’en nourrissent ; la section 6 développe ce passage.

Dynamiques humaines, 63 % : restaurer comme conviction, coopérer comme pratique

Ce levier regarde ce qui anime les équipes : leurs convictions, leurs émotions, leur capacité à coopérer. Deux convictions coexistent au programme : compenser ses impacts, avec les crédits et le carbone, et restaurer ce qui est dégradé, qui domine avec le parcours Restaurer le vivant. Les salariés y sont acteurs de la biodiversité, avec le dialogue social ; un atelier cherche les mots pour embarquer l’entreprise ; un jeu de rôle valorise le levier humain, et la clôture s’ouvre sur un temps sensible.

La coopération sort de l’entreprise, avec les chantiers communs de l’économie sociale et solidaire en Outre-mer et le vivant comme projet de territoire, porté avec des acteurs culturels. Pour avancer, cette coopération deviendrait une façon de produire avec ceux qui habitent le territoire, portée par la joie des victoires collectives et des résultats concrets.

Gouvernance et financement, 63 % : le territoire à la table, le financement à construire

Ce levier regarde qui décide, avec qui, et qui paie. La gouvernance atteint la restauration : l’entreprise siège avec le territoire, dans la coopération entre collectivités et entreprises et dans le vivant comme projet de territoire, avec l’appui des agences régionales de la biodiversité. La voix du vivant y est posée comme question, et l’expertise scientifique et associative réunie par le forum la porte déjà.

Le financement reste à la réduction. Le parcours qui lui est consacré passe surtout par la compensation et les aides : France Crédits Biodiversité, la contribution territoriale biodiversité, le guide des financements de la transition agroécologique de l’OFB, une rémunération par le carbone des sols élaborée par la coopérative Carbone. Deux sessions vont plus loin, avec les certificats volontaires et additionnels et le financement de la restauration de milieux humides. Le budget pluriannuel de l’entreprise reste à bâtir.

Pour avancer, le financement se partagerait avec le territoire : une entreprise, des agriculteurs et une collectivité co-investissent dans la restauration des sols et se répartissent les gains, des sols plus fertiles, des revenus pour les agriculteurs, une eau mieux préservée pour la collectivité. C’est ce que propose l’économie de la mutualité ; deux conférences du forum, sur la voix du vivant et sur le partage de la valeur, en posent la question.

Notre sélection : vingt-cinq sessions, de l’entrée dans la démarche à la restauration comme activité

Parmi les soixante sessions et les animations du stand de l’OFB, nous retenons celles qui répondent le plus directement à la question de cet article, rangées en sept familles, de l’entrée dans la démarche à la restauration comme activité.

QuandSessionFamille
Mar. 14 h 00act4nature international et Entreprises engagées pour la nature, au standEntrer dans la démarche
Mar. 16 h 00Les leviers des quatre filières prioritairesEntrer dans la démarche
Horaire à venirS’engager dans Entreprises engagées pour la natureEntrer dans la démarche
Horaire à venirSBTN et ACT Biodiversité, de la mesure à l’actionEntrer dans la démarche
Horaire à venirAFAQ Biodiversité, ACT Biodiversité, le Lab Transition, au standEntrer dans la démarche
Mar. 16 h 15Biodiversité et chaînes d’approvisionnementProduire autrement
Mar. 16 h 15Engager ses fournisseurs : bois et aluminiumProduire autrement
Mar. 16 h 15S’inspirer des écosystèmes pour produireProduire autrement
Mer. 11 h 30Les futurs durables de sa supply chainProduire autrement
Mer. 11 h 30Certificats biodiversité : trois casFinancer
Horaire à venirLes leviers de financement, la transition agroécologiqueFinancer
Mer. 14 h 00La contribution de l’entreprise à la restaurationRestaurer
Mer. 14 h 00Les sols, restauration et adaptationRestaurer
Horaire à venirLes milieux humidesRestaurer
Mer. 11 h 30Le génie écologiqueLa restauration comme activité
Mer. 15 h 30La restauration écologique, une opportunité économiqueLa restauration comme activité
Mar. 14 h 15ESS et protection de la biodiversité en Outre-merProduire depuis un territoire
Mer. 9 h 30Filières durables ultramarinesProduire depuis un territoire
Mer. 15 h 30Alimentation et pratiques agricoles visiblesProduire depuis un territoire
Horaire à venirLe vivant comme projet de territoire, la voix du vivant, les modèles économiquesGouverner avec le territoire

Mar. : mardi 3 novembre ; Mer. : mercredi 4 novembre. Les horaires à venir seront publiés sur le site du forum. Les intervenants de chaque session figurent dans les cartes de la section 2.

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Partie II · Notre analyse, et ce que nous proposons

6. Notre analyse : le passage à la régénération s’ouvre par l’innovation produit et tient par une gouvernance et un financement partagés avec les territoires

Notre analyse tient en une conclusion : le forum emmène les entreprises jusqu’à la restauration, et la régénération s’y amorce avec les territoires. Ses sessions portent sur la restauration des sols, des milieux humides et des liens avec un territoire, ses portes d’entrée font entrer les entreprises dans l’engagement par l’organisation, et son financement passe surtout par la compensation et les aides. Le passage suivant demande ce que le programme esquisse : des activités conçues depuis le potentiel des territoires, une gouvernance et un financement partagés avec ceux qui les habitent, et la santé des personnes reliée à la biodiversité.

La restauration comme premier pas. Dans le programme, la restauration et la coopération sont ouvertes aux entreprises qui débutent, et la mesure fine aux démarches avancées, comme le montre le public visé des ateliers en section 1. Une entreprise peut ainsi commencer en restaurant avec d’autres, quand la coopération apporte la mesure : l’association, le gestionnaire d’espace naturel ou l’agence régionale suivent l’état de l’écosystème restauré. C’est par eux que le suivi de l’état des écosystèmes, levier du passage de la réduction à la restauration, entre dans la démarche. La FAQ du Capacity Score le pose : la trajectoire est non linéaire, et l’on avance en débloquant un levier, dans l’ordre que permet la situation de chacun. La suite de cette section relève les signes du passage suivant.

De la restauration à la régénération : quatre ponts à partir du forum

Le forum emmène les entreprises jusqu’à la restauration : remettre en état les sols, les milieux humides et les liens avec un territoire, avec ceux qui en dépendent aussi. La régénération change de finalité : le modèle économique augmente la capacité du vivant à prospérer, pour que le territoire et ses habitants prospèrent avec l’activité, et l’activité avec eux. Elle se reconnaît à un progrès conjoint de la biodiversité, de la santé et de l’équité. Entre les deux, quatre ponts partent de ce que le programme propose déjà.

1. De la restauration menée au territoire qui prospère. Le programme y emmène les entreprises. Une restauration menée à son terme vise un gain net au-delà de l’état initial, mesuré dans le temps. La régénération s’ouvre quand le chantier fait aussi prospérer le territoire et ceux qui l’habitent : des métiers, des revenus, des liens.

2. Du soutien à des projets à un modèle économique qui porte la contribution. Soutenir des projets de restauration, acheter des certificats, financer un écosystème hors de sa chaîne de valeur : ces démarches produisent des impacts positifs réels, et restent à côté de ce que l’entreprise vend. La régénération commence quand ce que l’entreprise vend, un produit, un service ou un chantier, conditionne ce que le territoire et ses habitants gagnent, et que la rentabilité vient de là : c’est ce que pose la croissance à impact régénératif. Pour une filière agricole ou cosmétique, cela passe par une offre conçue depuis un territoire ; pour un industriel, un financeur ou un gestionnaire de sites, par ses services et la façon dont il gère les sites et les ressources. L’innovation produit, levier du passage au Capacity Score, se joue ici, avec le modèle économique qui la porte.

3. De la coopération à une gouvernance et un financement partagés. Au forum, l’entreprise siège déjà avec le territoire, et la voix du vivant est posée comme question. Le pas suivant fait décider et financer avec ceux qui habitent le territoire : co-investir et partager les gains, ce que propose l’économie de la mutualité.

4. Des sols et de la biodiversité à la santé des personnes. La régénération fait prospérer les écosystèmes habités d’un territoire : sols, biodiversité, humains, liens sociaux, économie locale. Le programme en aborde plusieurs : les sols et la biodiversité, par la restauration des sols et des milieux humides ; l’économie locale, par les filières ultramarines et les métiers de la restauration ; les liens sociaux, par la coopération entre collectivités et entreprises. La santé des personnes est le pont à construire : la relier à la biodiversité, par l’alimentation, l’exposition aux pesticides ou le bien-être des habitants. Ce constat porte sur les fiches lues, et nous le recalerons sur le programme complet ; nous en faisons une proposition à l’OFB, en section 7.

Les textes du programme qui envoient un signal

Plusieurs fiches de session annoncent des entreprises qui franchissent déjà un pont, ou en posent la question ; les sessions des 3 et 4 novembre le confirmeront. Nous les rangeons du signal le plus diffus au plus net. Leurs résultats diront si la biodiversité, la santé et l’équité y progressent ensemble.

Mesurer la biodiversité dans le produit — pont 2. L’atelier sur la biodiversité dans les indicateurs de l’analyse de cycle de vie porte sur la conception de l’offre. Intégrer la biodiversité à l’analyse de cycle de vie relève de l’éco-conception, donc de la réduction ; l’éco-socio-conception, qui l’étend au social, de la restauration ; le design régénératif, où le produit contribue à l’environnement et au social, de la régénération.

Choisir la matière de ce qui se vend — pont 2. Le Comité français de l’UICN et act4nature international présentent un benchmark sur la biodiversité dans les politiques d’achats, à partir du bois et de l’aluminium. Un bois issu d’une forêt gérée relève de la réduction ; la contribution va jusqu’au produit quand la forêt d’origine gagne en capacité.

Sourcer depuis l’écosystème — ponts 2 et 3. Organisé par la FEBEA et Envol Environnement, avec La Phocéenne de Cosmétique et LVMH Recherche, l’atelier sur les chaînes d’approvisionnement croise sourcing responsable, suivi écologique des écosystèmes et coopération avec les filières. La traçabilité relève de la réduction, le suivi des écosystèmes et la coopération ouvrent la restauration ; l’agriculture régénératrice portée par de grands groupes pour le carbone du Scope 3 reste à la réduction.

Le regard de Nous Sommes Vivants sur La Phocéenne de Cosmétique et LVMH, intervenants de l’atelier sur les chaînes d’approvisionnement

La Phocéenne de Cosmétique est lauréate des Lauriers de la Régénération 2026 pour l’huile d’argan Le Petit Olivier : un engagement de long terme, le prépaiement des commandes et une rémunération supérieure au prix du marché, auprès d’une coopérative de femmes au Maroc, au point que les coopératives voisines ont réévalué leur propre rémunération. C’est l’économie de la mutualité appliquée à une filière cosmétique. LVMH, que nous avons lu au Capacity Score dans notre analyse de ses quatre filières, se situe à 42 %, à la réduction, avec des signes qui vont plus loin dans deux filières : Château Galoupet, certifié Regenerative Organic en janvier 2026, et Celine avec NATIVA Regen, qui suit la santé des sols chez ses fournisseurs.

S’inspirer des écosystèmes pour produire autrement — pont 2. Deux ateliers participatifs demandent si les écosystèmes peuvent inspirer d’autres manières de produire, et comment concevoir les futurs de sa supply chain. Une innovation de résilience sécurise la supply chain et relève de la réduction ; une innovation régénérative inscrit l’activité dans des relations mutuellement bénéfiques avec le vivant d’un territoire.

Rendre visible ce que le produit apporte — pont 2. L’atelier sur l’alimentation cherche comment quantifier les pratiques agricoles favorables à la biodiversité pour les valoriser auprès des consommateurs. L’affichage atteint la régénération quand il atteste des pratiques régénératrices par un label qui les engage, avec un partage de la valeur pour ceux qui les conduisent. Dans l’atelier sur les certificats, les Crédits du Vivant du WWF France se tournent aussi vers le bio-régénératif.

Faire de la restauration l’offre elle-même — pont 1. Le génie écologique vend la remise en état du vivant ; en Guadeloupe, la restauration devient une chaîne de valeur dont les métiers, des études à l’entretien, font vivre le territoire qu’elle remet en état. Le gain net mène cette restauration à son terme ; la régénération s’ouvre quand le chantier fait prospérer le territoire et ceux qui l’habitent.

Partager la valeur avec le vivant — pont 3. La conférence sur les modèles économiques pose la question du partage de la valeur entre les acteurs des écosystèmes, vivant non humain compris ; celle sur les cadres politiques et juridiques, la question de la voix du vivant dans la gouvernance. C’est là que l’offre rejoint la gouvernance et le financement.

Concevoir l’offre depuis les savoir-faire d’un territoire — ponts 1, 2 et 3. C’est le signal le plus net. Les filières cosmétiques et écotouristiques ultramarines partent des savoir-faire des habitants, avec une agence de voyages au bénéfice des prestataires locaux chez Peupl’en Harmonie. Leur fiche nomme la régénération : la valorisation des bioressources doit s’inscrire dans une dynamique de régénération de la nature, avec les habitants qui en vivent. La présentation du parcours Restaurer le vivant, que l’OFB décrit comme une invitation à contribuer à la régénération des écosystèmes, est l’autre texte du programme qui la nomme.

La thèse d’ouverture lie la prospérité de l’économie à la renaissance de la biodiversité. Le business case de la régénération va plus loin : le territoire et ses habitants prospèrent avec l’activité, et l’activité avec eux, sur les trois piliers. Sur l’environnement, un sol plus vivant tient mieux l’eau et la chaleur ; sur les personnes, ceux qui le cultivent et ceux qui en vivent gagnent en revenu et en santé ; sur l’économie, la valeur créée se partage entre eux. L’offre en est le levier pivot, et tient avec la gouvernance, le financement et les équipes, que le programme aborde déjà au niveau de la restauration.

Six rendez-vous de la rentrée au Capacity Score : trois atteignent la restauration, chacun par son levier fort

LevierForum Biodiversité & ÉconomieJournées de l’économie autrementUED 2026Produrable 2026Climate Week NYC 2026La REF 2026
Estimation globale60 %62 %60 %48 %47 %30 %
Leadership personnel54 %67 %67 %38 %38 %14 %
Intelligence écosystémique63 %56 %61 %44 %39 %28 %
Chaîne de valeur localisée58 %61 %61 %61 %44 %39 %
Innovation produit58 %56 %50 %50 %44 %39 %
Dynamiques humaines63 %67 %72 %50 %67 %39 %
Gouvernance et financement63 %67 %50 %44 %50 %22 %

Les programmes lus au même Capacity Score à la rentrée 2026, sur documents publics.

Trois rendez-vous atteignent la restauration, le forum de l’OFB, les Journées de l’économie autrement et les Universités d’Été d’Impact France ; Produrable, Climate Week NYC et La REF se tiennent à la réduction. Chacun des trois y arrive par son levier fort. Le forum, par la gouvernance et le suivi des écosystèmes, à 63 % : un opérateur public fait coopérer les entreprises avec les territoires. Les Universités d’Été, par le leadership, à 67 %, et les dynamiques humaines, à 72 % : un mouvement réunit des dirigeants qui disent où ils vont. Les Journées, par la gouvernance et le financement partagé, à 67 % : l’économie sociale et solidaire y porte le social et la mutualité.

Les trois profils se complètent : le forum relie les entreprises à la biodiversité, les Journées à leurs sociétaires et à leurs territoires, les Universités d’Été à un cap tenu par des dirigeants. Pour les trois, le passage à la régénération se joue sur l’innovation produit, entre 50 % et 58 %.

Ce que le Baromètre ajoute : la gouvernance retient, et le modèle économique ouvre le passage

Le Baromètre Capacity Score 2026 dit où en sont celles et ceux qui portent la régénération : 116 diagnostics complets menés au premier semestre 2026, dont 74 personnes en poste, qui décrivent leur organisation, et 42 consultants, qui décrivent leur posture d’accompagnement. L’écosystème engagé se situe à 63 %, au niveau de la restauration, et ses six leviers relèvent tous de la restauration.

LevierBaromètre 2026, ensemble des répondants
Estimation globale63 %
Leadership personnel71 %
Intelligence écosystémique60 %
Chaîne de valeur localisée62 %
Innovation produit66 %
Dynamiques humaines68 %
Gouvernance et financement54 %

La gouvernance, à 54 %, est le levier qui retient. Elle s’ouvre facilement : la coopération et la consultation régulière des partenaires arrivent en tête, et la trajectoire régénérative est la plus affichée. Elle engage plus difficilement : l’ambition qui guide réellement les décisions reste de tenir face aux polycrises, la transition se finance d’abord sur les marges, et la voix du vivant entre rarement dans la décision. La gouvernance s’ouvre pour s’informer ; elle cède rarement l’argent et le pouvoir.

Ce levier a deux faces, et la seconde est le modèle économique. Près des deux tiers des répondants financent leur trajectoire sur leurs marges, ou la laissent sans financement, et un sur sept seulement a organisé un financement partagé. Le passage se joue dans le modèle économique : passer d’une écologie qui doit rapporter des économies à un modèle économique régénératif, où la contribution au vivant devient une source de valeur. L’économie de la mutualité en organise le financement : co-investir avec les partenaires du territoire et partager les gains.

7. Après le forum, ce que nous proposons : aux entreprises, aux partenaires du forum, à l’OFB

Le Forum Biodiversité & Économie est le rendez-vous où les entreprises passent de l’engagement à la restauration. Il outille le plan d’action, fait travailler ensemble entreprises et associations, et ouvre, avec le génie écologique et les filières ultramarines, la restauration comme activité.

D’abord, la demande que nous portons : le Made in France contributif

Ce que les entreprises restaurent et régénèrent doit pouvoir se lire sur ce qu’elles vendent. C’est la demande du manifeste du Made in France contributif, lancé le 12 juin 2026 aux Lauriers de la Régénération et remis aux ministères de l’Agriculture, de l’Industrie et du Commerce : que « Made in France » dise aussi ce que le produit fait vivre, le revenu du producteur, des sols plus vivants, un métier maintenu sur le territoire. Les propositions qui suivent en découlent : se situer, concevoir, puis le montrer.

Aux entreprises : faire son Capacity Score, puis se présenter aux Lauriers 2027

Se situer. Le Capacity Score situe l’entreprise sur les quatre niveaux et désigne le levier à travailler : l’intelligence écosystémique pour passer de la réduction à la restauration, l’innovation produit pour passer de la restauration à la régénération. Pour celles qui débutent, le forum ouvre déjà une porte : restaurer avec d’autres, avec des partenaires qui suivent l’état des écosystèmes.

Concevoir. Le Business Model Régénératif, en cinq ateliers avec les parties prenantes, aide à concevoir des activités depuis le potentiel des écosystèmes et des communautés d’un territoire ; les consultants du collectif Nous Sommes Vivants l’animent en entreprise.

Montrer. Les Lauriers de la Régénération 2027 distinguent les produits et les services qui restaurent et régénèrent. L’OFB en est partenaire, avec Entreprises engagées pour la nature : les entreprises du forum y ont leur place.

Aux partenaires du forum : faire de la restauration une activité

Les associations et les réseaux qui portent les ateliers de restauration — la LPO, la SNPN, Entreprises pour l’Environnement, Noé, ESS France OM —, les agences régionales de la biodiversité et les entreprises du génie écologique accompagnent déjà des entreprises jusqu’à la restauration. Nous leur proposons un Regenerative Circle Écosystème, dont la première session est gratuite, sur une question : comment faire passer une entreprise du soutien à des projets de restauration à une activité qui fait prospérer le territoire et ceux qui l’habitent ? Ils peuvent aussi proposer le Capacity Score aux entreprises qu’ils accompagnent.

À l’OFB : relier la santé et la biodiversité pour l’édition 2028

La régénération fait progresser ensemble la biodiversité, la santé et l’équité. Un parcours qui relie la santé des personnes à la biodiversité — par l’alimentation, l’exposition aux pesticides, le bien-être des habitants d’un territoire — serait la marche suivante pour l’édition 2028, avec à la tribune ceux qui vivent de l’état des sols et de l’eau : agriculteurs, gestionnaires d’espaces naturels, habitants. Nous tenons cette lecture au Capacity Score à la disposition de l’OFB.

La régénération commence où la restauration s’accomplit. La question qui la tranche est celle-ci : est-ce que le territoire et ses habitants se portent mieux grâce à votre activité économique ?

Où en êtes-vous, et quel levier travailler en premier ?

Le Capacity Score évalue votre capacité à tenir vos trajectoires RSE, innovation et business en 2027, et identifie vos leviers d’action prioritaires. Un rapport que vous pouvez partager en comité, et une prochaine étape nommée. Confidentiel, sans engagement.

Faire mon diagnostic · 38 questionsOu la version flash · 10 minutesViser la robustesse plutôt que la régénération

« Avec un made in France régénératif, le territoire et ses habitants prospèrent grâce à l’activité économique — pas malgré elle. »
Jérémy Dumont, Nous Sommes Vivants

Pour aller plus loin

Note de méthode. Cet article lit un programme en cours de finalisation, donc des intentions annoncées, dans son état en ligne au 8 octobre 2026 : des sessions, des intervenants et des horaires peuvent encore s’ajouter ou changer, et nous mettrons cette lecture à jour avec la version finale. Ce que situe l’estimation : les capacités, individuelles et collectives, que l’OFB et ses partenaires proposent aux entreprises d’activer à travers le programme, à distinguer de la pratique des organisations présentes. Ce qui est lu : les textes publiés du programme, pour les deux plénières, la soirée immersive et les soixante sessions, dont une vingtaine sur leur fiche détaillée et les autres sur leur intitulé, leur format et leur public visé ; les huit animations du stand sur leur intitulé. Ce qui compte pour l’entreprise : chaque session est lue pour ce qu’elle donne à faire à l’entreprise, seule ou avec des collectivités, des filières et des acteurs publics ; une session qui présente l’action de ces acteurs, l’entreprise y restant spectatrice, décrit le cadre ; les réponses au Capacity Score reposent sur les sessions où l’entreprise agit. Comment l’estimation est établie : notre collectif répond aux questions du Capacity Score à partir de l’ensemble du programme ; chaque question propose quatre réponses, une par niveau. La FAQ du Capacity Score détaille la méthode. Nous confronterons cette lecture aux prises de parole des 3 et 4 novembre.

Sources : Office français de la biodiversité, programme du Forum Biodiversité & Économie, 6e édition, 3 et 4 novembre 2026, Cité des sciences et de l’industrie, Paris, avec le public visé de chaque session — ofb-fbe.fr. Office français de la biodiversité, présentation du Forum Biodiversité & Économie — ofb.gouv.fr. Solagro, fiche de référence « LIFE Biodiv’France » ; Fédération des Parcs naturels régionaux, présentation du LIFE Biodiv’France · Ministère de la Transition écologique, la Stratégie nationale biodiversité 2030 et son document de présentation — biodiversite.gouv.fr ; lancement de la Stratégie nationale biodiversité 2030 — ecologie.gouv.fr. Office français de la biodiversité, lancement de la Stratégie nationale biodiversité 2030 — ofb.gouv.fr. Orée, « Immersion à la COP15 » — oree.org. Entreprises et Biodiversité, « Les cadres institutionnels, règlementaires et volontaires », mis à jour le 24 février 2026 · Ministère de la Transition écologique, « Le ministère de la Transition écologique renforce son action pour la protection de la biodiversité » et dossier « Restaurer la nature » — ecologie.gouv.fr. Planete-Terre.org, « Restauration de la nature : ce que la France prépare pour 2030 », 2 septembre 2026 — planete-terre.org. Fédération des Conservatoires d’espaces naturels, cahier d’acteurs « Plan national Agir pour restaurer la nature ». Biodiversa+ et Fondation pour la recherche sur la biodiversité, notes à l’attention des décideurs sur la restauration de la nature, 2026 — biodiversa.eu. Projet de loi de finances 2027, projets annuels de performances de la mission « Écologie, développement et mobilité durables », dont le programme 113 « Paysages, eau et biodiversité » · Huglo Lepage, « Biodiversité 2026 : droit, entreprises et crédits nature face au grand tournant », La Lettre de la biodiversité, juin 2026 · Réserves naturelles de France, rapport d’activité 2025. Office français de la biodiversité, « Évaluer les bénéfices d’une nature préservée » — ofb.gouv.fr. Réserve naturelle du Pinail, « Services écosystémiques : quelles valeurs ajoutées de la réserve naturelle ? » — reserve-pinail.org.

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